La sexualité humaine est selon l'OMS (2006) OMS/WHO (2006). Defining sexual health. Report of a technical consultation on sexual health, 28–31 January 2002. Geneva (http://www.who.int/reproductivehealth/topics/gender_rights/defining_sexual_health.pdf)..

La sexualité est aussi une « pratique sociale » engendrant des comportements sexuels dans lesquels s'inscrivent, pour un individu à l'échelle de la société, des normes sociales structurées autour de contraintes historiques ou religieuses, médicales ou légales. Les notions religieuses ou morales de perversions et la loi définissent les limites jugées acceptables des comportements relatifs à la promiscuité et à la sexualité (homosexualité, promiscuité sexuelle, fornication, sexe anal, sexe oral, adultère, harcèlement sexuel, abus sexuel sur mineur, viol) dans une société ou un groupe social donnés. La sexualité inclut la sexualité relationnelle mais aussi des pratiques dites autoérotiques, comme la masturbation (onanisme), qui peuvent également faire l'objet de jugements sociaux plus ou moins permissifs (ou non) selon les contextes.

La sexualité humaine a un rôle important pour la santé, la qualité de vie, le bien-être général des individus et la pérennité de l'humanité. Elle intéresse donc de nombreux domaines scientifiques et sociaux, pour ses enjeux médicaux (de santé, de santé publique et de prévention) ; mais aussi pour ses enjeux sociaux, philosophiques (plaisir) ou politiques (militantisme, législation). La sexologie est un champ de recherches comportementales, sociales, culturelles et civilisationnelles liées à la reproduction humaine et à la recherche du plaisir et de l'attachement entre adultes. Née de l'analyse physiologique et psychologique des troubles sexuels, elle est considérée comme la science des sexualités chez l'être humain, dans ses composantes médicales, anthropologiques et sociologiques (y compris et surtout celles de la neurobiologie, de la psychiatrie et de la psychanalyse).

Comportement sexuel Normes et diversité des comportements

Les comportements sexuels humains sont diversifiés. Ils sont en partie innés, et en partie acquis dans la société, la famille, via les médias (littérature, films, image), auprès des pairs, via l'éducation sexuelle (là où elle existe) et de plus en plus via les sites de rencontre et la pornographie en ligne (depuis l'explosion de l'Internet). Ces comportements varient selon les personnes et les cultures, mais aussi selon l'âge et le contexte de vie. et ils sont parfois précocement problématiques voire à risques (pour soi ou autrui). Les comportements sexuels sont généralement activés par le désir sexuel (libido, pulsions sexuelles) et/ou amoureux ; ils visent parfois une satisfaction conjugaleGagnon-Girouard, M. P., Turcotte, O., Paré-Cardinal, M., Lévesque, D., St-Pierre Tanguay, B., et Bégin, C. (2014). Image corporelle, satisfaction sexuelle et conjugale chez des couples hétérosexuels. Canadian Journal of Behavioural Science/Revue canadienne des sciences du comportement, 46(2), 134. et/ou une « satisfaction sexuelle ».

La sexualité humaine ne se limite pas aux rapports sexuels ; elle inclut des comportements solitaires, de couple ou de groupe, et pas nécessairement un coït vaginal ; l'épanouissement sexuel peut contribuer à l'estime de soiPiche, L., Trudel, G., et Belanger, J. (2000). La determination du degre de relation entre l'estime de soi et quatre elements de l'experience sexuelle. The Canadian Journal of Human Sexuality, 9(1), 31-31..

Les religions et les principes moraux qui résultent de l'éthique et de la philosophie, définissent souvent les normes de ces comportements (comme l'obligation d'une finalité de reproduction dans la doctrine catholique), suivant une structure que l'on peut étudier par une analyse historique.

Troubles du comportement sexuel Les troubles du comportement incluent notamment le trouble du désir sexuel hypo-actif, la dysfonction érectile (souvent liée à l'anxiété de la performance), le vaginisme et l'anéjaculation.

Développement sexuel Enfance prépubère

Avant la puberté, la sexualité de l'enfant est peu développée. Les comportements de type sexuel, comme la masturbation, sont extrêmement rares. La sexualité infantile décrite par la psychanalyse n'est pas liée à l'activité génitale et l'enfant ne peut pas avoir d'orgasmes. Sa sexualité consiste en une curiosité qui le pousse à explorer les zones du corps procurant du plaisir. Elle n'est pas liée à des conduites de recherche de partenaire sexuel mais reste auto-érotique. L'idée que les enfants auraient des désirs sexuels comparables à ceux de l'adulte mais réprimés par les normes sociales alimente les théories pédophiles et ne repose sur aucune évidence scientifique. Les études sur le sujet, bien qu'assez rares, indiquent que les enfants ont très peu de comportements sexuels, et qu'un comportement sexuel enfantin (masturbation, exhibition) peut traduire un problème d'abus sexuel ou de négligence (être témoin des relations sexuelles adultes).. Cependant, il faut distinguer les pulsions sexuelles dirigées vers autrui, qui n'existent pas chez les enfants, du plaisir physique lié à l'exploration de soi. Une forme de masturbation pouvant mener à des états proches de l'orgasme existe dès la petite enfance et parfois même au cours de la vie intra-utérine chez les deux sexes, mais pas chez tous les individus.

La libération sexuelle de la fin des années 1960 a fait émerger un nouveau problème, celui de l'hypersexualisation de l'enfance. Les enfants prépubères sont exposés à des comportements sexuellement suggestifs, comme l'habillement, les danses, les paroles de chanson. Des images sexualisées de l'enfant sont véhiculées par les médias, la publicités et les réseaux sociaux, et des modèles pour les jeunes sont fortement sexualisés. Selon un rapport demandé par l'Association américaine de psychologie, l'hypersexualisation des filles entraîne des problèmes d'image corporelle, d'estime de soi, de dépression, d'anxiété, de banalisation de la violence sexuelle, de troubles du comportement tels que les troubles des conduites alimentaires, un tabagisme plus important et des comportements sexuels à risque plus fréquents.

Puberté et adolescence

La puberté est un processus physiologique qui s'étend sur plusieurs années. Le processus de la puberté est déclenché par des hormones qui influencent le développement et la maturation des organes sexuels et caractères sexuels secondaires. Les premiers désirs sexuels apparaissent ainsi que la capacité physiologique à éprouver des orgasmes. Cependant, avant d'entrer dans la sexualité génitale, les adolescents connaissent généralement d'abord des attachements sentimentaux et amoureux, sans rapports sexuels. Ainsi les jeunes adolescents ont souvent un ou une petite amie qu'ils vont embrasser et tenir par la main. Les rapports sexuels génitaux sont très rares chez les jeunes adolescents et souvent associés à des problèmes psychologiques ou sociaux (violence familiale, dépression par exemple).

Chez les adolescents âgés, la relation sexuelle menant au coït prend place généralement dans une relation amoureuse. L'âge du premier rapport sexuel varie selon les époques et les cultures. En Europe, depuis la révolution sexuelle de la fin des années 1960 associée à la découverte d'une contraception féminine pratique et efficace (la « pilule »), les relations sexuelles prémaritales sont considérées comme acceptables par des proportions de la population de plus en plus larges. En 2008, l'âge des premières relations sexuelles se situe aux alentours de 17 ans pour une majorité de jeunes dans des pays occidentaux comme le Canada, avec de fortes variations individuelles. En 2023, l'âge médian au premier rapport sexuel non forcé est de 18,2 ans pour les femmes et 17,7 ans pour les hommes en France, ce qui indique une remontée de cet âge et un écart persistant entre les sexes.

L'autoérotisme se développe souvent avant les activités sexuelles relationnelles. Les stimulations génitales sont plus liées à la pulsion sexuelle, quoique de manière immature, dès le début de l'adolescence, chez les filles et les garçons (mais plus précocement, en général, chez ces derniers). Même si la puberté est une période charnière à ce sujet, certaines personnes, à cet âge comme à l'âge adulte, ne se masturbent pas.

Jeunes adultes La plupart des jeunes adultes ont des relations sexuelles qui ont débuté vers la fin de l'adolescence. Les relations sexuelles tendent à être moins fréquentes et les partenaires sexuels plus nombreux chez les adultes jeunes comparés aux adultes plus âgés. Les principaux problèmes relatifs à la sexualité dans cette tranche d'âge sont les problèmes d'infections transmises sexuellement (cf. section ci-après), les troubles menstruels chez les femmes, et les problèmes d'infertilité. La plupart des jeunes adultes, y compris en couple, ont également des activités sexuelles solitaires, qui tendent à être plus fréquentes que la sexualité relationnelle. Globalement, la génération dite Z est relativement moins active sexuellement et a d'autres priorités, au-delà d'une tendance à interroger les schémas traditionnels (hétérosexualité, genre, monogamie et polyamour, consentement) et à reconstruire son rapport au couple et à la sexualité.

Adultes d'âge moyen Chez les femmes et les hommes entre la fin des études et le début de la vieillesse, une certaine stabilité matérielle s'installe généralement, ce qui est toujours marqué par des trajectoires genrées où la décohabitation d'avec les parents est plus souvent liée à la mise en couple chez les femmes. Avant la trentaine, les relations amoureuses et sexuelles empruntent des chemins très divers. La trentaine est favorable à une certaine "sédentarisation", à la formation de couples durables cohabitant dans un domicile personnel et à de meilleures opportunités pour avoir des relations sexuelles régulières et plus stables, mais avec un taux de divorce qui est élevé de nos jours. Cependant, ces relations sexuelles (entre personnes de même sexe ou de sexe différent) sont parfois plus routinières qu'au début de l'âge adulte, le nombre de partenaires diminue et la sexualité se résume souvent au couple. Le désir peut commencer à s'effriter mais les femmes d'environ quarante-cinq ans sont globalement celles qui ont la vie sexuelle la plus épanouie, et non les plus jeunes. La parentalité a un effet ambigu car elle peut rendre l'activité sexuelle plus contrainte mais aussi augmenter la libido.

Il existe aussi une pression sociale autour du couple, du mariage et des enfants, qui arrivent en même temps de façon de plus en plus tardive. Les personnes qui ne s'y conforment pas, surtout les femmes, sont brimées et il existe des stéréotypes négatifs sur le célibat féminin surtout.. D'autre part, certaines personnes souffrent d'exclusion ou de marginalisation, par exemple en cas d'appartenance à la diversité sexuelle et de genre, mais aussi d'appartenance ethnique minoritaire, de grande précarité sociale, de handicap (notamment en institution) ou de maladie (notamment de MST), ce qui est d'ailleurs le cas pour toutes les tranches d'âge, mais ces situations n'empêchent pas d'avoir une sexualité épanouie.

La sexualité de beaucoup d'adultes, femmes et hommes, inclut la masturbation, y compris lorsqu'ils sont en couple, mais ce comportement est parfois réprouvé lorsque la personne a un ou une partenaire. Contrairement à un préjugé, la masturbation peut être vécue positivement sans être un choix par défaut. La parole se libère à ce sujet, surtout sur la masturbation féminine qui reste perçue dans certains milieux comme moins naturelle et normale.

Personnes d'âge mûr