Nicolás Maduro Moros (Prononciation en espagnol d'Amérique retranscrite selon la norme API. ), né le à Caracas, est un syndicaliste et homme d'État vénézuélien. Il est président de la république bolivarienne du Venezuela du jusque de facto au , à la suite de son enlèvement hors du pays par les États-Unis. La légitimité de sa réélection pour son troisième mandat le est mise en question par l'administration Trump, par ses opposants dans le pays et par une grande partie de la communauté internationale.

Ancien chauffeur de bus puis responsable syndical, il est membre du Mouvement Cinquième République (MVR). D'abord député (1999-2000), puis président de l'Assemblée nationale du Venezuela (2005-2006), il est ensuite ministre des Affaires étrangères (2006-2012) puis vice-président de la République (2012-2013). À la mort du président Hugo Chávez, il devient président de la République par intérim, puis remporte l'élection présidentielle anticipée avec 50,6 % des voix face à Henrique Capriles.

En 2014 et 2017, au cours d'une profonde crise économique provoquant notamment des pénuries alimentaires, Nicolás Maduro est confronté à des manifestations et à une opposition demandant sa démission. La répression du mouvement fait une centaine de morts et Maduro institue un régime autoritaire. Les élections législatives de 2015 voient l'opposition emporter la majorité à l'Assemblée nationale, ce qui constitue le point de départ d'une crise institutionnelle. Il est réélu en 2018 à l'issue d'un scrutin boycotté par l'opposition, suivi l'année suivante d'une grave crise présidentielle, lors de laquelle il est contesté par Juan Guaidó, qui échoue toutefois à prendre le pouvoir de manière effective, faute de soutien de l'armée.

En , il remporte l'élection présidentielle avec 51,20 % des suffrages exprimés selon les résultats officiels et est réélu pour un troisième mandat de six ans. Mais l'opposition., l'Union européenne., les États-Unis. et d'autres pays dénoncent des fraudes électorales massives et un scrutin truqué ; l'opposition vénézuélienne accuse le pouvoir d'avoir mené une campagne d'intimidation. Sa présidence est aussi marquée par de fortes tensions avec le gouvernement américain, qui impose au Venezuela de lourdes sanctions économiques, notamment un embargo sur le pétrole.

Dans la nuit du 2 au , le président des États-Unis, Donald Trump, ordonne des frappes militaires aériennes sur Caracas. Peu après, Nicolás Maduro et son épouse Cilia Flores sont annoncés comme ayant été . L'opération est controversée au regard du droit international.

Situation personnelle Origines Le père de Nicolás Maduro, de lointaine origine juive séfarade maure et dont les ancêtres se sont convertis au catholicisme lors de la Reconquista ( siècle)., est chef syndicaliste. Cette origine a permis à Hugo Chávez, qui le fit ministre des Relations extérieures, de dissiper les tensions avec la communauté juive vénézuélienne Ce rapport de l'ambassade vénézuélienne aux États-Unis décrit une rencontre entre l'exécutif vénézuélien et la communauté juive. M. Maduro rappelle la détermination de Chávez dans la lutte contre les discriminations et l'antisémitisme. Une section est dédiée à expliquer que les relations cordiales avec l'Iran ne sont qu'une amitié entre pays pétroliers du Sud. Il affirme aussi que les déclarations de Chávez faisant référence à des ennemis pareils aux crucifieurs de Jésus, ont été reprises par la presse américaine hors contexte. De manière générale, La Revolución Bolivariana es secular y progresista., « la révolution bolivarienne est laïque et progressiste ».... S'il y a pour Nicolás Maduro « une grande diversité de communautés religieuses dans le pays », lui-même a été élevé dans la religion catholique comme 73 % des Vénézuéliens. Il a en outre rendu publique son appartenance au mouvement du gourou indien Sathya Sai Baba..

Vie privée et familiale Nicolás Maduro se marie en 1988 avec Adriana Guerra Angulo, avec qui il a un fils, Nicolás Maduro Guerra. En , il se remarie avec Cilia FloresMaduro, un presidente sin frenos Eduardo Cruz, turimiquire.com, 11 juin 2017, adepte elle aussi de Sathya Sai Baba.

Jeunesse et formation Nicolás Maduro est né à Caracas., issu de la classe moyenne d'un quartier populaire du sud de cette ville.

Il milite dans la (marxiste-léniniste) du lycée au début des années 1970. Selon un de ses amis, il s'est fait expulser de son établissement scolaire en 1977 pour propagande communiste..

Dans les années 1980, Nicolás Maduro devient garde du corps des candidats socialistes à la présidence José Vicente Rangel (1983) et David Nieves (1988), mais également de Pablo Milanés... À cette époque, il reçoit une formation à l'école des cadres du Parti communiste de Cuba destinée à former les futurs révolutionnaires d'Amérique latine. Il reçoit des cours de philosophie marxiste et d'économie politique, il apprend l'histoire de l'Amérique latine, des révolutions mexicaine et cubaine.Paulo A. Paranagua (journaliste au "Monde") Comment Nicolas Maduro est devenu l'élu de Cuba au Venezuela..

Après ses études au lycée José Avalos d'El Valle, il est embauché comme conducteur de bus à Caracas (Metrobus), de 1991 à 1998, et deviendra président du syndicat du métro de Caracas.. C'est en tant que porte-parole des conducteurs qu'il commence à se faire un nom. Dirigeant syndicaliste à partir de 1990, il est l'un des fondateurs du nouveau syndicat du métro de Caracas (Sitrameca) et de la Force bolivarienne des travailleurs avant d'en devenir son coordinateur national. C'est aussi vers ce moment qu'il effectue en parallèle, à Cuba, des études de science politique.. La BBC affirme que les Vénézuéliens apprécient l'histoire de son ascension.

Carrière politique

Premiers engagements Du syndicalisme, il arrive en politique. De 1994 à 1997, il est membre de la direction du MBR-200 que Chávez avait fondé en 1983, et qui était l'embryon du Mouvement Cinquième République (MVR) qui deviendra le Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV) à partir de 2007 avec d'autres partis de gauche. Il participe aux émeutes de Caracas en 1989.

Il épouse Cilia Flores, procureur générale de la République, avocate de formation, c'est elle qui a organisé la défense de Chávez lorsqu'il a été arrêté à la suite de l'échec de son coup d'État de 1992.

Responsabilités ministérielles Nicolás Maduro participe à la fondation du MVR en 1997, avec Hugo Chávez. Il est également corédacteur de la nouvelle constitution bolivarienne et devient député du MVR, en 1999, puis président de l'Assemblée nationale, de 2005 à 2006.

Il est nommé ministre des Affaires étrangères en et vice-président de la République le , à la suite de la réélection d'Hugo Chávez à la présidence. Pendant cette période d'absence du président c'est donc Maduro qui a occupé les fonctions administratives et économiques.

À la tête de la diplomatie vénézuélienne, il se fait remarquer en soutenant le régime libyen de Mouammar Kadhafi jusqu'au bout, continuant par ailleurs à appuyer le Syrien Bachar el-Assad, qui combat une rébellion dans son pays. S'adaptant au style incendiaire de Chávez, il traite par exemple le sous-secrétaire d'État américain John Negroponte de . Également pragmatique, il accepte en 2010 la main tendue du président colombien Juan Manuel Santos, contre qui il vitupérait pourtant quelques semaines plus tôt..

Désigné « dauphin » du président Chávez, il est pour cela critiqué dans l'opposition, notamment par Henrique Capriles : . Cette nomination aurait été poussée par Cuba, l'île communiste étant inquiète de la stabilité de son allié vénézuélien une fois que Chávez aurait disparu.

Il est présenté comme faisant partie de l'aile modérée du PSUV. Hugo Chávez le décrit comme « un révolutionnaire à part entière », « avec sa main ferme, avec sa vision, avec son cœur d'homme du peuple, avec son talent avec les gens, avec la reconnaissance internationale qu'il s'est acquise, c'est l'un des jeunes dirigeants ayant les meilleures capacités » ainsi que comme « un homme plein d'expérience malgré sa jeunesse »..

En , il traite l'opposant Henrique Capriles de , puis s'excuse auprès de la communauté homosexuelle.

À la suite de l'aggravation de la santé de Hugo Chávez en , il accuse les « ennemis historiques » du Venezuela d'avoir inoculé le cancer de Chávez et assure qu'il le prouvera..

Vice-président de la République Le , peu après l'élection présidentielle vénézuélienne de 2012, il est nommé vice-président de la République par Hugo Chávez, ce qui fait de lui le dauphin du président sortant en cas d'aggravation de son état de santé ou de mort..

Président de la République

Intérim d'Hugo Chávez À la mort d'Hugo Chávez le , il devient président du Venezuela par intérim, déploie l'armée pour ., expulse deux fonctionnaires de l'ambassade des États-Unis accusés de nourrir une « déstabilisation » du pays. Le , il annonce que le corps d'Hugo Chávez sera embaumé . (projet finalement abandonné quelques jours plus tard). et, le , il prête serment comme président de la République par intérim.. Pour l'opposition, c'est une violation de la Constitution, qui prévoit que le président de l'Assemblée nationale, Diosdado Cabello, ne devienne président que par intérim en cas de décès du chef de l'État. Elle critique également son éventuelle candidature à la présidence, constitutionnellement incompatible avec la fonction de vice-président. Cependant, la Cour suprême valide cette prise de fonction.

Élection présidentielle de 2013 Maduro est élu président de la République le . Il l'emporte avec 50,6 %, soit un score bien inférieur à ce qu'il pouvait espérer au vu de la plupart des sondages. Son adversaire, Henrique Capriles, battu de justesse, dénonce des irrégularités et conteste l'impartialité du Conseil national électoral (CNE). Capriles réclame le recomptage des votes, ce que Maduro accepte, avant que le CNE ne refuse.. Deux jours après le scrutin, d'importantes manifestations pour protester contre les résultats officiels ont lieu avec actes de vandalisme et affrontements provoquant neuf morts chez les partisans de Maduro et les policiers.. Après ces violences, le CNE accepte finalement de recompter les votes mais assure que ça ne changera « en aucune façon » les résultatshttps://fr.news.yahoo.com/veneluza-malgr%C3%A9-recomptage-maduro-restera-pr%C3%A9sident-053707774.html Yahoo, 21 avril 2013, Capriles avait porté plainte contre cette élection au Tribunal suprême du Venezuela mais ce dernier a rejeté cette plainte et infligé une amende au candidat défait.. Maduro prête serment le .

Le , Maduro fait voter par le Parlement le droit de gouverner par décret pendant un anhttps://www.courrierinternational.com/breve/2013/11/15/le-president-maduro-asssure-de-pouvoir-gouverner-par-decrets Courrier international, 15 novembre 2013, type de gouvernance utilisé par tous les présidents du Venezuela depuis les années 1970, y compris par Hugo Chávez. La principale raison de la gouvernance par décret est l'aggravation de la crise économique. Ainsi, Maduro promet de changer de modèle économique et vaincre la « bourgeoisie parasitaire » qui, selon lui, détiendrait les rênes de l'économie et tenterait sans relâche de déstabiliser le gouvernement dans le cadre d'une « guerre économique ». Il promet aussi de lutter fermement contre la corruption, qu'il nomme « antivaleur du capitalisme ».

Politique économique