Benjamin Crémieux, né le à Narbonne en France et mort le au camp de concentration de Buchenwald en Allemagne, est un critique littéraire et traducteur français.

Biographie

Jeunes années

Benjamin Esdras Crémieux est né le au 30 de la rue du Pont-des-Marchands à Narbonne, où une plaque commémorative a été posée en son honneur. Il est issu d'une famille juive qui s'était réfugiée en France dès le ..

Il combat durant toute la Première guerre mondiale dans l'infanterie, comme soldat, puis sous-officier et enfin officier subalterne.. Son comportement au feu lui vaut deux citations. Par ailleurs il essuie trois blessures de guerre.

Littérature left|thumb|À partir de 1929, il collabore à l'hebdomadaire du journal argentin La Nación. En 1921, Benjamin Crémieux publie son premier roman autobiographique, Le Premier de la classe, où il relate son adolescence narbonnaise et ses études au collège Victor-Hugo. Le roman obtient la bourse américaine Blumenthal. Agrégé, puis docteur ès lettres., la carrière de Benjamin Crémieux est celle d’un intellectuel brillant, universitaire, chargé de missions diplomatiques, mais aussi découvreur passionné de la nouveauté littéraire. C'est Jean Paulhan qui l'invite à collaborer à La Nouvelle Revue française. À la même époque, il révèle Pirandello au public parisien, en faisant jouer ses plus importantes pièceshttps://www.lemonde.fr/archives/article/1964/02/13/six-personnages-en-quete-d-auteur_2130015_1819218.html.

S’égrènent ensuite maints travaux critiques, dont la littérature italienne moderne est le sujet de prédilectionEn 1911, il est ainsi responsable de l'Office d’information, de relations et d’échanges à l'Institut français de Florence.. En 1930, son troisième ouvrage, un peu à part dans sa production, est un récit narbonnais intitulé La Grenouille et les Trois Nourrices, publié à Carcassonne, dans la collection À la Porte d’Aude, et dédié à la mémoire de François Baron, Louis Huilliet et Georges Piglowski, trois de ses amis narbonnais morts à la guerre.

Dans l’entre-deux-guerres, il collabore en qualité de critique littéraire à de nombreux journaux, tels que Les Nouvelles littéraires, Candide et Je suis partout..

Dans l’Université du temps, aux yeux des idéologues racistes, Benjamin Crémieux, qui occupe notamment dans les années 1940 le poste de secrétaire général de la section française du PEN club, incarne le fantasme de l’intellectuel juif cosmopolite. Il publie le avec René Milhaud un manifeste contre la politique anti-juive de Vichy..

Résistance Entré en 1941 dans la Résistance à la suite de son fils Francis Crémieux avec le mouvement Combat, il organise à Marseille, sous le pseudonyme de Lamy, un réseau de renseignements. Il compte parmi les recruteurs du noyautage des administrations publiques. Arrêté le , en compagnie de Jean Multon, il est transféré à la prison de Fresnes, puis au camp de Royallieu à Compiègne, et enfin, au début de l’année suivante, au camp de concentration de Buchenwald, où il meurt d'épuisement le .

Décorations

à titre civil (décret du ) ; chevalier du à titre civil Croix_de_guerre_14-18_-_2_étoiles_bronze|50px Croix de guerre 1914-1918 (2 citations : une à l'ordre de la brigade en 1917, une à l'ordre du régiment en 1918) à titre posthume (décret du ). Medaille_des_blesses_de_guerre_(avec_3_etoiles)_ribbon|50px Insigne des blessés militaires (3 blessures de guerre : une en 1914, deux en 1918)

Hommages

En 1937, Armand Lunel écrit et dédicace à Marie-Anne Comnène et Benjamin Crémieux son roman intitulé Jérusalem à Carpentras.

En 1947, David Rousset consacre le huitième chapitre de son récit L'Univers concentrationnaire à Benjamin Crémieux (« J'étends mon lit dans les ténèbres »).

En 1945, lorsqu'elle apprend la mort de son mari Benjamin Crémieux, la romancière et traductrice Marie-Anne Comnène fait paraître chez Gallimard son huitième roman, intitulé France, qu'elle lui dédie.

Écrite en , la nouvelle L'Impuissance de Vercors publiée dans Le Silence de la mer lui est dédiée ; elle porte en dédicace "À la mémoire de Benjamin Crémieux"

Œuvres Du côté de Marcel Proust suivi de Lettres inédites de Marcel Proust à Benjamin Crémieux, 1929 Le Premier de la classe, 1921 Le Professeur d'Energie, in Les Nouvelles littéraires du , n° consacré au « Jubilé d'Anatole France » L'Esprit européen dans la littérature d'aujourd'hui, 1926 Une conspiratrice en 1830, ou le Souper sans la Belgiojoso, 1928 Panorama de la littérature italienne contemporaine, 1928 La Grenouille et les Trois Nourrices, 1930 Littérature italienne, 1931

Traduction

Luigi Pirandello, Six personnages en quête d'auteur, pour la mise en scène de Georges Pitoëff, 1923 Luigi Pirandello, Henri IV, pour la mise en scène de Georges Pitoëff, 1925 Luigi Pirandello, Vêtir ceux qui sont nus, 1925 Luigi Pirandello, Tout va pour le mieux, pour la mise en scène de Charles Dullin, 1926 Luigi Pirandello, Comme ci (ou comme ça), pour la mise en scène de Georges Pitoëff, 1926 Carlo Goldoni, La belle hôtesse, pour la mise en scène de Georges Pitoëff, 1931 Ronald Mackenzie, La polka des chaises, avec la collaboration de Georges Pitoëff pour la mise en scène de Georges Pitoëff, 1933 Luigi Pirandello, Ce soir, on improvise, pour la mise en scène de Georges Pitoëff, 1935 Luigi Pirandello, Chacun sa vérité, pour la mise en scène de Georges Pitoëff, 1937 Carlo Goldoni, La locandiera, mis en scène de Jean-Claude Sachot, 1985

Notes et références

Liens externes

Deux grandes pages web sur les rapports entre Benjamin Crémieux et Paul Léautaud

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