Jean-Pierre Travot, né le à Poligny dans le Jura et mort le à Montmartre dans la Seine, est un général français de la Révolution et de l’Empire.

Biographie Jean-Pierre Travot est le fils de Philibert et de Catherine Guodefin. Baptisé le lendemain de sa naissance, son parrain est Pierre Denis Jalier et sa marraine Jeanne Marie Mathieu.

Carrière militaire Il entre en service le comme fusilier au régiment d'Enghien. Il devient caporal le et obtient son congé le . Il reprend du service le comme lieutenant-colonel en second au de volontaires du Jura et il est nommé lieutenant-colonel en premier le . Il combat sur la frontière du Rhin dans l'armée du Rhin puis au siège de Mayence du au .

Il se distingue lors de la guerre de Vendée où il sert sous le commandement du général Hoche et est blessé à la bataille de Cholet le où les troupes républicaines commandées par le général Léchelle prennent un avantage décisif sur les insurgés. Une série de colonnes est alors mise en place par le général Turreau pour quadriller le territoire et il reçoit le commandement de l'une d'elles. Il est promu adjudant-général chef de brigade le puis général de brigade le . Son principal fait d'armes est à La Chabotterie, le , la capture de Charette qui est sans tarder condamné à mort et fusillé le à Nantes.

Il reste en Vendée jusqu'en 1802. Il est apprécié par les autorités locales qui regrettent son départ. Le conseil municipal des Sables-d'Olonne va même jusqu'à protester "contre son déplacement" auprès du ministre de la guerreChassin, Ch.-L. – La Pacification de l'Ouest. – Tome II, page 742. Il est promu général de division le . Il revient en 1807. On lui confie alors le commandement des troupes nouvellement installées à La Roche-sur-Yon (renommée Napoléon) toute nouvelle préfecture du département.

Missions dans la péninsule ibérique Vers la fin de l'année 1807, à la tête de la du corps d'observation de la Gironde, il part sous le commandement de Junot participer à l'invasion du Portugal. Après cette expédition, il exerce divers commandements territoriaux en France. Il retourne dans la péninsule Ibérique en 1812 à la tête de la de l'armée des Pyrénées. En 1814, pendant la retraite de l'armée française d'Espagne, il prend part à la bataille de Toulouse le . Celle-ci oppose les troupes du maréchal Soult à celles des anglo-espagnols du duc de Wellington. À l'issue de ce combat, les Français doivent se retirer malgré une forte résistance.

Retour en Vendée vignette|upright=0.8|Statue du général Travot à Poligny. À la chute de l'Empire, le général Travot, bien que républicain, reste dans l'armée mais fidèle à ses engagements, il se rallie à Napoléon dès son retour en France. Aussitôt l'empereur l'envoie en Vendée mater une tentative de soulèvement. Le les Anglais débarquent des armes à Saint-Gilles-sur-Vie. Dans les jours qui suivent, à la suite d'une série d'affrontements, le général Travot parvient à en confisquer la plus grande partie mais c'est surtout sa victoire à Rocheservière le qui gêne considérablement l'organisation de la révolte royaliste.

Procès inéquitable vignette|upright=0.8|Arrestation des trois avocats défenseurs du général Jean-Pierre-Travot, en 1816, estampe publiée dans Histoire populaire contemporaine de la France, publication de Charles Lahure en 1864. vignette|upright=0.8|alt=Tombe du général Travot au cimetière de Montmartre, ornée d'un buste en bronze. La plaque apposée sur ce monument funéraire à ses inscriptions fortement effacées par le temps.|Tombe du général Travot au cimetière de Montmartre. Jean-Pierre Travot se plaît en Vendée. Il y achète même un domaine en 1815 dans les Mauges mais il est poursuivi lors de la réaction royaliste de 1816. Il est arrêté le . Il passe devant un conseil de guerre, présidé par l'un de ses adversaires, Simon Canuel. Ce dernier, après avoir combattu avec les républicains, s'est rallié aux royalistes. Pendant les Cent-Jours, il a même rejoint les insurgés vendéens que le général Travot est chargé de combattre. Dans ces conditions, le procès peut difficilement être équitable. Canuel le mène de manière particulièrement inique, allant jusqu'à accuser les avocats de Travot d'atteinte à la majesté royale. À l'issue du procès, le général Travot est condamné à mort le , peine commuée en vingt ans de détention qu'il effectue au fort de Ham. Profondément affecté par son emprisonnement, il perd la raison. Gracié, il meurt fou le dans la maison de santé du docteur Blanche (père) à Montmartre. Il est inhumé dans la douzième division du cimetière de Montmartre, où sa tombe est ornée d'un buste à son effigie, sculpté par Antoine Laurent Dantan. Une voie de desserte interne de ce cimetière est nommée avenue Travot.

Distinctions Jean-Pierre Travot est nommé : 40px chevalier de la Légion d'honneur le puis 40px commandeur par décret du .

Il devient baron de l'Empire le et il est fait pair de France pendant les Cent-Jours le .

Son nom est inscrit sur la de l'Arc de triomphe.

Hommages Le général Travot a laissé le souvenir d'un homme brave et intègre. Dans son testament, Napoléon le qualifie même de .

Lors de son procès, Pierre Nicollon des Abbayes, général vendéen qui s'est battu contre lui à Sallertaine en , est cité comme témoin à charge. Contrant les attentes du tribunal, il loue sa bravoure et sa loyauté. Travot déclare à l'issue de cette déposition : .

Plusieurs villes lui ont édifié une statue, La Roche-sur-Yon inaugurée le , Cholet le , puis Poligny le : celle de Bourbon (nom de La Roche-sur-Yon, à l'époque), œuvre du sculpteur Hippolyte Maindron, ne fut pas toujours appréciée par tous ses habitants. Même le professeur reste critique sur son œuvre : . En 1854, elle est remplacée sur la place principale par la statue équestre de Napoléon. Déplacée place des peupliers (place des halles), elle est enlevée en 1942 dans le cadre de la politique de récupération des métaux non-ferreux ; à Cholet, sa statue est initialement érigée et inaugurée le sur la place principale, baptisée place Travot. En 1859 elle est transférée à l'intérieur de l'hôtel de ville où elle est présente jusqu'en 1877. Elle transite ensuite dans un jardin public mais est renversée par un vent violent. On la place dès lors dans le musée. La place a gardé le nom de Travot ; à Poligny la statue, enlevée par l'occupant en 1942 pendant la seconde guerre mondiale, a été remplacée par une œuvre du sculpteur Jobin le , à l'occasion du bicentenaire de la Révolution. En outre, une plaque commémorative a été placée sur sa maison natale, rue Travot, à Poligny.

Au cinéma Il a été interprété par : Bruno Pradal dans Quand flambait le bocage, un téléfilm réalisé en 1978 par Claude-Jean Bonnardot ; Grégory Fitoussi dans Vaincre ou mourir, film réalisé par Paul Mignot et Vincent Mottez en 2023.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

Liens externes

www.histoiredevendee.com Histoire militaire de la Vendée Amis et Passionnés du Père-Lachaise : TRAVOT Jean-Pierre, général baron (1797-1836) Origines

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