François Froger, né à LavalLa ville de naissance est une donnée de la Biographie Michaud qui selon le Journal des Savants n'a pas été jusqu'ici permis de recouper. Le nom de Froger est fréquent en Sarthe et en Mayenne, mais on le rencontre ailleurs également. Jean-Barthélemy Hauréau, indique de François Froger qu'il est indiqué comme né dans le Maine, sans plus; l'abbé Angot n'a pas fait place à François Froger dans son Dictionnaire historique et biographique de la Mayenne. Le journal des Savants indique qu'Ernest Laurain, a compulsé les registres paroissiaux de Laval pour 1675, 1676 et le début de 1677 (il y a ensuite une lacune); le nom de François Froger n'y figure pas. M. Voretzsch (P. 6) a un texte un peu ambigu, où il fait intervenir Froger de la Rigaudière, l'un des seconds capitaines de l'Amphitryte en 1698-1700 et son commandant en 1701-1703, et en outre, un autre de la Rigaudière qui aurait été lieutenant lors du premier voyage, et un troisième, neveu du commandant, qui embarqua comme cadet lors du voyage de 1701-1703 évidemment M. Voretzsch les suppose de la même famille que François Froger, si même il ne songe pas à identifier celui-ci à l'un d'eux. Cette dernière hypothèse parait caduque de toute manière, car le second capitaine de la Rigaudière apparaît souvent dans le récit de Froger tout à part de Froger lui-même, et le lieutenant de la Rigaudière du premier voyage doit disparaître. Le texte de Saxe Bannister comme celui de M. Voretzsch nomment en sa place un lieutenant de Barilly; mais l'auteur de la traduction manuscrite française de 1862, tout en donnant bien Barilly dans le texte, lui a substitué par inadvertance, dans la marge, le nom de la Rigaudière, et c'est ainsi qu'un lieutenant de la Rigaudière a été embarqué par M. Madrolle (p. 2) sur l'Amphitryte en 1698 à côté du second capitaine Froger la Rigaudière. Quant à une parenté entre François Froger et Froger de la Rigaudière rien ne permet de la supposer. Les Froger de la Rigaudière et de l'Éguille, anciennement venus de Normandie, avaient leur château à La Rigaudière, commune de Médis, en Charente-Maritime. Il n'y a aucune raison de croire François Froger charentais, et il suffit que son embarquement sur l'Amphitrite soit seulement dû à l'intervention de Pontchartrain pour ôter toute base à une parenté qui ne s'appuierait que sur l'identité fortuite des deux patronymes. ou au MansParoisse de la Couture selon Julien Rémy Pesche, Dictionnaire topographique, historique et statistique de la Sarthe, p. 345. en 1676Cette date provient de l'indication fournie par François Froger lui-même dans la préface de sa Relation de l'expédition de 1695-1697., est un ingénieur-hydrographe et explorateur français. Il s'engagea dans la marine et navigua dans de nombreux pays. Il vivait encore en 1715Cette date provient du fait que François Froger écrivit la préface de la réédition de 1715..

Biographie L'Amérique du Sud

Il n'était âgé que de dix-neuf ans, lorsqu'en 1695 il s'embarqua sur l'escadre de Jean-Baptiste de Gennes, qui allait faire une expédition sur la côte orientale de l'Amérique du SudCette escadre, composée de six vaisseaux, partit de la Rochelle le 3 juin, s'empara sur les Anglais du fort James dans la Gambie, se ravitailla à Rio de Janeiro, et le entra dans le détroit de Magellan. Des coups de vent d'une violence extrême forcèrent les Français de renoncer à leur entreprise : ils n'allèrent que jusqu'au port Gallant, un peu au-delà du cap Froward, et se trouvant déjà à court de vivres, ils rentrèrent le 11 avril dans l'océan Atlantique. Après avoir abordé à San-Salvador au Brésil, à Cayenne, à la Martinique, et croisé dans les parages des petites Antilles, ils mouillèrent devant la Rochelle le .. Le but de l'expédition était d'atteindre les côtes du Pérou, mais des vents non favorables les empêchèrent de passer le détroit de Magellan.

Froger, voyant que tous ceux qui avaient accompagné M. de Gennes dans cette expédition gardaient le silence, résolut de publier, la relation qu'il avait composée, dit-il, pour son instruction particulière. Il s'était donc fait l'historiographe de cette entreprise avortée dans sa Relation d'un voyage fait en 1695, 1696, 1697.

Froger, que la lecture des voyages avait familiarisé avec l'histoire du monde, était parti dans le dessein d'observer tout ce qui mérite l'attention du voyageur : il s'appliqua surtout à faire des cartes particulières des ports et des rivières. Sa relation est la première qui donne les détails d'un voyage au détroit de Magellan, entrepris par des FrançaisLe plus grand des Patagons que vit Froger ne lui parut pas avoir six pieds de haut. Une baie du détroit de Magellan a conserve le nom de Baie Française, qui lui fut imposé par de Gennes, et la rivière qui s'y jette a été nommée d'après ce navigateur..

La Chine Dans les premiers mois de l'année 1698, Froger quittait de nouveau La Rochelle, allant en Chine, et rentrait à Brest en 1701.

Redécouverte au En 1859, un Anglais, Saxe Bannister, publia un tout autre récit du premier voyage de l'Amphitrite, traduit par lui en anglais d'après un manuscrit inédit :A Journal of the First French Embassy to China, 1698-1700 ; le récit de voyage n'occupait qu'une partie du livreLe but de Saxe Bannister était, au moment même où l'Angleterre et la France étaient en lutte avec la Chine, d'employer la relation de l'Amphitrite comme arme contre le cabinet. Saxe Bannister ne donnait pas d'indication précise sur son manuscrit français anonyme et le sort ultérieur en est inconnu.C'est peut-être là aussi la raison qui fit projeter une édition française de l'ouvrage de Saxe Bannister, annoncée à Paris chez Benjamin Duprat en 1860, mais elle n'alla pas au-delà de l'impression du titre. Comme cette édition française devait reproduire également, en, traduction, l'essai sur les dispositions amicales des Chinois, il n'est pas absolument sûr que le Journal lui-même n'y eût pas été une retraduction de l'anglais. Claudius Madrolle, qui a donné une version française abrégée de l'édition anglaise de 1859Claudius Madrolle, tout en se reportant plus ou moins au texte anglais de Saxe Bannister, a surtout suivi une mauvaise traduction française manuscrite de 1862 qui se trouve à la Bibliothèque Nationale de France ; une erreur de cette traduction, en lui faisant modifier la composition de l'état-major de l'Amphitrite, a eu quelque répercussion sur l'introduction de M. Voretzsch. Par ailleurs, l'imprécision de l'Avant-Propos de M. Madrolle a fait croire à M. Voretzsch que M. Madrolle donnait son texte de 1860 qui, en fait, n'existe pas., a dit que l'original français en avait été composé « soit par l'officier de bord Filye, soit plus probablement par l'enseigne de Lagrange »p. vi., mais cette fois encore s'est abstenu de décrire les motifs de son opinion. Henri Froidevaux a admis sans réserve que l'auteur était de Louis de Chancel de Lagrange. Au début du , E. A. VoretzschAmbassadeur au Japon, ministre d'Allemagne à Lisbonne., a trouvé à la Bibliothèque d'Ajuda un manuscrit français accompagné de quinze plans et d'un routier avec profils côtiers, le tout intitulé Relation du premier voyage des Français à la Chine présenté à Monseigneur le comte de Pontchartrain, et dont l'auteur signait la dédicace « F. Froger ». Cette Relation est l'ouvrage même dont Saxe Bannister avait eu une copie parfois divergente et qui n'est donc ni de Filye ni de Lagrange.

Les lettres Froger demeura à Brest jusqu'en 1704, se plaignant de n'être pas employé. Enfin, nommé commandant de la flûte L'Amazone, il partit de Paimbœuf sur ce navire vers la fin de l'année 1704 et se rendit au Sénégal. Il mourut après 1715. Il avait écrit la relation de son voyage en Chine. Il se proposait de la faire publier par la veuve Barbin; mais il changea d'avis avant que l'impression de l'ouvrage ne fût commencée.

Diverses lettres de Froger à Nicolas Toinard étaient conservées dans la bibliothèque de Jacques-Charles BrunetOn en trouve le détail dans le catalogue des autographes vendus après sa mort..

Le seul ouvrage de bibliographie du à avoir parlé du Voyage en Chine de Froger est le Manuel du Libraire où Jacques Charles Brunet inséra la note suivante :

On ne sait ce qu'il est advenu des lettres ainsi vendues en 1868Leur absence est d'autant plus regrettable que, par des données sur la parenté de Froger avec l'intendant des Clouzeaux ou par les lettres d'un membre de la famille de Froger ou relatives à Froger, on pourrait peut-être être missur la piste des origines véritables du voyageur il faut bien reconnaître que jusqu'ici celles-ci sont autant dire inconnues. Les lettres de Froger comportent 48 lettres, dont 3 seulement sont signées ; La Rochelle et Brest, 1698-1704, environ 80 p. in-4. Dans la première lettre, de La Rochelle, , il annonce son départ prochainL'Amphitrite quitta, en effet, La Rochelle le 6 mars 1698., le suivant il écrit à Thoinard du cap de Bonne-Espérance et lui narre les détails de la traverséeL'Amphitrite resta mouillée au Cap du 31 mai au 10 juin.. Rentré à BrestL'Amphitrite était revenue à Port-Louis près de Lorient le 3 août 1700; on ne connait pas les raisons qui firent « rentrer » Froger à Brest peut-être y avait-il séjourné auparavant, après que l'escadre de M. de Gennes fut revenue en 1697 à La Rochelle., c'est de là qu'il date les 44 lettres suivantesFroger donne à Thoinard tout le détail des mouvements des vaisseaux du port ; il parle d'instruments de marine, d'inventions nouvelles, etc. Le 8 mai 1701 il annonce avec détails la mort de l'intendant Hubert de Champy des Clouzeaux, son parent; il est chargé de lever le plan de la rivière de Carhaix; envoi du dessin de diverses ancres (18 juillet 1701). Canonisation de Michel Le Nobletz à Lochrist près du Conquet (15 août 1701). Crainte d'une attaque de la flotte anglaise; on n'eût pas été en état de la supporter; dispositions prises à cause de cette alerte (12 septembre 1701). Retour de M. Coetlogon de la Havane (10 février 1702). Nouveaux préparatifs pour empêcher une descente des Anglais sur les côtes de Bretagne (5 juin 1702); différend des Jésuites avec les bourgeois de Brest l'évêque se prononce pour ces derniers (30 octobre 1702). Froger se plaint qu'on ne lui donne pas d'avancement ()Émeute à Brest contre les Jésuites (20 juin 1703). Voyage de l'Amphitrite en Chine détails curieux à cet égard (20 août 1703) (Vu la date et le lieu, il s'agit sûrement du second voyage de l'Amphitrite, dont Froger ne fit pas partie l'Amphitrite est rentrée à Brest le 17 août 1703.).. Froger, nommé commandant de la flûte l'Amazone, part pour la côte du Sénégal, et il annonce cela à Thoinard par une lettre datée de Paimbœuf, le On a joint à cette correspondance six lettres, dont deux d'un membre de sa famille, et les autres à lui relatives. Lettre à Mme Barbin; Brest, mai 1702, 1 p. pl. in-4. Il avait remis au fils de Mme Barbin une copie de la relation de son voyage en Chine. Ayant appris la mort de celui-ci, il redemande son manuscrit, vu qu'il ne veut pas le faire imprimer. Il le (Sic; lire la ?.) prie en conséquence de le faire remettre à M. Thoinard. On remarquera qu'il n'y a pas ici accord absolu entre le résumé de Brunet dans le Manuel et celui de Charavay dans le Catalogue. Il est difficile d'y voir clair sans le texte original de la lettre.. Il existe à la Bibliothèque nationale de France, dans la collection d'Anville, un plan de Saint-Louis du Sénégal par Froger, daté de 1705Bulletin de la section de géographie du Comité des travaux historiques et scientifiques, XLI, 1926, 122..

Inconnu