Le Télescope géant européen....Le télescope géant est aussi désigné par diverses traductions de l'anglais , parmi lesquelles : Extrêmement grand télescope européen, Télescope européen extrêmement grand, Télescope extrêmement grand européen ou encore Télescope européen géant. Pour Extrêmement grand télescope européen, voir par exemple :
http://www.ulyces.co/frederick-bernas/comment-le-chili-est-en-train-de-gagner-la-guerre-des-etoiles-astronomie-telescope/ ; http://www.in2p3.fr/recherche/nouvelles_scientifiques/2015/event_dialogue_lhc.html ;
Pour Télescope européen extrêmement grand, voir par exemple : . ;
. Pour Télescope extrêmement grand européen, voir par exemple : . Pour Télescope européen géant, voir par exemple : . ., en anglais ( ; anciennement , ), est un télescope terrestre, faisant partie de la série des trois télescopes géants en cours de construction en 2022. Développé par l'Observatoire européen austral (ESO), il doit permettre des avancées majeures dans le domaine de l'astronomie grâce à son miroir primaire d'un diamètre de qui collectera quinze fois plus de lumière que les plus grands télescopes existants et fournira des images quinze fois plus détaillées que le télescope spatial Hubble qui constituait la référence jusqu'à 2021.
Le télescope ELT est situé au nord du Chili, sur le Cerro Armazones ( d'altitude) qui fait partie de la cordillère de la Costa (Andes centrales) et à vingt kilomètres à l'est du Cerro Paranal, site des quatre télescopes du VLT de l'ESO. Pour pouvoir effectuer des percées décisives, telles que l'observation des premières galaxies ou des exoplanètes, il sera capable de collecter quinze fois plus de lumière que le VLT, ce qui en fera le télescope le plus puissant au monde. Les premiers travaux de génie civil sur le site ont débuté en et la réalisation de la partie optique a été entamée en 2017. Son inauguration, prévue initialement en 2024, est programmée en .
Contexte
Les raisons de l'émergence des très grands télescopes
Les motivations à l'origine de la construction d'un télescope de très grande taille sont résumées dans la première étude de l'Observatoire européen austral (ESO) réalisée sur le sujet : au cours de la seconde moitié du l'accroissement de la sensibilité des télescopes optiques est liée essentiellement (à hauteur de 80 %) aux améliorations apportées aux instruments placés aux foyers optiques et exploitant la lumière collectée. Dans la mesure où ceux-ci ont atteint une quasi-perfection, il est désormais nécessaire, pour maintenir le même rythme de progrès scientifiques, d'accroître de manière importante le diamètre des télescopes ; les objectifs prioritaires dans le domaine scientifique, tels que la détection et la caractérisation des exoplanètes similaires à la Terre ou l'étude spectroscopique des galaxies les plus lointaines et d'autres objets comme les supernova ou les sources de sursauts gamma, nécessitent de disposer de télescopes dont le diamètre atteint ou plus ; l'utilisation d'un miroir segmenté introduite par le Multiple Mirror Telescope permet d'envisager des miroirs de beaucoup plus grande taille. Les contraintes découlant d'un diamètre élevé relèvent désormais uniquement des domaines de la mécanique et de la cinématique. L'existence de radiotélescopes de et plus constitue un précédent et une source d'inspiration même si les exigences sont beaucoup moins élevées lorsqu'il s'agit d'observer les grandes longueurs d'onde ; l'arrivée à maturité des techniques de correction du front d'ondes, en particulier l'optique adaptative, permet aux télescopes terrestres d'accéder au domaine des hautes résolutions angulaires réservées jusque-là aux télescopes spatiaux comme Hubble.
Historique Etudes préalables : le projet de télescope de 100 mètres OWL (1998-2005) vignette|L'OWL de 100 mètres de diamètre (vue d'artiste).
À partir de 1998, l'Observatoire européen austral (ESO) mène des études de conception d'un télescope géant comportant un miroir de plus de de diamètre. Les premières études de faisabilité de l'Overwhelmingly Large Telescope (OWL) sont peu approfondies. Mais progressivement le projet prend de l'ampleur. En décembre 2004, le Conseil de l'ESO décide de compléter rapidement les études en cours en s'appuyant largement sur son expertise interne mais également sur l'avis des industriels et de la communauté scientifique avec comme objectif de faire évaluer le projet fin 2005 par un panel d'experts internationaux. Le télescope envisagé a un miroir primaire d'un diamètre de avec une surface collectrice de . Au-delà de la faisabilité technique, l'objectif de l'étude est de modifier le ratio entre coût et diamètre (D) du miroir primaire régi jusque-là par une loi D2,6 (D puissance 2,6) en le faisant passer à D1,4. Le rapport d'étude du projet OWL Blue-Book est publié en . Il confirme la possibilité technique de réaliser un observatoire de la taille envisagée. Le panel d'experts consulté en donne un avis favorable à la principale innovation technique embarquée consistant à insérer au moins un miroir adaptatif au sein du télescope. Mais la commission identifie plusieurs risques techniques : recours à un miroir M2 segmenté et à un miroir M4 fortement asphérique, système de guidage laser mal adapté à la taille du miroir. Compte tenu de ces risques et un coût (évalué à 1,2 milliard d'euros) dépassant la capacité financière de l'ESO pour une construction s'étalant sur la période envisagée (2008-2020), le panel d'experts conseille plutôt de développer un télescope de taille plus modeste, ayant un miroir d'un diamètre compris entre , considérant que la complexité et la dérive budgétaire inhérente à ce type de projet seraient mieux maîtrisées..
Sélection d'un télescope doté d'un miroir de 39 mètres (2006) vignette|redresse=2|La taille de l'ELT comparée à celles du VLT et de l'Arc de Triomphe parisien.
En , le projet baptisé dans son nouveau format E-ELT (European Extremely Large Telescope) entre dans une phase de consultation avec la communauté astronomique internationale, visant à définir les caractéristiques détaillées du télescope. Cinq groupes de travail sont formés pour définir les différentes caractéristiques du télescope : identification des objectifs scientifiques, choix des instruments, sélection du site d'implantation, architecture du télescope et étude de l'optique adaptative. Durant l'été 2006, les rapports de chaque groupe sont remis à l'ESO. Ces rapports conseillent que l'ELT soit capable d'observer dans le domaine visible et infrarouge. Le , Jason Spyromilio est désigné comme directeur du projet E-ELT. Le , les membres de l'ESO décident de lancer les études préalables à la construction de l'E-ELT. Le diamètre prévu du miroir est de , eso.org. Consulté le ., pour un coût total de l'appareil estimé entre et un milliard d'euros.
Sélection du site (2010) vignette|Le sommet du Cerro Armazones aplani pour accueillir l'ELT.
En , le comité de sélection décide de construire l'E-ELT sur le sommet du Cerro Armazones à un peu moins de d'altitude. Le site est situé à une vingtaine de kilomètres du Cerro Paranal qui héberge déjà l'instrument phare de l'ESO, le VLTRecommandation du Cerro Armazones au Chili.. Cette région située dans le désert de l'Atacama au nord du Chili se caractérise à la fois par une extrême sécheresse et une nébulosité très faible qui permet des observations de très grande qualité avec peu d'interruptions liées à la météorologie. Le site retenu avait été préempté par le passé pour la construction de l'homologue américain de l'E-ELT, le Télescope de Trente Mètres, qui a finalement retenu une implantation sur le Mauna Kea dans l'archipel d'Hawaï. Parmi les sites écartés figurent l'Observatoire du Roque de los Muchachos situé dans l'archipel des Canaries (Espagne) qui héberge déjà de nombreux télescopes, bien que l'Espagne ait proposé de payer 25 % du coût de la constructionTélescope géant E-ELT : l'Espagne le veut chez elle !.. Le cerro Armazones est une montagne de la cordillère de la Costa située à approximativement au sud-est d'Antofagasta dans la région d'Antofagasta, dans le Nord du Chili et qui culmine à 3 064 mètres d'altitude 24° 35′ 23″ sud, 70° 11′ 30″ ouest. Il existe déjà à cet endroit un observatoire géré par l'Institut d'astronomie de l'université catholique du nord et l'institut d'astronomie de l'université de BochumObservatoire du Cerro Armazones.. Le conseil de l'ESO, le a sélectionné officiellement le site de Cerro ArmazonesWorld’s Biggest Telescope to be Located on Armazones, Chile.Le Chili accueillera le télescope européen de .. Le , un accord est signé entre le Chili et l'ESO pour la dotation de terrains ainsi que la création d'une zone protégée. Le lancement des travaux est programmé pour 2011 et les premières opérations sont prévues pour le début des années 2020.
Lancement du projet (2011-2013) vignette|Le ministre chilien des Affaires étrangères (à droite), et le directeur général de l'ESO, Tim de Zeeuw signent l'accord portant sur la construction de l'observatoire (13 octobre 2011). vignette|Maquette virtuelle du télescope géant. Décembre 2012.
Le , le Conseil d’administration de l’Observatoire européen austral (Conseil de l’ESO), approuve un budget qui permet de financer la réalisation de la route conduisant au site de l’E-ELT au Cerro Armazones et du début de la réalisation de certains composants optiques complexes. La décision a été précédée par la signature d'un accord entre l'ESO et le gouvernement chilien portant sur la donation du terrain occupé par le futur télescope et une concession à long terme pour établir une zone protégée autour de celui-ci et le soutien du gouvernement chilien pour l'installation de l'observatoire. Le le Conseil de l'ESO entérine, lors de sa réunion à Garching, la construction de l'E-ELT et de son premier lot d'instruments. Les travaux de construction de la route et de nivellement débutent cette année-là. Le , le président du Chili, Sebastián Piñera remet les documents juridiques signés qui officialisent le transfert à l'ESO, de 189 km² de terres situées autour du Cerro Armazones pour la construction de l'E-ELT. Par ailleurs 362 km² de terres alentour sont concédées à l'ESO pour une période de 50 ans dans le but d'y interdire toute pollution lumineuse et activité minière..
La construction par la société chilienne IFACAL de la route menant au sommet du Cerro Armazones débute en . Ce chantier doit durer 16 mois.. Les travaux de nivellement du sommet dans le but de créer la plateforme de qui doit accueillir l'observatoire et ses annexes débutent en . Au total de roches doivent être déplacées.. Le conseil de l'ESO se réunit le alors que le budget alloué à la construction de l'E-ELT ( d'euros 2012) n'est financé qu'à hauteur de 71 %. Or l'ESO a une règle qui nécessite que plus de 90 % du budget soit débloqué pour que les travaux de plus de deux millions d'euros soient lancés. L'ESO est notamment en attente de la finalisation de l'adhésion de la Pologne (qui doit porter la part financée à 78 %) et du Brésil qui doit contribuer au budget de l'ESO à hauteur de pour les dix années suivantes mais dont la phase de ratification prend du retard. Pour tenir l'échéance de 2024, l'ESO décide en décembre de décomposer la livraison du télescope en deux phases dont la première porte sur un périmètre réduit permettant de lancer les travaux en respectant la règle budgétaire des 90 %. Les éléments suivants sont reportés à la phase II. : 210 des de miroir formant le miroir primaire. Les miroirs repoussés en phase II forment les cinq rangées internes ; de miroir qui doivent servir de pièces de rechange afin de permettre l'entretien continu du miroir primaire ; deux des six lasers utilisés par l'optique adaptative ainsi que le module LTAO qui doit contribuer aux performances des instruments METIS et HARMONI ; une des stations pré-focales.
Construction du télescope et de ses instruments (2014-2027)