thumb|Personnage en faïence par Paul-Adam Hannong, musée du pain d'épice de Gertwiller.

L'expression faïence de Strasbourg se réfère aux faïences produites par les faïenceries de Strasbourg et de Haguenau à Strasbourg au cours du .

Les débuts : Jean Henri Wachenfeld

, vraisemblablement originaire d'Anspach en Franconie (Bavière du nord), est donné par Tainturier comme ouvrier mouleur et peut-être modeleur, transfuge de Meissen en Saxe.. Avec un autre transfuge de Meissen, il aurait tenté de fonder une manufacture à Anspach en 1718, sans succès. Quittant la Bavière pour échapper aux poursuites de l'électeur de Bavière, Wachenfeld se retrouve à Strasbourg..

Il prend d'abord contact avec des potiers locaux, notamment l'un d'eux établi près du pont du Brochet auquel il demande d'utiliser son four. Après refus, il cherche un emplacement pour son four près de l'aumônerie de Saint-Marc, puis près de l'atelier de la ville (le Zimmerhof), essuie d'autres refus, s'adresse au comte Du Bourg (intendant de la province) et au préteur royal de Klinglin (père de François-Joseph de Klinglin) à qui il présente des épreuves « assez réussies ». Ces deux notables le recommandent auprès du Comité des directeurs des bâtiments de Strasbourg., qu'il sollicite le par l'intermédiaire de l'ammeister.

Le Comité visite le Zimmerhof le même jour pour déterminer un emplacement pour le four, et est de nouveau sollicité le suivant ; le le Comité ordonne à l'architecte de la ville d'aménager in logement pour Wachenfeld dans l'habitation des contremaîtres et de construire un four à côté, séparé du chantier par des palissades. À Pâques 1720 il doit laisser cette place aux charpentiers et la Ville lui construit un nouveau four à la recette de l'aumônerie de Saint-Marc. Tainturier mentionne que les matériaux utilisés par l'architecte sont de si mauvaise qualité que le four s'est écroulé trois fois lors de cuissons, sans préciser de quel four il s'agit - celui du Zimmerhof ou celui de l'aumônerie ; et cet architecte a mauvaise opinion de Wachenfeld, « ce mouleur qui n'entend rien à son art »..

Wachenfeld n'en est qu'au stade des essais. Il lui manque les matières premières nécessaires, et notamment le kaolin puisque toutes les carrières de kaolin connues à l'époque sont en rive droite du Rhin et bien gardées. Ainsi le il prélève aux abords de la porte de l'Hôpital des voiturées de terre pour sa "poterie de porcelaine". Nonobstant l'opinion de l'architecte, lorsque Wachenfeld se joint à Charles-François Hannong pour demander le le transfert de son entreprise dans l'habitation de Hannong, la demande est agréée en considération de ce que « ladite fabrique, laquelle est la première dans le pays, a été utile non seulement à la ville, mais encore à toute la province. » Wachenfeld a donc réussi à obtenir quelque résultat et ses produits se sont répandus alentour..

Est-ce bien de la porcelaine ? Il semble que oui : la demande de transfert du mentionne expressément la construction d'un four à porcelaine et la continuation de la fabrication de porcelaine..

Les marques de fabrique ci-dessus sont tentativement données comme les marques de Wachenfeld par Tainturier ; elles figurent l'écu barré de la ville de Strasbourg, qui se rencontre fréquemment sur des pièces de service et des figurines généralement blanches, d'une pâte assez fine et d'origine certainement rhénane. La lettre A qui l'accompagne quelquefois est attribuée à la ville d'Anspach, d'où vient Wachenfeld. Tainturier précise cependant que certaines pièces portant cette marque, notamment des figurines, sont d'un style indiquant clairement le milieu du ; et il suggère que ces marques pourraient appartenir à Paul Hannong vers 1750..

Les Hannong

Charles-François Hannong thumb|Assiette Charles-François Hannong, musée du pain d'épice de Gertwiller

Charles-François Hannong (Maastricht, vers 1669 - Strasbourg (?) 1739) est de nationalité hollandaise. Il épouse à Cologne Anne Nikke, fille d'un fabricant de pipes en terre ; Paul-Adam naît en 1700, Balthazar en 1703, .. La famille s'installe à Strasbourg en 1709. et Charles-François ouvre une petite fabrique de pipes en terre. dans la rue du Foulon., devenue la rue Hannong.. Ce n'est peut-être pas indifférent car il s'agit à l'époque, comme celle des poêles en faïence, d'une fabrication technologique qui exige des pâtes parfaites et fines, devant résister à de hautes températures.

1721 le voit associé avec . Manon Hosotte-Reynaud relève quelques-unes des erreurs contenues dans ce livre (voir la "présentation en ligne"). dans la requête du adressée au Conseil des XXI pour obtenir l'autorisation de déménager la manufacture de Wachenfeld jusqu'au logis de Hannong. Mais il semble que l'association n'a pas duré car le nom de Wachenfeld n'apparaît plus par la suite ; on le retrouve plus tard à Durlach, où il a monté une manufacture que Balthazar Hannong tente vainement de racheter en 1738-1739..

Hannong prend donc la direction de l'entreprise de Strasbourg et son premier mouvement est de transformer sa fabrique de pipes en faïencerie : il met ainsi à profit les connaissances de Wachenfeld et les essais continuent pour ce qui concerne la porcelaine ; car le problème subsiste de l'approvisionnement en matière première., les carrières de kaolin connues à l'époque se trouvent toutes en rive droite du Rhin et bien gardées.

Les affaires sont florissantes et il ouvre une autre fabrique en 1724, à Haguenau. (actuel Bas-Rhin), à 10 lieues (40 km) au nord-est de Strasbourg.

En 1732, Charles-François se retire des affaires et cède ses deux manufactures à ses fils Paul-Antoine et Balthazar.

thumb|Première marque de fabrique sous Paul-Adam Hannong thumb|Feuxième marque de fabrique sous Paul-Adam Hannong Paul-Adam Hannong

En 1732, Paul-Adam et Balthazar sont associés pour les deux manufactures de Strasbourg et d'Haguenau. Le les deux frères se séparent et la société est dissoute.. Paul-Adam prend la tête de la manufacture de Strasbourg et Balthazar celle de Haguenau. En 1738 Paul rachète la manufacture de Haguenau et la loue à Balthazar pour 500 florins à partir de Noël 1738, pour neuf années consécutives. Le bail est daté du ; Balthazar a l'intention de racheter la faïencerie de Wachenfeld à Durlach, mais sa tentative se solde par un échec. Puis Paul reprend la direction de la manufacture de Haguenau en 1742.

En 1748 il reconstruit entièrement son atelier de Strasbourg en l'agrandissant considérablement, ce qui fait dire à Tainturier que et seraient venus à Strasbourg cette année-là.. Tous deux viennent de la manufacture de Höchst ; Löwenfinck apporte son talent de peintre et Ringler les plans des fours de Meissen.. La faïence de Höchst et celle de Strasbourg ont en commun un bel émail et des couleurs vives, qui font leur réputation..

Paul-Adam Hannong est le premier français à produire enfin de la porcelaine dure. .

Quand son fils Joseph-Adam de marie en , Paul-Adam lui abandonne sur la manufacture de Frankenthal en toute propriété moyennant livres. Lorsque Paul-Adam meurt à Strasbourg le , ses héritiers s'accordent pour réduire cette somme à livres (selon Tainturier, Paul-Adam a été marié deux fois et a eu 15 enfants. ; selon D'Albis, il a deux fils et cinq filles.). .

Pierre-Antoine Hannong

À la suite de la mort de leur père Paul-Adam, Joseph-Adam conserve donc la manufacture de Frankenthal. et son second fils. Pierre-Antoine récupère les manufactures de Strasbourg et Haguenau évaluées à livres. Une convention du stipule que Joseph a seul le droit de disposer du secret de la porcelaine mais qu'en cas de vente un tiers du prix doit revenir à Pierre-Antoine ; et que Joseph ne doit pas fabriquer de faïence, de même que Pierre-Antoine ne doit pas fabriquer de porcelaine. Cependant ces engagements ne sont pas tenus.

Pierre-Antoine prend pour associé un nommé Déis, puis abandonne l'administration de Strasbourg et d'Haguenau à la veuve de Löwenfinck. Il cède enfin définitivement les deux manufactures alsaciennes à son frère Joseph-Adam..

Joseph-Adam Hannong thumb|Assiette Joseph Hannong, musée du pain d'épice de Gertwiller

La troisième génération Hannong et Sèvres

Le gouvernement, et en particulier le contrôleur général des finances Henri Jean Baptiste Bertin (qui ne devient ministre qu'en 1763 et commissaire du roi responsable pour Sèvres à partir de 1767.), s'inquiète toujours de l'avance qu'a prise l'Allemagne dans le domaine de la porcelaine. Bertin est désigné responsable de la production de porcelaine à pâte dure en 1759. À partir de , la manufacture acquiert plusieurs pièces de porcelaine de Frankenthal peintes de scènes de chasse, avec des bords dorés et un décor rococo. Le Bertin demande à Jacques-René Boileau, directeur (1753-1772) de Sèvres, d'établir un questionnaire destiné à Paul-Adam Hannong, qui y répond le . Mais ce dernier meurt le ; une lettre de Pierre-Antoine Hannong (second fils de Paul-Adam) datée du indique que ce dernier est mort avant que la transaction ait pu être finalisée.

À la mort de Paul-Adam, de nouvelles ouvertures sont faites à Joseph-Adam, qui se dit possesseur de secrets particuliers ; mais ce dernier se montre encore plus difficile que son père. Et Boileau, qui se déplace jusqu'à Frankenthal, s'assure que ces secrets ne diffèrent en rien de ceux communiqués en 1753. Contact est pris avec Pierre-Antoine, qui s'est adressé à George Joseph Déis, conseiller privé et majordome du prince Hohenlohe. Déis vit à Haguenau. Il informe Courteille et madame de Pompadour de la requête de Pierre-Antoine.. Pierre-Antoine Hannong signe le chez le notaire Vivien du Châtelet à Paris, un acte de vente « des procédés secrets de la porcelaine, au directeur de la manufacture royale de Sèvres, le sieur Boileau, dûment autorisé à traiter de ce marché, moyennant la somme de livres en espèces et de livres de rente viagère ou gratification annuelle, qui lui sera assignée sur telle partie des revenus du Roi qu'il lui plaira de désigner ». Après signature, Sèvres se rend compte que la recette est inapplicable faute de matière première ; car le premier gisement français de kaolin n'est découvert qu'en 1765 et c'est seulement à partir de cette date que Sèvres peut tirer profit du secret acheté. Entre-temps, Pierre-Antoine a dû accepter la résiliation du contrat moyennant livres comptant et une pension viagère de francs. Boileau paye les livres à Pierre-Antoine le ..

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Bibliographie . . . . .

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