right|200px|thumb|Logotype actuel de l'Armée de terre. L'histoire de l'Armée de terre française débute dans les dernières phases de la guerre de Cent Ans avec la création de ses premières unités permanentes. Elle prend rapidement de l'importance et occupe régulièrement, au cours des siècles qui suivent, le premier rang européen.

Le Moyen Âge Système féodal et institutions militaires Le service militaire fourni par la population paysanne est poussé à l'extrême et la hiérarchie s'établit désormais, à un niveau individuel, du suzerain au vassal ou au tenancier. Au cours de cette longue période la guerre devient endémique et locale. Par ailleurs, les villes instituées en Communes vont former des milices bourgeoises destinées à se défendre sans avoir besoin de faire appel aux seigneurs locaux et c'est paradoxalement sur ces troupes urbaines composées de volontaires non professionnels que la royauté va prendre l'habitude de s'appuyer pour lutter contre les grands féodaux ou du moins faire contrepoids à leurs exigences et menaces. Ceux-ci vont, de leur côté, former une nouvelle aristocratie guerrière : la chevalerie.

En temps de guerre, les rois prenaient à leur solde des troupes de mercenaires étrangers venus de l'Europe entière et dont certains contingents, principalement allemands, suisses ou irlandais, finiront par leur fournir une garde personnelle.

Les premières armées royales En 1124, Louis VI le Gros réunit pour la première fois l'ost en convoquant la totalité de sa noblesse vassale à Reims pour bloquer l'avancée de l'empereur qui fit demi-tour sans combat.

En 1439, les états généraux décident de la création d'une armée permanente destinée à combattre les Anglais. La décision modifie l'emploi de la taille, désormais levée par le roi, et dont le produit est affecté exclusivement au budget de l'armée.

Après avoir repoussé les Anglais, établit des compagnies d'hommes d'armes dites « Compagnies d'ordonnance », qui furent les premiers essais de la mise sur pied d'une force armée réellement permanente. En outre il essaya de fonder une infanterie nationale en créant les « compagnies de francs-archers ». Il poursuivit son effort en tentant d'établir que le roi de France seul avait le droit de lever des gens de guerre et, par le paiement d'une solde régulière, il améliora la discipline au sein de ces troupes. C'est aussi sous son règne que se développa une arme nouvelle qui allait bouleverser le cours des conflits futurs : l'artillerie.

La Renaissance et les guerres de Religion

L'Ancien Régime De à Louvois Les régiments, en tant qu'unités militaires, datent de . , puis Richelieu, régulariseront cette innovation organique, en y affermissant la discipline. L'Armée se démocratisera quelque peu dans son mode de recrutement et l'on assistera à des anoblissements de soldats roturiers méritants, qui pourront ainsi accéder à des grades élevés, jusque-là réservés à la seule noblesse.

Un important élément de faiblesse des armées du début du résidait principalement dans la médiocrité des levées, par trop nombreuses et effectuées en hâte au moment d'une guerre et que l'on licenciait avec trop d'empressement les combats sitôt terminés. En outre, l'irrégularité du versement des soldes, plaie endémique de l'organisation royale en matière militaire, nuisait à la discipline générale ; ainsi se dessinait une Armée royale à double vitesse : d'une part, une sorte de corps d'élite disponible et permanent, composé de quelques régiments solides, des compagnies d'ordonnance et de la Maison du roi et, de l'autre, une masse de manœuvre, nombreuse, mais gangrenée par l'indiscipline et le manque total de motivation, autre que pécuniaire.

Organisation de Louvois vignette|Le passage du Rhin par l'armée française (van der Meulen) le 12 juin 1672. Sous le règne de , c'est à Louvois, digne continuateur de l’œuvre de rénovation militaire entreprise avant lui par son propre père, Michel Le Tellier, que revient le mérite d'avoir forgé pour la plus grande gloire du Roi-Soleil, la première Armée digne de ce nom qu'ait jamais possédée la France, et qui, par le nombre et la qualité de ses officiers et de son règlement ainsi que par sa professionnalisation poussée, peut être considérée comme la première réelle puissance royale militaire en France.

En premier lieu, Louvois fit de la maison militaire du roi une sorte d'école de formation des futurs cadres, officiers et sous-officiers. Il rendit le port de l’uniforme obligatoire et imposa, de manière administrative, un équipement uniforme de toutes les unités en matière d'armement. Les officiers demeurèrent certes propriétaires de leurs compagnies, mais ils se devaient de rendre des comptes quant à l'application d'une stricte discipline et la régularité du versement des soldes. Il est à l’origine d’autres innovations importantes : le système d'avancement par ordre de tableau ; il permet que la Croix de Saint Louis fut attribuée au mérite ; il créa l'institution de l’Hôtel des Invalides, destiné à accueillir les vieux soldats et les grands mutilés de guerre ; il commence l’encasernement des troupes, qui permet d’éviter les désordres que le passage des troupes causait dans la traversée des pays amis et de mettre progressivement fin au au logement des troupes chez l’habitant.

Cependant, il n'en demeurait pas moins que la vénalité des charges s'opposait encore et toujours à l'autorité absolue du roi. Les armées de atteignirent des effectifs, jusqu'alors inconnus en Europe ; elles comptèrent jusqu’à , voire plus de en armes, ce qui eut pour effet pervers de faire croître les vices et défauts du système de recrutement tant pour les hommes que pour leurs officiers. Louvois tenta d'y remédier, vers la fin de sa vie, par l'institution des milices provinciales d'abord temporaires en 1688, puis permanentes en 1726, avant d'être transformées en régiments provinciaux en 1771.

De Louis à la Révolution française

La période révolutionnaire

Le Premier Empire

Durant le Premier Empire, l’Armée française a prouvé tout son génie, conférant à Napoléon la maîtrise de la presque totalité du continent européen. L’Armée française est restée imbattable pendant plus de dix ans, de la bataille de Ballinamuck en 1798 jusqu’à la reddition de Bailén en 1808.

La plus grande victoire française reste, sans conteste, celle d’Austerlitz, le , durant laquelle Napoléon écrasa les forces austro-russes de l’empereur et du tsar Alexandre, pourtant supérieures en nombre.

Au plus fort des guerres napoléoniennes, lors de la campagne de Russie en 1812, la Grande Armée qui comptait ne parvint pas à conquérir la Russie et dut battre en retraite avec de très lourdes pertes.

Cela a permis à la Sixième Coalition de finalement battre l'Empire français lors de la campagne de France de 1814 puis lors de la campagne de Belgique de 1815.

thumb|upright=3|center|Échantillon de la cavalerie de l'Armée napoléonienne lors d'une reconstitution de la bataille de Waterloo : hussards, chasseurs à cheval, chevau-légers lanciers polonais, grenadiers à cheval, dragons.

La reconstruction d'une Armée : 1814 à 1851

En 1814, après l'exil de Napoléon à l'île d'Elbe, réorganise une première fois des corps d'infanterie français.

À son retour de l'ile d'Elbe, le , , réorganisa les différents corps de l'armée.

Un décret du rendit aux anciens régiments d'infanterie de ligne les numéros qu'ils avaient perdus sous la première restauration.

Après l'effondrement de l'empire Napoléonien en 1815, le roi réorganise une nouvelle fois l'armée en mettant sur pied la création d'une nouvelle unité; les légions départementales qui s'inscrivent dans le cadre d'une réorganisation de l'armée visant à rompre avec l'héritage politico-militaire du Premier Empire.

Les légions départementales ne présentant pas les avantages d'une infanterie homogène, une nouvelle ordonnance de , du , transforme les légions départementales en régiments d'infanterie désormais composée de dont 60 de ligne et 20 d'infanterie légère, tous formés à trois bataillons.

C'est sous cette organisation que la France participe à l'expédition d'Espagne en 1823 pour rétablir Ferdinand VII d'Espagne et redevient une puissance au niveau européen.

En 1830, le roi entreprend l'expédition punitive qui deviendra la conquête de l'Algérie par la France sous la monarchie de juillet. Le , il est décidé que les bataillons destinés à l'expédition d'Alger seraient portés à par le rappel des hommes en congé d'un an. Les régiments légers désignés fourniraient leur premier bataillon et les régiments de ligne leurs premier et deuxièmeHistoire de l'infanterie en France de Victor Louis Jean François Belhomme , ..

La force de l'infanterie était alorsHistoire de l'infanterie en France de Victor Louis Jean François Belhomme , . : les gardes du corps du Roi, soit et ; six régiments de la garde à trois bataillons ( et par régiment) : et au total ; deux régiments suisses de la garde à trois bataillons : et au total ; soixante-quatre régiments de ligne à trois bataillons, dont : vingt-cinq régiments ont deux bataillons de et un de : soit un total de et , deux régiments coloniaux ont trois bataillons de : soit un total de et , trente-sept régiments ont : soit un total de et ; quatre régiments légers à trois bataillons, dont : un régiment colonial à trois bataillons de : soit un total de et , trois régiments ont : soit un total de et ; seize régiments légers à deux bataillons, dont : quatre régiments ont un bataillon de et un bataillon de : soit un total de et , douze régiments ont et : soit un total de et ; quatre régiments suisses à trois bataillons : soit un total de et ; le régiment d'Hohenlohe à trois bataillons : soit un total de et ; un bataillon d'administration à cinq compagnies : soit un total de dix-neuf officiers et ; un bataillon de pompiers à quatre compagnies : soit un total de seize officiers et ; six compagnies de fusiliers et deux de pionniers de discipline : soit un total de quarante officiers et ; deux compagnies de la garde sédentaires, dix compagnies de sous-officiers sédentaires et quarante compagnies de fusiliers sédentaires : soit un total de et , soit, au total, , comprenant et .

En Afrique, une armée coloniale est créée. Dès son arrivée en Algérie, le général Clauzel se rendit compte de l'utilité d'attirer les indigènes à notre service. Par arrêté du , il prescrivit l'organisation, sous le nom de zouaves, de deux bataillons formant corps et composés de huit compagnies de cent hommes. Les officiers, sous-officiers et caporaux furent choisis parmi les volontaires de toutes armes du corps expéditionnaire et les militaires qui avaient combattu avec les Grecs et venaient chercher de nouvelles aventures en Algérie. Les soldats devaient être tous indigènes. Ce recrutement n'allant pas rapidement, le général grossit l'effectif en y incorporant les volontaires de la Charte et en autorisant l'enrôlement des étrangersHistoire de l'infanterie en France de Victor Louis Jean François Belhomme , ..

Après les Trois Glorieuses, et la proclamation de monarchie de Juillet, la garde nationale fut réorganisée dans toute la France sur les mêmes bases qu'en 1791. Une ordonnance du licencia la maison militaire et la garde royale et créa les 65 et d'infanterie. La force de l'infanterie en était alors de et répartis comme suit : soixante-six régiments d'infanterie de ligne à quatre bataillons : et par régiment soit et au total ; vingt régiments d'infanterie légère à trois bataillons : et par régiment soit et au total ; le régiment d'Hohenlohe à trois bataillons : et pour le régiment ; un bataillon d'administration à huit compagnies : et pour le bataillon ; six compagnies de fusiliers et deux de pionniers de discipline : et pour l'ensemble de ces unités disciplinaires ; douze compagnies de sous-officiers sédentaires à quatre officiers et cent cinquante hommes par compagnie soit et au total ;