L'Hôtel Drouot est le principal hôtel des ventes de Paris.

Fondé en 1852 à l'initiative de la Compagnie des commissaires-priseurs de Paris, l'Hôtel Drouot, principal hotel des Ventes de Paris, est situé au 9 rue Drouot dans le 9e arrondissement de Paris, sur l’emplacement autrefois occupé par la Salle Le Peletier, ancien opéra de Paris.

Cœur historique des ventes aux enchères françaises, et l'un des lieux emblématiques du marché de l'art international, l'hotel voit passer la dispersion de certaines des plus prestigieuses collections françaises. Son histoire est étroitement liée à celle du marché de l'art, des commissaires-priseurs et des grandes ventes qui ont marqué les XIXe et XXe siècles.

Situation et accès vignette|Rue drouot, 2011|gauche|198x198px Propriété de Drouot S.A., il est situé 9, rue Drouot. Avec ses 15 salles de vente aux enchères, l'Hôtel Drouot est une plaque tournante du marché de l'art français et international.

L'Hôtel Drouot est desservi par la ligne 7 à la station Le Peletier et par les lignes 8 et 9 à la station Richelieu - Drouot et par les lignes 32, 39, 74 et 85 du réseau de bus RATP.

Historique Depuis l’avènement des commissaires-priseurs, les ventes avaient lieu, lorsque l’espace y était suffisant, au domicile du vendeur ou, pour les ventes plus importantes, dans des locaux loués spécialement à cet effet. Ce sera notamment le cas de la vente de la collection de gravures et estampes de Jean de Jullienne qui se tiendra dans le grand salon carré du Louvre.

En 1801, est créée la chambre des commissaires-priseurs de Paris qui réorganise la profession. En 1807, face à la difficulté de trouver des lieux pour les ventes et pour permettre aux acheteurs de participer à toutes les ventes sans avoir à se déplacer aux quatre coins de Paris, la chambre décide l'acquisition d'un espace consacré aux ventes aux enchères publiques. Ce sera, à l'unanimité, l'hôtel des Fermes situé 55, rue de Grenelle Saint Honoré (actuelle rue Jean-Jacques-Rousseau). Mais face à la rapide exiguïté du lieu, la Compagnie des commissaires-priseurs décide d’investir l’hôtel Bullion situé à côté du précédent, rue Platrière (actuelle rue Jean-Jacques-Rousseau), ouvrant ainsi, en 1817, 6 salles de vente avec des bureaux et des magasins de stockage.vignette|gauche|Façade de l'Hôtel des ventes de 1852, dans les années 1900.Paris devient, à cette époque, la capitale mondiale du marché de l'art et, une fois encore, l’Hôtel des ventes se trouve mal adapté et trop petit. La Compagnie parisienne, voulant rester dans le quartier de la Bourse, acquiert, en 1850, le terrain de l’ancien manoir de Pinon de Quincy (actuelle rue Drouot) pour la somme de et lance un concours d’architecture pour la réalisation du bâtiment. Le , l’Hôtel des ventes de Drouot, construit sur les plans de Lejeune et Levasseur, est inauguré. Il compte alors 14 salles réparties sur deux étages, ainsi que l’un des premiers monte-charge hydrauliques de Paris, installé en 1869 par Félix Edoux. Commence alors l’une des périodes les plus fastes de l’Hôtel des ventes avec la dispersion de nombreuses collections néerlandaises, belges, autrichiennes et anglaises ainsi que la vente des joyaux de la Couronne (1887), celle du mobilier de l’hôtel particulier d’Émile Zola (1898) ou celle de la collection de Jacques Doucet (1912).

vignette|Affiche interdisant l'accès à l'Hôtel Drouot aux Juifs.vignette|gauche|Les biens juifs spoliés étaient vendus à l'Hôtel Drouot par les autorités sous l'Occupation allemande. Dans les années 2020, l'Hôtel Drouot s'est impliqué dans de nombreux travaux de recherche pour rétablir la provenance des biens spoliés. Ici une page de catalogue intitulée Biens israélites.|264x264pxSous l'Occupation, entre 1941 et 1942, plus d'un million d'objets spoliés aux Juifs par l'Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg y sont vendus (Hildebrand Gurlitt compte parmi les acheteurs)Bernard Génies et Jean-Gabriel Fredet, « Le casse de Hitler - À la recherche des chefs-d'œuvre volés aux Juifs », Le Nouvel Observateur n°2575, semaine du 13 mars 2014, p. 64-77..

En 1951, pour le centenaire de l’Hôtel des ventes et le anniversaire de la Compagnie des commissaires-priseurs, une cérémonie est organisée en présence du président de la République, Vincent Auriol. Pour l’occasion, le Mobilier national présente plusieurs pièces de ses collections, notamment la tapisserie figurant Louis XIV en visite à la manufacture royale des Gobelins. vignette|Le nouvel Hotel Drouot, dessiné par Jean-Jacques Fernier et André Biro en 2022 Victime de son succès, l’Hôtel des ventes doit rapidement être repensé. Ainsi, entre 1976 et 1980, Drouot prend ses quartiers dans l’ancienne gare d’Orsay, actuel musée du même nom, pour permettre la rénovation et la modernisation des bâtiments de la rue Drouot - ceux que nous connaissons aujourd’hui. Le maire du arrondissement proposa d'ailleurs à la Compagnie des Commissaires-priseurs de Paris de rester dans les lieux, profitant ainsi de 20 salles de vente de plain-pied, mais la proposition fut rejetée à une voix. L'actuel bâtiment, inauguré le par Jacques Chirac, dessiné par Jean-Jacques Fernier et André Biro, est une « réinterprétation surréaliste de l'architecture haussmannienne » et reprend une partie des châssis métalliques de l'ancien bâtiment.

En 2009, Drouot lance sa plateforme de ventes aux enchères en live. Ouverte à tous les commissaires-priseurs, elle permet aux internautes d'enchérir d'où qu'ils soient, sans avoir à se déplacer.

En 2011, l'Hôtel des ventes lance son service de ventes aux enchères exclusivement en ligne, qui permet aux études de mettre en ligne des ventes entièrement dématérialisées. Les frais acheteurs sont fixes, et les mêmes pour tous.

En , l'Hôtel des ventes ouvre, en partenariat à la branche Prestige de Cremonini un restaurant dans ses murs : L'Adjugé. La chef Amandine Chaignot a créé la carte, le sommelier Jérôme Moreau s'est lui occupé de la carte des vins. Erwan Boulloud, designer, s'est chargé de l'aménagement de l'adjugé, écrin contemporain au sein de Drouot. L'activité de restauration ayant cessé en 2020, le Groupe Drouot cherche une nouvelle vocation pour ce lieu au cœur de l'Hôtel des ventes.

Le , les actionnaires du Groupe Drouot, réunis en Assemblée générale, approuvent l’entrée au capital de Vesper Investissement et du Groupe Chevrillon à hauteur de 30 %

Disposition des locaux

Situé 9, rue Drouot à Paris, c’est le plus grand hôtel des ventes du monde (, vendus par an). Les ventes y ont lieu tous les jours (du lundi au samedi), principalement de 14h à 18h.

Rez-de-chaussée : Borne d'achat et de consultation des catalogues ; salle de services à la clientèle (Emballage, livraison ThePackengers) ; salle d'expositions et de ventes de prestige (n°9) designée par Erwan Boulloud. L’Hôtel des ventes est titulaire d’une licence IV. étage : 7 salles de vente (1 à 7) dont certaines peuvent être réunies (1 et 7 ; 5 et 6), ainsi qu’une salle (3) de petite taille et sans magasin, destinée aux ventes de bijoux ou objets de petite taille. étage : Bureaux de l’administration de l’Hôtel des ventes et services Drouot Presse et Drouot Communication. sous-sol : 7 salles de vente (10 à 16) dont une (12) de plus petite taille et sans magasin réservée aux ventes de petits objets (timbres, cartes postales, numismatique, etc.). sous-sol : un entrepôt où sont conservés les lots vendus (le gardiennage est à la charge de l’acheteur) et les ateliers d’entretien du matériel de l’Hôtel des ventes.

Les enchères La publicité des enchères C’est une tradition qui remonte au avec le développement de la presse écrite. C’est ainsi qu’apparaît La Gazette de l'Hôtel Drouot, l’hebdomadaire traitant des ventes aux enchères françaises. Le Moniteur des ventes est aussi né à cette époque. Si pendant longtemps, c’est la façade de l’Hôtel des ventes qui a servi à l’affichage publicitaire, ce sont aujourd’hui des écrans qui annoncent aux visiteurs les ventes et expositions en cours.

L’usage des catalogues de ventes est lui plus ancien. Il sert non seulement à indiquer l’ordre de la vacation et ce qu’elle contient, mais il a aussi un rôle juridique puisqu’il établit l’origine et l’authenticité des biens proposés à la vente. Ces catalogues sont généralement disponibles quinze jours avant les ventes, pendant les expositions et la vente. Leur prix varie entre 2 et (parfois plus) et ils sont disponibles à l’entrée de l’Hôtel des ventes. Ils sont consultables gratuitement sur le site internet Drouot.com en amont des ventes.

Le déroulement des enchères vignette|Une vente aux enchères à l'Hôtel Drouot par Albert Bettannier, 1921. Il existe deux types de ventes : Les ventes dites « cataloguées », c’est-à-dire dont les lots ont fait l’objet d’une description écrite préalable et inscrite dans un catalogue en fonction de l'ordre de la vacation. Les ventes dites « courantes » regroupant des meubles et objets de périodes et valeurs différentes qui ne sont pas décrits dans un catalogue.

Les ventes qui se tiennent à Drouot font l’objet d’une exposition qui a lieu la veille, de à (sauf rares exceptions), et le matin même, de à . Les ventes du étage disposent, depuis , de deux journées d'exposition préalables à la vente. Les vacations débutent ensuite à et se finissent, au plus tard, à . L’estimation des lots varie entre quelques euros et plusieurs milliers d’euros. Lors de l’adjudication d’un lot, l’acheteur doit verser entre 24 % et 30 % de frais en plus, auxquels s’ajoutent la TVA (19,6 % ou 5,5 % pour les livres).

Les enchères peuvent être portées par un tiers mandaté, il peut s’agir du commissaire-priseur (ou de l’un de ses représentants), de l’expert ou du crieur. Ces ordres d’achat peuvent prendre trois formes : L’ordre fixe : le mandant autorise le tiers à monter les enchères jusqu’à un plafond. L’ordre par téléphone : le mandant est appelé pendant la vente pour porter ses enchères à distance. L’enchère automatique : le mandant entre le montant maximal qu’il est disposé à payer pour le lot. Ce montant n’est pas transmis au commissaire-priseur. Le système enchérira automatiquement au fur et à mesure du déroulement des enchères. L’ordre par Internet : le mandant suit en temps réel l’évolution des enchères sur Internet et peut ainsi porter directement ses enchères.

Les métiers de Drouot Le commissaire-priseur

Ils sont une centaine à travailler à Drouot, regroupés dans 59 sociétés de ventes volontaires (liste).

Le , le Conseil des ventes, organisme disciplinaire, condamne la société Europ Auction et deux de ses commissaires priseurs à une interdiction d'exercer allant jusqu'à 9 mois pour une série de manquements et d'infractions (enchères fictives, publication de faux résultats, non-paiement des vendeurs...) révélateurs des difficultés de la profession à assurer la transparence de ses activitésJugement du conseil des ventes et lefigaro.fr/culture.

Le clerc de commissaire-priseur

Le clerc assiste le commissaire-priseur, il procède aux inventaires et estimations, il organise les ventes et est souvent le lien avec la clientèle. Il existe deux catégories de clercs : Le clerc attaché au service exclusif d'une étude. Le clerc qui travaille pour plusieurs commissaires-priseurs, c'est souvent le cas du clerc au procès-verbal de vente (rédacteur du procès-verbal).

Le crieur C'est, comme son nom l'indique, celui qui annonce les enchères et donne un rythme à la vente. C'est aussi le lien entre le commissaire-priseur et la salle : il remet les bulletins et prend les preuves de paiement et l'identité des acheteurs. Il est aussi habilité à prendre des ordres d'achat pour autrui.

Les manutentionnaires et l'affaire des cols rouges

La manutention au sein de l'Hôtel des ventes était, depuis sa création, à la charge de l'Union des commissionnaires de l'Hôtel des ventes (UCHV).