L' (UFC) est une organisation internationale d'arts martiaux mixtes (MMA), actuellement reconnue comme la plus importante ligue mondiale de ce sport de combat. La première soirée tenue par la promotion en à Denver dans le Colorado, se présente comme un tournoi permettant de confronter différents styles d'arts martiaux et sports de combat dans des règles libres. Cet événement est alors souvent considéré comme un pilier de l'avènement des « MMA modernes ».
L'organisation a depuis évolué, passant d'une compétition inter-styles à un sport de combat dont les règles, désormais bien établies et reconnues par de nombreuses commissions athlétiques aux États-Unis et à travers le monde, ont dû être petit à petit modifiées pour éviter les interdictions et protéger la santé des combattants. En 2013, l'UFC avait sous contrat environ 450 compétiteurs. En 2014, la fédération organisait 46 événements à travers le monde, principalement aux États-Unis, mais aussi au Japon, au Brésil, en Australie ou en Chine. Et plus récemment en 2022, l’UFC s’est étendu jusqu’en France. L'UFC est actuellement présidée par Dana White qui en détient 9 % des parts.
Création thumb|upright|L'Octogone, la surface de combat entourée de grillage, marque de fabrique de l'UFC.
Au début des années 1990, le promoteur de kick-boxing, , propose au cinéaste John Milius et à Rorion Gracie, fils du créateur du jiu-jitsu brésilien, l'organisation d'un tournoi d'arts martiaux à élimination directe. Composé de huit hommes, le tournoi devait s'appeler « » (La guerre des mondes). Davie souhaite ainsi retrouver l'esprit des défis filmés lancés par la famille Gracie au Brésil dans les années 1970. Les disciples du jiu-jitsu brésilien formés par la famille Gracie se mesuraient à des combattants venus d'autres disciplines telles que le karaté, le kung-fu ou le kick-boxing. L'idée du tournoi proposé par Davie est donc de confronter des artistes martiaux de différentes disciplines dans des combats aux règles assez libres, afin de déterminer le meilleur art martial. Rorion Gracie et son élève Milius acceptent de diriger l'organisation de l'événement, tandis que Davie budgétise et trouve 28 investisseurs pour créer qui produira ce gala.
En 1993, il ne manque plus qu'un diffuseur pour que le tournoi soit mis en place. Après l'échec de plusieurs tentatives auprès des filiales de télévision à la carte des chaînes américaines HBO et Showtime, Davie signe finalement un accord de diffusion avec Campbell McLaren et Bob Meyrowitz, les dirigeants de (SEG). L'entreprise est alors une pionnière dans ce type de diffusion. SEG créé l'Octogone, la surface de combat de forme octogonale entourée de grillage. Elle change le nom du tournoi en « ». et SEG produisent ce premier gala, renommé plus tard « », au McNichols Sports Arena de Denver dans le Colorado, le 1993.
Le tournoi oppose alors des champions nationaux de karaté, kick-boxing, sumo et boxe anglaise. En effet, si le concept est nouveau en Occident, des tournois analogues existent déjà au Japon depuis quelques années (et au Brésil en amateur depuis des décennies, nommé Vale Tudo qui veut là aussi dire « combat sans règles »). Deux combattants sortent du lot avec un style orthodoxe. Le premier se nomme Ken Shamrock. Shamrock est le seul participant du tournoi à être expérimenté sur ce circuit particulier, avec une fiche officielle de trois victoires pour aucune défaite. L'autre n'est autre que Royce Gracie, frère de Rorion, qui malgré son gabarit plutôt commun, remporte facilement ses trois combats dont une demi-finale face au musculeux Ken Shamrock. Cette démonstration met alors en lumière le jiu-jitsu brésilien développé par la famille Gracie.
Avec le succès de ce premier gala, SEG souhaite développer le concept et en faire une franchise. La promotion est alors lancée et le fondateur de SEG, Bob Meyrowit, en devient le président exécutif. Pas moins de 32 événements supplémentaires sont alors organisés jusqu'en 2001.
Historique et spécificités Les premiers combats de l'UFC ressemblaient aux jeux du cirque, des adversaires qui se piétinent et s'envoient des coups de coudes dans les cervicales, des visages ensanglantés et de terribles KO : tous les ingrédients sont là pour que les médias s'y intéressent et se déchaînent. Les détracteurs sont nombreux, des personnalités politiques s'en mêlent et mettent la pression sur les organisateurs. Petit à petit, contraint et forcé, l'UFC doit changer, plus de règles pour protéger les combattants, introduction de limite de temps puis de catégories de poids, passage devant des commissions sportives, test antidopage... Aujourd'hui, l'UFC respecte les règles unifiées des MMA () établies par la commission athlétique du New Jersey en . Bien que la plupart des organisations appliquent ces règles depuis cette date, elles ne seront officiellement reconnues qu'à partir du , date à laquelle elles furent adoptées à l'unanimité par l'.
Hormis ces règles, l'UFC possède une autre caractéristique qui la distingue des autres organisations de MMA, il s'agit de sa cage. Un octogone d'environ de diagonale, surélevé à du sol. Il est clôturé par des piliers recouverts de protections en plastique et reliés entre eux par un grillage. Cette clôture mesure de haut. Cette surface de combat est avantageuse pour les bons lutteurs et pour les phases de Clinch (combat au corps à corps debout). En effet, les combattants peuvent se servir du grillage et des nombreux coins pour y bloquer leurs adversaires et limiter leurs moyens de défense. Cet aspect là du combat est beaucoup plus difficile sur un ring avec des cordes (utilisé dans d'autres organisations de MMA), le risque de passer entre et de tomber freinant ce processus. À contrario, le ring a tendance à favoriser le striking (action de « frapper » : combat debout, pieds et poings) par sa taille plus petite (déplacement défensif plus restreint, proximité constante de l'adversaire). Ces deux aspects du combat sont néanmoins présents sur les deux surfaces, mais il est important de préciser les avantages et les inconvénients des deux possibilités. Le choix de cet octogone marquant fortement l'identité de l'UFC, l'orientation et le style de combat qu'elle induit, « Octogone » est un terme déposé, tout comme ses dimensions. Les organisations concurrentes n'ont pas le droit de l'utiliser.
Les combattants ont eux aussi des règles à respecter au niveau de leurs tenues. Ces règles sont pratiquement les mêmes dans toutes les organisations de MMA. Ils doivent porter des gants spéciaux en forme de mitaine, suffisamment rembourrés pour éviter les fractures de la main mais ouverts au niveau des doigts pour permettre les phases de grappling (lutte). Il y a obligation de porter un protège-dents et une coquille protégeant les organes génitaux masculins. Les chaussures sont interdites. Les shorts peuvent être de différents styles, semblables à ceux utilisés dans tous les sports de combats. Les combattants ne doivent pas entrer avec un objet dans l'octogone et doivent avoir les ongles coupés. Un arbitre vérifie que ces conditions sont respectées juste avant l'entrée dans la cage. Il enduit également le visage du combattant avec de la vaseline.
Grâce à ce revirement et à ce changement d'image, peut-être au détriment de la pureté de la compétition originelle, la manne financière peut revenir, avec notamment la très rentable retransmission télévisée en pay-per-view.
Développement vignette|gauche|L'UFC, créé en 1993, est devenu la plus importante organisation mondiale de MMA. Ici, une affiche publicitaire pour l', sur Times Square.
L'UFC a d'abord été gérée par (SEG), une entreprise américaine spécialisée dans les retransmissions sportives en paiement à la séance. En , l'organisation est rachetée pour deux millions de dollars par Zuffa, une entreprise basée à Las Vegas et créée pour l'occasion par les gérants de casino Frank Fertitta III et Lorenzo Fertitta. La compagnie nomme alors Dana White en tant que président. En 2010, la société ouvre son capital et appartient désormais à quatre principaux actionnaires. Les frères Fertitta possèdent 40,5 % chacun, le groupe d'investissement basé à Abou Dabi possède 10 % et Dana White en possède 9 %..
Avec la légalisation des MMA dans de nombreux pays, dans la plupart des états nord-américains et un peu partout en Europe (Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Espagne, Suisse, Belgique, Pologne, Luxembourg), l'UFC connait au cours de la seconde partie des années 2000 une ascension fulgurante, économiquement et médiatiquement. Non content de diffuser leurs événements en paiement à la séance aux États-Unis, Brésil, Australie, Canada, Italie, et en Nouvelle-Zélande, l'UFC peut également être visionnée dans 150 pays et dans 22 langues différentes. Le l' organise le premier évènement hors des États-Unis. Aujourd'hui, l'UFC organise des galas un peu partout dans le monde (États-Unis, Royaume-Uni, Canada, Japon, Brésil, Suède, Allemagne, Irlande, Australie, Chine, Pologne, Mexique...). Leur nombre va croissant, il passe de 2 ou 3 par an au début de la ligue à un record de 49 soirées en 2014. (41 en 2015). Les MMA ne sont légaux en France que depuis 2022.
Les droits de retransmission (hors paiement à la séance) sur le sol américain sont d'abord acquis par Spike TV (désormais NBC Sports Network) à partir de 2005. Il diffuse notamment la télé-réalité créée par l'UFC, The Ultimate Fighter, une émission hebdomadaire et plusieurs événements gratuits (les UFC Fight Night). Les revenus générés par cette association avec Spike TV vont (de l'aveu de Dana White lui-même) sauver l'UFC qui connait, pendant la première partie des années 2000, de gros problèmes financiers. En , Zuffa met un terme à cet accord et signe un contrat bien plus lucratif avec Fox Sports Net, le plus gros réseau de diffusion américain. L'entente dure sept années et rapporte à la firme du Nevada quelque 100 millions de dollars par an.
L'UFC doit également son succès à une politique commerciale agressive. À partir du milieu des années 2000, Zuffa commence à racheter ses concurrents potentiellement dangereux. Le , il acquiert Pride Fighting Championships, leader mondial basé au Japon, au bord de la faillite, pour un peu moins de 70 millions de dollars. Ce rachat permet à l'UFC d'asseoir sa suprématie sur la discipline. Après avoir un temps annoncé vouloir développer le Pride FC à l'échelle mondiale, avec l'espoir ambitieux de concurrencer le football, Zuffa décide finalement, le , de fermer la ligue japonaise après avoir transféré au sein de l'UFC la plupart de ses meilleurs combattants.
Peu avant, en , elle rachète le World Extreme Cagefighting. Le WEC est une ligue importante dans le monde du MMA, surtout dans les catégories de poids légères. Zuffa continue à exploiter le WEC jusqu'en . Le , Dana White annonce la fusion des deux ligues et ainsi la création de deux nouvelles divisions au sein de l'UFC : « Featherweight » ou poids plume et « Bantamweight » ou poids coq.. Le , le champion des poids plumes Jose Aldo est directement intronisé premier champion poids plume de l'UFC.. Lors du WEC 53, dernier événement de l'organisation, le , Zuffa met en place un combat entre le champion poids coq en titre, Dominick Cruz, et son aspirant numéro un pour désigner le premier détenteur de la ceinture de cette catégorie à l'UFC.. C'est le seul et unique combat pour un titre de champion qui n'est pas décerné lors d'un combat à l'UFC.
Le , Zuffa acquiert le Strikeforce, une ligue américaine en plein développement qui possède notamment une très bonne catégorie poids lourds et deux catégories féminines. Comme lors de l'achat du Pride FC, l'UFC annonce tout d'abord vouloir continuer à développer le Strikeforce. Mais la plupart des stars de cette ligue sont rapidement transférées à l'UFC et, le , après un ultime événement, le Strikeforce baisse définitivement le rideau.