La distinctionpalace est une distinctionofficielle d'État. Actuellement, la France est le seul pays qui ait formellement adopté cette distinction.
Depuis 2010 et via un arrêté ministériel, la distinction « palace » est officiellement attribuée à certains établissements hôteliers français de grand luxe. Cette distinction, décernée par Atout France, opérateur de l'État français en matière de tourisme, est exclusivement limitée à des hôtels classés cinq étoiles offrant de surcroît des prestations exceptionnelles à leur clientèle. En juin 2026, 33 hôtels sont admis dans cette catégorie..
L'objectif de la distinction Palace est de reconnaître, parmi les hôtels 5 étoiles, les hôtels français présentant des caractéristiques exceptionnelles, liées à leur situation géographique, leur intérêt historique, esthétique ou patrimonial, ou encore à la qualité très élevée de leurs services.
Les hôtels distingués participent au rayonnement de la culture, du savoir‑faire et de l'hôtellerie d’exception français sur les scènes nationale et internationale.
Le terme « palace » en langue courante est cependant utilisé par d'autres établissements français (y compris dans leur nom commercial, comme l'ancien Élysée Palace) qui ne répondent plus aujourd'hui aux critères définis par la loi.
Origine du terme thumb|upright=0.65|Victor Hugo évoque en 1851 « Crystal Palace » à Londres dans sa correspondancePalace - Centre national de ressources textuelles et lexicales (CNRTL).. Depuis 1834, le mot anglais « palace » est associé à un établissement commercial de grande taille, synonyme de raffinement et de bon goût, incarnant une idée d'une hôtellerie de luxe, réservée à une certaine catégorie de personnes fortunées.. À cette époque, « palace » signifie donc « palais », ou « demeure luxueuse ». L'origine de ce terme provient de l'ancien français « paleys » (1290), ou « paleis », « palais » selon le mot latin « palatium ».
Le terme « » apparaît dans le récit d'un voyageur français en 1881. En 1884, le premier emploi de « Palace Hotel » est avéré aux États-Unis. Enfin, tout comme le terme « hôtel », le mot « palace » revint en France pour désigner « un hôtel luxueux. » avec l'ouverture en 1898 de l'Élysée Palace Hôtel de la Compagnie des wagons-lits sur les Champs-Élysées.
Le terme devint rapidement d'usage courant. Ainsi, en 1935, le poète Léon-Paul Fargue remarque dans son essai Le Piéton de Paris (p. 214) : .
Histoire Apparition des hôtels de grande qualité en France thumb|upright=0.8|Édouard, Prince de Galles, futur Édouard VIII. thumb|left|upright=0.8|Léopold II de Belgique. upright=0.8|thumb|L'inaugration du Grand-Hôtel du Cap-Ferrat (3 Clefs Michelin 2024) remonte à l'année 1908. La clientèle appartenant à la haute société donna naissance au concept de palace. La France a été à l'avant-garde de ce mouvement, notamment par l'accueil de l'élite anglaise, puis américaine ou russe, dans ses stations balnéaires ou thermales. Avant la Révolution française, déjà, de riches Anglais aimaient à séjourner en hiver à Nice, Hyères, Cannes et Pau.. Mais surtout, à la suite de la révolution industrielle, le phénomène de la marée anglaise, en matière de tourisme, devint une réalité .. De plus en plus d'Anglais des classes supérieures s'installaient en France pour y passer des vacances, notamment à Paris et sur la Côte d'Azur. Il fallut donc, au début du , ouvrir des établissements prestigieux afin d'y accueillir des clients fortunés.
Ces établissements étaient souvent installés dans des bâtiments ayant appartenu à l'aristocratie. Leurs normes de confort et de qualité s'adaptèrent tout naturellement à leur nouvel usage. Ainsi, en 1909, la résidence du duc de Crillon fut transformée en hôtel de luxe, l'hôtel de CrillonUne icône parisienne intemporelle - Hôtel de Crillon.. De même, l'hôtel du Palais de Biarritz était l'ancienne « Villa Eugénie », résidence d'été préférée de la famille de Napoléon IIILa légende - Hôtel du Palais..
Parmi les clients de ce genre d'établissements, certains appartenaient aux familles royales européennes. En 1928, naquirent ainsi à Paris à la fois l'hôtel Prince de Galles, un établissement prestigieux destiné aux séjours du prince de Galles, futur Édouard VIII80 ans d'histoire - Hôtel Prince de Galles., et son voisin, l'hôtel George-V, du nom de son pèreCependant, l'usage hésite sur l'orthographe exacte du nom de l'hôtel : George-V, Georges-V, George V, Georges V. Le trait d'union est nécessaire pour un établissement en raison de la métonymie (Maurice Grevisse et André Goosse, Le Bon Usage, , , De Boeck, Bruxelles 2007). Cependant, lorsque le prénom est suivi d'un élément subordonné, on ne met pas de trait d'union (, par exemple, le restaurant Le Louis XV de Monte-Carlo, le style Louis XV). Pour la station de métro, on écrit donc « George V ». L'ancienne avenue de l'Alma prit le nom de l'hôtel en devenant avenue George-V, et c'est l'origine de cette hésitation. Dans cet article en français, on emploie simplement « George V », d'après le Guide rouge - Michelin ().. Sur la Côte d'Azur, il faut souligner le rôle du roi Léopold II de Belgique. Charmé par la beauté de Saint-Jean-Cap-Ferrat, il y construisit plusieurs villas, en acquérant jusqu'à de terrain. Selon la volonté du roi, le Grand Hôtel du Cap-Ferrat ouvrit ses portes sur ce terrain en 1908Didier Gayraud, Villefranche-sur-Mer, Beaulieu-sur-Mer, Saint-Jean-Cap-Ferrat, p. 176, 1998 (consulté le 22 avril 2024).
Certains hôtels de luxe s'autoproclamaient déjà « palace », en l'absence de toute distinction officielle, notamment à Paris, où six établissements haut de gamme se distinguaient : les Bristol, Crillon, George V, Meurice, Plaza Athénée et Ritz. De fait, une certaine reconnaissance officieuse existait pour ce qualificatif de « palace ».
Un autre motif qui favorise la fondation des établissements de luxe apparut en France, à la fin du . Les Jeux olympiques d'hiver de 1992 à Albertville suscitèrent la création d'un nouvel établissement haut de gamme, pour accueillir le comité olympique et les personnalités. La région manquait d'établissement de cette catégorie, mais la municipalité ne voulait pas que s'y installât un hôtel d'une chaîne hôtelière. C'est ainsi que naquit à Courchevel le palace indépendant Les Airelles.. Puis, la station compte un autre palace, le Cheval Blanc du groupe LVMH, inauguré en 2006. LVMH y promeut ses grandes marques, notamment son spa des Neiges Givenchy (devenu Guerlain en 2011), et le nom « Cheval Blanc », qui rappelle l'un des quatre Premiers grands crus classés de Saint-ÉmilionDepuis septembre 2012, Saint-Émilion compte quatre « Premiers grands crus classés A », au lieu de deux. Deux nouveaux "Premiers grands crus" Saint Emilion, FranceInfo, 6 septembre 2012., Château Cheval Blanc, également propriété du groupe. Son restaurant, Le 1947, évoque le plus grand millésime du de ce cru.
Hôtellerie de luxe et gastronomie vignette|left|upright|Auguste Escoffier. L'histoire du palace est aussi liée à celle de son restaurant, nécessairement gastronomique depuis déjà un certain temps. Ainsi, avant d'inaugurer son propre hôtel Ritz à Paris en 1898, César Ritz avait connu un immense succès à Londres, au sein de l'Hôtel Savoy, avec un chef cuisinier mythique, Auguste Escoffier. Ce dernier assista à l'inauguration du restaurant gastronomique du Ritz Paris.
Cependant, jusqu'à la fin du , les restaurants des palaces parisiens ne possédaient, en général, qu'une étoile du guide Michelin. Certes, leurs restaurants contribuaient à renforcer le prestige de l'hôtel, mais afin de satisfaire leurs habitués, l'ambiance originale et le service personnalisé qu'ils offraient à leur clientèle, réclamaient de plus en plus de soin. Les clients de ces établissements se contentaient de la cuisine d'une étoile. Cette tendance modeste, sauf auprès de l'hôtel de Crillon, continua jusqu'à ce que le restaurant Alain Ducasse s'installe au Plaza Athénée en L'effet de ce bouleversement devint symbolique : dans le guide Michelin rouge, le Ritz de Paris, situé dans le , fut a longtemps à la tête de tous les hôtels parisiens, jusqu'à ce que le restaurant du Meurice obtienne sa troisième étoile en 2007. Depuis cette date, c'est le Meurice qui est la tête de tous les établissements parisiens dans ce guide.
vignette|Propriété d'une grande maison de champagne, le restaurant de l'Hôtel de Crillon enrichit, au , la tradition gastronomique française des hôtels de luxe. Avant que ne soit lancée la bataille de gastronomie parmi les palaces parisiens, le restaurant Les Ambassadeurs de l'hôtel de Crillon resta un symbole de l'hôtellerie française de luxe. Tout en conservant le décor original datant du règne de Louis XV., cette ancienne salle de bal du duc de Crillon possédait deux macarons du Guide Michelin. et était adhérent aux Relais & ChâteauxIl dut quitter cette chaîne.. Il s'agissait donc de l'un des restaurants les plus prestigieux en France. Il était, en effet, avant sa vente à Starwood Capital Group en 2005, propriété de Taittinger, l'une des grandes maisons de champagne. En faveur de la maison de Reims, il était capable de distinguer l'Hôtel de Crillon d'autres établissements. Très connu dans le monde entier, car entre 1992 et 2012, celui-ci accueillit chaque année vingt-cinq jeunes filles du gotha international lors du Bal des débutantes. Ce bal était suivi d'un dîner exceptionnel, tout comme lors de la présentation de plusieurs prix littéraires.
Exemple de menu gastronomique particulier (Fichier:Michelin star.gifFichier:Michelin star.gif en 1999) :
{|style="font-size:105%;" |- bgcolor="#FFFACD" align="center" | align="center"|Menu du jour de l'An
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janvier 1999
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Toute l'équipe
du restaurant « Les Ambassadeurs »
vous souhaite
une bonne et heureuse année 1999
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Menu
Confit de foie gras à la cuillère, brioche toastée
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Noix de coquilles Saint-Jacques en soupe de légumes
au fumet de crustacés
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Moelleux de homard et pommes ratte, fleurette au caviar
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Volaille « Gauloise Blanche » truffée sous la peau au jus de veau
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Vacherin et salades aux herbes
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Délice du Nouvel An
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Café et mignardises
La diseuse de Bonne Aventure
Tapisserie d'Aubusson d'après le Carton de Jean-Batiste HUET
Exposée dans le Salon TAITTINGER de l'Hôtel de Crillon
Distinction Palace Évolution vers une nouvelle classification En dépit de plusieurs modifications effectuées en 1988, 1989, 1991 et 1992Conseil de la concurrence, Décision n° 05-D-64 du 25 novembre 2005 relative à des pratiques mise en œuvre sur le marché des palaces parisiens (consulte le 22 avril 2024), l'ancien classement hôtelier français aux termes de l'arrêté du n'assurait plus la compétitivité des établissements français par rapport à la concurrence internationale.
D'une part, le système de classement en six catégories, de zéro à quatre étoiles luxe, manquait de cohérence avec les standards internationaux. L'absence de catégorie cinq étoiles le rendait peu lisible pour les principaux clients des établissements haut de gamme, notamment les Anglais et les Américains, alors que plus de 85 % de clients desdits palaces parisiens étaient étrangers et essentiellement de ces deux nationalités..
D'autre part, ses normes comprenaient principalement une trentaine de critères physiques ou liés à l'équipement, c'est-à-dire surface, nombre de chambres, existence de chauffage, présence d'une cabine téléphonique, etc. Faute de critères concernant les services et la qualité, ce classement entretenait parfois la confusion chez certains clients..