Le terme adstrat (du latin adstratus « placé à côté », article adstrat.) a été introduit dans la linguistique par le chercheur italien Substrato, superstrato, adstrato, 5me Congrès International des Linguistes (Bruxelles 1939). Rapports, Bruges, Imprimerie Sainte-Catherine, 1939, [Cf. , article Адстра́т (Adstrat)].. Il a au moins deux acceptions.

En linguistique historique

En linguistique historique, le terme « adstrat » désigne premièrement l’ensemble des éléments étrangers entrés par diverses voies dans une langue après la constitution de celle-ci en tant qu’idiome distinct. Ces éléments sont, concrètement, les emprunts de divers types faits par la langue en cause, surtout lexicaux (mots, affixes de dérivation), ainsi que des calques. La présence de l’adstrat s’explique soit par le voisinage géographique de populations parlant des langues différentes, soit par des circonstances d’ordre historique et politique, soit par des contacts culturels..

En linguistique historique et en sociolinguistique

Dans une autre acception, adoptée également par la sociolinguistique, on trouve l’adstrat défini avec des genres prochains différents mais des contenus semblables. Pour certains auteurs, c’est un type d’interférence entre deux langues qui entrent en contact ou se mélangent.. Selon d’autres, l’adstrat est une langue ou un dialecte qui influence un autre idiome pris comme référence.. Pour d’autres encore, c’est l’ensemble des faits de langue qui résultent de l’influence d’une langue sur une autre, article Адстра́т (Adstrat)... L’élément commun dans ces définitions est que, dans une perspective historique, les langues en contact sont parlées par des communautés linguistiques qui cohabitent ou qui sont voisines pendant une longue période. En raison du développement des moyens de communication, la notion d’adstrat n’implique pas seulement la contiguïté géographique, mais aussi la contiguïté politique, culturelle et économique de pays parfois éloignés.

Avec la notion d’adstrat, on a également introduit en linguistique celles de substrat et de superstrat. Ceux-ci peuvent impliquer, dans l’histoire des langues, l’assimilation d’une langue par celle de référence., chap. 6, ., alors que l’adstrat suppose une interaction neutre, dans laquelle il n’y a ni assimilation ethnique ni dissolution d’une langue dans l’autre, mais celles-ci continuent à exister en tant que telles. Il s’agit d’influences réciproques, même si le poids des deux influences n'est pas égal. Dans un pays où il y a une langue majoritaire, l’influence de celle-ci sur la langue d’une minorité qui ne renonce pas à son idiome est plus importante que l’inverse.

Les interférences du type adstrat peuvent mener à ce qu’on appelle une « aire linguistique »Le syntagme « aire linguistique » a premièrement le sens de domaine géographique propre à un fait ou à un groupe de faits linguistiques donnés, à un dialecte, à une langue (). ou, traditionnellement, une « union linguistique », en allemand Sprachbund. Ces termes désignent un groupe de langues non apparentées ou marginalement apparentées, par exemple l’union linguistique balkanique..

Exemples d’adstrats

Les interférences du type adstrat sont nombreuses dans le monde. Quelques exemples en sont celles entre : le français et l’anglais ; le français et le flamand ; le basque et l’espagnol ; le grec et l’italien méridional ; le hongrois et les langues majoritaires des pays voisins de la Hongrie..

Notes et références

Sources bibliographiques

Articles connexes

Aire linguistique Contact des langues Emprunt (linguistique) Interférence linguistique Substrat (linguistique) Superstrat

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