Le parc national de la Guadeloupe est un parc national français situé dans le département de la Guadeloupe aux Antilles françaises. Il a été créé le et a pour but de protéger le point chaud de biodiversité des îles caraïbes, abritant ainsi une faune et une flore particulièrement riches, avec une fort taux d'endémisme insulaire.
Le territoire du parc est également reconnu réserve de biosphère par l'UNESCO depuis 1992 sous l'appellation « archipel de la Guadeloupe ».
En 2014, le parc a été labellisé dans une liste verte des aires protégées, lors du congrès mondial des parcs nationaux de Sydney..
Histoire vignette|gauche|La rivière Moreau du parc naturel vignette|Logo du parc.
La forêt tropicale et le massif montagneux de la Basse-Terre constituent une zone de biodiversité exceptionnelle en France, et dans les années 1970 le conseil général de la Guadeloupe a décidé de mettre ce patrimoine naturel en valeur sous le nom de « parc naturel de Guadeloupe », géré par l'Office national des forêts (ONF), en y aménageant des sentiers de randonnée et en y créant des équipements d'accueil.
En 1977 a été émise l'idée de placer ce territoire à l'abri de risques de dégradations en le classant parc national et c'est le qu'est officiellement créé le parc national de la Guadeloupe, premier parc national d'outremer. En 1987, la réserve naturelle du Grand Cul-de-sac marin a été créée. Sa gestion est confiée au parc national en 1990.
En 1992, l'existence du parc national et de la réserve naturelle du Grand-Cul-de-Sac marin ont permis à la Guadeloupe d'être désignée réserve de biosphère par l'UNESCO sous le nom d'« archipel de la Guadeloupe », lui concédant une reconnaissance internationale.
Géographie Repères géographiques vignette|right|redresse=1.5|Carte simplifiée de la Guadeloupe, avec quelques noms de lieux. Le parc national est coloré en vert, l'étoile situe Pointe-à-Pitre
Orogénèse, géologie et pédologie L'île de la Guadeloupe appartient à l'arc interne des Petites Antilles qui s'est formé par la subduction de la plaque tectonique américaine sous celle des Caraïbes. La Basse-Terre s'est formée il y a environ d'années sous l'effet du volcanisme, tandis que la Grande Terre est composée de calcaire corallien, elle doit son origine à l'accrétion de matériaux sous-marins.
Le point culminant est le volcan de la Soufrière : avec ses , c'est le point le plus haut des Petites Antilles.
Hydrologie En conséquence de la météorologie hétérogène selon les zones de l'archipel, les régimes hydrographiques sont fortement différenciés : Sur la Grande-Terre, en raison de la faible pluviométrie, en période sèche l'eau ne coule pas dans les ravines. Sur la Basse-Terre les cours d'eau ont un régime permanent grâce à la forte pluviométrie, au ruissellement et aux résurgences des nappes phréatiques d'altitude. Comme indiqué dans les guides touristiques (exemples), la baignade en rivière peut être dangereuse car les eaux peuvent monter brusquement après une averse, et passer d'un débit de 1 m.s à .s en quelques minutes.
Le bassin versant le plus important de la Guadeloupe est celui de la Grande Rivière à Goyaves, son embouchure est classée en cœur de parc. Avec sa surface de , il fait figure d'exception parmi les bassins versants de la Basse-terre dont la superficie varie en moyenne entre 10 et
Treize cours d'eau du parc sont classés dans une « liste 1 » interdisant tous travaux susceptibles d'en modifier le tracé ou le débit, ce que le code de l'environnement qualifie d'. Des aménagements doivent être réalisés sur 7 tronçons de cours d'eau pour rétablir la capacité des espèces aquatiques à circuler librement.
Captage d'eau et assainissement S'agissant de l'eau potable, 70 % du volume des captations de l'île se fait dans les rivières de Basse-Terre, à l'instar de la Prise d'Eau de Bras-David, et donc dans le PNG lui-même, 50 % du total se faisant même en cœur du parc.
Périmètre
Le parc s'étend au nord-ouest sur la quasi-totalité de la Basse-terre, où il protège une grande surface de forêt tropicale () humide et irriguée ainsi que les fourrées et savanes montagneuses qui forme une partie de son cœur. Sur la Grande-terre, 5 communes viennent compléter la zone d'adhésion. Les communes de Baie-Mahault et Pointe-à-Pitre viennent séparer ces deux parties du parc national. En milieu marin, le PN comprend également le Grand Cul-de-sac marin et un quadrilatère, orienté vers le nord-ouest qui s'avance en mer caraïbe.
Zonages Les parcs nationaux sont divisés en deux types de zones : le Cœur et l'Aire d'adhésionSite officiel de l'établissement Parcs nationaux de France.
Depuis le décret du , le cœur du parc intègre les zones anciennement classées « réserve naturelle » dans le Grand Cul-de-sac marin, les îlets Kahouanne et Tête à l'Anglais, ainsi que les fonds marins autour des îlets Pigeon. vignette|Périmètre des zones de cœur du parc national. + Aires de répartitionCœurAire d'adhésionAire maritime adjacenteSuperficie ha dont marinsnon communiqué haNombre de communes concernées1516x
Sur les 21 communes du parc, 16 ont adhéré à la charte. Consécutivement seules ces dernières font partie de l'aire d'adhésion. Les zones hors-cœur des communes n'ayant pas adhéré ne font, par définition, pas partie de l'aire protégée.
La réserve de biosphère, dont les limites coïncident avec celles du PN, est divisée en zone centrale, zone tampon et zone de transition.Il existe une réserve biologique dirigée, gérée par l'Office national des forêts, qui protège plusieurs massifs de forêt sèche dans la partie nord de la Grande-Terre (dans le parc national), notamment sur le littoral de l'Anse Maurice à l'Anse Laborde en passant par la Grande vigie et également la Barre de Cadoue. Par ailleurs, le grand cul-de-sac marin est inscrit comme zone Ramsar, c'est-à-dire une zone humide d'importance internationale pour les oiseaux. Et l'ensemble de la zone économique exclusive autour de la Guadeloupe est classée sous le nom de sanctuaire marin AGOA.
La création de réserves intégrale est projetée, d'après le plan des vocations des différents secteurs du parc national.
En périphérie de la zone protégée, le parc mène des actions de développement durable sur les communes de Pointe-Noire, Bouillante et Vieux-Habitants.
Organisation Administration L'établissement public parc national de la Guadeloupe qui gère le territoire du même nom a pour mission de connaître et de protéger les espaces qui lui sont confiés. Il doit mettre ce patrimoine à la disposition du public et conduit une politique d'éducation à l'environnement. Enfin, il agit en faveur de l'amélioration du cadre de vie et du développement durableQu'est-ce qu'un parc national ?, sur le site du Parc national de la Guadeloupe..
Rattaché au ministère chargé de l'environnement, le parc national est administré par un conseil d'administration d'environ soixante personnes composé d'élus, de représentant de l'administration et de personnalités qualifiéesInstances délibératives, sur le site du Parc national de la Guadeloupe..
L'équipe chargée de gérer le fonctionnement technique de l'établissement compte environ trente agents de terrain, auxquels s'ajoutent une quarantaine de personnels administratifsUne équipe sur le site du Parc national de la Guadeloupe.. Elle est secondée par un conseil scientifique composé d'une vingtaine de chercheurs, et 50 personnalités qui composent un conseil économique, social, et culturel.
Programmes et actions Marque « Esprit Parc » Le parc national de la Guadeloupe a labellisé des hébergements, des opérateurs de plongée et d'autres sports de pleine nature, des musées, des produits alimentaires biologiques locaux, comme de la vanille, du café et du cacao, du miel et de produits maraîchers.
Programme d'études scientifiques Dans le cadre de la lutte contre les espèces invasives le cherche à mettre au point une méthode rapide et efficace (plus que celles qui existent aujourd'hui) pour détecter et surveiller ces espèces en milieu aquatique, basée sur l'ADN environnemental. La méthode consiste, dans un premier temps, à prélever un échantillon d'eau du milieu aquatique, puis, dans un deuxième temps, à en extraire l'ADN en laboratoire, avant d'amplifier et de séquencer celui-ci afin de connaitre les espèces présentes dans le milieu. Le projet GUAD3E cherche à tester un protocole éprouvé en métropole dans des conditions tropicales. La première campagne d'étude, réalisée sur 9 cours d'eau de la Basse-Terre, a permis de montrer que toutes les espèces capturées par la méthode traditionnelle de capture (par pêche électrique) pouvait être détectées grâce à l'ADN environnemental.
En Guadeloupe, comme dans toutes les îles des Caraïbes, il est nécessaire de protéger les populations contre les crues des rivières et autres phénomènes causés par les cyclones tropicaux. Les équipements de génie civil réalisés pour assurer la protection des habitants nuisent parfois au fonctionnement des écosystèmes et à la biodiversité, le PN cherche à remplacer ces ouvrages par du génie écologique. Dans les premières phases de son projet le PN a établi une liste d'espèces indigènes utilisables selon leurs propriétés mécaniques et selon les écosystèmes. Des chantiers modèles ont ensuite été lancés, en . L'objectif est à terme de former les entreprises locales et les collectivités à utiliser le génie végétal en priorité par rapport au génie civil.
Police de l'environnement Le directeur d'un parc dispose des mêmes droits de police qu'un maire dans le cœur du parc national. De plus, le parc national compte dans ses rands plusieurs agents assermentés et commissionnés qui peuvent relever les infractions au code de l'environnement, de la forêt ou au code pénal.
En zone maritime, les infractions les plus fréquentes sont la pêche en zone interdite, le dérangement d’animaux, l'utilisation de véhicules nautiques à moteur (VNM) et la vitesse excessive dans la bande des , en particulier autour des îlets Fajou, Carénage et Pigeon.
Tourisme Gîte L'offre d'hébergement sur le département est de lits, dont centrés sur 80 hôtels essentiellement situés en dehors du parc national, à l'époque de la rédaction de la charte.
Activités de pleine nature - circuits et points d'accueil vignette|redresse|Chemin des bains jaunes, massif de la Soufrière. Les sommets tout comme la forêt domaniale sous-jacente sont parcourus de chemins de randonnée balisés par un code couleur selon leur niveau de difficulté. Parfois désignés par des noms à l'instar de la route forestière Jules dans la boucle de l'INRA, ou la route des Bains Jaunes (ci-contre) qui mène à la Soufrière, ces sentiers forment un réseau de dans la forêt et le long du littoral du Grand Cul-de-Sac Marin. Le sentier de grande randonnée G1 traverse le parc sur Basse-Terre du nord au sud par la ligne de crête.
D'autres types d'infrastructures sont aussi présentes dans l'espace, comme la Maison de la Forêt qui est aménagée de manière à faire découvrir les richesses végétales du site.
Sites d'intérêt
La fréquentation de la soufrière est relativement stable sur la décennie de 2008 à 2018, un peu en dessous de par an. Parmi les sites d'intérêt touristique on compte le zoo de Guadeloupe, aussi connu sous le nom de parc des Mamelles puisqu'il se situe au milieu de ces montagnes, et qui accueille une faune variée, mêlant espèces sauvages locales comme le Ti-Racoon, la mangouste ou l'iguane, et espèces exotiques comme le jaguar, certains singes et des Pandas roux.
Impacts sur l'environnement La forte fréquentation des sites du cœur associée au phénomène naturel d'érosion entraine une dégradation rapide des sentiers. Le parc national a donc décidé de ne pas autoriser la création de nouvelle manifestations sportive dans le cœur, en plus de celles existant déjà.