L'assimilation culturelle est une pratique qui consiste à exiger d’une personne étrangère qu'elle adopte les comportements, les coutumes et les traditions de la population majoritaire ou dominante. Ce processus peut se dérouler naturellement, au fil du temps, par acclimatation à la culture dominante, ou être imposé de manière coercitive.

Du point de vue de la personne assimilée, l'assimilation peut être décrite comme une forme d'acculturation. Elle correspond à une situation au cours de laquelle un individu ou un groupe abandonne totalement sa culture d'origine, volontairement ou de manière contrainte, pour adopter les valeurs, la langue et les pratiques culturelles d'un nouveau groupe en s'y conformant de manière plus ou moins profonde et complète. Celle-ci n'est qu'une des phases possibles de l'acculturation, et si elle se réalise, elle n'en sera que la phase terminale. Alors que le rayonnement culturel se propage par l'adhésion à la culture étrangère, l'assimilation processus par lequel passe un individu étranger (ou un groupe) pour faire partie d'un nouveau groupe social., elle, peut faire l'objet d'un programme social structuré lorsqu'associée à un projet de société.

En sociologie, l’assimilation est un processus social de convergence des comportements et des représentations. Le traitement de ce sujet devient central lorsqu'une nation est confrontée aux phénomènes de migrations humaines. Il constitue souvent un moyen politique visant à l’intégration des étrangers. Il s’agit dans ce cas d’une entreprise de l’État, dans le cadre d’une politique d’intégration.

Cadre conceptuel D’un point de vue sociologique, un cadre politique assimilationniste se définit par un questionnement des pouvoirs publics sur la légitimité des communautés (religieuses, ethniques…). Il relève d’un attachement aux valeurs nationales d’un état individualiste-républicain, valeurs qui deviennent des normes légitimes au regard des institutions et d’une majorité de citoyens. Cette conception est opposée à un modèle multiculturaliste (qui tend à préserver l’identité culturelle des individus). Dans le cas du multiculturalisme, le groupe d’appartenance (ethnique, religieux, etc.) devient un support de participation à la vie sociale. À l’inverse, dans le cas d’une politique d’intégration assimilationniste, les pouvoirs publics ne considèrent pas les communautés comme des entités légitimes, opinion souvent partagée par l’opinion publique. Ainsi, en , 94 % des personnes interrogées jugent indispensable que les étrangers qui viennent vivre en France adoptent les habitudes de vie françaises. La légitimité des mœurs des communautés est donc niée, favorisant ainsi un modèle individualiste-républicain.

Cas historiques Antiquité et Haut Moyen Âge (Europe) Un peuple peut abandonner volontairement les traits de sa culture propre au profit d'un autre peuple. C'est le cas des Sabins ; à l'issue de la fondation de Rome, ils ne se distinguent plus des Romains, à tel point qu'il y a des rois sabins pendant la monarchie originelle de Rome.

Un peuple qui abandonne totalement les traits de sa culture propre au profit d'un autre peuple qui le domine est dit subjugué (phénomène de subjugation) ; c'est ce qui arriva aux Gaulois vis-à-vis du conquérant romain puis, au Haut Moyen Âge, des gallo-romains qui adoptèrent l'aristocratie des Francs pour les diriger.

De même, en Hispanie, les Celtibères à l'égard des Wisigoths ; les deux peuples fusionnant dans le creuset d'une nation nouvelle.

Australie Plus récemment en Australie entre 1869 et 1969, l'éducation des enfants d'aborigènes d'Australie en orphelinat, décrit sous le terme de « Générations volées », peut être considéré comme une forme d'assimilation culturelle forcée.

États-Unis Aux États-Unis, la métaphore du creuset ( melting pot ), illustre une société devenant homogène et universelle, dans laquelle ses éléments constituants fusionnant pour ne former qu'un seul et même ensemble harmonieux de culture commune.

France Au cours de son histoire, la France a opté pour un mode d’intégration assimilationniste. . Le concept est promu, au siècle, par la gauche républicaine et fait largement consensus jusqu’aux années 1960. À partir de cette période, le thème de l’assimilation disparaît progressivement du débat public et des pratiques administrativesRachel Binhas, Raphaël Doan : "Nous n’assumons pas de vouloir assimiler les étrangers", , (consulté le ), Entretien sur Marianne.net.

Il arrive que l'assimilation se heurte à des obstacles tel que l'entre-soi, la résistance des communautés immigrées à se plier à un modèle culturel qui leur est étranger. À l’issue de la Première Guerre mondiale, l’arrivée massive de Polonais soulève un problème nouveau. Très vite une vie collective (écoles, associations, églises) s’organise entre immigrés. Cet entre-soi s’opère au détriment de l’assimilation souhaitée par l’État français et c’est seulement que ce changement de mœurs va s’opérer. Voilà pourquoi il convient de qualifier cette acculturation de processus, c'est au cours du temps qu'elle fait effet.

À partir des années 1970 prévaut le constat que l'assimilation dans les colonies n'avait pas été couronnée de succès. Le terme est désormais associé à des pratiques coloniales dont les hommes politiques voulaient se distancier. De plus, les philosophes les plus influents de ces années-là – Gilles Deleuze, Jacques Derrida, Michel Foucault – , au rebours . Ce courant de pensée, largement répandu s'inscrit contre la logique de l’assimilation qui .

Auparavant utilisé officiellement dans le cadre des politiques migratoires, le terme d’« assimilation » a aujourd'hui disparu du vocabulaire de ce champ. . On note cependant que lors des procédures de naturalisation, le terme d'« assimilation » perdure« La loi du 16 juin 2011 relative à l’immigration, à l’intégration et à la nationalité a prévu quant à elle, de nouvelles exigences en matière de maîtrise de la langue française et d’assimilation ». Les conditions et modalités de l’acquisition de la nationalité française, sur le site du ministère de l'Intérieur, , (consulté le ) (nISSM)..

Regard critique Michèle Tribalat consacre la troisième partie de son ouvrage Assimilation : la fin du modèle français à questionner la légitimité de cette notion. .

Tribalat expose différents éléments susceptibles d’éclairer le retrait du modèle d’assimilation culturelle en France. Tout d’abord, elle indique que la France n’est plus aussi attractive qu’autrefois. Et de manière plus générale, la France n’inspire plus confiance. Ce constat concernant la population française, il est difficile d’imaginer un immigré se conformer à un modèle dont les natifs ne sont pas adeptes. Elle ajoute que les élites, bien qu’elles incitent à l’accueil des étrangers par le biais de l’assimilation , ce qui conduit à l’indifférence du reste de la population. La distance créée par la gauche vis-à-vis des classes populaires, le désengagement de l’État accentuent également le déclin du modèle assimilationniste. Enfin, les directives européennes favorisant l’ordre moral (la tolérance, le respect) et le multiculturalisme sont peu propices au modèle assimilationniste.

Dans les arts Outre son potentiel en tant qu’outil d’assimilation, l'art traite de l’assimilation comme thème plus ou moins central au gré des œuvres. L’art ne limite d’ailleurs pas son influence assimilatrice aux psychismes, puisqu'elle peut conduire à l'adoption d'une mode vestimentaire, voire de modifications corporelles.

Dans la science fiction, la série Star Trek associe explicitement la devise « La résistance est futile, vous serez assimilés » aux borgs, qui incarnent un forme extrême de cette notion où l'individualité est totalement diluée dans le collectif.

Bibliographie Abdellali Hajjat, Les Frontières de l'"identité nationale". L'injonction à l'assimilation en France métropolitaine et coloniale, Paris, éditions Amsterdam, 2024 (2012). . Michèle Tribalat, Assimilation : la fin du modèle français, Paris, Le Toucan, 2013

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Articles connexes Assimilationnisme Colonisation, Décolonisation Insertion sociale et professionnelle Intégration (sociologie) Intégration culturelle Acculturation Culture Transculturation Impérialisme culturel Rayonnement culturel (civilisation) Hégémonie culturelle (analyse marxiste) Impérialisme linguistique Xénophilie Peuple autochtone

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