thumb|Champ de blé aux corbeaux, Van Gogh, 1890 (peint à Auvers-sur-Oise; musée Van Gogh, Amsterdam). thumb|Meules de foin, peintes par Claude Monet vers 1885-86 (, Connecticut). vignette|Pulvérisateur dans un champ de maïs en Gironde

L’agriculture de la France bénéficie d'une surface agricole utile importante (environ 1/2 hectare par habitant) et d'une situation géographique et climatique favorable, à cheval sur le . Conjointement à l'aide apportée par la politique agricole commune (PAC), ces facteurs expliquent que la France soit devenue le premier pays agricole de l'Union européenne avec 18 % du produit agricole et agro-alimentaire européen. Par ailleurs, la France était, en 2011, le troisième pays exportateur mondial de produits agroalimentaires ex æquo avec le Brésil.

Les principales productions sont les céréales (blé, européen et ; maïs, ) et le sucre (), le vin (, derrière l'Italie), le lait () et les produits laitiers, les fruits et légumes, l'élevage (notamment en Bretagne) et les produits carnés ( pour la viande bovine). Ce dernier secteur a pu souffrir de crises successives (vache folle, grippe aviaire, etc).

L'agriculture occupe 53,2 % de la surface de la France métropolitaine, et jusqu'à 75 % environ dans des régions telles que le Nord-Pas-de-Calais. Elle employait, en 2018, soit 1,5 % de la population active totale.. Elle s'est modernisée dans le cadre de la PAC, réduisant sans cesse la quantité de main-d'œuvre employée. La somme des secteurs de l'agriculture, de la sylviculture, de l'agroalimentaire et de l'industrie du bois représentait, en 2003, plus de employées ou employeurs, générant 4,5 % du PIB français, soit un peu plus de d'eurosPlan stratégique national de développement rural 2007-2013, Doc travail, version 6.4 – revue et abrégée, 2 juin 2006, consultée 2.. L'agriculture française bénéficie d'une grande partie des aides européennes mais le revenu agricole moyen reste faible et s'établit en moyenne à en 2016(moins 20 % en 2013 par rapport à 2012) ; Le revenu des agriculteurs français a baissé de 20 % en 2013, le Figaro, .

Selon l'ONUAA (données 2018), la France est bien située dans de nombreux palmarès mondiaux de pays agricoles : producteur mondial d'abricots, le producteur mondial d'artichauts, le producteur mondial de blé, le producteur mondial de céréales mélangées, le producteur mondial de céréales entières, le producteur mondial de champignons et truffes, le producteur mondial de chanvre, le producteur mondial de fibres de chanvre, le producteur mondial de choux-fleurs et brocolis, le producteur mondial de colza, le producteur mondial d'épinards, le producteur mondial de fèves sèches, le producteur mondial de fruits à noyau, le producteur mondial de graines de lin, le producteur mondial de graines de tournesol, le producteur mondial de haricots verts, le producteur mondial de kiwis, le producteur mondial de fibres et étoupes de lin, le producteur mondial de maïs frais, le producteur mondial de moutarde, le producteur mondial de myrtilles, le producteur mondial de noisettes, le producteur mondial de noix, le producteur mondial d'œillettes, le producteur mondial d'orge commune, le producteur mondial de poireaux, le producteur mondial de pois frais, le producteur mondial de pois secs, le producteur mondial de pommes, le producteur mondial de pommes de terre, le producteur mondial de racines de chicorée, le producteur mondial de raisins, le producteur mondial de sarrasin, le producteur mondial de betteraves à sucre et le producteur mondial de triticales..

En éclate un mouvement social de protestation dans le secteur, qui perdure fin .

Histoire

vignette|redresse=1.5|« Révolution » néolithique ou transition agricole du néolithique européen à partir du millénaire av. J.-C.En moins d'un millénaire, les petits groupes de chasseurs-cueilleurs autochtones qui nomadisaient par petits clans dans les immenses forêts primaires en France (habituellement dans un rayon d'une centaine de kilomètres) se sédentarisent et forment des sociétés villageoises agricoles. Cf .. L'expansion agricole en France a impliqué un nombre important de migrants originaires du Croissant fertile, un des premiers foyers de l'agriculture. thumb|left|260px|Les hortillonnages d'Amiens, qui sont de plus en plus utilisés non plus à des fins maraîchères, mais de tourisme rural. thumb|Stand de maraîcher sur un marché de petits producteurs. La Révolution néolithique, au cours de laquelle les chasseurs-cueilleurs du Paléolithique ont laissé la place aux sédentaires qui élèvent moutons ou vaches et plantent grains de blé ou d'orge date, dans ce qui constitue le territoire actuel de la France, du millénaire av. J.-C.Armand Frémont, « La terre », in Les Lieux de mémoire, tome III (dir. Pierre Nora), Quarto Gallimard, 1997, .. À partir de cette époque, le sol commence à être travaillé par l'homme et son labour, le paysage étant sujet à l'anthropisation. L'histoire des paysans s'entremêle alors à l'histoire du climat et de la végétation, la maîtrise des sols étant quasi-achevée au .

La France s'est toujours distinguée par la richesse et la variété de son terroir, ce qui a significativement limité les famines dans le pays au Moyen Âge et à l'époque moderne (comparé à ses voisins, comme les îles britanniques où de nombreuses populations ont été contraintes à partir vers d'autres cieux) et stimulé la démographie française (faisant de la France le pays le plus peuplé d'Europe à l'époque moderne et ayant commencé en premier sa transition démographique au-début du ). L'autosuffisance alimentaire française est ainsi très importante, la France (l'un des pays les moins densément peuplés d'Europe, car la France a stagné démographiquement durant l'époque contemporaine à contrario de ses voisins) pourrait aujourd'hui, théoriquement, absorber plusieurs dizaines de millions d'habitants supplémentaires sans que cela ne pose problème d'un point de vue alimentaire.

De la Révolution jusqu'à la fin des Trente Glorieuses, et alors que l'ensemble du territoire devient cadastré (évolution achevée au mi-), trois tendances principales caractérisent la propriété de la terre : l'augmentation progressive des prix de la terre; la concentration des exploitations autour d'unités de taille moyenne (généralement entre 10 et 50 hectares pour les terres de polyculture et d'élevage) et l'appropriation de la terre par les paysans, le faire-valoir direct l'emportant sur le métayage ou le fermage. agricoles (20,7 %) relevaient encore du fermage (surtout dans le centre du bassin de Paris, en Haute-Normandie ou encore dans l'Ouest) ou du métayage (dans le Beaujolais ou dans des régions du Massif central) en 1955. Cette proportion passait à 14,7 % en 1970.

Selon les statistiques nationales décennales, pour la décennie 1900-1910, en moyenne annuelle, étaient cultivés en France métropolitaine, le reste de la SAU étant consacré aux prés et pâturages.

Après les guerres mondiales, l'agriculture devient plus industrielle et s'intensifie sur une partie croissante du territoire métropolitain et outre-mer, dans les départements algériens et les colonies.

Les échanges se mondialisent. Les consommations d'engrais chimiques et de pesticides augmentent fortement. Parallèlement, un mouvement en faveur de l'agroécologie et de l'agriculture bio apparait dans les années 1970 (voir : Histoire de l'agriculture biologique). Peu à peu, des exigences nationales et européennes de meilleure prise en compte de l'environnement sont formulées (ex : directives biocides et pesticides, directive-cadre sur l'eau, directive Nitrates, règlementation sur les pesticides et les OGM, mesures agrienvironnementales) évoquées par le grenelle de l'environnement en 2007, et en France plus ou moins intégrées dans la « feuille de route » de la Conférence environnementale de , dans le « projet agro-écologique » du gouvernementGouvernement français (2012), Projet agro-écologique pour la France, consulté 2013-04-11 lancé fin 2012.

Entre 1970 et 2020, de terres agricoles ont disparu en France, soit l'équivalent en surface de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA)..

Structure et poids économique Part de l'activité dans l'économie Le poids de l'activité agricole (y compris le secteur des industries agro-alimentaires) représente 3,5 % du PIB en 2008, soit 68,8 milliards d'euros. Il s'élevait à 8 % environ en 1980Bimagri HS , janvier 2010.

En 2024 la valeur de la production, hors subventions, est de 89,3 milliardsGéry C., Hecquet V., Lucas F., « L’agriculture en 2024 – Les comptes nationaux prévisionnels de l’agriculture en 2024 », Documents de travail no 2024-26, Insee, décembre 2024. . Ce total se ventile en produits végétaux pour 46,5 milliards, produits animaux pour 33,9 milliards, services (production des entreprises de travaux agricoles, des coopératives d’utilisation de matériel agricole, services entre agriculteurs, agritourisme, etc) pour 7 milliards et production des jardins familiaux pour 1,9 milliard. La production est en diminution de 7,5 % par rapport à 2023, dont 4,2 % de diminution des prix et 3,4 % de diminution des volumes.

L'agriculture représente le troisième excédent commercial français après l'aéronautique et la chimie. Il est de 6,1 milliards d’euros en 2016 (soit une baisse de 2,3 milliards d’euros par rapport à 2015). Mais cet excédent tend à diminuer et la France présente en 2023 une balance commerciale agricole tout juste positive de 1,2 milliard d'euros. La diminution de l'excédent est principalement due à la dynamique des échanges intra-européens. En effet, depuis 2015, les échanges avec les pays de l'union européenne sont globalement déficitaires, tandis que la balance commerciale avec les autres pays tend à s'améliorer.. À cette tendance, s'ajoute pour l'année 2023 une concurrence des produits ukrainiens, redirigés vers l'Europe, ainsi que des céréales russes qui concurrencent les exportations françaises dans le Bassin méditerranéen.

Coût des surfaces agricoles En 2013, l'agriculture française métropolitaine comprend pour une surface exploitée de , soit une moyenne de par exploitation. Les deux tiers sont des entreprises traditionnelles unipersonnelles et un tiers ont adopté la forme de sociétés, principalement celles de l'exploitation agricole à responsabilité limitée (EARL) et du groupement agricole d'exploitation en commun (GAEC), soit respectivement et .

La taille moyenne des exploitations est passée de en 1892 à en 1963, à en 1988, à 39 en 1995Yves Colombel, « L'agriculture française », Armand Colin, 2000, . et en 2017 de SAU, avec des variations importantes selon la production : pour les grandes cultures (blé) dix hectares pour l’horticulture ou le maraîchage, pour la viticulture.

Le coût de la terre a doublé depuis le début des années 2000, et atteint, en 2019, l'hectare en moyenne. Les prix peuvent cependant être très différents selon les régions : dans les Bouches-du-Rhône, contre en Haute-Saône. Alors même qu'un grand nombre d'agriculteurs vont partir à la retraite, ces prix empêchent certains agriculteurs de s'installer. D'après Odile Lesaule, conseillère à la chambre de l'agriculture de l'Orne :« On remarque un phénomène nouveau depuis quatre à cinq ans. Des jeunes avec un projet viable économiquement, validé par la chambre d'agriculture, n'obtiennent pas d'accord bancaire. Bien qu'ayant suivi une formation agricole, ils voient leur projet s'effondrer.. » Des associations comme Terre de liens, souvent en lien avec les SAFER cherchent à les aider, mais sans disposer de forts soutiens politiques ni de moyens à l'échelle du problème.

Main d'œuvre et emploi Le nombre de personnes employées à titre permanent par l'agriculture en 1982 s'élevait à 1,6 million, soit 7,1% de l'emploi total en France..

En 2018, ce nombre n'est plus que de , soit moins de pour .