La défense de la Loire est un épisode de la Seconde Guerre mondiale et plus précisément de la bataille de France qui se déroule en . Elle voit la défense du fleuve de la Loire par des unités françaises diverses, positionnées de Nantes à Nevers, qui tentent de ralentir l'avancée allemande.

Les combats eurent lieu de long de la Loire, d'Ancenis à Nevers. L'affrontement le plus connu eut lieu à Saumur, à Montsoreau, et à Gennes quand les cadets de Saumur (du nom donné aux élèves officiers de réserve de l’École d’application de la cavalerie) et d'autres éléments de l'Armée française s’opposent, en juin 1940, à l’avancée de allemands. Ces combats, parfois qualifiés d'héroïques, opposèrent pendant plusieurs jours de nombreuses unités françaises, sous-équipées et parfois inexpérimentées, à notamment la de cavalerie de l'armée allemande, alors même que le maréchal Pétain venait d’annoncer la demande d'armistice et d’appeler à cesser le combat.

Contexte vignette|gauche|Le pont de Balbigny sur la Loire en train de s'écrouler en juin 1940. En , les armées françaises engagées en Belgique dans le Nord de la France sont encerclées avec le Corps expéditionnaire britannique et l'armée belge à la suite de la percée des Allemands dans les Ardennes. Encerclés à Dunkerque, les Alliés sont évacués par la mer. Le , la Belgique capitule, l'armée française ne possède plus que 60 divisions et et peu de couverture aérienne.

Le , la ligne de défense reconstituée sur la Somme et sur l'Aisne cède. La retraite des armées françaises se transforme souvent en déroute, même si quelques unités se retirent en ordre. Devant la progression allemande vers la Seine et la prise de Paris déclarée ville ouverte le , le gouvernement français, qui trouve refuge à Bordeaux, demande que les fleuves et rivières soient mis en défense pour bloquer la progression des armées du Reich vers le sud de la France. La Loire, compte tenu de son tracé et de sa largeur, doit devenir un obstacle majeur.

Le secteur allant de Candes-Saint-Martin (Indre-et-Loire) au Thoureil (Maine-et-Loire) fut confié à l'École de cavalerie de Saumur, commandée par le colonel Michon. Ce secteur comporte notamment quatre ponts constituant des points de franchissement cruciaux pour les armées allemandes.

Cependant, le , l’École de cavalerie reçoit l’ordre d’évacuer Saumur pour rejoindre Montauban. Le colonel Michon, refusant de reculer, obtint de conserver les cadres et élèves de l’école pour mettre le secteur imparti en défense. L’évacuation ne concerne donc que les éléments non-combattants de l’École de cavalerie. Dans la même journée, Maxime Weygand annonce refuser toute reddition de l'armée française.

Le , les Allemands sont à Orléans, ville déserte bombardée à plusieurs reprises par leur aviation Histoire de la ville d'Orléans, consulté le 5 mai 2013. Les ponts routiers (Joffre et George-V) sont détruits pour empêcher la progression des Allemands vers le sud. Seul le pont de chemin de fer ou pont de Vierzon n'a pu être détruit, laissant les troupes allemandes rejoindre la rive gauche de la Loire.

Le , le maréchal Pétain adresse un message aux armées françaises demandant de cesser les combats dans la perspective de l'armistice. Le colonel Michon rassemble ses cadres pour leur exposer la situation. Tous sont volontaires pour poursuivre la résistance armée, malgré des moyens très faibles, et faire ainsi honneur, dans un esprit de sacrifice, à l’armée française. C’est avec la défense de la ligne Maginot, le premier acte de résistance armée sur le territoire national. Les Allemands sont alors à La Charité-sur-Loire et à Nevers.

Troupes en présence Françaises Les troupes françaises sont hétéroclites, les unités de combats étant rejointes par des unités locales. On trouve notamment le Groupe d’armées n° 3 (GA 3): éléments de la armée, armée de Paris, armée et restes de la armée.

Allemandes Les troupes allemandes sont composées de : , d'artillerie, 150 blindés et de plusieurs éléments de la Luftwaffe.

Déroulement des combats Entre Nantes et Angers Des restes de la armée sont présents sur le secteur après la capture du CA.

Les forces en présence sont principalement constituées du corps de cavalerie ( DLC, 1re et DLM) couvrant le repli du GA 3. Les deux DLM passent la Loire à Chalonnes-sur-Loire (seul pont dans les environs d'Angers capable de faire passer les blindés). La DLC passe la Loire à Ancenis. Le , il ne lui reste plus que des éléments d’artillerie. La division se trouve à l’est de Nantes au sud d’Ancenis, l'état major étant à Montrevault.

S'ajoutent et renforcent sous ses ordres la DLC au dans ce secteur de la Loire, les restes du groupement Saint Laumer, le groupe franc de cavalerie, un détachement du RI, le , ainsi que les restes de différentes divisions à la suite de l'éclatement de la armée.

Angers et Nantes, villes déclarées ouvertes, sont prises par l'armée allemande.

À Chalonnes-sur-Loire, le , 4 chars B1 bis blindés attaquent et repoussent provisoirement les Allemands sur l'autre rive.. Au moins un y est immobilisé par un obus antichar, le "Charlemagne" de la , D.C.R., en plein centre de Chalonnes à hauteur de l'actuel 15 rue Nationale. Il s'enflamme.

Le pont traversant de la Loire se trouve à une centaine de mètres du lieu de destruction.

Sur le secteur de Gennes à Montsoreau

Les « Cadets de Saumur » : aspirants de réserve (ÉAR) de cavalerie et des 240 ÉAR du train (équivalent des EOR actuels) de la division d’instruction, encadrés par leurs instructeurs, sous le commandement du colonel Michon ; de divers centres d’instruction de la région aux ordres du capitaine de Cadignan ; commandés par le capitaine Monclos ; et mitrailleurs du de tirailleurs algériens ; Un bataillon de de l’École d’infanterie de Saint-Maixent ; Le Groupe franc motorisé de cavalerie aux ordres du capitaine de Neuchèze (dont le compositeur Jehan Alain qui y trouvera la mort) ; Un escadron de reconnaissance (capitaine Gobble) ; 260 cavaliers du de dragons aux ordres de chef d’escadron Hacquard.

Soit environ armés de 24 blindés, 5 canons de , 13 canons antichars et 15 mortiers pour tenir de front.

Pertes humaines Concernant les seuls combats de Saumur, les pertes sont de ou blessés du côté français, et de et plusieurs centaines de blessés du côté allemand. 218 soldats français sont faits prisonniers par les Allemands après la bataille de Saumur/Gennes (mais ils seront relâchés plus tard par le général allemand Kurt Feldt). De nombreux autres soldats sont également portés disparus (plusieurs centaines d'hommes au total).

Après les combats en Saumurois Les combats héroïques menés en Saumurois par cette poignée de soldats équipés de leurs armes d’instruction contre des forces très supérieures tant en hommes qu’en armements furent reconnus par leurs vainqueurs. Le général Feldt commandant la de cavalerie donnera le nom de « cadets » aux élèves-officiers de Saumur, et leur permettra de repartir libres vers la ligne de démarcation, aux ordres de leurs officiers, sans escorte allemande, une section de la Wehrmacht leur rendant les honneurs militaires au passage du pont à Beaulieu-lès-Loches. Les cadets de Saumur furent également cités pour actes de bravoure à l'ordre de l'armée par le général français Maxime Weygand. En , le pont de Grenelle (Paris) est renommé « pont de Grenelle-Cadets-de-Saumur ». Plusieurs promotions de la DI portent le nom d'officiers ou d'EAR qui se sont illustrés à Saumur (et après). La promotion d'EOR 94/04 porte le nom de "Promotion Colonel Michon". Le nom du lieutenant-colonel Touzet du Vigier est inscrit au fronton d'un bâtiment de l'École d'application de la Cavalerie de Saumur, en souvenir de la participation de son Unité à la Défense de La Loire de 1940. La BLM est citée à l'Ordre de l'Armée le pour son action dans la Défense de la Loire.

Personnalités Jehan Alain (1911-1940), compositeur et organiste français, cité pour actes de bravoure, meurt le au champ d'honneur à 29 ans après avoir résisté seul à un peloton d'assaut allemand Dominique Lormier, La Bataille des Cadets de Saumur. Juin 1940, (éd. Les Chemins de la Mémoire, 2003). Cette bataille est également considérée par certains historiens comme un des premiers actes de résistance face à l'occupant nazi. Le lieutenant Gabriel de Galbert (1912-2001), cadre à Saumur, s'illustre au cours de l'affrontement. Maurice Druon (1918-2009), devenu plus tard homme de lettres et académicien, était élève-officier à Saumur et a fait partie de ces « cadets ». Il a écrit son premier roman, « La dernière brigade » en 1946, qui raconte cette bataille. Jean Ferniot (1918-2012), journaliste et écrivain, a participé aux combats sur la Loire. Georges de Caunes (1919-2004), journaliste français, participe aux combats sur la Loire comme EOR à Saint-Maixent. Jean Charles L'officier (1913-1974), vice-PDG de Lafarge, EOR, participe aux combats à la tête de sa brigade. Henri de Farcy (1914-1983), EOR, dirige le repli de l'île de Gennes après la mort de son lieutenant. Roger Mucchielli (1919-1981)

Sur le secteur de Candes à Tours

La défense de la Brigade Légère Mécanique : Restes de la 5°BLM, aux ordres du lieutenant-colonel Touzet du Vigier, en provenance de la bataille de Belgique, composée de : 3 escadrons du Cuirassiers (lieutenant-colonel de Vernejoul) 3 escadrons du Cuirassiers (commandant Vignes), 3 patrouilles du Cuirassiers (commandant Guibourd) Un demi-escadron porté du Dragons (lieutenant de Truchis), Une compagnie d'EOR de Saint-Maixent (capitaine Ramard), Une section d'EOR de l'École d'Artillerie de Poitiers, Une section de deux chars FT, Le Groupe Franc Motorisé de Cavalerie (lieutenant Huot), Deux groupes de tirailleurs, Groupe du commandant Michel comportant des auto-mitrailleuses White.

Sur le cours inférieur de la Creuse, jusqu’à son confluent avec la Vienne à Port-de-Pile, les cavaliers de la DLM se sont mis en place car le général Bougrain a profité de la trêve établie le pour se replier pendant que la délégation d’armistice remontait vers Tours. La DLM est même en mesure de lancer une contre-attaque vers Ligueil pour aider les Coloniaux de la DIC en difficulté. Vers 9h 30 des éléments motorisés allemands qui tentent de franchir la Creuse sont détruits ou reculent et la DLM dégage la Haye-Descartes. Cinq chars français y sont touchés dont celui du sous-lieutenant Mennesson tué dans l’action. Tout l’après-midi est ponctué d’accrochages le long de la Creuse où les Dragons portés et les Coloniaux résistent autour de Buxeuil, Balesme et Lilette. Les combats sont parfois livrés au corps à corps. Douze dragons tombent près de Lilette dont le sous-lieutenant Lacroix. Des artilleurs français postés sur les hauteurs de Poizay soutiennent les Dragons en prenant pour cible les véhicules allemands. Puis ils engagent l’artillerie adverse et les tirs se poursuivent jusqu’au soir près de DescartesDerniers combats de juin 1940 entre Vienne et Creuse. Brochure de l’ONAC de la Vienne. Poitiers 2010. Renseignements communiqués par M. Jean Lomer. Repéré par un avion allemand, le RALCH subit des tirs de contre-batterie. On relève des morts dont les canonniers Eugène Albert et Clément Coutard ainsi que des blessés. (…).

Le , dans la soirée, les défenseurs de Dangé et Port-de-Piles reçoivent un renfort inattendu dont ils n’ont pas conscience. L’attaque se déroule au nord de la ville, à la demande du général Besson, sur la route de Sainte-Maure où trois équipages de Bréguet 693 du I/54 bombardent un convoi allemand. Décidément, le Groupe d’armées ne cède pas facilement le terrain… » Juin 40, par Gilles Ragache, Perrin, 2020.

Sur le secteur d'Orléans à Gien