Rodéric (en gotique : , , en arabe : ), mort en près de Jerez de la Frontera dans la province de Cadix (Andalousie), est le dernier roi wisigoth d'Hispanie et de Septimanie avant la chute de la plus grande partie de son royaume face aux armées musulmanes..
Biographie vignette|redresse|Rodéric représenté comme l'un des « six rois » dans une fresque Omeyyade à Qusair Amra (actuelle Jordanie), entre 710 et 750.. Rodéric est la deuxième figure, son visage est malheureusement perduDrayson, Ways of Seeing..
Appartenant à la noblesse gothique, Rodéric est le fils de Théodefrède, duc de Cordoue, et de Rekilona. Il est d'abord duc de Bétique avant de s'emparer du trône wisigothique au début de l'année 710, à Tolède, après avoir renversé le roi Wittiza et évincé le fils de ce dernier, Agila, qui voulait succéder à son père au terme d'une guerre civile. Agila et des partisans s'enfuient à (Ceuta) sur la rive nord-africaine.
La région voisine du Maghreb avait été récemment conquise par Musa Ibn Nosseyr. Celui-ci nomma un berbère et selon d'autres sources un mawali (nouveau converti) d'origine berbère, Tariq ibn Ziyad alors gouverneur de Tanger, et lui donna le commandement d'une armée d'environ berbères, fraîchement convertis à l'islam.
Le comte Julien, seigneur de Septem Magna, que les auteurs de langue arabe appellent Ilyan ou Youlyân, était vassal de Rodéric mais aussi en bons termes avec Tariq. Ibn 'Abd al-Hakam, historien égyptien de la conquête arabe, relate un siècle et demi plus tard, que le comte Julien avait envoyé une de ses filles, Florinda, à la cour wisigothique de Tolède pour son éducation (et sans doute comme gage de loyauté) et que Rodéric l'avait mise enceinte. Des ballades et chroniques plus tardives amplifient l'importance de ce fait et lui attribuent l'hostilité de Julien. Mais des raisons politiques peuvent avoir joué un plus grand rôle. Il envoya dire à Tariq .
L'historien andalou Ibn al-Qūṭiyya rapportera au une légende selon laquelle les rois wisigoths avaient un palais dans lequel se trouvaient les quatre évangiles sur lesquels ils prêtaient serment. Ce palais très vénéré ne restait jamais ouvert et on y inscrivait le nom de chaque roi qui venait à mourir. Quand Rodéric s'était emparé de la royauté, il avait ceint la couronne, ce qui lui avait attiré la désapprobation des chrétiens, qui plus tard cherchèrent vainement à l'empêcher d'ouvrir le palais et le coffre qu'il contenait. Quand le palais fut ouvert, on y trouva des statues en bois représentant des Arabes, l'arc sur l'épaule et le turban sur la tête ; au-dessous de ces statues étaient écrits les mots suivants : Ibn al-Qūṭiyya, Ta'rikh iftitah al-Andalus (trad. française : « Histoire de la conquête de l'Andalousie »).. Certaines variantes de cette légende situent ce palais dans les grottes d'Hercule à Tolède.
Au printemps 711, tandis que Rodéric se trouve à Pampelune pour combattre les Basques révoltés, Tariq, informé par le comte Julien qu'il laisse en arrière parmi les marchands, traverse le détroit de Gibraltar avec une armée de reconnaissance de , naviguant de nuit et laissant leur débarquement insoupçonné.
rapporte Ibn 'Abd al-Hakam. Tariq et ses hommes marchèrent jusqu'à Cartagène sur la côte, puis vers Cordoue, où la garnison locale méprisa d'abord la petite bande mais fut battue à plate couture et repoussée dans les murs de la ville.
Le camp musulman rapporte .
Le nom européen de cette bataille le à l'embouchure de la rivière Barbate, qui voit la défaite de Rodéric, est la bataille du Guadalete, dans la province de Cadix, au sud de la péninsule Ibérique. Selon Ibn al-Qūṭiyya, . Rodéric est peut-être mort noyé. Les Wisigoths survivants, désorganisés, s'enfuirent vers le nord, mais Pélage, un noble wisigoth, commencera la Reconquête avec l'aide des Astures.
Envoyant le commandant de sa cavalerie prendre Cordoue, Tariq entre dans la capitale wisigothique, Tolède, où son premier souci est de s'emparer de la Table de Salomon, fils de David :
L'année suivante, en 712, le suzerain de Tariq, Moussa Ibn Noçaïr se joint à l'attaque et, en quelques années, ils soumettent plus de la moitié de l'Espagne. En 718, les musulmans occupent toute l'Espagne à l'exception des montagnes des Asturies dans le nord.
La veuve de Roderic, la reine Egilona, capturée à Mérida, épouse le fils de Musa, ‘Âbd al-‘Âziz Ibn Mussâ Ibn Nussâyr, wali d'al-Andalus.
Selon la dite ad Sebastianum, rédigée vers 900, le tombeau du roi Rodéric fut retrouvé dans un temple de Viseu en Lusitanie. Sur ce tombeau, on pouvait lire cette épitaphe en latin : (« Ici repose Rodéric, dernier roi des Goths »).
Dans les arts vignette|redresse|Le Roi Rodrigo par Eugène Delacroix, 1833, Brême, KunsthalleKunsthalle, Brême..
Littérature (), de William Rowley. (1811), de Walter Scott. Count Julian (1812), de Walter Savage Landor. (1814), de Robert Southey.
Opéras Rodrigo (1707), de Georg Friedrich Haendel. (1964), d'Alberto Ginastera. Films
Fath Al-Andalus (2022), de Mohammad Al-Yasari
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie . . . .
Articles connexes Royaume wisigoth - Liste des souverains wisigoths
Liens externes
, « La légende de la Maison fermée de Tolède », , Bulletin hispanique, vol. 26, n⁰ 4, 1924. Alexander Haggerty Krappe, « Une version orientale de la légende de Rodrigue, dernier roi visigoth », , Bulletin hispanique, vol. 28, n⁰ 2, 1926. Madeleine Pardo, « Le roi Rodrigue ou Rodrigue roi », , Annexes des Cahiers d'études hispaniques médiévales, vol. 17, n⁰ 1, 2006. Georges Martin, La chute du royaume visigothique d'Espagne dans l'historiographie chrétienne des , , vol. 9, n⁰ 1, 1984. Arcadio del Castillo, Julia Montenegro, The Chronology of the Reign of Witiza in the Sources: an Historiographical Problem in the Final Years of the Visigothic Kingdom of Toledo, , vol. 80, n⁰ 2, 2002. Monnaie wisigothe à l'effigie de Rodéric.
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