Cette page concerne l'année 1792 du calendrier grégorien.
Événements
Janvier : décret d'accusation contre Monsieur, le comte d'Artois, le prince de Condé et plusieurs autres chefs des émigrés. : Monsieur est déclaré déchu de son droit éventuel à la régence. 20- : troubles aux faubourgs Saint-Marcel et Saint-Denis à Paris à l'occasion des accaparements de sucre et de café ; le feu est mis à la prison de la Force.
Février Décret du sur les passeports, sanctionné le , qui rétablit le contrôle interne de la circulation. : traité de Berlin ; alliance défensive entre la Prusse et l’Autriche contre la Pologne et la France révolutionnaire, ratifié le . : décret prononçant le séquestre des biens des émigrés, sanctionné le 11 par le roi. : trois cents « citoyennes de Paris » déposent une adresse à l'Assemblée nationale où elles font part aux législateurs de leur droit et de leur volonté de porter les armes dans des bataillons féminins.
Mars 1er mars : mort de l'empereur Léopold II, avènement de François II : Pauline Léon, à la tête d'une députation de citoyens, lit à l'Assemblée législative une pétition signée par 319 femmes demandant la permission d'organiser une garde nationale féminine : discours de Brissot contre le ministre Lessart, opposé à la guerre ; il est mis en accusation pour trahison. Les ministres feuillants démissionnent à sa suite. Dumouriez est nommé aux Affaires étrangères le . Et le un gouvernement brissotin se constitue avec Étienne Clavière aux finances et Roland à l’intérieur (fin le ). : Claude Chappe présente son télégraphe aérien à la tribune de l'Assemblée législative. : décret reconnaissant les droits politiques des hommes libres de couleur et Noirs libres, ratifié par le roi le . : l'ultimatum remis par la France à François II, roi de Bohême et de Hongrie, pour faire disperser les rassemblements d'émigrés en Rhénanie, est repoussé.
décret d'amnistie pour les crimes politiques. une loi sanctionnée par le roi le donne l'égalité des droits politiques pour les libres de couleur. : décret de confiscation des biens des nobles émigrés depuis le .
Avril vignette|Le 25 avril, la déclaration de guerre. : émission de 50 millions d'assignats. : décret qui supprime les congrégations ecclésiastiques ou laïques et prohibe tout costume ecclésiastique et religieux. - : Duranthon, ministre de la Justice.
la France déclare la guerre au roi de Bohême et de Hongrie (c'est-à-dire l'empereur d'Autriche François II, qui avait adressé à Louis XVI le un ultimatum concernant les droits des Princes possessionnés d'Alsace). En juillet, le roi de Prusse déclare la guerre à la France en vertu de l'accord austro-prussien du . 20 et : lecture du rapport et projet de décret sur l’organisation générale de l’instruction publique présenté à l'Assemblée constituante par Condorcet. : première exécution par la guillotine place de Grève. vignette|Rouget de l'Isle chante La Marseillaise pour la première fois. 25- : Rouget de l'Isle compose à Strasbourg le « chant de guerre pour l'armée du Rhin » (future Marseillaise). : prise de Porrentruy par les Français de Custine. 28- : débandade de l'armée française sur la frontière du Nord. Débâcle de Quiévrain (28-) et déroute de Marquain près de Tournai (). Massacre du maréchal de camp Dillon, accusé de trahison par ses troupes. - : émission de 300 millions d'assignats.
Mai : décret d'accusation contre Marat. - : Joseph Servan devient ministre de la guerre. : décret ordonnant la déportation des prêtres réfractaires. : l'Assemblée se déclare en séance permanente.
décret sur le licenciement de la garde constitutionnelle du Roi, un corps soupçonné d'opinions exagérément royalistes. le duc de Cossé-Brissac (1734-1792), commandant en chef de la garde constitutionnelle, est décrété d'accusation, pour avoir fait régner dans ce corps un esprit contre-révolutionnaire et avoir fait prêter à ses hommes le serment d'accompagner le roi partout où il se rendrait.
Juin
: décret sur la formation d'un camp de gardes nationaux des provinces, fédérés entre eux, à Soissons, pour défendre Paris. : vetos royal au décret organisant la levée de fédérés et au décret déportant les prêtres réfractaires. : Jean Duprat, négociant en soies, soupçonné d’avoir participé aux massacres de la Glacière, est élu maire d'Avignon. 12- : avec son Conseil, le roi pousse le ministère brissotin à la démission (Servan, Roland et Clavières). Le nouveau ministère est composé de Feuillants (Mourgue, Dumouriez et Beaulieu). : échec des Autrichiens à Maubeuge. : le roi accepte la démission de Dumouriez et de Mourgue. : prise de Courtrai par Luckner ; l'offensive s'arrête. Puis, dans la nuit du 29 au , l'armée du Rhin se replie sur Lille et Valenciennes. vignette|Les Tuileries, par Alfred Elmore, (musée de la Révolution française). : journée du 20 juin (Legendre, Santerre, Fournier), manifestation montée par les 48 sections parisiennes : le peuple envahit les Tuileries, réclamant le retour des ministres brissotins et l'acceptation de plusieurs décrets auxquels le roi a opposé son veto. Le roi, acculé dans une embrasure de fenêtre, est coiffé du bonnet rouge. Il ne cède pas. La manifestation provoque un mouvement de réaction à Paris (restriction du droit de pétition, reprise en main de la garde nationale) et en province. : le roi de Prusse fait publier un manifeste contre la France. Début de la Première coalition. : devant l'Assemblée, après l'invasion des Tuileries par le peuple, La Fayette demande des poursuites contre les « factieux » qu'il oppose aux « bons citoyens » et aux « honnêtes gens ». Il réclame une solution définitive aux problèmes intérieurs pour permettre à l'armée de combattre l'esprit libre. Juillet : pétition dite « des vingt mille » contre les événements du . – : Étienne de Joly, ministre de la Justice. : Baiser Lamourette, tentative d'union nationale à l'Assemblée.
démission des ministres feuillants ; révolte de Fouesnant, prélude à la Chouannerie. : proclamation de « la patrie en danger » par l'Assemblée législative. Les fédérés affluent vers Paris malgré le veto du roi. : levée de volontaires. 12– : massacres de Joyeuse et des Vans. Dispersion de « l'armée catholique du Midi », réunie au camp de Jalès (royalistes), par les gardes nationales du Gard et de l'Ardèche.
fête de la Fédération au Champ de Mars en présence du roi, à laquelle participent illégalement les fédérés, qui restent pour la plupart à Paris après la fête ; prise d'Orchies par les Autrichiens ; les Français reprennent Orchies le lendemain .
les bataillons de la garde nationale sont réduits de 60 à 48 et affectés à chaque section ; le roi de Sardaigne accède à la coalition contre la France. : le roi Louis XVI écrit et remet au père François-Louis Hébert, c. i. m., son vœu au Sacré-Cœur de Jésus.
manifeste de Brunswick au peuple de Paris, lancé de Coblence par le commandant en chef des armées prussiennes et autrichiennes, Charles Guillaume de Brunswick. Il menace le peuple parisien « d’une vengeance exemplaire et à jamais mémorable, en livrant la ville de Paris à une exécution militaire et à une subversion totale » si le moindre outrage était fait à la famille royale. Connu le à Paris, il contribue à la journée du ; arrivée à Paris des contingents de fédérés « Bretons »Haim Burstin, op. cit, .. Les 48 sections parisiennes sont autorisées à siéger en permanence par décret. : discours prononcé aux Jacobins par Robespierre sur l’usurpation de la souveraineté nationale. Il légitime l'action directe et la violence lorsque l'intérêt supérieur de la nation et de « l'État » le justifie et présente les élus comme de simples « commis » du pouvoir souverain détenu par le peuple : : le Bataillon des Marseillais atteint Charenton-le-Pont où les volontaires entonnent le "Chant de Guerre pour l'Armée du Rhin". Ainsi retentit pour la première fois devant Paris, sur l'actuelle place des Marseillais (où figure une plaque commémorative), le Chant des Marseillais devenu par la suite l'hymne national : la Marseillaise. : arrivée des contingents de fédérés « Marseillais » qui popularisent le Chant de guerre pour l'Armée du Rhin. : émission de 300 millions d'assignats.
Août : déclaration des princes français, datée de Bingen, dans la Hesse-Darmstadt. Députation des Marseillais demandant à l'Assemblée la déchéance du roi. : connu à Paris, le Manifeste de Brunswick suscite un intense mouvement de défense nationale. 47 sections de la garde nationale sur 48 demandent la déchéance du roi et proposent un programme de gouvernement (convocation d'une Constituante et renouvellement des administrations locales au suffrage universel). Les sections fixent un délai à l'Assemblée pour adopter leur programme. L'Assemblée ne réussit pas à choisir une politique, ce qui déclenche la journée du 10 août. : pétition signée au Champ de Mars pour la déchéance du roi. vignette|Prise des Tuileries le , (musée de la Révolution française). : journée du 10 août 1792 ; prise des Tuileries par le peuple (sectionnaires et fédérés). La famille royale se réfugie à l'Assemblée qui se déclare en séance permanente et se fait délivrer le sceau de l'État pour marquer sa prise de pouvoir ; le soir, l'Assemblée législative, qui assume tous les pouvoirs, désigne par acclamation un conseil exécutif provisoire, composé de six ministres (Étienne Clavière, Roland, Joseph Servan, Danton, Monge et Lebrun). Elle envoie aux armées 12 députés disposant de pouvoirs étendus (dont la suspension des généraux) ; le principe de la création d'une nouvelle assemblée, la Convention nationale, est acquis. la liberté de la presse est suspendue. 11 - : création d'une Commune insurrectionnelle à Paris (Chambon, Pache, Fleuriot-Lescot, maires) élue au suffrage universel. : décret qui abroge les primes accordées depuis 1784 aux armateurs pratiquant la traite des Noirs.
décret convoquant les assemblés primaires pour élire les électeurs le , instaurant le suffrage universel masculin ; c'est la seconde fois en France, après l’élection des états généraux de 1789. blocus de Landau. : suspension du roi. La famille royale est enfermée à la Prison du Temple. : un nouveau serment, qui repose sur les principes de liberté et d’égalité, est exigé de tous les fonctionnaires de l’État, dont les prêtres. Il est largement prêté. : une levée d'hommes à Saint-Ouën-des-Toits en Mayenne provoque la rébellion de Jean Cottereau, dit Jean Chouan, contre les opérations de recrutement. : création d'un tribunal criminel extraordinaire (Réal, accusateur public). : décret abolissant les congrégations religieuses, y compris enseignantes, et les confréries.
échec des Autrichiens au combat de Fontoy face à l’armée du maréchal Luckner. l’armée prussienne de Brunswick franchit la frontière française. : La Fayette, qui quitte la France, est arrêté par les Autrichiens qui lui reprochent son rôle actif durant le début de la Révolution française ; il reste emprisonné quatre ans. vignette| : première exécution par la guillotine sur la place du Carrousel. : décret relatif à la formation de la Convention nationale.
première insurrection des Vendéens, qui s'emparent de Châtillon. : Kellermann remplace Luckner dans le commandement de l'armée de la Moselle. : début du siège de Thionville par les coalisés (fin le ). : suppression des redevances seigneuriales.
abolition définitive de tous les droits féodaux. décret bannissant les réfractaires. Quatre jours après la prise de Châtillon, les paysans insurgés sont écrasés à la bataille de Bressuire. : la Commune de Paris procède à la fortification de Paris, forge des armes et autorise les visites domiciliaires. Les décrets contre les prêtres réfractaires sont exécutés (3000 arrestations en quelques jours). La Commune mène une politique de décatholicisation (réquisitions des palais épiscopaux, interdiction des habits religieux hors des églises, interdiction des processions).