Le Parti québécois (PQ) est un parti politique québécois indépendantiste, œuvrant sur la scène politique provinciale québécoise. Fondé en 1968, il est issu du Mouvement Souveraineté-Association (MSA) et du Ralliement national (RN), deux groupes résultant de la renaissance du nationalisme québécois comme force politique lors de la Révolution tranquille. Deux semaines après la fondation, un autre groupe indépendantiste, le Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN) vote à 82% en congrès de se dissoudre, en invitant ses membres à se joindre au PQ sur une base individuelle, ce qu’ils firent pour la plupart.
Après sa fondation, le Parti québécois s'est progressivement imposé à l'Assemblée nationale comme l'alternative face au Parti libéral du Québec. Le PQ remporte les élections québécoises de 1976, et forme le premier gouvernement de René Lévesque, le fondateur du parti« Le Parti québécois prend le pouvoir », Les 30 journées qui ont fait le Québec, Eurêka! Productions, 47 minutes, 2000.. Le PQ formera plusieurs gouvernements, en alternance avec les libéraux jusqu'aux élections générales de 2018 qui sont remportées par la Coalition avenir Québec.
Depuis le , le Parti québécois compte sept députés à l'Assemblée nationale du Québec. Son chef est Paul St-Pierre Plamondon depuis le ..
Le Livre bleu est le document programmatique publié par le Parti Québécois sous la direction de Paul St-Pierre Plamondon. Il présente la vision du parti pour un Québec indépendant, en abordant différents aspects tels que les relations internationales, la monnaie, la constitution et la gouvernance. Le document est publié en plusieurs chapitres et fait partie du programme officiel du parti.
Histoire avant 2020 Origines La naissance du PQ arrive lors de la Révolution tranquille, période de grands changements socio-politiques dans la société québécoise. L'un des acteurs les plus importants de cette Révolution, René Lévesque, était à la fois un ministre très populaire du gouvernement Lesage formé par le Parti libéral du Québec et aussi un réformateur trop pressé, d'après l'establishment du parti.. À la suite de la défaite de son parti en 1966 et après sa proposition battue en brèche au congrès du parti en sur la souveraineté-association, Lévesque claque la porte du Parti libéral pour fonder le Mouvement Souveraineté-Association (MSA).
Fondation (1968-1970) Le Parti québécois est né de la fusion, le . du Mouvement Souveraineté-Association (MSA) de René Lévesque et du Ralliement national (RN) de Gilles Grégoire. Cette fusion est le fruit d'intenses négociations entre les chefs des trois principaux mouvements politiques indépendantistes durant une bonne partie de l'année 1968.
Selon le biographe de René Lévesque, Pierre Godin, le futur chef du PQ voit immédiatement l'avantage d'une fusion entre le MSA, qui est surtout montréalais et formé de transfuges du Parti libéral, et du RN, formé d'ex-créditistes et surtout présent dans les régions de la Gaspésie, de l'Abitibi et du Saguenay-Lac-Saint-JeanPierre Godin (1997). René Lévesque, vol. 2 : Héros malgré lui (1960-1976), Boréal, Montréal. .. Si le mariage entre le MSA et le RN se conclut rapidement, au cours de deux rencontres tenues à Montréal en Pierre Godin (1997). op. cit.. ., en revanche, la convergence entre Lévesque et le Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN) de Pierre Bourgault se heurtera à plusieurs difficultés.
L'indéfectibilité du RIN sur l'unilinguisme français d'un Québec souverain, ses positions socialistes en matière économique et la manifestation violente du défilé de la Saint-Jean-Baptiste à Montréal en 1968 excluent pour Lévesque toute possibilité de fusion avec le RINPierre Godin (1997). op. cit.. .. Il accepte cependant que les militants rinistes s'inscrivent à titre individuel au nouveau parti politique, ce qui était déjà le cas.
Le congrès de fondation du Parti québécois se déroule du 11 au au Petit Colisée de Québec. Fort de dès sa fondationBellavance, Lionel (1972). Les partis indépendantistes québécois (1960-1970). Parti québécois d'Arthabaska. Arthabaska (Québec). ., les militants ratifient les quatre grandes orientations fondamentales du parti, telles que dévoilées en août : Pierre Godin (1997). op. cit.. ..
Restait la question du nom à donner au nouveau parti. René Lévesque appuyait l'utilisation d'un nom qui utiliserait le mot , comme , ou . Quatre des cinq noms qui étaient proposés au congrès de Québec comprenaient d'ailleurs l'expression. Cependant, Gilles Grégoire, avec la complicité d'anciens ministres, réussit à obtenir des organisateurs l'ajout d'une ligne blanche sur le bulletin de vote distribué aux délégués. L'appellation Parti québécois se classe parmi les trois finalistes. Il est finalement ratifié par le congrès au deuxième tour de scrutin, après un vote à main levéePierre Godin (1997). op. cit.. ..
Après quelques hésitations, Lévesque se rallie finalement au nom après en avoir été convaincu par le psychiatre et futur ministre Camille Laurin, pour qui ce nom avait une valeur thérapeutique puisqu'elle renforçait l'identité incertaine des Québécoisibid..
Deux semaines après le congrès de fondation du PQ, le , Pierre Bourgault et André d'Allemagne proposent la dissolution du RIN et recommandent aux de leur formation politique d'adhérer à la nouvelle coalition souverainisteBellavance, Lionel (1972). op. cit.. .. Un de ceux-là sera Pierre Renaud, qui deviendra conseiller aux services, trésorier national, président du Conseil Exécutif National et responsable de la publicité pendant une douzaine d'années.
L'historien Éric Bédard souligne qu'en 1969, « [l]e tout nouveau Parti québécois suscite beaucoup d'espoir chez les jeunes, mais l'extrême gauche se méfie de ses dirigeants, à ses yeux constitués de technocrates bourgeois, de créditistes défroqués, d'anciens libéraux assoiffés de pouvoir et de nationalistes conservateurs issus des sociétés Saint-Jean-Baptiste »Éric Bédard, Chronique d'une insurrection appréhendée, Québec, Septentrion, 2020, p. 53..
Croissance et premier gouvernement Lévesque (1970-1981) Le Parti québécois a participé pour la première fois aux élections générales le 29 avril 1970 : malgré un pourcentage de votes exceptionnel pour un nouveau parti (avec 23%), seulement sept députés ont été élus, excluant René Lévesque. Le résultat décevant du PQ est souvent attribué par la campagne de peur orchestrée par ses adversaires, culminant avec le coup de la Brink's.. Cette campagne de peur puis ce résultat décevant aux yeux de plusieurs Québécois vont donner une « justification » de la relance des activités du Front de libération du Québec, menant six mois plus tard à la crise d'Octobre..
Avec le déclenchement de la Loi sur les mesures de guerre au Québec, l'arrestation par cette loi de plusieurs militants du parti faussement soupçonnés d'appartenir au FLQ, et la mort de Pierre Laporte, les adversaires du mouvement souverainiste croyaient que l'option souverainiste était discréditée pour de bon.. Pourtant, lors d'une partielle en , le candidat du PQ y obtient plus de 30 % des voix..
En 1971, lors du troisième congrès national, René Lévesque menace de démissionner si une résolution reconnaissant les droits scolaires linguistiques de la minorité anglophone au Québec n'est pas adoptée. Effectivement, René Lévesque était contre la position unilinguiste prise par beaucoup de Québécois. Il pensait qu'une protection de droits linguistiques pour les anglophones devait être faite pour maintenir de bonnes relations avec le reste de l'Amérique anglophone cité dans . Aux élections générales du 29 octobre 1973, six députés sont élus et le parti devient l'opposition officielle ; René Lévesque n'est cependant pas élu dans son comté.
Lors du congrès national de 1974, les membres sont divisés sur le moyen d'accession à la souveraineté du Québec: d'un côté, les étapistes menés par Claude Morin, qui préconisent l'accession graduelle à la souveraineté par le biais de référendum; de l'autre côté, les purs et durs (souvent associés à cette époque à l'aile gauche du parti), qui veulent la souveraineté dès la prise de pouvoir du Parti. L'option étapiste prévaut largement au Congrès de 1974 : d'après la thèse de Nikolas Barry-Shaw, la victoire de l'option étapiste aurait été plus ou moins indirectement liée par la crainte d'une situation analogue au Coup d'État contre le gouvernement de Salvador Allende en 1973.
Le Parti québécois remporte les élections nationales du 15 novembre 1976 avec 41,4 % des voix et l'élection de ; René Levesque est élu dans le comté de Taillon et devient premier ministre.
Le premier gouvernement du PQ fut surnommé la « République des professeurs » à cause du nombre élevé de ses membres qui étaient professeurs d'université.. Le PQ fut un des premiers gouvernements au sein du Canada à reconnaître le droit à l'autonomie gouvernementale aux Premières Nations. Durant son premier mandat, le PQ a voté la Loi sur les consultations populaires, la Loi régissant le financement des partis politiques, ainsi que la Charte de la langue française (loi 101).
Selon l'avis même des militants, le Parti québécois serait une analogie au Parti canadien, un parti révolutionnaire dirigé par Louis-Joseph Papineau. Pour cette raison, plusieurs ont vu en Lévesque un « nouveau Papineau ».
Référendums sur la souveraineté (1980-1995)
Le Parti québécois a tenu deux référendums sur la souveraineté du Québec. Le est déposé à l'Assemblée nationale le Livre Blanc du projet de Souveraineté-Association. Le premier référendum se tint le . Il se solda par une victoire de l'option fédéraliste dans une proportion d'environ 59 %. Par contre, le PQ remporta les élections générales du 13 avril 1981.
En 1981, le rapatriement de la Constitution sans l'accord du Québec, plus connu sous le nom de la nuit des Longs Couteaux, va mener à une radicalisation temporaire du Parti québécois. Cette radicalisation est illustrée par le congrès national de , où les délégués votent notamment pour l'indépendance dès la formation d'un prochain gouvernement par le parti; René Lévesque, pour invalider les résolutions adoptées au congrès., déclenche un référendum adressé aux membres du parti (surnommé par la presse « Renérendum », mot-valise de René et référendum) qu'il remporte haut la main.
À la suite des élections fédérales de 1984, remportées par le Parti progressiste-conservateur de Brian Mulroney, Lévesque tend la main à la promesse de renouveler le fédéralisme faite par le nouveau premier ministre canadien. Cette ouverture que Lévesque lui-même appelle un « beau risque ». va causer une crise profonde au sein du gouvernement et du parti: cinq ministres dont Camille Laurin démissionnent et deux députés quittent le parti. René Lévesque finit par démissionner en 1985.. Son successeur Pierre Marc Johnson va être défait lors des élections générales de 1985.
En , Jacques Parizeau est élu le chef du Parti québécois et devra attendre jusqu'aux élections de 1994 pour devenir premier ministre du Québec.
Le , la population du Québec est à nouveau consultée sur la question de la Souveraineté-Association. Jacques Parizeau, alors premier ministre du Québec et chef du Parti québécois, déclara en entrevue à Stéphan Bureau qu'il donnerait sa démission en cas de défaite. C'est ce qui arriva, l'option fédéraliste ayant remporté la victoire par moins d'un pour cent des suffrages. La question du référendum de 1995 était : « Acceptez-vous que le Québec devienne souverain, après avoir offert formellement au Canada un nouveau partenariat économique et politique, dans le cadre du projet de loi sur l'avenir du Québec et de l'entente signée le ?»