Alain Ranval, dit Ramon Pipin, est un chanteur, auteur, compositeur, arrangeur guitariste et humoriste français, né le Fiche sur le Musée de la SACEM à Paris.

Il est l'un des membres fondateurs du groupe Au Bonheur des dames, puis du groupe Odeurs. D'autre part, il est l'auteur de nombreuses musiques de films et a travaillé dans de nombreux autres domaines : théâtre, télé, publicité, web. Il poursuit actuellement une carrière soloLa saga Ramon Pipin épisode 1, Gonzo Music, Gérard Bar-David, 6 janvier 2022.La saga Ramon Pipin épisode 2, Gonzo Music, Gérard Bar-David, 14 février 2022..

Biographie

Débuts C'est au sein du groupe de rock Io qu'Alain Ranval commence à faire parler de lui en tant que guitariste et compositeur au début des années 1970Ramon Pipin est l'invité des clefs d'une vie, interview de Ramon Pippin par Jacques Pessis sur Sud Radio, 7 juin 2021.. Io propose des morceaux élaborés, et se classe dans la catégorie de groupes de rock progressif.

Il remporte notamment le tremplin du Golf-Drouot (plus exactement : le « prix de la bonne humeur ») et obtient, en 1971, le titre de meilleur espoir musical dans le magazine Best.

Dans ce groupe étaient présents déjà Vincent Lamy au chant et Jacques Pradel à la basse.

Au Bonheur des dames thumb|left|Ramon Pipin en 1973 (Photo d'identité Sacem). Vincent Lamy et Jacques Pradel, rapidement rejoints par l'intéressé, créent en 1972 Au Bonheur des dames, groupe satirique et fantasque, inspiré du glam-rock, du twist et du rockabilly. Maquillés, portant des costumes lamés, bariolés, affublés de noms de scènes excentriques (Hubert de la Motte Fifrée, Gepetto Ben Glabros, Eddick Ritchell, Rita Brantalou, Gérard Manjouet, Shitty Telaouine, Sharon Glory, Jimmy Freud), Alain Ranval (devenu Ramon Pipin) et ses acolytes proposent lors de concerts très festifs des adaptations de tubes des années 1950 et 1960 ainsi que des compositions personnelles. De leur premier album (Twist) sera extrait un hit Oh les filles, en tête des hits-parade à l'été 1974Hit parade par semaine, Oh les filles est 10e le 21/9/745e au classement de l'hebdomadaire Salut les copains, reprise de la version française par les Pingouins d'une obscure chanson américaine de Marty Robbins : Sugaree qu'ils agrémentent de modifications subversives, et qui se vendra à Ventes de 45 tours en 1974.

Ils enchaînent avec un second album, Coucou Maman, toujours aussi décalé, passant du yéyé au cha-cha-cha sur des textes plutôt régressifs (Coucou Maman, Bébert le dromadaire), provocateurs (Laura) ou récréatifs (Quand arrive l'été). Mais le groupe ne renoue pas avec le succès de Oh les filles. Un dernier 45 tours, adaptation française du tube de Camillo Sag Warum est mis en boîte. Puis des tensions apparaissent sur l'orientation artistique et Ramon quitte le groupe. Celui-ci produira un dernier album et un 45 tours, avant de s'arrêter pour quelques années.

Il les retrouve pour deux albums studio : Jour de fête en 1986, avec l'hymne Roulez bourrés, Métal Moumoute en 2006 et un album en concert à l'Olympia.

Ramsès et Odeurs Alain Ranval monte alors à Paris le studio d'enregistrement Ramsès Interview dans JukeBox mag, n° 221 Sept 2005 qui voit défiler la plupart des musiciens de studio français au service d'artistes renommés. Citons Didier Lockwood, Bernard Paganotti, Klaus Blasquiz, Jean-Michel Kajdan ou encore Manu Katché qui y fait ses premières armes La revue des ressources, avril 2010. Mais Ramon a un autre projet : en binôme avec l'auteur Costric , dans une veine humoristico-satirique sans barrières, apportant ses propres compositions et son exigence musicale., il souhaite monter son propre groupe. Il enregistre en 1979, au gré des rencontres dans son studio, le premier album d'Odeurs : Ramon Pipin's Odeurs. Parodique, abrasif, l'album rencontre un réel succès et s'écoule à .

Un second album, encore plus ambitieux dans sa réalisation, paraît en 1980. Là encore, la liste des musiciens participants — une cinquantaine —, est impressionnante, ainsi que la qualité de la réalisation et des arrangements. 1980 : No Sex, avec sa pochette sur laquelle une poupée gonflable se suicide, dépassera les vendus, et deviendra un album culte représentatif de l'esprit explosif qui souffle sur le milieu artistique où s'illustrent ColucheInterview Antoines de Caunes : Coluche et Odeurs - AlloCiné et Pierre Desproges, dont le groupe est proche.

Odeurs propose un troisième album De l'Amour et, avec son acolyte Jean-Philippe Goude, Ramon Pipin limite volontairement le spectre des couleurs musicales pour construire un LP plus cohérent et plus typé. Les textes et le propos y sont toujours très personnels, mais une identité musicale se fait jour, la parodie disparaît. Y participent des musiciens avant-gardistes tels Richard Pinhas.

Suivent un quatrième album en 1983 : Toujours plus haut, dans lequel retentit Le cri du kangourou puis un cinquième qui vient témoigner de leur présence scénique : Live : Optimiste.

Bien que la scène n'ait pas été envisagée au début de l'aventure, Odeurs s'y illustre avec brio dès 1979, offrant des spectacles mémorables avec costumes, mise en scène, décors, gags visuels, parfums à base de céleri et musique de qualité Odeurs à Bobino, Le Monde, 13 juin 1980. Après le départ de Gary Picketson (Guy Khalifa) et Laurent de Gaspéris et autour du noyau dur constitué de Clarabelle, Rita Brantalou, Edouard Tapofon (Amaury Blanchard), Sharon Glory (Philippe Vauvillé), La Pliure (Gérard Prévost), Jean-Philippe Goude, Shitty et Esno, se retrouvent d'autres musiciens illustres de ces années-là tels Patrick Gauthier, Klaus Blasquiz, Stella Vander et Liza Deluxe (de Magma) ou encore Michel Winogradoff, Bertrand Auger, Alain et Yvon Guillard, Valérie Btesh, Véronique Raux et Steve Shehan. Ils restent six semaines à Bobino en 1980, onze jours à l'Olympia en 1981, et six semaines au Théâtre du Gymnase en 1983, et sillonnent l'hexagone, remportant partout un accueil enthousiaste. De 28 lors de la première tournée, le groupe se stabilisera à une dizaine autour de Ramon, avec Shitty, Rita, Clarabelle, Amaury, La Pliure, Esno, Sharon et Superbranlo (Hervé Lavandier) pour la plus longue période.

Le musicien Durant tout ce temps, Alain Ranval continue ses activités musicales au sein de Ramses. Compositeur, arrangeur, il commence à se faire un nom dans le milieu de la musique de film avec Patrice Leconte et travaillera ultérieurement avec Albert Dupontel, Antoine de Caunes, Laurent Baffie, Christian Clavier et écrira de nombreuses BO pour des fictions télé ou d'innombrables programmes courts et publicités.

Alain Ranval s'est nourri d'une large palette d'influences. Comparé parfois à Frank Zappa Interview VSD Loisirs, avril 2017 pour son esprit frondeur et son exigence artistique, il vénère Gentle Giant, les Beatles, Brian Wilson, mais aussi XTC, ou encore the Tubes, et son éclectisme musical lui occasionnera des rencontres improbables, comme avec John McLaughlin, qui participera à un de ses albums solo.

Il réalisera également trois albums-phare avec Renaud (Marche à l'ombre, Le Retour de Gérard Lambert, Morgane de toi). Il est notamment le compositeur de Mon beauf' et des Aventures de Gérard Lambert.

Solo Le projet Odeurs étant arrivé à son terme en 1986, Alain Ranval, sous son nom d'artiste Ramon Pipin, débutera un parcours solo, avec son acolyte Yves Hirschfeld pour l'écriture des textes le plus souvent. Il compose l'intégralité de ses musiques — hormis la reprise de Si tu vas à Rio de Dario Moreno, transfiguré par l'incroyable travail du musicien japonais Yasuaki Shimizu sur l'album Bye, Bye Vinyl—, et les reprises de standards du « British boom » — un hommage à ses influences —, sur l'album Ready, Steady, Go. Cinq albums ont été réalisés à ce jour :

Nous sommes tous frères Nous sommes tous frères sort en 1985 après une gestation de 3 mois de studio. Réalisé par Ramon Pipin, Jean-Michel Kajdan et Hervé Lavandier, les chansons qu'il contient sont toutes composées par Ramon, et les textes sont principalement écrits en collaboration avec Yves Hirschfeld, mais y participent d'autres auteurs tels Laurent Baffie, Costric 1er, Henri Steimen, Hugues de Courson. Comme toujours, les arrangements et la réalisation sont très soignés. Le son de l'album est basé sur des séquences et des claviers, à part les fadaises d'Etretat aux couleurs très jazzy (John McLaughlin joue d'ailleurs sur ce dernier titre).

Bye bye vinyl et Ready Steady Go En 1990, Ramon Pipin sort Bye bye vinyl, suivi en 1992 de Ready Steady Go. Le premier, plutôt pop, est très varié : du jazz manouche sur Parfaite à l'ambiance très funk de Speed, voire presque rappé/jazzy/funk/free (Premier baiser) ou inclassable (Si tu vas à Rio), il présente un panorama éclectique du touche-à-tout arrangeur Ramon Pipin. Le troisième album, Ready Steady Go est totalement consacré à des reprises anglo-saxonnes (de 1964 à 1967), que Ramon Pipin agrémente de ses propres textes écrits avec Hirschfeld. On remarquera notamment La porte du Jardin pour lequel un clip minimaliste a été réalisé, mais ne sera que peu diffusé (on comprendra pourquoi à l'écoute des paroles).

Comment éclairer votre intérieur thumb|right|Les facéties de Ramon Pipin en Concert au café de la Danse en 2016

Comment éclairer votre intérieur est publié en 2016. L'album contient à la fois deux relectures d'anciens morceaux Nous sommes tous frères, ou Youpi la France, des twongs (invention de Ramon Pipin, des tweets en forme de songs, des morceaux de moins de 140 caractères), et tout un ensemble de nouvelles chansons. La réalisation est sophistiquée, la production de qualité et les musiciens irréprochables. Les genres musicaux abordés sont très variés, parfois intimistes et soft (Pour mon anniversaire, Mon avocat est dans la salle), tantôt pop années 60 (Bernadette se marie), très Paul McCartney avec sa guitare proche de Getting Better et décorée de chœurs d'inspiration Beach boys, parfois Heavy rock (Comment éclairer votre intérieur), et même Disco (Danser au Palace). C'est souvent le télescopage entre paroles/musique qui fait naître l'humour (Danser au Palace, Une chanson ennuyeuse, ou Je ne parviens pas à jouer correctement le blues, Blues rock particulièrement efficace). Le ton est tantôt moqueur (Mon public), voire grinçant (C'était chouette) ou scabreux (Pour mon anniversaire), l'ambiance générale celle d'un doux cynisme désabusé Blog culturel PJ-Investigations. On notera une petite incursion vers l'electro (Une chanson ennuyeuse), et la reprise de My Generation, le cri de révolte de la jeunesse des Who en 1965, qui devient ici, sous une forme synth-twist minimaliste, la complainte des anciens (laissez nous kiffer la r'traite, plutôt mourir que rester d'jeuns).

Un premier clip, réalisé par Maxime Ruiz, avec Francis Kuntz de Groland, illustre Une chanson ennuyeuse, dont la mélodie ne contient qu'une seule note, réjouissante ode à la vacuité et la fadeur de la création musicale hexagonale. Le clip contient un petit aparté Kuntz-Pipin au milieu du morceau, qui pousse le décalage encore un peu plus loin..

Les prémisses de l'album ont été présentées en concert en 2012, puis en 2015. Deux autres concerts suivent la sortie de l'album, toujours au Café de la Danse, pour lesquels Ramon Pipin monte une équipe de musiciens très complète (basse-batterie-guitares-clavier-choristes-cuivres-cordes) Mamusicale.fr, octobre 2016 et comme toujours, des sketches et des enchaînements décapants (présence d'une table de bistro, sur scène, avec son client puis le serveur).