L’École royale militaire (ERM et en néerlandais KMS , en allemand KMA et en anglais RMA ) est une institution militaire d’enseignement supérieur qui forme, non seulement, l’ensemble des officiers de l’armée belge (composantes terre, air, marine et médicale) mais également de nombreux officiers issus d'un pays membre de l'Union européenne et aussi d'Afrique.
Elle fut fondée le , quelques années après l’indépendance de la Belgique, sur le modèle de l’École polytechnique française par le général français (naturalisé belge) et ministre de la Guerre Louis Évain.
De 24 élèves inscrits en 1834, la capacité annuelle maximale d'accueil n'a cessé d'augmenter. Depuis la fin des rénovations du campus principal, en 2010, celle-ci est passée à 850 élèves pour l'ensemble du cursus de ses deux facultés. Ces cursus sont conformes au processus de Bologne et les diplômes délivrés ont le label .
Seule université belge sous la tutelle de l'État fédéral, l'enseignement, qui est entièrement gratuit, y est prodigué en français, néerlandais et anglais. C'est aussi la seule université belge organisée sur le modèle de l’internat.
Première école militaire de Bruxelles Le , le gouverneur général des Pays-Bas espagnols Carlos de Gurrea fonde l’Académie militaire de mathématique et de fortification de Bruxelles. Les cours ont lieu sur deux semestres pendant deux ans et donnés en espagnol, qui est la langue de l'administration des troupes. Son premier directeur est Sebastián Fernández de Medrano. Après la signature des traités d'Utrecht en 1713, marquant la fin de la guerre de Succession d'Espagne et le passage des Pays-Bas méridionaux sous la tutelle de la maison de Habsbourg d'Autriche, après avoir été sous celle de la maison de Habsbourg d'Espagne, l'école prend le nom d'Académie militaire du génie avec le français comme langue d'apprentissage.
Elle ferme ses portes en 1783 alors qu'elle n'est plus qu'une académie d'équitation sans aucun caractère militaireChapitre I, « Établissement d'un enseignement militaire aux Pays-Bas », .
Histoire C'est sous l’impulsion du roi Léopold , se rendant compte, après la campagne des Dix-Jours et le siège de la citadelle d'Anvers, que son jeune État a grandement besoin d'officiers professionnels et bien formés que l'on songe à créer une école militaire.
Le premier site choisi est Liège car voisin du centre métallurgique de Seraing développé depuis 1817 par John CockerillChapitre IV, « Les origines de l’École militaire et ses installations successives », . Finalement, Bruxelles est choisie et l'école militaire est créée, par arrêté royal du ..
Site du Coudenberg vignette|upright|alt=Entrée de l'ancienne abbaye du Coudenberg|Entrée de l'ancienne abbaye du Coudenberg. vignette|upright|alt=Lieux occupés par l’École militaire|Les différents lieux occupés par l’École militaire entre 1834 et 1870. L'état-major de l'école s'installe dans l'ancienne abbaye du CoudenbergDeux plaques commémoratives sont installées sur la façade du . La plaque de droite renseigne, en français, que , la plaque de gauche renseigne la même chose en néerlandais.. Son premier commandement est confié au lieutenant-colonel de nationalité française, Jean Chapelié, diplômé de l'École polytechnique et sous chef de l'état-major de l'armée belge depuis le ..
Les conditions pour être admis sont : être né ou naturalisé belge, avoir entre 16 et 21 ans, posséder une connaissance approfondie du français et réussir un examen d'entrée basé sur l'arithmétique, l'algèbre (jusqu'aux équations du second degré), la théorie des logarithmes, la géométrie, la trigonométrie rectiligne. Le premier concours d'admission, en 1834, permet à 24 jeunes gens de suivre les cours d'une durée d'un an. Le premier de ses cours est donné le .
La Régence de la ville de Bruxelles met à la disposition plusieurs salles de l'ancien Collège Thérésien devenu Athénée royal de Bruxelles avec une entrée particulière rue Rosendael. Les cours de chimie et de physique sont dispensés au musée des Arts et Métiers de la rue des Longs-ChariotsChapitre IV, « Les origines de l’École militaire et ses installations successives », aujourd'hui tous deux disparusLa rue des Longs-Chariots est disparue lors de la construction de la jonction Nord-Midi et reliait la rue de Loxum à la rue Putterie.. En 1836, l'école achète une maison au de la rue de Ruysbroek pour loger les élèves tandis que le corps enseignant peut être, lui, logé dans l'ancienne abbayeChapitre IV, « Les origines de l’École militaire et ses installations successives », . Cette même année, les aspirants de marine sont aussi admis à suivre les cours de l'académieChapitre III, « Les commandants », et le cursus passe à deux ans.
Le , l'école, jusqu'alors exclusivement destinée aux Armes spéciales (artillerie et génie ou AG), s'ouvre aussi aux Armes ordinaires (infanterie et cavalerie ou IC).
En 1863 succède, comme commandant de l'école, Guillaume-Adolphe Nerenburger, aussi d'origine française mais qui se mit au service de la Belgique dès la révolution belge de 1830. Ce dernier meurt, en 1869, d'un accident vasculaire cérébral alors qu'il est en plein travail dans son bureau.. Il est remplacé par Jean-Baptiste Liagre, le premier commandant de l'école né avec la nationalité belge.
Le , l'école, toujours de plus en plus à l'étroit, loue une maison au de la rue Verte (actuellement rue Brederode) alors que le de la même année, l'école ferme ses portes jusqu'au à cause de la guerre franco-allemande qui nécessite une mobilisation de l'armée.
Les futurs officiers formés dans l'ancienne abbaye du Coudenberg, au nombre de 80 entre 1834 et 1870, y suivent une instruction de quatre ans avec, à la clé, une promotion soit dans l'artillerie ou le génie, soit dans l'infanterie ou la cavalerie ou, après un stage approfondi, dans un état-major..
Site de la Cambre vignette|alt=Le palais abbatial, l'église, les bâtiments principaux et la cour d'honneur de l'ancienne Abbaye de la Cambre.|L'ancienne abbaye de la Cambre avec, à gauche, l'église qui servit de gymnase. vignette|alt=Carte postale montrant la salle à manger de l’École militaire en 1900|La salle à manger de l’École militaire dans le cloître de l'ancienne abbaye de la Cambre en 1900. Par rationalisation, tous les départements de l'école déménagent, sur un site unique : l'ancienne abbaye de la Cambre. Les aménagements débutent en 1870 et l'inauguration a lieu le .
Le vaisseau de l'église est transformé en gymnase et la chapelle latérale (salle du chapitre) en salle de jeu. Seul le chœur reste affecté au culte. Le cloître devient le réfectoire et sa galerie un préau, le bâtiment à gauche de l'entrée primitive est transformé en écuries, l'ancienne cuisine en boulangeriePlan de l’École militaire de la Cambre, tandis que les actuels jardins étagés deviennent la plaine d'exerciceChapitre IV, « Les origines de l’École militaire et ses installations successives », . D'autres aménagements, aujourd'hui disparus par l'établissement de l'avenue Émile Duray, sont aménagés tels les quartiers avec jardin privatif du commandant de l'école (contigu aux écuries), le four à pain (contigu à la boulangerie) ou les cachots (la petite villa) contigus au four à pain. D'autres ont été remplacés tel le manège extérieur supplanté par l’extrémité sud du square de la Croix-rouge.
Sous l’impulsion du roi Léopold II, une École de guerre indépendante, créée par arrêté royal du , destinée à l'instruction spécifique des futurs officiers d'état-major () est adjointe administrativement et géographiquement à l'école militaire en 1871.. Celle-ci est calquée sur le modèle de l'académie de guerre de Prusse qui démontra sa supériorité en matière de stratégie militaire tout au long de la guerre austro-prussienne. En 1886 est mis sur pied un cadre spécial appelé Le corps des verts et destiné à l'élite des ..
Lors du déménagement vers le site de l'ancienne abbaye, l'instruction à l’École militaire est portée à une durée de trois ans avec trois années supplémentaires pour les candidats recevables à l’École de guerre.
Pendant l'occupation du site de l'abbaye par l’École militaire, un autre département militaire vient s'y installer en 1874. : le Dépôt de la guerre et topographie, rebaptisé Institut géographique national depuis 1976. Cet organisme parastatal sous la tutelle du ministère de la Défense occupe toujours les bâtiments de l'enclos monastique de l'ancienne abbaye.
Site de la Renaissance vignette|alt=École Royale Militaire à Bruxelles par les architectes Henri Maquet et Henri van Dievoet.|Façade style néoclassique de l'École royale militaire, le long du parc du Cinquantenaire. En 1909, l'école déménage à nouveau pour s'implanter le long de l'avenue de la Renaissance où elle est toujours installée un siècle plus tard. Œuvres des architectes Henri Maquet et Henri Van DievoetLaure Eggericx, "Heurs et malheurs des casernes bruxelloises", dans : Les nouvelles du patrimoine, , Bruxelles, 2014, : . les bâtiments, de style néoclassique et inspirés de ceux de l'École militaire de Paris, sont équipés d'un chauffage central, de laboratoires, d'installations sportives — en ce y compris une piscine — et d'agencements pour la cavalerie..
Jusqu'en 1913, le néerlandais est très accessoire au sein de l'établissement. Une loi du le rend obligatoire dans les pratiques de l'administration de l'école. En 1935, les cours, y compris ceux de gymnastiques, sont dédoublés français/néerlandais mais ce n'est qu'en 1940, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, que des cours de langue sont organisés pour les élèves non néerlandophonesChapitre XXII, « Le cours de flamand », . Ceux-ci consistent en 42 leçons.
Bien que l'école ferme ses portes le à la suite de la mobilisation générale et de l'incorporation des candidats officiers et du cadre enseignant dans leurs unités combattantes respectives en prévision d'une possible invasion de la Belgique par l'armée impériale allemandeChapitre XXV, « Veillées des armes », , des cours raccourcis d'état-major continuent à être dispensés jusqu'à la fin des hostilités au Centre d'Instruction d’État-major (CIEM) de Furnes.. Entre 1870 et 1914, 647 officiers reçoivent le brevet et 78 d'entre eux acquièrent également le brevet du Corps des verts.
Pendant l'entre-deux-guerres, de nombreux bouleversements interviennent quant à la durée des différents cycles d'enseignement avec, entre autres, l'apparition de cours de néerlandais ou, à partir de 1936, d'un cours accéléré de tactique de trois mois pour commandants de grandes unités dispensé au Centre pour hautes études militaires. En 1924, le brevet est remplacé par celui de et les lauréats restent intégrés à leur corps d'armée d'origine.
Le , le roi Albert remet, en main propre le fanion ainsi que la croix de chevalier de l'ordre de Léopold à l'école par l'intermédiaire de son commandant le lieutenant-général Félix Neefs. C'est en 1935 que l'école adopte sa devise, reçoit son écusson et son appellation d’École royale militaireAppellation confirmée par un arrêté royal du . en même temps que l'instruction donnée aux futurs prend l'appellation de Cours supérieur de la guerre. et en 1937 qu'apparait, pour la première fois, la cérémonie de la remise de l’épée du roi..
Entre 1919 et la mobilisation générale du , un total de 463 brevets / sont décernés et 60 officiers étrangers sont formés. Consécutivement à cette mobilisation générale, les cours sont suspendus puis l'école est dissoute en lors de l'invasion du pays par la allemande.
Si l'école rouvre ses portes le , ce n'est qu'à partir du que l'enseignement reprend ses droits au sein de l'établissement. Les leçons de la Seconde Guerre mondiale modifient radicalement les matières enseignées. et de nombreux laboratoires de recherche sont mis sur pied : 1946, laboratoire de métrologie balistique ; 1947, laboratoire de télécommunications et laboratoire de physique nucléaire ; 1951, laboratoire de chimie nucléaire ; 1960, laboratoire de photogrammétrie ;