Cette page concerne l'année 1848 du calendrier grégorien.
Événements
Janvier
- : le cours de Michelet au Collège de France est suspendu. Une manifestation de soutien est organisée le . Le , une pétition est portée à la Chambre des députés lors d'une manifestation qui regroupe près de . : discours de Victor Hugo à la Chambre des pairs « sur le pape Pie IX » en faveur des patriotes italiens. : le dernier banquet, prévu dans le arrondissement à Paris, est interdit par Guizot. : article de Morny dans la Revue des deux Mondes ; . : dans un discours prophétique à la Chambre des députés en faveur de la réforme du système électoral, Tocqueville dénonce l'altération des mœurs publiques ; il s'inquiète aussi de voir se lever le « vent des révolutions » : « Les mœurs publiques se dégradent […], la dégradation des mœurs publiques vous amènera dans un temps court, prochain peut-être, à des révolutions nouvelles. […] Pour Dieu ! changez l'esprit du gouvernement, car cet esprit-là vous conduit à l'abîme! » : « la Seine est prise », témoigne Hugo, « on patine sous le pont des Arts »Choses vues T1 . : Lamartine prononce un discours antigouvernemental sur l'affaire d'Italie à la tribune de la Chambre des députés. Février
: un amendement déposé par le député conservateur Sallandrouze, qui demandait sur un ton mesuré que le gouvernement prenne l'initiative de « réformes sages et modérées », est rejeté sous l'impulsion de Guizot par 222 voix contre 189. Le vote de l'adresse par 241 voix contre 3 réaffirme la politique conservatrice de Guizot. : Girardin renonce à son mandat de député. : les organisateurs du banquet interdit le l'avaient prévu pour le 22. Ils souhaitaient l'appuyer par une manifestation préalable. Devant la double interdiction gouvernementale, ils s'inclinent. - : révolution à Paris. Ces trois journées révolutionnaires renversent la monarchie de Juillet, Louis-Philippe abdique. : les manifestants (étudiants du Quartier latin et ouvriers des faubourgs) se rassemblent, à l’appel des sociétés secrètes et avancent vers la place de la Concorde. La troupe les repousse, mais l’ébullition demeure. Guizot veut faire appel à la garde nationale pour disperser les manifestants. En fin d'après-midi, des incidents dans le quartier de la Madeleine font un premier mort. La garde pactise avec les manifestants qui exigent à la fois la réforme et la démission de Guizot, que Louis-Philippe accepte dans l’après-midi du 23. vignette|gauche|Les révolutionnaires devant le Ministère des Affaires étrangères, 23 février 1848. Estampe de 1848. : les affrontements se multiplient entre la foule et les gardes nationaux. La plupart des bataillons fraternisent avec la foule et dans l'après-midi reprennent à leur compte l'appel à la « réforme ». La démission de Guizot, approuvée par le roi, est annoncée au Palais-Bourbon. Molé est chargé de former un nouveau cabinet, en vain. Dans la soirée, pour fêter cette victoire, les Parisiens sortent les lampions et vont manifester leur joie sous les fenêtres du ministère des Affaires étrangères qu’occupe Guizot ; une fusillade fait 52 victimes boulevard des Capucines ; les corps sont promenés à travers les rues de Paris ; les quartiers de l'Est et du centre se couvrent de barricades. vignette|Le Peuple aux Tuileries, 24 février 1848 vignette|La duchesse d’Orléans au palais Bourbon pour demander la régence. vignette|Fuite du roi Louis Philippe.
au matin, le roi nomme Bugeaud commandant général des troupes et de la garde nationale pour réprimer l'insurrection. Sous le conseil de Thiers, il est remplacé par Lamoricière et le feu est suspendu. Adolphe Thiers et Odilon Barrot, partisans de la réforme, sont appelés successivement pour constituer un gouvernement. à midi, une déclaration du « Peuple souverain » est placardée dans les rues de Paris : . Le palais des Tuileries est attaqué par les insurgés. Louis-Philippe abdique en faveur de son petit-fils de neuf ans, le comte de Paris. Lorsque la duchesse d’Orléans arrive au palais Bourbon pour demander la régence, elle y trouve des insurgés victorieux et des députés qui ont accepté, sous la pression, de former un gouvernement républicain provisoire. Louis-Philippe et la famille royale s'enfuient. dans la soirée, le gouvernement provisoire s'installe à l'Hôtel de Ville dont les insurgés se sont emparés (Dupont de l'Eure, Lamartine, Crémieux, Ledru-Rollin, Louis Blanc, "Albert", Marie, Arago, Marrast, Flocon, Garnier-Pagès, Pyat). Une déclaration précise que ce gouvernement « veut la République ». vignette|gauche| : Lamartine devant l’Hôtel de ville de Paris refuse le drapeau rougeHenri Felix Emmanuel Philippoteaux.
la deuxième République est proclamée place de l'Hôtel-de-Ville par Lamartine et Ledru-Rollin. proclamation du droit au travail ; sous l'influence des idées de Louis Blanc, le gouvernement provisoire s'engage par décret à « garantir l'existence de l'ouvrier par le travail ». le drapeau tricolore est conservé grâce à un discours de Lamartine qui retourne l’opinion de la foule, rassemblée à l’Hôtel de Ville en faveur du drapeau rouge. Auguste Blanqui, en résidence surveillée à Blois, se rend à Paris où il participe aux événements ; il rédige un texte en faveur du drapeau rouge. Nuit du 25 au : émeute à Rouen ; le pont de chemin de fer dit « pont aux Anglais » est incendié par les émeutiers. vignette|Bivouac des volontaires dans la cour de l'Hôtel de Ville, 26 février 1848.
manifestation place de l'Hôtel de Ville pour poser à nouveau la question du drapeau rouge ; le gouvernement provisoire concède une nouvelle proclamation spécifiant qu'une rosette rouge serait attachée à la hampe du drapeau tricolore. le gouvernement provisoire crée une garde nationale mobile de hommes, recrutés parmi les jeunes chômeurs parisiens. pétition réclamant à la commission du Luxembourg la mise en place d'ateliers nationaux pour les femmes. abolition de la peine de mort pour raisons politiques. vignette|Les Ateliers nationaux vus par Victor Adam.
création des « Ateliers nationaux » destinés à résorber le chômage ( ouvriers à la mi-avril). Dans les jours qui suivent, la peine de mort en matière politique est abolie, les délits de presse amnistiés, les titres de noblesse abolis, les biens de la famille royale confisqués. parmi les nombreux journaux créés : Le Salut public de Champfleury, Baudelaire et Toubin (il a deux numéros). premier numéro du journal L’Ami du peuple, fondé par Raspail, qui se présente à la présidence de la République. Victor Hugo félicite Lamartine pour l'abolition de la peine de mort pour raison politique.
création d'une « Commission du gouvernement pour les travailleurs », dite Commission du Luxembourg, composée de délégués ouvriers et présidée par Louis Blanc. Louis Bonaparte quitte Londres et arrive à Paris. Il offre ses services au gouvernement provisoire qui le contraint à quitter la France.
Mars : abrogation du serment pour les fonctionnaires. vignette|Le suffrage universel. Lithographie de Frédéric Sorrieu, dédiée à Ledru-Rollin, 1850.
la journée de travail est ramenée à dix heures à Paris et onze en province ; abolition du marchandage. place des Vosges, Victor Hugo prononce un discours pour saluer la plantation d'un arbre de la liberté : proclamation du suffrage universel masculin.
Désirée Gay adresse une pétition au gouvernement provisoire pour réclamer du travail et des secours pour les femmes. Karl Marx reçoit en même temps une expulsion hors de la Belgique et une invitation (par le gouvernement provisoire) à résider en France.
abandon de la taxe et du cautionnement pour la presse décret qui institue une commission chargée de préparer l'abolition de l'esclavage. : une Assemblée constituante est convoquée par décret. Elle doit être élue le au suffrage universel direct par tous les hommes domiciliés âgés de plus de 21 ans. Le décret concède aux colonies françaises la représentation nationale.
l’arrêté révoquant Prosper de Barante de sa fonction d'ambassadeur à Pétersbourg est signé par Lamartine, alors ministre des Affaires étrangères du gouvernement provisoire. création du comptoir d'escompte. : ouverture de la garde nationale à tous les citoyens.
abolition de la prison pour dettes. Armand Marrast remplace Garnier-Pagès à la mairie de Paris. Création de l'École d'administration, éphémère ancêtre de l'ENA.. : abolition des châtiments corporels. Nuit du 13 au : Hugo (Choses vues T1 ) - : l'écho de la révolution parisienne se répand en Europe ; une révolution éclate à Vienne (), les Berlinois s'insurgent () et contraignent Frédéric-Guillaume à convoquer un Parlement pour la rédaction d'une constitution ; Venise se soulève aux cris de « l'Italie libre ! », les Milanais chassent les troupes autrichiennes. Le , le Piémont entre en guerre contre l'Autriche. : violentes manifestations ouvrières sur la grand-place de Lille ; la filature Yon est mise à sac et les ouvriers belges sont menacés.
cours forcé des billets de banque. Le gouvernement provisoire émet, pour faciliter la circulation monétaire, des coupures de 100 francs. dissolution des compagnies d'élite de la Garde nationale.
décret qui prévoit la levée d'une contribution extraordinaire, dite des « 45 centimes ». Pour remplir les caisses, le gouvernement provisoire fait augmenter de 45 % tous les impôts directs ce qui provoque l'opposition du monde ruralGérard Noiriel, op. cit, .. pétition de la « Société pour l'émancipation des femmes », présidée par Jenny d'Héricourt, qui réclame le suffrage et l'éligibilité pour les femmes, l'abrogation du code civil et le droit au divorce. manifestation réactionnaire dite des « bonnets à poils » pour la conservation d'une garde nationale bourgeoise.
journée révolutionnaire à Paris ; la manifestation des « corporations » rassemble ouvriers. Un Comité central des ouvriers du département de la Seine est créé. à la demande d'une délégation conduite par le révolutionnaire Auguste Blanqui, le gouvernement provisoire accepte de reporter les élections, mais seulement jusqu'au , jour de Pâques. Les socialistes craignaient de voir les notables conservateurs encadrer les populations paysannes et réclamaient un report significatif pour se donner le temps d'éduquer les masses. Caussidière est nommé préfet de police de la Seine. : début de l'affaire Libri ; un article du Moniteur dénonce les larcins du comte Libri, académicien et Secrétaire de la Commission des Manuscrits des bibliothèques de France, qui a pris la fuite en ayant dérobé des centaines de livres d'une valeur inestimable. : premier numéro de La Voix des femmes d'Eugénie Niboyet. : une délégation du « Comité des droits de la femme » est reçue à l'Hôtel de ville de Paris par Armand Marrast pour avoir des précisions sur le suffrage universel qui vient d'être institué ; le maire renvoie la question sur le droit de vote des femmes à l'assemblée nationale qui doit être élue en avril. : décret facilitant la naturalisation des étrangers. : publication du « document Taschereau » visant à discréditer Auguste Blanqui.
Avril : inauguration de la ligne de Montereau à Troyes par la compagnie du chemin de fer éponyme. : l'impôt sur le sel est aboli par un décret, abrogé par la loi du avant même sa mise en application. : échec de la journée révolutionnaire à Paris pour le report des élections. : inauguration de la section de ligne de Neufchâtel à Boulogne-sur-Mer par la Compagnie du chemin de fer d'Amiens à Boulogne. : « Fête de la Fraternité » à l'Arc de Triomphe de Paris pour célébrer l'instauration du suffrage universel.