Le château de Randan, ou Domaine royal de Randan, est un château situé sur la commune de Randan dans le département du Puy-de-Dôme en France. Le domaine appartient aujourd'hui au conseil régional d'Auvergne-Rhône-Alpes, qui en assure la restauration, l'entretien et l'animation.

Histoire du Domaine royal Débuts et grande époque En 1821, un premier château construit au et quarante hectares de terrain sont acquis par Louis-Philippe duc d'Orléans et sa sœur Adélaïde. Dès 1822, ils commandent la restauration du bâtiment existant et une extension à l'architecte Pierre Fontaine.

À ses dires, le futur roi des Français aurait poussé à cet achat et à ces travaux en vue de se ménager une retraite loin de Paris en cas de péril, préférant un exil auvergnat à une nouvelle émigration, qui ne lui fut pourtant pas épargnée puisqu'il dut partir en pour l'Angleterre où il mourut deux ans plus tard à Claremont.

La proximité des immenses propriétés forestières de la famille est la seconde raison de cet achat.

Le projet est d'envergure. Outre le château, d'autres bâtiments seront construits : la maison de l'Inspecteur, les grands communs et une orangerie. Il verra également l'extension des terres du domaine dont la surface atteint à la mort d'Adélaïde d'Orléans en 1847. Un magnifique parc paysager sera également créé.

Une vue réalisée à cette époque montrant la longue terrasse des cuisines reliant le château à la chapelle, jardinée et ornée de deux rangées de dix arbustes en caisses, est donnée par un fixé sous verre dû à l'entourage du peintre miniaturiste Jean-François Lebelle (fl. 1806-† après 1831), qui fut vendu le à l'Hôtel Drouot (reprod. coul. de La Gazette Drouot n° 10 du 10/03/2017).

Description vers 1850 du château et du parc contemporaine de Madame Adélaïde par Georges Touchard-LafosseGeorges Touchard-Lafosse, La Loire historique, pittoresque et biographique, etc., Tours, Lecesne, 1851, , . :

Un visiteur du Second Empire :

centré|vignette|469x469px|Lithographie du du château de Randan.Bibliothèque du patrimoine de Clermont.

Adélaïde étant morte célibataire et sans enfants, le domaine revient à un de ses neveux, le plus jeune fils du roi Louis-Philippe, Antoine d'Orléans duc de Montpensier. À sa mort, sa fille aînée Marie-Isabelle d'Orléans-Montpensier-Espagne hérite du domaine ; épouse du premier comte de Paris Philippe d'Orléans, son cousin germain, elle entreprend de redonner au domaine son lustre et y apporte des aménagements et du confort moderne (électricité en 1909 et eau courante en 1912).

Henri d'Orléans, autre porteur du titre de 1929 à 1999 (c'est-à-dire deuxième comte de Paris ; il était le fils de Jean de Guise, lui-même fils de Robert de Chartres, et d'Isabelle d'Orléans-Paris, et par cette dernière le petit-fils maternel du premier comte de Paris — et aussi son petit-neveu, car son grand-père paternel Robert duc de Chartres était le frère cadet du premier comte de Paris — et de Marie-Isabelle d'Orléans-Montpensier qu'on vient d'évoquer), séjourne enfant dans cette propriété familiale, où fin la famille apprend la déclaration de guerre. En 1915, après y avoir installé un hôpital militaire annexe de celui de Vichy, la première comtesse de Paris et sa fille la reine de Portugal Amélie d'Orléans se font infirmières et y soignent les soldats blessés.

L'écrivain régional Henri Pourrat a évoqué ce château bourbonnais et Henri Pourrat, En Auvergne, Arthaud, 1966, ..

Déclin En 1919, au décès d'Marie-Isabelle d'Orléans-Montpensier, le domaine échoit à son fils cadet Ferdinand, dernier « duc de Montpensier ». En 1921, sur les instances de ses sœurs, il épouse en l'église de Randan Isabelle Gonzalez de Olañeta e Ibarreta (1895-1958), de Valdeterazzo, fille du vicomte de Las Antrinas. Le couple vit seulement trois ans au domaine de Randan, Ferdinand y décédant précocement en 1924, dans sa quarantième année.

L'été suivant, dans la nuit du 25 au , lors d'un séjour de la duchesse et de quelques amies, le château est ravagé par un violent incendie qui ne laissa que ruines qui ne furent pas relevées.

Les plus belles pièces du mobilier qui avaient pu être sauvées du brasier sont transportées en Espagne chez la duchesse de Montpensier ; le reste, dont de nombreux trophées de chasse de Ferdinand d'Orléans, dioramas réalisés par le grand taxidermiste anglais Rowland Ward, fut entreposé dans les vastes communs du château.

Le est élaborée dans la vaste clairière de la forêt de Randan la charte constitutive des « Compagnons de France », mouvement créé puis aboli par le régime de Vichy, inspiré par le scoutisme et l'armée, destiné à « encadrer les adolescents perdus dans l'exode et les jeunes garçons défavorisés », dirigé par Henry Dhavernas puis Guillaume de Tournemire ; cette manifestation n'a pu être organisée sans l'accord de sa propriétaire, qui était proche des milieux franquistes ; en y est organisé un premier « camp de jeunesse » ; une photographie y montre Philippe Pétain, chef de l'État français, entouré de jeunes gens en tenue (cf. Françoise Renaudot, Les Français et l'Occupation, Robert Laffont, 1975, ).

Le maréchal y revient le où avaient monté un immense camp de tentes blanches – et y rend hommage à leur action, journée dont le journal parisien L'Illustration rend compte le ; un chêne est planté à cette occasionMichèle Cointet, Vichy capitale 1940-1944, Perrin, 1993 puis Le Grand Livre du Mois, 1998, ., et le est ouvert à Randan le premier camp des Compagnons de France ; à la fin de cette année, y existaient.

Après la Seconde Guerre mondiale, le « deuxième comte de Paris », héritier présomptif du duc de Montpensier, son oncle maternel mort sans descendance (la mère du deuxième comte de Paris était Isabelle d'Orléans-Montpensier, sœur du duc Ferdinand et femme de Jean d'Orléans duc de Guise, le fils de Robert duc de Chartres), revendique sans succès auprès de sa tante par alliance puis de son héritier José María de Huarte, un lot important d'argenterie et de bijoux de famille issu du « legs Montpensier » ; il est débouté en justice, peut-être, comme cela a été avancé par certains, sur intervention personnelle du général Franco, dont la duchesse (née Isabelle Gonzalez de Olaneta e Ibarreta) était proche. En effet, elle légua ses biens à José María de Huartein La fortune disparue du roi Louis-Philippe, de Jacques Bernot., aristocrate espagnol qui fut son majordome et son second époux secret, ce qui lui aurait permis d'échapper à des droits de mutation très importants à sa mortMichel de Grèce, Mémoires insolites, éd. XO, 2004, puis éditions Pocket, 2006..

Renaissance Henri d'Orléans, le « deuxième comte de Paris », intervient auprès de Valéry Giscard d'Estaing, président du Conseil régional d'Auvergne, afin que Randan ne soit pas vidé et démantelé.

En , l'État français, soucieux d'empêcher la dispersion des souvenirs des Orléans remisés là depuis soixante-dix ans, la chapelle néo-classique (1831) abritant notamment trois cénotaphes copiés sur ceux de la nécropole familiale de Dreux – dont celui d'Adélaïde d'Orléans au gisant dû à Aimé Millet et daté de 1876 – les classe Monuments historiques en qualité d'ensemble mobilier lié à une demeure ancienne, ainsi que la plus grande partie des collections.

En 1999, les héritiers HuarteLe Figaro magazine, Numéros 1340 à 1348, . mettent en vente aux enchères publiques les collections du domaine de Randan – le catalogue (900 lots) de l'importante vacation prévue les 23 et est établi par l'étude de commissaires-priseurs parisiens Millon et associés. L'ÉtatCatherine Trautmann étant ministre de la Culture. s'y oppose et achète en 2000 les collections composées de trente-cinq tableaux dont Le duc de Montpensier et sa suite en compagnie du roi de Grèce et de sa cour devant les ruines du temple de Jupiter à Athènes de Dominique Papety, de meubles (dont une suite de quatorze fauteuils livrés par Jacob pour le château), de d'armes et , tandis que début 2003 le Conseil régional d'Auvergne fait l'acquisition des bâtiments, sur lesquels il engage un vaste programme de rénovationEn 2008, l'État transfère au conseil régional la propriété de l'ensemble des collections mobilières : œuvres d'art, mobilier, animaux naturalisés, etc.)..

Le a lieu à l'Hôtel Drouot à Paris la vente de « Souvenirs historiques provenant de la succession de , comte de Paris » ; le suivant y sont vendus par l'étude Millon et associés cent vingt éléments du service du château de Randan « à fond vert de moufle » (Sèvres, 1838-1842, motifs de fleurs et de fruits du peintre Sinsson : sans doute Jacques-Nicolas ou Pierre Sinsson), dérivé du service de Louis-Philippe à Fontainebleau, comprenant pour soixante couverts, qui fut commandé par le roi pour sa sœurReproduction partielle dans L'Objet d'art, n° 354, janvier 2001, ..

En 2005 est créée l'Association des Amis du domaine royal de Randan pour appuyer ces efforts et recueillir les documents historiques relatifs au domaine.

En 1996 plusieurs photographies, parfois annotées, de la première comtesse de Paris Marie-Isabelle au château au milieu d'un groupe d'infirmières et de soldats avec sa fille Amélie, dernière reine de Portugal (détrônée en 1910), puis sur son lit de mort à Séville ; du jeune duc de Montpensier Ferdinand devant la façade Est du château ; du couple ducal sortant de l'église de Randan le jour du mariage () ; du duc Philippe d'Orléans (1869-1926), frère aîné de Ferdinand, devant son atelier de naturaliste ; et d'une salle du musée cynégétique qu'il créa dans sa résidence anglaise de Woodnorton – qui appartint à Henri d'Orléans, duc d'Aumale – offertes par lui à la Ville de Paris qui les installa au Jardin des Plantes (Muséum d'Histoire naturelle),

toutes clichés familiaux issus des archives familiales d'Henri d'Orléans, deuxième comte de Paris, ont été publiées dans son Album de famille, texte de Michel de Grèce (Perrin).

Vestiges royaux à l'encan - trois vues du château de Randan, une huile de Jean-Antoine Siméon Fort (1843) portant les marques (chiffres) LPO (Louis-Philippe d'Orléans) et EAL (Eugène-Adélaïde-Louise, la sœur du roi des Français) couronnées, une lithographie et une lithographie en couleurs d'après Charles Bour, ainsi qu'une paire de jardinières en forme de hautes corbeilles ajourées en porcelaine de Sèvres portant la marque du château, ont figuré dans la vente aux enchères publiques du contenu de la Quinta do Anjinho (à Sintra, Portugal) ayant appartenu à Henri d'Orléans, deuxième comte de Paris, et à son épouse, à Monaco les 14 et 15/12/1996 (reprod. sous les numéros 76, 77 et 248 du catalogue) ;

- une série de cinq dessins à l'encre et au lavis du représentant le château, entre autres souvenirs historiques provenant de familles royales, dont un coffret revêtu de cuir contenant les clefs des jardins royaux – dont celui de Randan – offerts par Louis-Philippe à sa sœur Adélaïde, fut vendue aux enchères publiques à Paris le ;

- des souvenirs historiques des (1865-1951) des portraits de Louis-Philippe, duc d'Orléans (Philippe-Égalité, père du roi Louis-Philippe) par Charles-Philippe Larivière (1836) et de la future reine Marie-Amélie, femme de Louis-Philippe, par François Gérard (1817), ont figuré dans une vente aux enchères publiques à Paris le (cf La Gazette Drouot, , du , ).

- un portrait de par l'atelier de Philippe de Champaigne (vers 1620) provenant du duc de Montpensier à Randan figure dans la vente aux enchères de l'étude Collin-Du Bocage du à Paris-Drouot (reprod. coul p. 105 de La Gazette Drouot du ).

Le parc de l'ancien domaine royal est classé monument historique le .

Propriétaires Châtelains de Randan