Jean Goy, né le à Chastreix et mort le à Paris, est une figure du monde des anciens combattants et homme politique français.
Il est député de la Seine de 1924 à 1936 puis du Calvados de 1937 à 1940 et maire du Perreux-sur-Marne (Val-de-Marne) de 1929 jusqu'en 1944. De 1935 à 1940, il préside l'Union nationale des combattants (UNC). Durant la Seconde Guerre mondiale, il est partisan de la collaboration au sein du Rassemblement national populaire (RNP), parti qu'il a co-fondé avec Marcel Déat.
Biographie
Fils d'un couple d'instituteurs, publiciste en 1914, Jean Goy est mobilisé au de zouaves durant la Première Guerre mondiale. Il est gazé en 1917, reçoit la croix de guerre avec et termine la guerre comme sous-lieutenant : alors que ses titres de combattant ont été contestés par Le Populaire à la suite de sa rencontre avec Hitler en novembre. Il ne fait pas mention de la croix de guerre. Elle est citée par .. Il obtient la croix de chevalier de la Légion d'honneur en 1922 .
Il mène après la guerre une triple carrière d'industriel dans la région parisienne, de leader du monde combattant et d'homme politique.
Il est un temps industriel au Perreux-sur-Marne, directeur général de la Société de fonderie et de mécanique générale. , et il administre d'autres sociétés à partir de 1923 comme la Siava (Spécialités industrielles pour l'aviation et les véhicules automobiles)Les Documents politiques, diplomatiques et financiers, février 1936. . L'historien Antoine Prost le qualifie d'Cité par . Goy se présente en tout cas comme industriel.
Il est en le secrétaire du groupement des officiers mutilés (GOM), une association fondée en et présidée par le lieutenant-colonel Jean Fabry, député, et qui s'affilie à l'UNC. Il est ensuite le secrétaire général du GOM durant plusieurs années, , , . Il intègre en 1921 le conseil d'administration de l'Union nationale des combattants (UNC), la principale association d'anciens combattants de droite dans l'entre-deux-guerres, et intervient lors de nombreux congrès et meetings. Il est délégué général en 1922-23 de la Chambre syndicale de la presse des anciens combattants, comme représentant de L'Echo des blessés, l'organe du groupement des officiers mutilés, .
C'est un partisan de l' (en l'occurrence, politique) des anciens combattants, préconisée par l'UNC lors de son congrès de Vichy en 1923. Il anime en 1923-24, comme secrétaire général, le comité de la Seine de la Ligue d'action civique des anciens combattants et victimes de guerre, liée à l'UNC et fondée fin 1923, , (meeting à Saint-Mandé présidé par Charles Bertrand). La ligue disparaît après les élections législatives de 1924 ; elle ressemble fort à une opération électorale. Cf. cette critique dans un périodique de l'UNC : . Cela lui permet de figurer à ce titre sur une liste de candidats aux élections législatives de 1924, dans le du département de la Seine (en l'occurrence en banlieue parisienne). Comprenant des modérés et faisant face à deux listes de gauche et à une liste d'extrême droite (Action française), elle est menée par Charles Bertrand, président de l'UNC, et Maurice Bokanowski, députés sortants . Il est élu député, siège parmi les non-inscrits, et se veut le défenseur des anciens combattants à la ChambreL'Homme libre, 13 mai 1924 (résultats), Jean Goy, "L'action civique", Le Front républicain, 2 janvier 1927 (réflexion sur l'action civique des combattants et sur son cas personnel): ..
De 1925 à 1927, il anime un Front républicain, groupement politique qui s'adresse aux anciens combattants, initié par certains dirigeants de l'UNC (Goy, Jules AubertinAncien président du comité de la Seine de la Ligue d'action civique des anciens combattants, vice-président de l'UNC (1923-30) et président du groupe de la région parisienne depuis 1921, grand mutilé de guerre : La Voix du combattant, 24 décembre 1935) et d'autres personnalités du monde combattant comme l'avocat parisien Edmond Bloch, secrétaire général de l'Association générale des mutilés de la Grande Guerre (AGMG). Son programme politique est vague ; il est hostile aux partis politiques, à l'impuissance de la Chambre des députésJean Goy, "La nécessité d'une majorité stable", Le Front républicain, 6 juin 1926. Goy se veut républicain : : Jean Goy, "Le gouvernement tolérera-t-il l'impuissance du Parlement ?", Le Front républicain, 14 février 1926. Fin 1928, Goy voudra interpeller le gouvernement sur les mesures à prendre pour mettre fin à la campagne antiparlementaire : L'Echo de Paris, 25 décembre 1928, "La campagne contre les institutions parlementaires", Le Populaire, 27 décembre 1928, "La défense de la République". Même si un certain antiparlementarisme est visible dans les colonnes du Front républicain, il semble exagéré de qualifier Goy de , en tout cas à cette époque, comme le résument un peu vite Jean-Jacques Becker et Serge Berstein dans Victoire et Frustrations (1914-1929), Point-Seuil, 1990, , et a comme slogan : . Le Front a connu un début en fanfare, marqué par un meeting à la salle Wagram le Le Front républicain, décembre 1925, , le lancement d'un hebdomadaire en décembre, tiré à les six premiers moisSelon Goy lors de l'AG du Front fin décembre 1926. Goy écrit assez régulièrement dans son hebdomadaire (bi-hebdomadaire à partir d'août 1926, faute d'argent) jusqu'au printemps 1927, et encore une fois en 1928 (Le Front républicain, 29 janvier 1928. La parution devient irrégulière à partir de l'été 1927. Le périodique devient en 1928 une feuille électorale pour un de ses dirigeants, Benoit-Stein. et l'adhésion de leaders de l'Union Fédérale des Associations Françaises d'Anciens Combattants (UF), l'autre grande fédération d'anciens combattants (Henri PichotHenri Pichot, "Coup d'envoi", Le Front républicain, 23 mai 1926. Pichot a écrit quelques autres articles dans les semaines qui suivent., Gaston RogéGaston Rogé, "Pour le front républicain. Ralliement !"Le Front républicain, 31 janvier 1926). Ce front organise un meeting à Paris contre les accords de Washington, à propos des dettes interalliées, en , avec Goy, Pichot et BlochLe Front républicain, 6 juin 1926. Mais la masse des anciens combattants ne l'a pas rejoint et des fondateurs comme Bloch l'ont quitté dès l'été 1926. Ce front végète ensuite jusqu'en 1928Le Front républicain, 2 janvier 1927 (Assemblée générale et présentation de la situation difficile par Goy, tant pour ses finances que du point de vue de son organisation et de ses adhérents, peu nombreux. Élection d'un conseil central : en sont membres Goy, Aubertin, Georges Scapini notamment. Goy tient encore des réunions en 1927-28 : L'Express du Midi, 12 juin 1927, (il préside son congrès), Le Progrès de la Somme, 13 juin 1927, Le Front républicain, 6 novembre 1927, Ibid., 29 janvier 1928). On ne peut donc conclure, comme le fait Antoine Prost (), que le Front en mai 1927, lorsqu'il cite une réunion du conseil d'administration de l'UNC qui oppose Goy à Rossignol. Ce groupement a été financé de 1925 à 1926 par des industriels anciens combattants, notamment Ernest Mercier, membre de l'UNC de Paris, qui ont versé par mois, puis en . La source s'est tarie selon Goy quand Mercier a décidé de lancer le Redressement françaisLe Front républicain, août 1926, J. Goy, Présentation financière (selon Goy, les dirigeants du Redressement ont proposé l'entrée de trois membres de leur groupement en juin 1926, contre le versement d'une nouvelle subvention. Goy et ses amis prétendent avoir refusé), Antoine Prost, op. cit., vol. 1, : incident au sein du conseil d'administration entre Rossignol et Goy en mai 1927. Selon le second, la rupture avec Mercier s'expliquerait par un désaccord sur les dettes interalliées, selon le premier, qui aurait interrogé Mercier, ce dernier ne savait pas où passait l'argent versé au Front républicain et a donc cessé d'en verser. .
Il est élu membre du premier conseil d'administration de la Confédération nationale des anciens combattants et victimes de guerre, en L’Œuvre, 12 mars 1928, La France militaire, 14 mars 1928. Député sortant, il est aussi réélu, en 1928 et en 1932, cette fois au scrutin uninominal, dans la troisième circonscription de l'arrondissement de Sceaux (communes de Nogent-sur Marne, Le Perreux-sur-Marne, Bry et Champigny-sur-MarneLe Quotidien, 13 mars 1928Notice biographique sur le site de l'AN.). Il est élu en 1928 au second tour, battant un communiste et le socialiste Jean-Baptiste Séverac, secrétaire de la SFIO et rédacteur en chef du PopulaireL’Écho de Paris, 23 avril 1928, L’Intransigeant, 29 avril 1928, L’Écho de Paris, 30 avril 1928. Il est également réélu en 1932 au second tourLe Populaire, 9 mai 1932. Il siège dans des groupes parlementaires centristes, opposés au socialisme et au communismeIl est jugé réactionnaire et même fasciste par Le Populaire, l'organe des socialistes : Le Populaire, 17 avril 1928, Ibid., 18 février 1936. Il est aussi maire du Perreux-sur-Marne, dans l'actuel département Val-de-Marne, de 1929L’Avenir, 2 mai 1929, L'Action française, 6 mai 1929 à 1944.
Il participe à la manifestation du 6 février 1934 à Paris, à la tête du défilé de l'UNC ; il est blessé pendant l'émeuteLa Voix du combattant, 10 février 1934, L'Ouest-Eclair, 12 février 1934 (photographié aux côtés de René Lhopital, futur président du comité France-Allemagne). Lors du congrès annuel de l'UNC, il présente un vœu sur la réforme électorale et la réforme de l'État, renforçant le pouvoir exécutif ; il est alors toujours hostile aux partis politiques et il s'en prend à la franc-maçonnerieLa Voix du combattant, 19 mai 1934, L'Echo saumurois, 23 mai 1934, "L'UNC et la politique", L'Ouest-Eclair, 13 mai 1934. Il appuie et anime l'Action combattante, le mouvement civique sinon politique dont se dote l'UNC en 1934-35Le Combattant d'Ille-et-Vilaine, août 1934, La Voix du combattant, 20 octobre 1934.
Membre du comité directeur du groupe parisien de l'UNC, il est élu membre du bureau national en et La Voix du combattant, 14 décembre 1935 : il est présenté comme membre du bureau depuis 1925, ce qui semble être une erreur..