L'envie et la gratitude sont deux concepts psychanalytiques opposés en même temps qu'associés dans l'œuvre de Melanie Klein.
Définition Comme beaucoup de termes kleiniens, .. Dans l'œuvre de Melanie Klein, le terme d'envie apparaît en , celui de gratitude seulement en (Envy and Gratitude, Londres, 1957). Selon Élisabeth Roudinesco et Michel Plon, l'envie désigne : chez le nourrisson, cette s'adresse d'abord au sein de la mère. La notion de gratitude s'inscrit dans la dialectique du .
Envie Melanie Klein définit l'envie comme D'une certaine manière l'envie de Melanie Klein se rattache à l'envie du pénis théorisée par Sigmund Freud, mais comme le souligne Hanna Segal ce dernier avait négligé chez l'homme ou chez les femmes . Pour Roudinesco et Plon, Klein étend la notion d' « envie » au-delà de la catégorie de l'envie du pénis étudiée par Freud dans le cadre de la sexualité féminine, en lui donnant .
Melanie Klein, citée par Phyllis Grosskurth, différencie l'envie de la jalousie dans la mesure où cette dernière se déroule dans un scénario inconscient à trois (triangulation œdipienne) alors que l'envie repose sur un scénario à l'objet primaire exclusivement, dans une relation duelle. Dans une lettre de 1952, M. Klein écrit en effet : Lettre de 1952 aux traducteurs français les Boulanger cité in: Phyllis Grosskurth: Melanie Klein, , PUF- Quadrige, 1990, . Elle distingue aussi ce qu'elle appelle envie primaire de au sens habituel qu'elle lui donne. L'envie primaire est liée à l'identification projective et à un processus désintégratif au sein du moi. C'est aussi dans ce texte qu'elle introduit un concept important, celui de confusion comme processus actif et défensif appartenant plutôt à la position schizo-paranoïde, le concept sera développé par Herbert Rosenfeld.
L'envie, selon les kleiniens, est une des manifestations de la pulsion de mort (au sens kleinien du terme, c'est-à-dire dans une dualité originaire) dans la mesure où ce qui est envié, c'est précisément ce qui est chez l'autre et que l'enjeu n'est pas simplement de se l'approprier mais de le détruire, notamment parce qu'il stigmatise la dépendance (néoténie) et l'incapacité du nourrisson à satisfaire lui-même ses besoins. Elle est prédominante dans la position schizo-paranoïde. Klein oscille dans ses textes entre deux positions, d'une part l'envie serait et, d'autre part, elle résulterait d'une frustration infantile (1932)Melanie Klein: La psychanalyse des enfants, PUF, 2009, Collection : Quadrige Grands textes, . Pour le kleinisme, ce débat entre vie interne, influence du monde extérieur et inné n'a jamais été si prégnant que pour cette notion d'envie; si bien, que des analystes sont convaincus que l'envie ne s'analyse pas puisqu'elle serait innée (fatale...) alors que d'autres, renforcés par les théories de Donald Winnicott pensent qu'elle est due à une mauvaise expérience accessible à l'analyse.
Gratitude La gratitude est ainsi un concept de Melanie Klein en lien avec celui de l'envie. Elle s'oppose à l'envie en tant que besoin et exprime au contraire un sentiment de satisfaction envers l'objet, ce qui permet à l'enfant de percevoir le , c’est-à-dire de distinguer ce qui est bon pour lui. .
La gratitude représente l'entrée dans la position dépressive. Elle résulte de l'expérience d'une relation et d'un renoncement aux défenses maniaques, à l'idéalisation et à la destructivité propre au vécu de la position schizo-paranoïde. L'objet n'est plus tout puissant dans sa destructivité et sa bonté, le clivage d'objet fait place à l'ambivalence et la capacité de réparation prend le dessus. Cette gratitude ressentie envers l'objet primaire construit les capacités de l'enfant à aimer et à créer des relations amoureuses. Si l'envie (sous entendu du bon sein) est trop intense, la sensation de gratitude totale est impossible, ce qui est selon les psychanalystes Kleiniens, normal, nécessaire et moteur dans la construction de l'enfant.
Envie et Gratitude (1957) Le livre de Melanie Klein Envie et Gratitude (Envy and Gratitude) parait en 1957 à Londres chez Hogarth Press. Sa traduction française chez Gallimard dans la collection « Connaissance de l'inconscient » date de 1968.. D'après Robert D. Hinshelwood, c'est . Il s'agit d'une de sa communication au congrès international de psychanalyse de Genève en 1955, intitulée « A study of envy and gratitude ».
Notes et références
Bibliographie Texte de référence Melanie Klein : Envie et gratitude et autres essais (Londres, 1957), Ed.: Gallimard, coll.: Tel, 1978, .
Études
Phyllis Grosskurth, Melanie Klein, p. 537, PUF- Quadrige, 1990, . . . Hanna Segal: Introduction à l'œuvre de Melanie Klein.'', Paris : Presses Universitaires de France - PUF, 2011
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