La Fédération du scoutisme français fédère six des principaux mouvements de scoutisme en France. Cette fédération est membre fondateur de l’Organisation mondiale du mouvement scout (OMMS) et de l’Association mondiale des guides et éclaireuses (AMGE), et participe à leurs programmes et activités.
Elle est un partenaire important de l’administration française pour l’élaboration des formations et des réglementations des camps et activités de scoutisme. Elle organise des stages fédéraux de formation de formateurs ainsi que des sessions BAFD, favorise l'organisation de camps communs entre jeunes issus des différentes associations de scoutisme ainsi que la participation aux rassemblements scouts européens et internationaux.
Organisation Six mouvements appartiennent à la Fédération du scoutisme Français : les Éclaireuses Éclaireurs de France (EEDF), laïques les Éclaireuses et Éclaireurs unionistes de France (EEUdF), protestants les Éclaireuses et éclaireurs israélites de France (EEIF), juifs les Scouts et Guides de France (SGDF), catholiques les Scouts musulmans de France (SMF), musulmans les Éclaireuses et éclaireurs de la nature (EDLN), d'inspiration bouddhiste
En tant qu’associations de jeunesse et d’éducation populaire, ces mouvements sont agréés par le Ministère de la Jeunesse et des Sports, et les EEDF, EEUdF, EEIF et SGDF sont reconnus d’utilité publique.
Ces six associations se veulent représentatives de la société nationale, tant par leurs origines que par les valeurs qu’elles transmettent. Elles s'enracinent dans une histoire commune, notamment une solidarité forgée dans la lutte contre l'occupant lors de la Seconde Guerre mondiale (à l'exception des SMF et des EDLN, fondés plus tard).
Lors de l'année du centenaire du scoutisme en 2007, une réflexion discrète s'est engagée entre les membres de la fédération pour actualiser les statuts et pratiques afin de prendre en compte les réalités du scoutisme en France et établir le périmètre d'un éventuel dialogue avec d'autres mouvements scouts, et notamment les quatre autres mouvements agréés par les pouvoirs publics, à savoir l'Association des Guides et Scouts d'Europe (AGSE), les Éclaireurs neutres de France (ENF), la Fédération des Éclaireuses et Éclaireurs (FEE) et les Scouts unitaires de France (SUF). Une déclaration du officialise ces contacts du SF avec les quatre mouvements scouts agréés par le ministère de la jeunesse et sports.
Repères historiques Aux sources du scoutisme français (avant 1914) Nicolas Benoit est avec Georges Bertier et Pierre de Coubertin l’un des promoteurs du scoutisme en France, à la suite de l'enquête qu'il mène en Grande-Bretagne, berceau du mouvement scout. De par sa notoriété, Pierre de Coubertin, rénovateur des Jeux olympiques modernes, joue un rôle important dans l'introduction en France du scoutisme, qu'il considère, au même titre que le sport, comme un « moyen de régénération de la jeunesse ».
Trois associations de scoutisme sont rapidement créées en France : les Éclaireurs français (EF) avec Pierre de Coubertin. les Éclaireurs de France (EDF) avec Nicolas Benoit et Georges Bertier. les Éclaireurs Unionistes (EU) avec Samuel Williamson.
La désunion provient notamment de la volonté plus ou moins forte de se démarquer du scoutisme anglais, et le choix fait par les Éclaireurs Unionistes (EU) de puiser leurs sources directement dans l'Évangile. Les EU n'en restent pas moins de proches partenaires des Éclaireurs de France (EDF), notamment à partir de 1923 avec les camps-écoles communs aux chefs EDF et EU encadrés en commun ou à tour de rôle à Cappy. Ils tiennent également une revue commune.
Premières années du scoutisme (de 1920 à 1939) Les réalités culturelles et religieuses françaises ne permettent pas la création d'un mouvement scout unifié comme dans la plupart des pays de tradition anglo-saxonne, où une association unique de scoutisme est ouverte à toutes les orientations religieuses (« »). Entre 1911 et 1923, sept associations scoutes sont créées en France : les Éclaireurs français (EF), Éclaireurs de France (EDF) et Éclaireurs unionistes (EU) en 1911 ; les Scouts de France (SDF) en 1920 ; la Fédération française des éclaireuses (FFE) en 1921 ; les Éclaireurs israélites de France (EIF) et les Guides de France (GDF) en 1923.
Tandis que les associations scoutes masculines se forment selon des clivages religieux, la Fédération française des éclaireuses va constituer un mouvement original avec ses trois sections : neutre, israélite et unioniste (protestant). Ce mouvement reste une expérience unique dans le paysage associatif français et un témoignage que d’autres chemins sont possibles.
L'ouverture d'esprit de la Fédération française des éclaireuses et la prise en compte des réalités communautaires permettent par exemple aux éclaireuses israélites d'être acceptées dès 1928 au sein de la FFE et créer la section "I" (Israélite), tout en étant membres des EIF, partageant groupes locaux et formations.
Importance de la formation Le premier camp de formation scoute est organisé en France en 1921 à La Croix-Saint-Ouen, sur les bords de l'Oise en forêt de Compiègne, avec les chefs des EDF et des EUF, mais aussi le prêtre Jacques Sevin, un des fondateurs des SDF. Ce premier camp reçoit la visite de Robert Baden-Powell, fondateur du scoutisme. Ce camp de formation est ouvert aux jeunes garçons, scouts ou non, et se propose de les initier au scoutisme. Un premier camp regroupe du au des chefs des trois mouvements pour mieux faire connaissance et préparer ensemble les trois camps de formation qui suivent : du 8 au pour les Éclaireurs Unionistes, du 20 au pour les Éclaireurs de France, et du au pour les Scouts de France.
Le camp de La Croix-Saint-Ouen fait apparaître l'importance de la formation des chefs scouts dans le développement du mouvement scout en France. Cette priorité à la formation scoute se traduit par la création de deux centres de formation scoute dès 1923 : Cappy (Oise) pour les EDF, EUF, puis EIF, et Chamarande (Essonne) pour les SDF. En 1933, les EIF installent à leur tour leur propre centre de formation à la Chapelle-en-Serval (Oise).
Création de l’Organisation mondiale du mouvement scout En 1922, le congrès scout mondial organisé à l'initiative de Baden-Powell à la Sorbonne à Paris fonde les bases de ce qui deviendra plus tard l’Organisation mondiale du mouvement scout (OMMS) : une organisation mondiale de jeunesse œuvrant pour la paix et la fraternité entre les hommes après les horreurs de la Première Guerre mondiale, aux idéaux proches de ceux de la Société des Nations. Les scouts français participent activement aux jamborees, grands rendez-vous de cette internationale pacifique et joyeuse de la jeunesse.
Deux organismes de concertation sont créés en 1923 pour assurer une représentation commune des scouts français au sein du scoutisme mondial : le Bureau interfédéral français (BIF) - pour le scoutisme masculin - regroupe les Éclaireurs de France (EDF), Éclaireurs unionistes (EUF) et Scouts de France (SDF) ; le Comité de Liaison - pour le scoutisme féminin - regroupe la Fédération Française des Éclaireuses (FFE) et les Guides de France (GDF).
En 1939, les Éclaireurs israélites de France sont officiellement admis au sein du Bureau interfédéral du scoutisme (BIF), après avoir été refusés par deux fois : en 1928 et 1937, à la différence des éclaireuses israélites accueillies dès 1928 au sein de la Fédération française des éclaireuses (FFE).
Scoutisme français de 1940 à 1945 Création de la fédération Après la défaite militaire du printemps 1940, le Bureau Inter-Fédéral du scoutisme (BIF) réunit le à Vichy les directions des différents mouvements pour étudier les conditions d'un rapprochement des associations scoutes sur la base de l’équivalence des formations de cadres et des pratiques pédagogiques, chaque association conservant sa ligne spirituelle.
Historiquement, les relations entre EDF et SDF, pour qui le scoutisme ne peut être que religieux, sont difficiles. Les conditions nationales de 1940 obligent pourtant les mouvements à plus d'entraide et de solidarité au service de la jeunesse de France, et un camp de chefs est prévu en pour travailler à la création du Scoutisme Français. Ce camp de chefs se déroule au château de l'Oradou près de Clermont-Ferrand, du 24 au . La Charte de l’Oradou définit les rapports entre les associations. Le dépôt des statuts de la fédération "Le Scoutisme Français" est effectué le à la sous-préfecture de La Palisse.
Éclaireurs Israélites de France pendant la guerre : clandestinité et résistance 29 novembre 1941 : par une loi du gouvernement de Vichy, le mouvement des Éclaireurs Israélites de France est dissous comme toutes les organisations juives non cultuelles. Le président du Scoutisme Français, le Général Lafont, obtient des autorités vichyssoises que les E.I.F., bien que ne faisant plus officiellement partie du Scoutisme Français, puissent continuer leurs activités scoutes sous le contrôle du Scoutisme Français. Bravant la dissolution, dix chantiers ruraux EI réunissent 300 "défricheurs". Septembre 1942 : Création de la "Sixième", organisation clandestine de sécurité, d'auto-défense, de planquage et de fabrication de faux papiers. Elle sauvera des jeunes juifs par milliers. Le nom "Sixième" s'explique par la présence de cinq grandes unités EIF : la "Sixième" est donc la dernière unité, clandestine et secrète. 5 janvier 1943 : Par un simple courrier adressé au directeur de l'UGIF, Darquier de Pellepoix, commissaire général aux questions juives, ordonne "d'assurer une dissolution effective et immédiate des EIF et d'interdire leur regroupement sous une forme quelconque" (en gras : souligné dans le document original). Cette dissolution ne fait qu’accélérer le passage de ce mouvement à la clandestinité (2). Samy Klein, Aumônier de la Jeunesse, est fusillé parmi d'autres. 110 chefs et commissaires ne reviendront pas de déportation ou tomberont dans les combats de la Libération. Mars 1944 : Le Conseil National de Die interrompt ses travaux pour fuir dans le maquis, pourchassé par les Allemands. Aînés et chefs se regroupent dans le maquis de la montagne Noire (4) dans le Tarn. Robert Gamzon (totémisé Castor Soucieux), créateur des EIF, prend le commandement de la Compagnie Marc Haguenau (Secrétaire Général du mouvement fusillé par les Allemands). Gilbert Bloch et huit autres de ses camarades sont tués lors de l'attaque du maquis le . La Compagnie participe à la libération de Mazamet et de Castres, est intégrée à la Première Armée et prend part, jusqu'au lac de Constance, aux combats de la Libération.
Scoutisme français et État français Le régime de Vichy entend faire du scoutisme un pilier de sa politique de jeunesse. Cette intégration accorde au scoutisme une audience et des moyens inédits. Le Scoutisme Français est le premier mouvement de jeunesse agréé le .
Fondée sur l’ambivalence du retour à une société d’autorité, elle n’empêche pas un décrochage progressif vis-à-vis du régime, entamé dans la seconde moitié de 1942. Les contacts se nouent courant 1943 avec les futurs membres du Gouvernement provisoire installé à Alger, qui possède sa politique éducative. L'agrément est retiré à la fédération en .
Scoutisme français et France libre En , est décidée la fusion du Scoutisme Français en Angleterre (les Éclaireurs français en Grande-Bretagne créés en 1940, dont le Général de Gaulle est le président d'honneur) avec celui d'Afrique. C'est le Médecin Général Adolphe Sicé, rallié dès 1940 à la France Libre au Cameroun et l'un des artisans du ralliement de la colonie au Général de Gaulle, qui en prend la direction. Adolphe Sicé fait partie du mouvement des éclaireurs unionistes. Un Conseil d'Empire du Scoutisme Français est alors créé à Alger, capitale de la France Libre.