Otto van Veen, dit Otto Venius ou Otto Vaenius, est un peintre maniériste et un théoricien d'art flamand, né en 1556 à Leiden (Leyde) et mort le à Bruxelles.

Il est notamment connu pour avoir été, entre 1594 et 1598, le maître de Pierre-Paul Rubens.

Biographie Otto van Veen eut pour premier maître Isaac Claesz van Swanenburg, à Leyde. En 1572, en raison des conflits politiques et religieux, son père, Cornelis van Veen, partisan des Espagnols, prit la fuite avec sa famille et se réfugia à Anvers. Les conflits l'amenèrent par la suite à Aix-la-Chapelle puis à Liège. Otto van Veen y devint page dans la suite du prince-évêque Gérard de Groesbeek. À la même époque, il eut pour précepteur Dominique Lampson. C'est d'ailleurs à cette époque qu'il décida, à la manière de son maître (Lampsonius), de latiniser son nom (Vaenius). On suppose qu'en plus de l'éducation donnée par Lampson, Otto van Veen reçut des leçons de dessin et de peinture chez Jean Ramey.

Van Veen découvre la peinture maniériste italienne lors d'un séjour à Rome en 1575, et va ensuite s'en faire l'ambassadeur auprès des artistes des Pays-Bas. Il séjourne trois ans chez son mécène, le cardinal Cristoforo Madruzzo, au Palazzo dei Penitenzieri. Il se lie d'amitié avec le peintre romain Federigo Zuccaro, qui a peut-être été son maître.

Avant de revenir dans les Flandres, Otto van Veen s'arrête à Munich, à la cour du duc Guillaume de Bavière. Pendant cette période, il se lie d'amitié avec Juste Lipse et collabore avec son frère , graveur. Ils vont d'ailleurs tous les deux à la cour de Rodolphe II à Prague, pour présenter leurs œuvres. Après 1581, il s'installe à Liège, où il entre au service du prince Ernest de Bavière. Lorsque celui-ci est nommé archevêque de Cologne, Otto van Veen devient peintre officiel du duc de Parme, Alexandre Farnèse (1545-1592), alors gouverneur des Pays-Bas du Sud. Jusqu'à la mort de Farnèse, Otto van Veen habite à Bruxelles.

En 1593, il part pour Anvers où il devient franc-maître de la guilde de Saint-Luc. Il exécute de nombreuses commandes pour le successeur d'Alexandre Farnèse, Ernest d'Autriche.

Entre 1594 et 1600, le nom de Rubens apparaît dans les documents comme membre de l'atelier de van Veen et c'est probablement lui qui met Rubens en contact avec Vincent de Mantoue.

Après la mort d'Ernest d'Autriche, Otto van Veen travaille pour son successeur, l'archiduc Albert de Habsbourg, et sa femme Isabelle d'Espagne.

À partir du retour de Rubens d'Italie, en 1608, Otto van Veen se consacre à la publication de recueils d'emblèmes et d'essais philosophiques, et est en quelque sorte oublié de la cour qui trouve en Rubens son nouveau peintre. Malgré ce remplacement, Vaenius bénéficie de traitements de faveur de l'archiduc et de sa femme jusqu'à la fin de sa vie, lui créant notamment en 1612 un poste de maître de la Monnaie de Bruxelles.

Relations et influences

Otto Van Veen occupe une place particulière dans l’histoire de l’art puisqu’il est un héritier des traditions archaïques et nordiques transmises par Lampsonius.

Il est également touché par l’influence du maniérisme anversois et par celui du monde romain datant de la période de la Contre-Réforme (les Zuccaro, Cigoli). Il est un précurseur du courant baroque par son sens de la narration que l’on retrouve dans ses compositions et ainsi par une expression des attitudes et des figures importantes.

L’œuvre d’Otto van Veen est riche par ses compositions constituées de tableaux d’autel, de peintures liées à l’histoire, d’allégories et de gravures dont il est connu pour être talentueux. Les compositions allégoriques étaient par ailleurs accompagnées de légendes latines dans le but d’en souligner le sens.

Aude Cordonnier estime que

Durant ses dernières années, il demeure avec Ambrosius Francken et Abraham Janssens et est l’un des peintres anversois les plus importants et influents de son époque.

Œuvres picturales

Otto van Veen peignant, entouré des siens, 1584, huile sur toile, , Paris, musée du Louvre.. Portrait d'Alexandre Farnèse, 1545-1592, localisation inconnue. L'Adoration des mages, église Saint-André de Lille. La Présentation de l'Enfant Jésus au temple, église Saint-André de Lille. La Madeleine en pleurs, huile sur bois, musée des Beaux-Arts d'Orléans. Madeleine au pied de la Croix, huile sur bois, , Rouen, musée des Beaux-Arts. Le Palais enchanté de l'Arioste, huile sur papier, , Rouen, musée des Beaux-Arts. Diogène jetant son écuelle, huile sur papier, , Rouen, musée des Beaux-Arts. La Cène, (1592), huile sur toile, , cathédrale Notre-Dame d'Anvers. Allégorie du Temps, 1607, huile sur bois, , Lille, musée de l'Hospice Comtesse. Le Temps coupant les ailes de l'Amour, copie au Musée des Beaux-Arts et d'archéologie de Besançon. Minerve donne à Vénus une bride pour réfréner Cupidon, huile sur toile, , Norfolk, Chrysler Museum of Art.

Livres d'emblèmes

Album Amicorum , 1606. Quinti Horatii Flacci Emblemata, imaginibus in æs incisis, notisque illustrata, illustré de gravures sur cuivre, Anvers, Jérôme Verdussen, 1607 Mario Praz, Studies in seventeenth-century imagery, 1964, . Alison Adams, Stephen Rawles et Alison Saunders, A bibliography of French emblem books, 2002, .. Amorum emblemata, 1608. Vitae D. Thomae Aquinatsi, 1610. De Batavische ofte oude Hollandtsche oorloghe teghen de Romeynen, 1612. Historia septem infantium Lara, 1612. Amoris divini emblemata, 1615. Emblemata aliquot selectiora amatoria, 1618. Emblemata siva symbola principibus, viris ecclesiasticis ac militaribus, alusque usurpanda, 1624.

Illustration de deux livres de Gomberville : Le Théâtre moral de la vie humaine en plus de cent tableaux divers, tirez du poëte Horace par le sieur Aotho Venius ; La Doctrine des mœurs tirées de la philosophie des stoïques représenté en cent tableaux et expliquée en cent discours pour l'instruction de la jeunesse.

Notes et références

Annexes

Bibliographie Aude Cordonnier, Miroir de Lille et des Pays-Bas, Éditions Castermann, 1995. Cornelis de Bie, Het Gulden Cabinet, 1662, . Édouard Michel, La peinture au Musée du Louvre. École flamande, Paris, L'Illustration, (en ligne sur archive.org). Vassilieva Olga, « « Le Temps coupant les Ailes de l'Amour » d'Otto Vaenius et sa postérité », Société Nationale des Antiquaires de France, Paris, 2017 (en ligne sur academia.edu).

Liens externes

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