Aubusson est une commune française, située dans le département de l'Orne en région Normandie, peuplée de Population municipale .. Géographie La commune est située au cœur du Bocage normand et touche aux confins méridionaux de la Suisse normande. L'atlas des paysages de la Basse-Normandie la place pour sa plus grande partie dans l'unité de la Suisse normande qu'il caractérise par « un relief particulièrement vigoureux » aux paysages « parmi les plus emblématiques de l’image touristique de la région ».. Une frange ouest du territoire est classée dans l'unité des hauts pays de l’ouest ornais et du Mortainais située majoritairement au nord-ouest du département de l'Orne et caractérisée par un « paysage rude, marqué par un relief complexe modelé par les cours d’eau qui en divergent comme d’un château d’eau »..

Le bourg est à au nord de Flers, à au sud-ouest d'Athis-de-l’Orne et à au sud de Condé-sur-Noireau.

Aubusson est une commune de forme oblongue et grossièrement pentagonale qui s’étend modestement sur . D’est en ouest, sa plus grande largeur, sur le parallèle de latitude , approche , alors que la distance séparant les extrémités septentrionale et méridionale ne dépasse guère les .

Ces deux extrémités constituent des points remarquables du territoire aubussonnais. Au nord, à la confluence du ruisseau de la Gosselinière et de la Vère, il s’agit du point coté le plus bas relevé dans la commune (167/ d’altitude). Là est aussi le point de jonction entre Aubusson, Montilly-sur-Noireau et Athis-de-l’Orne. Au sud, sur la route départementale 25 joignant Flers à Athis-de-l’Orne et à l'emplacement de l'échangeur de la Trigale, sur la limite entre Aubusson et Flers, se trouve a contrario le point culminant de la commune ( d’altitude).

Les lieux-dits sont, du nord-ouest à l'ouest, dans le sens horaire : la Villière, le Clos de la Mare, la Maillardière, la Blanchisserie (au nord), le Hamel du Bois, la Gosselinière, le Bourg, la Masure (à l'est), les Rihardières, le Vivret (au sud), la Guermondière et le Coudray (à l'ouest)..

Relief En quelques kilomètres seulement, la dénivellation est d’une centaine de mètres. Le relief d’Aubusson est donc accidenté, mouvementé. Une forte proportion du territoire (environ 20 %) présente en effet des pentes supérieures à 10 % et la déclivité atteint même 30 % au nord. Ainsi passe-t-on de au Pont de Vère à au centre-bourg d’Aubusson, soit un dénivellement de alors que la distance à vol d’oiseau n’est que de .

Une légère planéité existe toutefois dans la partie sommitale de la commune, suivant une ligne de crête de direction nord-sud qui offre une magnifique vue sur le bocage d’où se détachent d’autres éminences comme le proche mont de Cerisy ou le plus lointain mont Pinçon, point culminant du Calvados. La topographie aubussonnaise trouve son explication dans l’histoire géologique de la région. La totalité du sous-sol d’Aubusson est constitué de cornéennes, roches massives et très dures, mais sa bordure orientale, où coule le ruisseau de la Gosselinière, est au contact du massif granitique d’Athis.

Sur le plan géologique, le territoire d’Aubusson est donc inscrit dans l’auréole de métamorphisme du granite d’Athis. La dureté des cornéennes explique ainsi la situation haute de la commune et ses fortes pentes. En effet, plus on s’éloigne vers l’ouest du granite, moins les schistes ont été affectés par celui-ci, moins ils sont durs ; et les rochers les plus tendres se sont donc érodés plus rapidement.

Géologie D’une manière générale, les sols sur cornéennes sont très pierreux et peu épais. À Aubusson, sur le plateau et les fortes pentes, ils ne dépassent pas les . Cette faible profondeur, la texture, la nature de la roche sous-jacente et la pente sont de plus à l’origine d’une circulation rapide et latérale de l’eau. Le lessivage est donc intense et les sols d’Aubusson sont très sensibles à l’érosion et à la sécheresse.

Mais la pluviométrie est assez abondante (environ annuels (archive Wikiwix du site www.basse-normandie.ecologie.gouv.fr)) et bien répartie sur toute l’année alors que les températures sont faibles en hiver, d’où de nombreux jours de gelées, et restent fraîches au printemps. Le climat aubussonnais est donc un climat océanique teinté, en raison de l’altitude, de sévérité, et la longueur de l’hiver y est peu propice à une reprise rapide de la végétation. La vocation des sols d’Aubusson est la forêt et la prairie, et la formation végétale de ce territoire fut longtemps climatique.

Hydrographie La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par la Vere, la Gosselinière., le cours d'eau 02 du Vivret. et le ruisseau d'Aubusson..

La Vère, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Landigou et se jette dans le Noireau à Saint-Pierre-du-Regard, après avoir traversé ..

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique d'AubussonLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans la région climatique Normandie (Cotentin, Orne), caractérisée par une pluviométrie relativement élevée () et un été frais () et venté.. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Terres de Druance à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Aubusson est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Flers, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (88,1 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (99 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (65,9 %), terres arables (19,6 %), zones urbanisées (10,9 %), zones agricoles hétérogènes (2,5 %), forêts (1 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous la forme Albucon en 1184..

L'origine du toponyme la plus souvent évoquée semble être un anthroponyme latin ou roman : Albert Dauzat et Charles Rostaing l'attribuent, comme pour Albussac, et Aubussargues, à Albucius.. René Lepelley émet l'hypothèse d'un latin tardif Albucone, dérivé d'Albucus..

Pour Gérard Louise, l'étymologie d'Aubusson est peut-être à rechercher dans le thème végétal le plus simple, celui qui évoque la présence d'un bois de faible étendue ou de maigre croissance : le "buisson". En effet, le terme a été utilisé au Moyen Âge sous la forme buchon, busson ou bisson dans le sens de « bois », « bosquet », « buisson » ou de « taillis ». La construction composée de l'adjectif aube (« blanc ») et du nom commun busson (« bois ») fait penser à l'écorce argenté des bouleauxGérard Louise, l'origine des noms de communes du canton de Flers, Le Pays Bas-normand, n° spécial 3 « connaissance du Bocage », 1986..

Le gentilé est Aubussonnais.

Histoire De la seigneurie de Gasprée à la baronnie de Flers Lors de l’apogée de la féodalité, le territoire d’Aubusson faisait partie, au sein du duché de Normandie, de la seigneurie de Gasprée dont le « château », à la limite de Saint-Georges-des-Groseillers et de Flers, se situait en bordure de la Vère et à proximité de son voisin flérien. Le moulin banal de ce fief de Gasprée, où les habitants de la seigneurie étaient tenus de faire moudre leurs grains, était localisé sur le cours du ruisseau d’Aubusson en un lieu qui s’appelle toujours le Moulin d’Aubusson. S’intégrant aux terroirs environnants, Aubusson, avec une église dédiée à saint Céneri, oublia donc, à l’époque où le duché de Normandie fut conquis par le roi de France Philippe Auguste (1204), l’appellation en mesnil pour ne conserver que le nom Aubusson qui avait fixé le premier habitat de la paroisse.

Vers 1300, Robert de Fonteines, chevalier et seigneur de Gasprée, fit rédiger un censier recensant les redevances qu’il percevait des tenanciers et paysans de son fief. Ce document permet de connaître les familles qui peuplaient alors la paroisse d’Aubusson (du Coudray, Le Corps, Bâtard, Blanchard, Guermont, Sasnes, Maillard, Le Veel…) et dont certaines, alors que se poursuivaient les défrichements, donnèrent naissance à des hameaux comme ceux de la Guermondière, la Laissanterie, la Maillardière ou la Villière. Ces Aubussonnais de la fin du devaient donc payer à leur seigneur des redevances en nature ou en argent, mais aussi effectuer des corvées sur la réserve du seigneur et, en cas de nécessité, réparer le moulin banal d’Aubusson. Le plus taxé d’entre eux, Jehan du Coudray, était astreint à faire les foins, couper les grains et les transporter à la grange seigneuriale, nettoyer les étables et épandre le fumier dans les champs du seigneur, fournir le bois de chauffe et d’outillage, voire le charroyer jusqu’à la résidence seigneuriale sise à La Chapelle-Biche, acheminer également la farine du moulin au four seigneurial.

L’expansion du peuplement aubussonnais constatée lors de ces beaux siècles (-) du Moyen Âge fut toutefois interrompue au à la suite — alors que s’installait un climat froid et humide — d’une grave crise économique d’origine agricole, de la terrible et meurtrière peste noire qui atteignit la Normandie en , et des ravages liés à la guerre de Cent Ans. Vers 1400, Aubusson ne comptait plus que 16 feux ; vers 1500, 18, soit moins d’une centaine d’habitants. De plus, durant ce siècle de léthargie démographique, la paroisse avait connu, comme la Normandie et plusieurs autres provinces du royaume, l’occupation anglaise. Celle-ci dura ainsi trois décennies (années 1420, 1430 et 1440).