L’ordre impérial de Saint-Vladimir, prince égal aux apôtres (en ) est un ordre honorifique russe institué le par Catherine II en l’honneur de Vladimir le Grand à l'occasion du vingtième anniversaire de son règne. Cette distinction était destinée à ceux qui se distinguaient soit à l’armée, soit dans la vie civile.

L’ordre de Saint-Vladimir fut décerné de 1782 à 1917 ; prestigieux, il conférait de plein droit à son récipiendaireEn considérant toutefois son statut initial : ainsi les marchands ne pouvaient bénéficier que de la noblesse personnelle à compter du 30 octobre 1826 (art.147) puis de la seule citoyenneté honorifique héréditaire à partir du 10 avril 1832 (art.148). la noblesse héréditaireÀ partir du 28 mai 1900, les chevaliers de la classe ne recevaient plus que la noblesse personnelle..

Historique de l'Ordre de Saint-Vladimir Sous le règne de Catherine II Création vignette|droite|200px|L’Ordre de Saint-Vladimir en 1782 Le , Catherine II instaura à l’occasion du vingtième anniversaire de son accession au trône un nouvel ordre honorant la mémoire du grand-prince de Kiev Vladimir , canonisé par l’église orthodoxe et fondateur de la Russie chrétienne.

L’attribution de cet ordre était identique à celle des ordres déjà existant et comportait quatre classes. Le nombre de récipiendaires n’était pas limité. En 1789 la décoration à titre militaire est distinguée de l’attribution à titre civil par l’adjonction d’un ruban horizontal.

L’attribution des différentes classes de l’ordre était liée à la position occupée dans la table des rangs. La première classe n’était attribué que jusqu’au troisième rang, la seconde jusqu’au quatrième rang, la troisième jusqu’au cinquième rang et la quatrième jusqu'au septième rang.

De plus la quatrième classe pouvait être accordée pour bons et loyaux services aux militaires ou civils justifiant de 35 ans de service irréprochable. La croix comportait alors, sur ses deux extrémités droite et gauche, la mention 35 ans en lettres doréesaward.armor.kiev.ua.

vignette|gauche|200px|L’impératrice Catherine II de Russie portant le ruban rouge bordé de noir de l’Ordre de Saint-Vladimir

Contrairement aux autres titres honorifiques de la Russie impériale décernés aux membres de la famille impériale le jour de leur naissance ou attribués aux personnalités de la noblesse russe le jour de leur majorité (18 ans), l’Ordre de Saint-Vladimir ne récompensait pas la naissance mais était destiné à ceux qui se distinguaient soit à l’armée, soit dans la vie civile. Dans l’histoire de l’attribution de l’Ordre de Saint-Vladimir, seule, Catherine II de Russie s’attribua cet ordre le www.phaleristique.com.

Premiers récipiendaires Dans une galerie de portraits, Dmitri Grigorievitch Levitski immortalisa les premiers récipiendaires de l’Ordre de Saint-Vladimir. Les officiers décorés de l’Ordre de Saint-Vladimir le : Ivan Avramovitch Hanibal, le fils aîné d’Abram Petrovitch Hanibal, I.A Igelström, Valentin Platonovitch Moussine-Pouchkine, Mikhaïl Sergueïevitch Potemkine (un lointain parent du prince Grigori Alexandrovitch Potemkine), Ivan Grigorievitch Tchernychev. Les personnalités civiles décorées de l’Ordre de Saint-Vladimir : le ministre de l’Éducation, le comte Ivan Ivanovitch Chouvalov, le prince Alexandre Andreïevitch Bezborodko. D’autres personnalités ne figurant pas dans la galerie de portraits de Dmitri Grigorievitch Levitski furent également décorées de l’Ordre de Saint-Vladimir comme le maréchal Piotr Alexandrovitch Roumiantsev, Grigori Aleksandrovitch Potemkine, le général Nikolaï Vasilievitch Repnine, le comte Zakhar Grigorievitch Tchernychev, le ministre des Affaires étrangères Nikita Ivanovitch Panine, le secrétaire personnel de Catherine II de Russie, Ivan Ivanovitch Betskoï (d’autres personnalités reçurent également cet ordre). En 1783, Catherine II attribua l’Ordre de Saint-Vladimir () au feld-maréchal Alexandre Vassilievitch Souvorovaward.armor.kiev.ua.

Service de table En 1777, l’impératrice Catherine II passa commande d’un service de table à l’Ordre de Saint-Vladimir à la manufacture Gardner Merchant (créée en 1766 ; aujourd’hui manufacture de porcelaine Dmitrov, située dans la petite ville de Verbilki, près de Moscou)www.sov-art.net.ruwww.phaleristique.com. Un ruban rouge bordé de noir rappelant celui de l’ordre ornait le centre des différentes pièces de vaisselle. Au milieu de chaque pièce ornée de feuilles vertes figurait une étoile argentée à huit branches et, en son centre, la croix de l’Ordre. Il fut utilisé au Palais d'Hiver, le (selon le calendrier julien), jour de la célébration de la fête de l’ordrewww.phaleristique.com.

Second service de table En 1783, l’impératrice Catherine II passa commande d’un service de table de 140 pièces pour un coût de roubles. Un ruban rouge bordé de noir rappelant celui de l’ordre ornait le centre des différentes pièces de vaisselle. Au milieu de chaque pièce ornée de feuilles vertes figurait une étoile argentée à huit branches et, en son centre, la croix d’or sur fond noir. Les nombreux couverts étaient également ornés de ces différents insignes : croix ou étoile.

Admission Lors de leur admission, les récipiendaires de l'Ordre de Saint-Vladimir () s'acquittaient de la somme de 450 roubles, un titulaire de , la somme de , les chevaliers honorés par l'Ordre de et , la somme de 40 et . Les personnalités civiles récompensées de l'Ordre de réservé aux autorités civiles comptabilisant 25 ou 35 ans de service, les titulaires comptabilisant 18 campagnes navales, les militaires ayant reçu le baptême du feu, les personnes étrangères servant l'Empire russe ne réglaient aucun droit d'admission. Après 1855, une personnalité déjà titulaire de l'Ordre et honorée une seconde fois par l'insigne avec épées de même classe ne réglait que la moitié de la somme. Cette dernière fut consacrée au soutien des associations caritatives de l'Empire, les titulaires désargentéswww.phaleristique.com.

Pensions Chaque année, un capital de destiné aux récipiendaires de l'Ordre fut placé afin d'allouer une somme aux plus anciens titulaires, le montant différait selon la classe ( destinés à chacune des classes). Chaque année, les titulaires de les plus âgés recevaient la somme de , (leurs rentes personnelles n'étaient pas pris en compte), une pension de étaient versée aux , les et percevaient une somme de 200 ou . Pendant une année, l'épouse du récipiendaire décédé continuait à percevoir la pensionwww.phaleristique.com.

Admission dans la noblesse des récipiendaires vignette|droite|200px|Plaque de l'Ordre de Saint-Vladimir

Dès le , date de création de l’Ordre de Saint-Vladimir, les récipiendaires (des quatre classes) obtenaient de plein droitC'est-à-dire qu'il ne leur était pas nécessaire de se faire inscrire comme tels au Sénat, puisque leur inscription dans les registres de l'Ordre suffisait. la noblesse héréditaire. En 1900, seules les trois premières classes pouvaient prétendre à la noblesse héréditairewww.phaleristique.com, la quatrième classe ne conférant que la noblesse personnelle. Tout membre de l'Ordre pouvait (mais ce n’était pas une obligation) indiquer dans ses armesS’il en avait ou souhaitait en avoir. un symboleL’accession à la noblesse héréditaire est parfois indiquée par une croix d’or ou d’une ou plusieurs étoiles sur fond d’azur ou de gueules, ou encore d’un demi-vol de sable (chargé ou non d’une étoile d’or) sur fond d’or, etc. On en trouvera quelques exemples parmi les blasons publiés dans les différents volumes de l’Armorial général de la noblesse de l'Empire russe. rappelant l’origine de son nouveau statut (art. 141).

L'église de l'Ordre vignette|gauche|200px|La cathédrale Saint-Vladimir de Saint-Pétersbourg, église capitulaire de l'Ordre de Saint-Vladimir

En 1782, la cathédrale Sainte-Sophie à Tsarskoïe Selo fut attribuée à l'Ordre de Saint-Vladimir. De 1845 à 1917, la cathédrale Saint-Vladimir de Saint-Pétersbourg fut l'église capitulaire de l'Ordre.

Contrairement aux autres ordres de l'Empire russe, il n'exista aucune tenue de cérémonie pour les récipiendaires de l'Ordre de Saint-Vladimir.

Suppression de l'Ordre par Paul Nourrissant un vif ressentiment pour sa mère, la Grande Catherine, Paul de Russie abolit l'Ordre de Saint-Vladimir en 1782. Il sera rétabli par son fils, Alexandre de Russie en 1801www.phaleristique.com

Rétablissement par Alexandre vignette|gauche|200px|Le général d'artillerie Piotr Mikhaïlovitch Kartsevitch Sous le règne de Paul de Russie (1796-1801), les attributions de l'Ordre de Saint-Vladimir cessèrent. Le , Alexandre de Russie décerna à nouveau ce titre honorifiqueaward.armor.kiev.ua.

Au cours des différentes batailles engagées contre l'Armée napoléonienne, l'empereur décerna 12 croix de Saint-Vladimir de (), notamment à : Piotr Petrovitch Konovnitsyne, Alexandre Ostermann-Tolstoï, Nikolaï Nikolaïevitch Raïevski. Au cours de la Guerre patriotique de 1812 et la Campagne d'Allemagne de 1813, Alexandre de Russie attribua 95 croix de Saint-Vladimir (), notamment à Adam Ożarowski, au général de cavalerie, Frank Mikhaïlovitch Douka, au lieutenant-général Evstafi Evstafovitch Oudom, au général de cavalerie Georgi Arsenievitch Iemanouel, au général d'artillerie Piotr Mikhaïlovitch Kartsevitch.

Au cours de la Guerre patriotique de 1812, Alexandre de Russie décerna une centaine de croix de Saint-Vladimir () (dans la liste des bénéficiaires figure le nom du prince Sergueï Grigorievitch Volkonski). Environ douze officiers furent décorés de l'Ordre de Saint-Vladimir () avec ruban : ces derniers prendront une part active à la tentative de coup d'État du et seront condamnés par les différents tribunaux. Parmi ceux-ci figurent les noms du lieutenant-colonel, de Sergueï Ivanovitch Mouraviov-Apostol, du lieutenant-colonel Mikhaïl Sergueïevitch Lounin, de Pavel Ivanovitch Pestel, d'Alexandre Mikhaïlovitch Mouraviov, du poète et écrivain Fiodor Nikolaïevitch Glinka

À deux reprises, Alexandre de Russie décerna au général d'infanterie et futur gouverneur de Finlande Taddeus Steinheil, l'Ordre de Saint-Vladimir () avec ruban, pour sa bravoure au cours de la bataille de Czaśniki (), puis durant la bataille de la Bérézina ( décoration).

En 1812, Alexandre de Russie décerna au héros de la guerre patriotique, le major-général Iakov Petrovitch Koulnev, l'Ordre de Saint-Vladimir () avec ruban.

En 1818, Alexandre de Russie décerna au comte Ioánnis Kapodístrias , ministre des Affaires étrangères, l'Ordre de Saint-Vladimir ()Bridget Dommen, Jean Capodistrias, Artisan de la neutralité suisse, Père de l'indépendance grecque, Genève, Slatkine, 2021, p. 45..

Sous le règne de Nicolas vignette|gauche|300px|Grand Palais du Kremlin à Moscou Le décret signé le permit l'attribution de l'Ordre de Saint-Vladimir aux personnes n'appartenant pas à la religion chrétienne. Sur l'insigne remis aux non-chrétiens la croix de Saint-Vladimir fut remplacée par l'aigle bicéphalewww.phaleristique.com .

En 1837, Nicolas prit la décision de faire construire un nouveau palais impérial dans l'enceinte du Kremlin. L'architecte Konstantin Andreïevitch Ton fut chargé du projet qui prévoyait 700 salles et pièces de réception avec, au rez-de-chaussée, les pièces réservées à l'empereur et aux membres de la famille impériale. Un grand escalier permettait d'accéder à cinq vastes salles situées à l'étage. Chacune de ces cinq pièces furent consacrées aux cinq ordres de l'Empire russe : une pièce réservée à l'Ordre de Saint-André (salle Saint-André), une pièce réservée à l'Ordre de Sainte-Catherine (salle Sainte-Catherine), une salle réservée à l'Ordre de Saint-Vladimir (salle Saint-Vladimir), une pièce réservée à l'Ordre de Saint-Alexandre Nevski (salle Saint Alexandre Nevski), une autre salle réservée à l'Ordre de Saint-Georges (salle Saint-Georges)www.phaleristique.com .

Insigne de service