La rue du Dragon est une rue du de Paris. Avant 1808, elle portait le nom de « rue du Sépulcre ».

Situation et accès Grossièrement orientée nord- sud, longue de , elle commence au 163, boulevard Saint-Germain et se termine au 2, rue de Grenelle et au 56, rue du Four. Elle est à sens unique dans le sens sud-nord.

Elle est desservie par la ligne 4 aux stations Saint-Germain-des-Prés et Saint-Sulpice.

Origine du nom Son nom vient du fait que la cour du Dragon y avait son débouché. La cour tire son nom d'une sculpture en pierre représentant un dragon sculpté par Paul-Ambroise Slodtz (1702-1758) sur un bâtiment construit par l'architecte Pierre Vigné de Vigny (1690-1772) pour le financier Antoine Crozat (1655-1738).

thumb|left|upright|Le débouché de la cour du Dragon sur la rue éponyme photographiée par Eugène Atget en 1913.

Historique Elle s'appelait jadis « rue du Sépulcre », du nom des chanoines du Saint-Sépulcre qui y avaient une propriété au début du , ..

Elle est citée sous le nom de « rue du Sépulcre » dans un manuscrit de 1636.

Les riverains demandèrent en 1808 que leur rue change de nom, ce qui leur fut accordé.

La rue du Dragon fut très médiatisée en lors de l'occupation spectaculaire par l'association Droit au logement d'un immeuble vide dans la rue () pour héberger des mal-logés. Des personnalités comme l'abbé Pierre contribuèrent à cette médiatisation, l'avocat militant des droits de l'Homme Jean-Jacques de Felice s'engagea également dans cette action« Jean-Jacques de Felice, avocat militant des droits de l’homme », laboratoire de recherche du CHS, chs.univ-paris1.fr..

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire 7 : Simone Signoret raconte qu'il s'agissait d'une boîte aux lettres de la Résistance pendant l'Occupation, et que pour cela l'immeuble a été visité par la GestapoSimone Signoret, La nostalgie n'est plus..., p.85.. Dans les années 1960, le poète créoliste Jean Albany y réside et y écrit la plupart de ses œuvres. bâtiment construit en 1938, à l'emplacement de l'entrée de la cour du Dragon ; façade ornée de mascarons de têtes de méduses. 8 : l'acteur Laurent Terzieff demeurait à cette adresse Rob Ten-Tronck, Ten-Tronck’s Celebrity Locator, 2005, .. 10 : Armand Félix Marie Jobbé-Duval (1821-1889), artiste peintre qui habite à cette adresse en 1844Catalogue de l'Exposition de peinture et sculpture de 1844 au Palais-Royal. ; le baron du Potet de Sennevoy, célèbre magnétiseur, y passe les dernières années de sa vie ; il y meurt le ; Roger Martin du Gard s'installe dans un appartement à cette adresse en décembre 1945 ; une plaque lui rend hommage. Charlotte Aillaud, sœur de Juliette Gréco et ancienne déportée pour faits de Résistance, y demeura et organisa de nombreux dîners mondains entre 1958 et 1978Charles Dantzig, « L'insoutenable légèreté de Charlotte Aillaud », Vanity Fair, , septembre 2014, .. 13 : le peintre Henri Alphonse Barnoin (1882-1940) y naquit Jean-Marc Michaud, Baenoin, éditions Le Télégramme, 2006, ., puis le sculpteur et céramiste Paul Pouchol (1904-1963), dit le « potier de Saint-Germain-des-Près », y eut un atelier dès 1941. 14 : adresse des éditions de la revue Cahiers d'art de Christian Zervos. 18 : bas-relief de symboles et outils maçonniques (compas, équerre, globe céleste, bâton d'Hermès, fil à plomb, truelle, etc.) ornant la façade. Le chirurgien-major Jean-Antoine Brisset y demeura« Jean-Antoine Brisset », Base Leonore.. 19 : adresse de la Galerie du Dragon créée par Nina Dausset et Manou Pouderoux en 1946 puis reprise en 1955 par Max Clarac-Sérou. 24 : façade ornée d'un médaillon d'homme couronné. Le potier et émailleur Bernard Palissy y habitait et y travaillaitJean-Paul Clébert, Promenade dans les rues de Paris. La rive gauche et la Seine, Club des Libraires de France, 1958, .. Son nom fut donné à la toute proche rue Bernard-Palissy. L'écrivain Claude Mauriac y vécut les années de la Seconde Guerre mondiale.En 1963 y ouvre le cinéma Le Dragon, dirigé par le cinéaste Claude Makovski et l'exploitant Boris Gourevitch. Dans l'immeuble construit au XVII siècle, prenant la suite d'un hôtel, une salle de cinéma est aménagée au rez-de-chaussée et au premier étage : de 24 mètres de longueur pour 6 de largeur, elle peut accueillir 350 spectateurs. Novateur sur la programmation (ne diffusant par exemple ni publicité, ni actualités), le cinéma s'oriente à partir de la fin des années 1970 vers la diffusion de pornographie gay. Il devient alors le Dragon Club Vidéo Gay puis le Club Vidéo Gay. Il ferme en 1986. L'immeuble est de nos jours occupe par un magasin de produits surgelés.Éric Neuhoff, « Dernières séances », Le Figaro Magazine, 16 octobre 2020, p. 87.. Au , à cet emplacement, se tenait un hôtel garni. Il portait une enseigne en émail dans laquelle la légende en bordure du médaillon indiquait Au fort Samson. Le médaillon était attribué à Palissy. Le propriétaire de la maison fit mettre l’inscription . Lors de l’édification de l’immeuble actuel (), un nouveau médaillon est posé où figure l’effigie de l’émailleur. 25 : se trouvait le magasin de miroiterie et négociant en verre Crepin, maison fondée en 1707, la plus ancienne de Paris, qui fut rachetée le par Louis Griffisch, qui fut élu le président de la Chambre syndicale des miroitiers de la ville de Paris. 30 : plaque commémorative en hommage à Victor Hugo. 31 : ancienne annexe de l'Académie Julian, locaux rachetés par Guillaume Met de Penninghen et Jacques d'Andon en 1959 à André Corthis pour devenir l'école d'art ESAG Penninghen en 1968. 36 : hôtel du Dragon. L'écrivain Jean Giono (1895-1970) avait pour habitude de résider dans cet hôtel lors de ses séjours à Paris« La rue du Dragon », Le Parisien, 7 septembre 2002., comme en témoigne une plaque commémorative en façade. : domicile de l'écrivain Louis Guilloux (1899-1980), comme le signale une plaque sur la façade.

Non localisé : Robert Doisneau réalisa dans un immeuble de cette rue une photographie Concierges de la rue du Dragon, sans précision de l'adresse.

Bibliographie . Reportage de l'ORTF, 1971.

Dans la littérature Dans le roman Vers les hauteurs de Ludovic Escande (Allary Éditions, 2023), un personnage .. Le brocheur, pour lequel travaillent Céline et Désirée, est situé rue du Dragon (Les sœurs Vatard, roman de Joris-Karl Huysmans).

Notes et références

Pour approfondir Bibliographie .

Articles connexes Liste des voies du de Paris

Liens externes

Carte interactive des voies de Paris sur le site de la direction de l'urbanisme de la Ville de Paris

Catégorie:Rue dans le 6e arrondissement de Paris Catégorie:Voie citée dans rues de Paris en 1636