, né George William Frederick le à Londres et mort le au château de Windsor, est roi de Grande-Bretagne et roi d'Irlande à partir du puis roi du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande après l'union des deux pays le . Il est également prince-électeur de Hanovre au sein du Saint-Empire romain germanique puis roi de Hanovre à partir du . Il est brièvement roi de Corse du au .

est le troisième monarque de la maison de Hanovre mais à la différence de ses deux prédécesseurs ou même de son père le prince de Galles, il est né en Grande-Bretagne et sa langue maternelle est l'anglais. Son règne et sa vie sont marqués par une série de conflits impliquant une grande partie de l'Europe et des territoires jusqu'en Afrique, en Amérique et en Asie. Au début de son règne, la Grande-Bretagne, à l'issue de la guerre de Sept Ans (1756-1763), devient la puissance dominante en Amérique du Nord et en Inde. Puis un rééquilibrage des puissances a lieu après la guerre d'indépendance des États-Unis, qui voit treize des colonies américaines entrer en révolution et acquérir leur autonomie en 1783. La suite de son règne est marquée à partir de 1793 par des guerres successives contre la France révolutionnaire et napoléonienne qui se terminent par la défaite de en 1815.

Vers la fin de sa vie, souffre d'une aliénation mentale récurrente puis permanente. Ses médecins ignorent la cause de la maladie et sont incapables d'aider le souverain ; les spécialistes modernes jugent qu'il souffrait de la porphyrie ou d'accès de bipolarité. À la suite d'une rechute finale en 1810, une régence est instaurée et son fils aîné, George de Galles, règne en tant que prince-régent. Celui-ci monte sur le trône à la mort de son père en sous le nom de .

Le jugement des historiens sur le bilan du règne de et sa personnalité évolue au cours du temps. Il est relativement populaire de son vivant auprès du peuple, mais les évaluations de son règne sont globalement négatives jusqu'au milieu du . Les historiens modernes le considèrent avec plus de bienveillance en raison des événements de son règne (guerres, crises économiques) et de sa maladie.

Biographie Premières années Naissance et baptême vignette|gauche|alt=Portrait monochrome d'un jeune homme bien rasé portant une veste richement brodée, l'étoile de l'ordre de la Jarretière et une perruque.|Manière noire du prince George de Galles en 1751 par James MacArdell, d'après un portrait de David Lüders. George naît à St Albans House à Londres le ; il est le second enfant et le premier fils du prince Frédéric de Galles et de la princesse Augusta de Saxe-Gotha-Altenbourg. Comme George naît deux mois avant terme et qu'il est peu probable qu'il survive, il est baptisé le même jour par l'évêque d'Oxford, Thomas Secker.. Un mois plus tard, il est publiquement baptisé à Norfolk House, à nouveau par Secker. Ses parrains sont le roi , le duc et la princesse Sophie-Dorothée de Hanovre.

Enfance et éducation George ne garde pas de séquelles de sa naissance prématurée et grandit en bonne santé, même s'il est un garçon timide et réservé. Sa famille s'installe à Leicester Square où George et son frère cadet, Édouard-Auguste, sont éduqués ensemble par des tuteurs privés. Les lettres familiales montrent qu'il peut lire et écrire en anglais et en allemand, et commenter les événements politiques de l'époque alors qu'il n'a que huit ans.. Il est le premier monarque britannique à étudier les sciences, dont la chimie et la physique ; en plus des cours de mathématiques, d'astronomie, de français, de latin, d'histoire, de géographie, de commerce, d'agriculture et de droit, il reçoit des leçons de sport, de danse, d'escrime et d'équitation. Son éducation religieuse est exclusivement anglicane..

Prince héritier du Royaume-Uni Mort soudaine de son père Le grand-père de George, le roi , déteste le prince Frédéric de Galles et ne s'intéresse pas à ses petits-enfants. Après la mort soudaine de Frédéric des suites d'une maladie pulmonaire en 1751, George devient le prince héritier au trône britannique. Il hérite les titres de son père et devient duc d'Édimbourg puis prince de Galles..

Au , alors que George approche de son , le roi lui offre de s'installer dans la résidence royale du palais Saint James mais George décline l'offre, suivant les conseils de sa mère et de son confident John Stuart, qui devient par la suite Premier ministre en 1762-1763... La mère de George, alors la princesse douairière de Galles, préfère le garder avec elle pour lui inculquer ses valeurs morales strictes...

Tentative de mariage avortée En 1759, George tombe éperdument amoureux de Sarah Lennox, la sœur du duc de Richmond, mais John Stuart exprime son opposition à l'union et George abandonne ses idées de mariage : ... Les tentatives du roi pour le marier à la duchesse Sophie-Caroline-Marie de Brunswick-Wolfenbüttel sont repoussées par George et sa mère... ; la duchesse épouse finalement le margrave ..

vignette|gauche|La Nuit du mariage, caricature d'Isaac Cruikshank, 1797.

Roi du Royaume-Uni Accession au trône Le , George, alors âgé de , accède au trône sous le nom de après la mort soudaine de deux semaines avant son . La recherche d'une épouse convenable s'accélère alors fortement. vignette|Médaille du couronnement de George III gravée par Lorenz Natter.

Mariage et descendance Le , il épouse dans la chapelle royale du palais Saint James la princesse Charlotte de Mecklembourg-Strelitz qu'il rencontre pour la première fois six heures avant la cérémonieSelon des rumeurs, George aurait épousé une quaker appelée Hannah Lightfoot le et au moins un enfant serait issu de cette union. Lightfoot avait néanmoins épousé Isaac Axford en 1753 et était morte en 1759. Lors du procès en 1866 de Lavinia Ryves, la fille de l'imposteur Olivia Serres qui se présentait comme la « princesse Olive de Cumberland », le jury considéra à l'unanimité que le certificat de mariage de George présenté par Ryves était un faux (consulter les documents conservés par The National Archives : ).. Deux semaines plus tard, le couple royal est couronné dans l'abbaye de Westminster. Contrairement à ses prédécesseurs et à ses fils, il n'a pas de liaison extraconjugale ; et Charlotte de Mecklemburg-Strelitz forment un couple uni (site de la monarchie britannique). .. Ils ont neuf fils et six filles.

En 1762, George achète Buckingham House (où se trouve aujourd'hui le palais de Buckingham) qui sert de résidence secondaire pour sa famille.. Ses autres résidences sont le Kew Palace et le château de Windsor tandis que le palais Saint James conserve son statut de résidence officielle. voyage peu et il passe toute sa vie dans le Sud de l'Angleterre. Dans les , il prend des vacances annuelles à Weymouth.. qu'il popularise comme l'une des premières stations balnéaires en Angleterre..

vignette| à l'effigie de à la tête laurée, 1762.

Dans son discours d'accession devant le Parlement, George proclame : « né et éduqué dans ce pays, je trouve ma gloire dans le nom de l'Angleterre ».. Il ajoute cette phrase, écrite par Lord Hardwicke, pour démontrer sa volonté de rompre avec ses ascendants allemands qui sont jugés comme plus intéressés par le Hanovre que par la Grande-Bretagne...

Premières années de règne Même si son accession au trône est initialement bien accueillie par les membres de tous les partis politiquesPar exemple, les lettres d'Horace Walpole rédigées au moment de son accession au trône défendaient mais ses mémoires écrits ultérieurement lui étaient hostiles. (., les premières années de son règne sont marquées par l'instabilité politique essentiellement liée aux désaccords concernant la gestion de la guerre de Sept Ans... est également perçu comme plus favorable aux ministres tories et il est accusé par les whigs d'être un autocrate. Dans les , les propriétés royales génèrent relativement peu de revenus et la plupart des recettes de la monarchie proviennent des impôts et des droits d'accise. cède le contrôle des propriétés royales au Parlement en retour d'une liste civile annuelle pour la gestion de ses résidences et les dépenses royales.. Les rumeurs selon lesquelles il aurait utilisé cet argent pour récompenser ses partisans et corrompre ses opposants. sont rejetées par les historiens qui affirment qu'elles ne « reposent sur rien hormis des mensonges inventés par l'opposition mécontente »... Les dettes accumulées pendant le règne de sont réglées par le Parlement et la liste civile est augmentée de temps à autre.. Il accorde de grandes sommes d'argent provenant de ses fonds privés à la Royal Academy.. et donnerait jusqu'à la moitié de ses revenus personnels à des organisations caritatives.. Il achète de nombreux tableaux réalisés entre autres par Canaletto et Johannes Vermeer mais c'est en tant que collectionneur de livres qu'il reste le plus connu.. La King's Library (aujourd'hui la British Library) est ouverte aux universitaires et le roi achète personnellement ..

En , le gouvernement whig de Thomas Pelham-Holles est remplacé par celui du tory écossais John Stuart, de Bute. Les opposants de Lord Bute font circuler des rumeurs concernant une liaison avec la mère du roi et exploitent les préjugés anti-écossais de l'opinion anglaise.... Le député whig John Wilkes publie le journal The North Briton dont les articles concernant Lord Bute et le gouvernement sont incendiaires et diffamatoires. Wilkes est finalement arrêté pour diffamation à l'encontre du gouvernement mais s'enfuit en France pour éviter une condamnation ; il est expulsé de la Chambre des communes et condamné par contumace pour blasphème et diffamation.. En 1763, après la signature du traité de Paris mettant fin au conflit, Lord Bute démissionne et les whigs reviennent au pouvoir sous la direction de George Grenville.

vignette|Portrait de par Allan Ramsay, 1762. Plus tard dans l'année, la proclamation royale de 1763 crée une limite à l'expansion vers l'ouest des colonies américaines pour favoriser le développement des territoires au nord et au sud et apaiser les relations tendues avec les Amérindiens. La limite ne gène pas la majorité des colons, qui étaient des agriculteurs, mais elle était impopulaire auprès d'une minorité influente et elle joue un rôle dans le conflit entre les colons et le gouvernement britannique.. Comme les colons américains sont généralement épargnés par les taxes britanniques, le gouvernement juge qu'il serait approprié qu'ils en payent pour financer la défense des colonies contre les soulèvements amérindiens ou de possibles incursions françaisesUn contribuable américain ne payait qu'un maximum de (environ de 2011) contre une moyenne de (environ de 2011) en Angleterre ( ; ). En 1763, les revenus issus des taxes collectées des colonies britanniques en Amérique du Nord représentaient (environ de livres de 2011) tandis que les dépenses militaires dans la région étaient de (environ de 2011) ; en 1767, cette somme était passée à (environ de livres de 2011) (). Ces valeurs sont calculées sur la base des salaires moyens (average earnings) en utilisant le site Measuring Worth.. L'opposition des colons ne porte pas sur le fait de payer des impôts mais sur le fait de savoir si le Parlement peut lever des taxes sans l'accord des Américains ; or ceux-ci ne sont pas représentés au Parlement.. Le gouvernement britannique rejette ces demandes de représentation et, en 1765, Grenville introduit le Stamp Act qui impose l'ajout d'un timbre fiscal sur tous les documents américains. Comme les journaux sont particulièrement touchés par cette taxation, ils deviennent les principaux vecteurs du mouvement d'opposition.. Dans le même temps, le roi est irrité par les tentatives de Grenville pour réduire les prérogatives du roi et il essaie sans succès de persuader William Pitt l'Ancien d'accepter le poste de Premier ministre.... Après un bref épisode de maladie, demande à Charles Watson-Wentworth, Lord Rockingham, de former un gouvernement et limoge Grenville..