Oswald le lapin chanceux (Oswald the Lucky Rabbit) est une série de dessins animés américains tournant autour du personnage du même nom créé par Ub Iwerks et Walt Disney en 1927 et distribués par Universal Pictures, qui en détenait les droits. Le personnage d'Oswald le lapin a commencé sa carrière en 1927, juste après la fin des Alice Comedies.

Après quelques épisodes, Universal a confié la production à d'autres studios que celui de Disney, dont ceux de Charles B. Mintz et de Walter Lantz. C'est au moment de l'arrêt du contrat entre Disney et Universal qu'est né le personnage de Mickey Mouse.

Le personnage d'Oswald a été « récupéré » par la Walt Disney Company en à la faveur d'un échange.

Historique thumb|Affiche de Poor Papa (1928). 1927-1928 : la création sous Disney

En , Mintz demande à Disney, qui achève les derniers courts métrages des Alice Comedies comme l’exige son contrat, de concevoir un personnage de lapin qui sera le héros d'une nouvelle série. Dans le courant du mois, Disney lui renvoie une série d'esquisses préparatoires proposant différents lapins Russel Merritt and J. B. Kaufman, Walt in Wonderland, .

Le , Mintz signe avec Universal Pictures un contrat de production qui prévoit 26 courts métrages Michael Barrier, The Animated Man: A Life of Walt Disney, Amy Davis, Good Girls and Wicked Witches, produits par Disney pour par film Michael Barrier, The Animated Man: A Life of Walt Disney, . Ce n'est qu'ensuite que Mintz commande à Disney la réalisation des Oswald Steven Watts, The Magic Kingdom, .

Poor Papa, le pilote

La production de Alice in the Klondike est lancée lorsque Mintz demande à Walt Disney d’entamer la production d'une nouvelle série, Oswald le lapin chanceux Russel Merritt and J. B. Kaufman, Walt in Wonderland, . Cela oblige Disney à produire deux séries parallèles en mars et avril, pour ne plus produire que celle d’Oswald à partir de , comme le prévoyait le contrat signé avec Carl Laemmle, le directeur d'Universal, pour produire une série de dessins animés qui devaient être distribués par Charles B. Mintz et George Winkler Dave Smith, Disney A to Z: The Updated Official Encyclopedia, .

La création du personnage n'est pas parfaitement définie, selon Merrit et Kaufman, elle pourrait être due à une collaboration entre les artistes de Disney et les équipes commerciales d'Universal malgré les propos accordant la paternité du personnage à Mintz. Le nom Oswald est lui attribué par Arthur Mann à P. D. Cochrane, directeur du département publicitaire d'Universal Arthur Mann, Mickey Mouse's Financial Carrer in Harper's Monhtly Magazine , mai 1934 tandis que Walt aurait raconté à sa fille Diane Disney que le nom aurait été littéralement tiré dans un chapeau. L'aspect graphique du personnage semble avoir atteint une définition vers mi-, car des documents publicitaires émanant d'Universal publiés avant cette date diffèrent de ceux de la production du premier court métrage de Disney, Poor Papa, terminé début .

Le premier épisode, intitulé Poor Papa, est livré en mais ce pilote est refusé par Universal Sean Griffin, Tinker Belles and Evil Queens, . Walt Disney avec Ub Iwerks créent alors un second film Trolley Troubles qui est accepté et marque le lancement de la série Russel Merritt and J. B. Kaufman, Walt in Wonderland, .

Début d'une série à succès vignette|Affiche de Trolley Troubles. Trolley Troubles, le second film, est produit durant l'été en même temps que la production des Alice s'arrête. Le dernier Alice sort en août, suivi dès septembre par le second Oswald, Trolley Troubles. Ce film a eu la chance de sortir à la fois sur la côte Est, au Roxy de New York et sur la côte Ouest, au Criterion de Los Angeles, deux temples du cinéma. Dans ce film, le personnage d'Oswald développe un caractère emprunt des stars de la comédie burlesque de l'époque comme Charlie Chaplin et plus spécialement Buster Keaton, une « combinaison de bonhomie et de détermination » Oswald the Lucky Rabbit sur The Walter Lantz Cartune Encyclopedia.

Peu avant l'été, Disney est ennuyé avec sa production et, de peur de ne pas pouvoir remplir sa part du contrat (à savoir produire 26 films en moins d'un an), il se lance dans des recrutements. Rudolf Ising pose sa démission en , remplacé moins d'une semaine après par son prédécesseur, et donc aussi successeur Mike Marcus. Les Clark est engagé lors du démarrage de la série, Johnny Cannon rejoint le studio en , la plupart des nouveaux animateurs sont alors nommés assistants d'Ub Iwerks et Hugh Harman tandis qu'Hazel Sewel, demi-sœur de Lillian Disney, est engagée à l'encrage Russel Merritt and J. B. Kaufman, Walt in Wonderland, . Autre élément afin d'assurer une production plus importante, le studio est divisé en deux équipes, l'une regroupée autour d'Iwerks et Friz Freleng, l'autre d'Harman et Rollin Hamilton.

Durant l'été 1927, Disney entame aussi une pratique qu'il conservera très longtemps, la prime au gag ; d'autres primes ou bonus ont aussi existé. Iwerks et Freleng ont ainsi écrit l'histoire et animé le court métrage The Banker's Daughter. Freleng se souvient qu'une prime avait été faite en cas de réalisation dans les temps des films.

Comme convenu dans le contrat signé par Mintz, la série est diffusée à partir de septembre par Universal qui utilise sa puissance commerciale.

L'un des éléments qu'apporte Universal au succès de Disney est la promotion du personnage. Le personnage d'Oswald est ainsi le premier de Disney à avoir connu des produits dérivés, à savoir une sucrerie, un ensemble de crayons et une broche, . La barre chocolatée a été produite dès le début de l'été 1927, avant la sortie officielle du premier film en septembre, suivi par la broche en juillet, et les crayons au printemps 1928. Ces produits dérivés découlent d'une politique habituelle d'Universal, qui exploitait le plus possible ses marques.

Un autre élément est la diffusion régulière dans des cinémas. Universal a par exemple programmé les Oswald dans le Colony Theater de New York, cinéma inauguré en 1924 et loué par Universal depuis 1926.

vignette|Affiche du court métrage Great Guns (1927). Le film Great Guns, quatrième de la série, est considéré par le magazine Motion Picture News comme « empli d'humour » et prédit le succès de cette « série pleine d'humour populaire pour tous les types de maisons si le standard présent est maintenu ».

Février-mars 1928 : retournement de situation

Confiant, grâce au certain succès de la série courant janvier 1928 et à l'approche de la fin du contrat, Disney se rend mi-février à New York pour rencontrer Mintz et lui demander, en même temps qu'un renouvellement du contrat, une augmentation de son budget. Il souhaite passer de à par film Russel Merritt and J. B. Kaufman, Walt in Wonderland, . Mintz rétorque à Disney qu'il souhaite à l'inverse faire réduire les coûts de production de 20 %. Il apprend à Walt Disney que d'après les contrats signés en 1927, c'est Universal qui détient les droits de la série, Winkler n'est qu'un intermédiaire ayant mandaté Disney pour la production. Il avertit aussi Disney qu'en cas de refus, il peut continuer à produire la série dans son propre studio avec une partie des animateurs de Disney. La plupart ont d'ailleurs déjà signé un nouveau contrat avec lui. Maureen Thomas et François Penz déclarent même que « Winkler a volé les droits d'Oswald à Disney », . La motivation de Mintz est assez simple, il souhaite contrôler un peu plus la production des Oswald, les animateurs de Disney devenant ses employés.

Le , Walt demande à son frère Roy de faire signer aux employés voulant partir, principalement Iwerks, des contrats « dans le marbre », mais ces derniers refusent en raison des propos alarmistes de Winkler concernant le marché du dessin animé Michael Barrier, The Animated Man: A Life of Walt Disney, . Roy répond à son frère dès le lendemain.

De son côté, d'après Merrit et Kaufman, Disney aurait approché durant son séjour à New York, Bill Nolan l'animateur en chef de Mintz pour le débaucher mais celui-ci refusa.

Les négociations se poursuivent jusqu'au lorsque Disney refuse le contrat et quitte New York. Ce serait durant ce voyage de retour que serait né Mickey Mouse. Disney poursuit la production des films en cours d'Oswald, le contrat prévoyait un total de 26 films. Mais en parallèle, avec Ub Iwerks et Les Clark qui n'ont pas signé avec Mintz, il développe une nouvelle série basée sur le personnage graphiquement proche d'Oswald, Mickey Mouse.

La société Universal a sonorisé certains des courts métrages produits par Disney dans les années 1940Oswald the Lucky Rabbit Character History. D'après le site Golden Age Cartoons, ce seraient six courts métrages qui ont été sonorisés par Universal mais en 1931The Walter Lantz Cartune Encyclopedia Disney Oswald Reissues (1931-32).

1928-1929 : Winkler et Mintz produisent à la place de Disney

Malgré de nombreux entretiens avec des animateurs de chez Disney, Winkler n'avait pas encore de studio sur la cote ouest début mais plusieurs employés s'apprêtaient à partir Michael Barrier, The Animated Man: A Life of Walt Disney, . Le , Ising informe Freleng dans une lettre, que « leurs projets de lancer leur propre studio est annulé en l'absence d'un contrat avec un distributeur mais que comme Hugh, Max et Rollin Hamilton, il a signé avec Georges Winkler pour faire des Oswald » Michael Barrier, The Animated Man: A Life of Walt Disney, . Ce n'est qu'une dizaine de jours plus tard que Walt se rend à New York pour renégocier son contrat.

Mintz renégocie de son côté le contrat qui le lie à Universal et en raison du succès de la série, Universal accorde la production d'une seconde série de films. Aucun auteur ne précise si l'égalité entre le nombre de films produits par le studio Disney et celui du studio de Mintz est une conséquence directe du renouvellement de ce contrat.

Avec le refus de Disney, comme il l'avait indiqué, Mintz crée un studio californien avec les anciens employés de Disney et continue à produire des dessins animés d'Oswald le lapin. Mintz se retrouve donc avec un studio à New York produisant les Krazy Kat, et un à Hollywood produisant les Oswald, dirigé par Winkler, nommé Robert Winkler Productions.

Le premier réalisé par le studio de Mintz est High Up, sorti le . Les productions de Mintz, qui obtiennent elles aussi un certain succès, diffèrent peu de celles de Disney, en raison du faible budget qui leur est alloué et aussi par la conservation du même humour rural.

Parmi les membres du studio de Winkler, Rudolf Ising et Hugh Harman, anciens de chez Disney, poursuivent l'utilisation du style graphique des comics strip utilisé par Disney mais aussi par Max et Dave Fleischer pour Koko le clown ou Messmer-Sullivan pour Félix le Chat, . Winkler agrandit son équipe de transfuges de Disney avec quelques nouveaux talents dont Mack Sennett, créateur de gags de talent, l'intervalliste Pinto Colvig et Walter Lantz, réalisateur à partir de Mississippi Mud.

Au début de leur contrat avec Universal et afin de respecter les délais de livraison, Winkler et Mintz sortent le pilote Porr Papa refusé par Universal et ressortent deux films produits par Disney, The Fox Chase et Sagebrush Sadie.

Mintz tente quelques innovations et produit ainsi en , le premier Oswald le lapin sonore, Hen Fruit, se lançant ainsi sur les traces de Walt Disney avec le Mickey Mouse Steamboat Willie. Ce film comprend un accompagnement musical de Bert Fiske et des effets sonores réalisés par l'équipe de Winkler avec les moyens du bord, la méthode « chaudrons et casseroles ». Le second film de février, Sick Cylinders, sort avec une bande et des effets sonores interprétés par lUniversal Jazz Band, .