vignette|Philip Burne-Jones, The Vampire, 1897.

Un mort-vivant est, dans la culture populaireIci, « culture populaire » est entendu au sens d'une culture appréciée par le plus grand nombre., un être mort mais qui continue à s'animer, que ce soit sous l'effet de sa propre volonté ou non. Deux grandes catégories de morts-vivants sont distinguées : les cadavres réanimés et les esprits de personnes mortes qui se manifestent. Les cadavres réanimés possèdent encore leur corps, par opposition aux esprits, spectres et fantômes, qui peuvent être morts mais ne possèdent plus ce dernier et sont donc parfaitement intangiblesLe cas du cavalier sans tête, tel qu'il est représenté dans le film de Tim Burton, est une bizarrerie entre deux. Il s'agit du fantôme tangible d'un mercenaire hessois qui surgit de la souche (sorte de porte des enfers) en dessous de laquelle son cadavre est enterré. Lorsque Ichabod lui rend son crane réel, le cavalier le met sur son cou décapité, ce qui lui redonne chair pour reconstituer sa tête fantomatique, alors que le reste de son corps est toujours bien dans sa tombe. Cela revient à faire disparaître littéralement sa tête de la réalité.. Des morts-vivants de tous les types sont répertoriés dans la plupart des croyances, dont la symbolique a été reprise pour les œuvres modernes. Le mort-vivant forme un thème populaire des romans et des films d’horreur, ainsi que des jeux de rôle. Les vampires ont vu une abondante littérature et filmographie leur être consacrée.

Bram Stoker considérait le titre The Un-Dead (littéralement « le non-mort » ou « le mort-vivant ») comme le titre original de son roman Dracula, publié en 1897 .. L'usage de ce terme dans ce roman traduit dans de nombreuses langues est en grande partie responsable du sens moderne du mot mort-vivant, qui s'appliquait à l'origine uniquement aux vampires, mais dont le sens s'est étendu à de nombreuses autres créatures surnaturelles au fil du temps.

Définition

Le terme de mort-vivant fait référence à un être plongé dans un état intermédiaire entre la vie et la mort, et qui subsiste tant bien que mal sous cette forme précaire. Le mort-vivant n'aurait ni vie, ni identité. C'est l'idée d'un passage de la vie à la mort qui ne peut se réaliser. La manifestation du mort-vivant peut se faire par le biais d'un corps physique à l'état de cadavre, ce qui est le cas des zombies ou des squelettes, ou celui d'un corps immatériel, ce qui est le cas des fantômes et autres âmes en peine, qui sont des esprits persistants de personnes mortes. Il s'agit cependant de différencier les deux sens de mort-vie : certaines créatures sont des personnes auparavant bien vivantes, mais déchues à l'état de morts-vivants à la suite d'un événement particulier (vampires, liches, goules…) tandis que les autres sont des personnes décédées, puis revenues à la vie de façon incomplète par l'intermédiaire de la magie (fantômes, momies, squelettes…). Les zombies, quant à eux, sont déchus de toute socialisation, ne reconnaissent plus personne et n'ont plus de personnalité. Au sens strict, la définition ne s'applique qu'aux morts ressuscités (morts redevenus partiellement vivants), plongés dans un état de déliquescence qui les rend irresponsables de leurs actes. Les vivants corrompus que sont les vampires et les liches s'apparentent davantage à des créatures démoniaques, car ils ont accompli un rite et conclu un pacte avec les puissances occultes en toute connaissance de cause.

La question des morts-vivants implique l'idée de science et de magie selon Marcel Mauss. En effet, pour transformer les gens en zombies, il faut leur jeter un sort et celui-ci ne peut être jeté n'importe comment et par n'importe qui. Il s'agit de voler l'âme de la personne. Les zombies dans notre imaginaire sont une menace, car le zombie occidental mange l'homme, alors que le zombie magique vaudou sert l'homme puisqu'il est dépourvu de toute volonté.

Les morts-vivants ne ressentent généralement plus la douleur, manifestent des facultés surnaturelles (invulnérabilité aux attaques non rituelles, insensibilité à la fatigue…), tandis que leurs intentions sont presque toujours hostiles aux vivants. Les vampires sont ainsi connus pour s'abreuver du sang de leurs victimes pour se maintenir en état de mort-vie, les liches pour répandre des maléfices, les fantômes pour hanter les lieux de leur passé et les zombies pour se nourrir de chair humaine.

Goule

La goule est issue du folklore arabearticle "ghoul." de l'Encyclopædia Britannica 2007 Ultimate Reference Suite DVD. (2007). et perseThousand Nights and a Night notes: Ghuls.. Elle apparaît dans les contes des Mille et Une Nuits et forme une classe de djinn, comme les éfrits, vue comme engeance du diable, Iblis. Les goules changent de forme en prenant le plus souvent l'apparence d'une hyène ou d'une femme, mais sont reconnaissables à leurs pieds fourchus, seul élément constant de leur apparence.

Même si elle n'est pas elle-même un mort-vivant, on la classe dans cette catégorie du fait de ses capacités à absorber les souvenirs des cadavres qu'elle dévore et prendre leur apparence, donnant ainsi une fausse impression de résurrection (idée popularisée par H. P. Lovecraft dans l’Appel de Cthulhu). De façon plus anecdotique, Paul Féval décrit la goule comme la femelle du vampire dans son livre La Vampire (1856), mais cette idée est tombée en désuétude.

Liche vignette|Liche.

La liche est issue de la littérature et des jeux fantastiques. Il s'agit d'un sorcier mort qui se maintient dans un état de mort-vie grâce à ses pouvoirs magiques. C'est traditionnellement une créature maléfique, hautement intelligente, autonome et surtout très puissante. La transformation d'un sorcier en liche peut se faire pour des raisons diverses, pas toujours maléfiques. On fait une distinction importante entre les liches, créatures douées de volonté, et de simples zombies ou squelettes morts-vivants, qui n'ont pas choisi leur sort et qui n'ont plus aucune volonté propre. Ces derniers sont en général utilisés comme des esclaves, ou des marionnettes, par un nécromancien qui les manipule de manière plus ou moins consciente.

Momie

Une momie est, à l'origine, un cadavre qui a été préservé de la destruction et de la putréfaction de façon naturelle ou par des techniques humaines. Dans la culture populaire, les momies s’animent généralement pour punir les profanateurs de leur tombe.

Le degré de conscience de soi d'une momie varie d'un média à l'autre et dépend de son degré de momification. Les mieux préservées restent douées de raison et sont capables d'interagir avec les vivants. À l'inverse, celles momifiées avec moins de soin se comportent plutôt tels des zombies, gémissant et claudiquant les bras en avant à la poursuite des intrus. Cette différence est clairement mise en scène dans le film La Momie : celle d'Imhotep est saine d'esprit, mais les serviteurs qu'il invoque à partir des cendres de leurs jarres sont dépourvus de volonté propre et obéissent aveuglément aux ordres magiques.

Squelette

Un squelette est un mort-vivant qui a perdu toute sa chair putréfiée, ses os se maintenant par la magie ou un autre phénomène mystique. Par défaut, le terme désigne un squelette humain. Cette créature se retrouve fréquemment dans les histoires en rapport avec l'horreur, le surnaturel ou l'aventure fantastique. Ils sont particulièrement courants dans le domaine de la fantasy, où ils sont des ennemis récurrents peu difficiles à vaincre. En général, ce sont des squelettes de personnes mortes qui sont animées par des nécromanciens.

Vampire

Les vampires sont issus de divers folklores et superstitions populaires. La légende des vampires puise ses origines dans des traditions mythologiques anciennes et l'on retrouve des êtres légendaires dotés de caractéristiques vampiriques dans toutes sortes de cultures à travers le monde. Le vampire fut popularisé en Europe au début du et émergea plus spécifiquement en Europe orientale, particulièrement dans les Balkans où ils étaient dépeints comme des revenants en linceul qui, visitant leur aimée, causaient mort et désolation dans le voisinage. À la même époque, le bénédictin lorrain Augustin Calmet décrit le vampire comme un « revenant en corps », se distinguant ainsi des revenants immatériels tels que les fantômes ou espritsDom Augustin Calmet, Traité sur les apparitions des anges, des démons et des esprits et sur les revenants, et vampires de Hongrie, de Bohème, de Moravie et de Silésie, 1751.. Ils se nourrissent du sang des vivants afin d'en tirer une force vitale.

Le personnage plus charismatique et sophistiqué du vampire des fictions modernes est apparu avec la publication en 1819 du livre The Vampyre de John Polidori, dont le héros mort-vivant fut inspiré par Lord Byron, dont Polidori était le médecin personnel. Le livre remporta un grand succès mais c'est l'ouvrage que Bram Stoker écrivit en 1897, Dracula, qui reste la quintessence du genre, établissant une image du vampire toujours populaire de nos jours dans les ouvrages de fiction, même s'il est assez éloigné de ses ancêtres folkloriques dont il ne conserve que peu des spécificités originelles.

Zombie

Les zombies, dont le nom désigne à l'origine des revenants propres au folklore lié au vaudou haïtien, sont décrits dans les films d'horreur et de nombreux jeux vidéo comme des cadavres qui s’animent par un procédé magique, religieux, scientifique, ou de nature inconnue, voire par une infection ou une pandémie atteignant les humains. Les zombies sont considérés comme des êtres sociaux inférieurs, incapables de réfléchir, de prendre des décisions, de reconnaître les personnes. Ils sont manipulés par un démiurge extérieur ou par leur seul désir, qui est de tuer pour dévorer de la chair humaine. Dans ces deux conceptions, le zombie magique n'a qu'une fonction de serviteur, alors que le zombie cannibale est un être dangereux pour la société. Contrairement aux vampires, qui ont généralement l'allure d'hommes normaux, les zombies arborent divers stigmates laissés par la décomposition, voire continuent de pourrir après leur réanimation.

Le fait de rendre quelqu'un zombie est l'action de zombifier, ou zombification. La zombification est un sort vaudou issu des systèmes de croyances d'Afrique. Pour zombifier quelqu'un, le sorcier doit avoir des informations concernant la personne à transformer en zombie et doit la tuer sans vraiment la tuer, puisqu'il faut qu'elle soit morte-vivante. La victime doit absorber une potion, un liquide qui va lui donner tous les signes de la mort. Elle est ensuite enterrée et très rapidement déterrée dans la nuit même. La victime voulant reprendre vie, il faut la sortir du cercueil et l'attacher à la taille, la mettre à l'envers pour que le cerveau soit irrigué à nouveau et la frictionner pour qu'elle se réveille. Un nouveau nom lui est donné, et le zombie est prêt à servir son maître.

Fantôme

Forme la plus précaire de mort-vivant, les fantômes ne sont que les manifestations immatérielles d'esprits de personnes décédées qui continuent d'errer ici-bas. La plupart des gens sans les capacités sensorielles adéquates ne peuvent les percevoir.

Parmi eux les spectres, sous-catégorie de fantômes hostiles au vivant, continuent de hanter les lieux de leur vie passée et tourmentent les vivants qui viennent les troubler. Les poltergeists, ou esprits frappeurs, ont la capacité d'interagir physiquement avec leur environnement et attaquent les occupants des lieux en lançant des objets.

Autres créatures légendaires

D'autres créatures ont eu moins de succès dans la culture populaire, qui a largement repris les zombies et les vampires, bien qu'elles possèdent aussi les attributs des morts-vivants : les draugrs, équivalents scandinaves des fantômes ; les jiangshis, équivalents chinois des zombies ; les ahkiyyinis de la mythologie inuit ; les vetâlas de l'hindouisme, qui apparaissent notamment dans Les Contes du vampire () ;