Hygrophoropsis aurantiaca, la Fausse-girolle"Fausse girolle" est le nom français "normalisé" adopté par un comité siégeant en commission au sein de la Société mycologique de France : voir la liste complète. ou Fausse-chanterelle, est une espèce de champignons basidiomycètes de la famille des Hygrophoropsidaceae dans l'ordre des Boletales. Taxinomie Le nom correct complet (avec auteur) de ce taxon est Hygrophoropsis aurantiaca (Wulfen) Maire
Synonymes Hygrophoropsis aurantiaca a pour synonymes :
Étymologie L'épithète spécifique aurantiaca vient du mot latin « aurātus » (auratus, aurata, auratum) qui signifie : doré, de couleur or, auréolé, en réfèrence à la couleur de cette espèce.
Noms vulgaires et vernaculaires Ce taxon porte en français les noms vernaculaires ou normalisés suivants : fausse-girolle, fausse-chanterelle, clitocybe orangé.
Description du sporophore vignette|Lames fourchues à intervalles réguliers. Son chapeau mesure 3 à , il est convexe puis étalé et légèrement déprimé, mais rarement en forme de coupe, jaune orangé, plus foncé au centre, parfois taché de vert-de-gris. Sa marge est mince, enroulée au début.
L'hyménophore est constitué de lames serrées, ramifiées, décurrentes, sensiblement concolores au chapeau, se détachant à l'ongle (contrairement à la vraie girolle)..
Son pied mesure 3 à , il est grêle et souvent excentré, plein devenant creux avec l'âge, de la couleur du chapeau, puis de plus en plus brun jusqu'à devenir fuligineux voire noirâtre, ce qui est un élément distinctif majeur de cette espèce.
La chair est molle, jaune orangé pâle. Son odeur est faible et sa saveur est un peu amère.
Galerie
Habitat et distribution vignette|Fausses girolles poussant à la base d'un tronc. C'est une espèce commune, poussant surtout parmi les conifères, notamment les forêts fraîches et humides de ces derniers, mais on peut également la trouver parmi certaines feuillus, dans les forêts riches en résidus ligneux au sol. Elle peut pousser aussi bien isolé qu'en groupes, parfois nombreux, avec des spécimens alignés ou regroupés les uns à côté des autres, formant même parfois des ronds de sorcières. En règle générale, elle pousse sur des sols pauvres, acides à neutres, mais, en réalité, s’agissant d’un champignon saprophyte lignicole, la chimie du sol (pH) n’influence guère sa croissance, qui est plutot favorisée par la présence de lignine provenant de dépôts de bois, de branches, de brindilles en décomposition ou de souches et/ou d’arbres morts au sol. Elle aime pousser parmi les pins de toutes espèces, ainsi que parmi les épicéas, souvent au milieu de la mousse, mais aussi sur du bois ou des pommes de pin enfouies dans le sol, sans dédaigner pour autant les forêts qui viennent de subir un incendie. Elle peut également se développer sur des copeaux ou de l’écorce de bois utilisés en jardinage ou dans le mobilier urbain, pour le paillage du sol ; il n’est donc pas rare, par temps froid, de trouver des spécimens de ces champignons même dans les zones métropolitaines, tant dans les parcs que dans des parterres isolés.
Son aire de répartition mondiale englobe toutes les forêts de conifères des climats tempérés d'Amérique du Nord, d'Amérique centrale et d'Amérique du Sud, d'Europe, du Caucase, d'Asie du Nord, d'Australie et de Nouvelle-Zélande.
Comestibilité Selon la bibliographie consultée, la Fausse-girolle peut être classée parmi les champignons comestibles, parmi ceux dont la comestibilité est douteuse, voire parmi les espèces toxiques, avec une toxicité qui comprend deux types distincts de cas signalés : des troubles gastro-intestinaux de « type indigestion », rapportés par plusieurs auteurs, ou des effets hallucinogènes. Plusieurs auteurs (principalement anglo-saxons) avaient en effet signalé la possibilité d’un syndrome hallucinogène résultant de la consommation d’H. aurantiaca, mais en remontant dans le temps, il n’a pas été possible de retracer l’origine ou la description d’un cas clinique avéré ; le premier à le mentionner, par ordre chronologique, date de 1981. Il semble toutefois se référer à des signalements antérieurs et non à sa propre expérience. Il est extrêmement improbable que H. aurantiaca ait pu provoquer une telle symptomatologie, tant en raison de l’absence de signalements dans les pays où cette espèce est habituellement consommée, que parce que la présence de substances hallucinogènes n’est pas mentionnée dans les principaux ouvrages de référence. En l’absence d’informations plus précises sur ce qui s’est passé, une explication possible pourrait être une confusion avec des champignons du genre Gymnopilus, similaires par leur coloration et leur mode de croissance sur des résidus ligneux.
Les troubles gastro-intestinaux sont quant à eux décrits par des auteurs principalement anglais, allemands et suisses, souvent comme « légers », indiquant parfois que les troubles seraient « graves », mais toujours sans citer de cas documentés. En remontant dans le temps, il n’a été possible de retrouver qu’un seul cas documenté avec certitude d’identification de H. aurantiaca comme seule espèce consommée par erreur à la place de Cantharellus cibarius. Ce cas, survenu en Allemagne en 1995, est très probablement dû à une idiosyncrasie ou à une allergie : sur les trois personnes ayant consommé ce repas à base de champignons, une seule a présenté des symptômes, associant troubles gastro-intestinaux et démangeaisons/fourmillements cutanés. Dans les régions de France où sa consommation est assez répandue, on signale que ce champignon a la particularité de conserver longtemps « un bel aspect » même lorsqu’il est déjà en mauvais état de conservation et donc impropre à la consommation. Par conséquent, sans exclure des problèmes de digestibilité ou des effets laxatifs chez certains consommateurs, l’avis de nombreux auteurs soutenant que la toxicité gastro-intestinale présumée de H. aurantiaca serait due à des erreurs d’identification avec le Clitocybe de l'olivier (Omphalotus olearius) est l'opinion actuelle la plus réaliste. Même l’hypothèse (émise il y a bien longtemps) d’une teneur en muscarine dans H. aurantiaca, qui s’est par la suite révélée infondée, laisse penser à une confusion avec O. olearius, étant donné que les intoxications provoquées par cette dernière espèce peuvent également comporter des symptômes de type muscarinique.
Il s’agit d’un champignon inoffensif, consommé principalement en Espagne et en France et répertorié parmi les espèces comestibles aptes à la commercialisation en Belgique (2017) et en France (2017), alors qu’en Italie, il n’est pas traditionnellement connu. Cependant elle manque de consommation alimentaire traditionnelle dans d'autres pays afin d'évaluer de façon de plus extensive sa sécurité alimentaire. En conclusion, sa sécurité alimentaire semblant satisfaisante, au regard de sa pertinence alimentaire, elle peut être considérée de comestible 18x18px à sans intérêt alimentaire 18x18px, fluctuant selon l'ampleur de la consommation traditionnelle du pays où elle est ramassée. Il est conseillé de ne cueillir que des sujets pas trop vieux, frais, et de les faire bien cuire. Les consommateurs français la considèrent comme un bon champignon comestible, mais inférieur à la girolle. Elle n'en a en tous cas jamais le croquant.
Confusions possibles
vignette|200x200px|18x18px La Girolle (Cantharellus cibarius), aux plis moins lamelliformes et inconstamment fourchus. Comestible réputé.18x18px La Girolle (Cantharellus cibarius), qui ne pousse pas sur bois, est plus jaune, plus ferme, possède une odeur fruitée et a surtout un hyménophore constitué de plis inconstamment fourchus, et non pas de lames. Comestible réputé. 18x18px Le Gymnopile pénétrant (Gymnopilus penetrans), qui a des lames et des lamellules non fourchues et non décurrentes, échancrées, un reste d'anneau ainsi qu'une saveur amère. Non comestible, amer émétique. vignette|200x200px|15x15px Le Clitocybe de l'olivier (Omphalotus olearius). Toxique.15x15px Le Clitocybe de l'olivier (Omphalotus olearius), qui est beaucoup plus grand, plus robuste, pousse en touffes et possède de vraies lames et lamellules. Restreint à la zone méditerranéenne. Toxique. 15x15px Le Clitocybe illusoire (Omphalotus illudens), qui est beaucoup plus grand, plus robuste, plus jaune, pousse en touffes et possède de vraies lames et lamellules. Toxique. vignette|200x200px|18x18px La Fausse-girolle rousse (Hygrophoropsis rufa). Sans intérêt alimentaire.18x18px La Fausse-girolle rousse (Hygrophoropsis rufa), qui est plus charnue, au chapeau recouvert de squamules brunes et velouté de brun sombre tout comme le stipe, qui a un piléipellis possèdant des hyphes ayant des pigments intracellulaires bruns et des spores fortement dextrinoïdes. Sans intérêt alimentaire. 18x18px La Fausse-girolle pâle (Hygrophoropsis pallida), qui pousse en milieu herbeux humide, souvent parmi les Carex, qui est totalement blanchâtre à crème ochracé et dont les spores sont de taille légèrement supérieure. Sans intérêt alimentaire. 18x18px La Fausse-girolle des landes (Hygrophoropsis ochraceolutea), au chapeau jaune d’or à jaune ocracé, poussant dans les zones humides herbeuses, dans les landes maritimes ou tourbeuses. Sans intérêt alimentaire. 18x18px La Fausse-girolle mouchetée (Hygrophoropsis fuscosquamula), qui présente sur son chapeau des écailles brunes sur un fond orange mat. Elle pousse sur les sols acides, dans des communautés herbacées humides, généralement parmi les joncs (Juncus spp.) et dans les forêts d’épicéas, parmi les sphaignes. Sans intérêt alimentaire. 18x18px La Fausse-girolle à grandes spores (Hygrophoropsis macrospora), Semblable à H. fuscosquamula, poussant dans le même type de biotope, mais aux spores plus longues et sans poils brun foncé à l'extrémité du chapeau. Sans intérêt alimentaire. 18x18px L'Aphrodite odorante (Aphroditeola olida), qui est très similaire, mais dont les carpophores sont plus petits, rosâtres et dégagent une odeur de bonbon. sans intérêt alimentaire.
Liens externes
Notes et références Entre autres ouvrages : Les Champignons, Roger Phillips, éditions Solar, Champignons du Nord et du Midi, André Marchand, tome I / IX, Hachette, Grand guide encyclopédique des champignons, Jean-Louis Lamaison et Jean-Marie Polese, Artémis Éditions,
Catégorie:Hygrophoropsidaceae Catégorie:Espèce de champignons (nom vernaculaire)