Cet article traite de la religion en Europe en tant que tradition culturelle, sans préjuger du taux de croyants convaincus et de pratiquants réguliers dans chaque confession. Sur une population totale d'environ 730 millions d'habitants en 2010, l'Europe compte environ 554 millions de chrétiens (76 %) dont 255 millions de catholiques (35 %) Global Christianity, 197 millions d'orthodoxes (27 %) et 102 millions de protestants (14 %). À cela s'ajoutent 44 millions de musulmans (6 %, en comptant la Turquie européenne avec Istanbul, les musulmans de la Russie européenne tels les Bachkirs, les Tatars ou les Tchétchènes, et les peuples des Balkans convertis depuis des siècles, tels les Albanais ou les Bosniaques) The Future of the Global Muslim Population, 4,3 millions de bouddhistes (0,6 %) et 1,4 million de juifs (0,2)Sergio DellaPergola, World Jewish Population, 2016, Berman Jewish Data Bank, 2016. Les personnes relevant d'une autre religion ou sans religion sont environ 128 millions (17,4 %).
Parmi les Européens qui s'identifient comme culturellement chrétiens, les niveaux de pratique sont très variables : jusqu'à 80 % en Autriche, Pologne, Italie, Irlande et 83 % au Portugal, États où la tradition catholique joue un rôle identitaire ; en revanche aux Pays-Bas qui depuis longtemps se partagent entre protestants et catholiques, et qui ont une très ancienne tradition de liberté de conscience, seuls 42 % des habitants s'identifient comme chrétiens. En Europe occidentale, la médiane globale est de 71 % de chrétiens, catholiques ou protestants ; en Europe orientale où la tradition religieuse est un repère identitaire, la médiane est de 93 %, en majorité orthodoxesJean Meyendorff, L'Église orthodoxe hier et aujourd'hui, Seuil, Paris 1995, François Thual, Géopolitique de l'orthodoxie, Dunod, 1993, ..
Histoire Les religions antiques
En Europe, les religions antiques se subdivisent en : foi en les Ases et les Vanes, que l'on appelle aujourd'hui odinisme, selon la mythologie germanique ; foi en les divinités scandinaves, selon la mythologie scandinave ; druidisme et sa variante irlandaise tardive, la religion des filid, selon la mythologie celtique ; orphisme, selon la mythologie thrace et dace ; foi en les divinités scythes, selon la religion scythe ; foi en les divinités slaves, selon la mythologie slave ; foi en les divinités grecques, selon la mythologie grecque ; foi en les divinités romaines, selon la mythologie romaine ; dans l'Empire romain, outre les dieux de l'Olympe, on pratiquait aussi les cultes à mystères et, dans l'antiquité tardive, le christianisme primitif.
L'un des points communs entre les religions antérieures au christianisme est le polythéisme, parfois panthéiste, parfois animiste.
Le prosélytisme n’était pas répandu parmi les peuples européens, chaque religion étant celle d'un groupe de populations également liées par la langue, et qui avait ses propres divinités. Ces religions « organiques » reposaient sur la tri-fonctionnalité indo-européenne définie par Georges DumézilGeoffrey Parrinder, Triads in : Lindsay Jones (dir.), Encyclopedia of Religion, Band 14, ed. Thomson Gale, Detroit, États-Unis 2005, , S. 9345–9350.
Religion nordique La religion nordique ancienne (ou paganisme nordique) recouvre l’ensemble des croyances et des pratiques religieuses des peuples scandinaves, des origines à l'âge du bronze, jusqu’à l'âge des Vikings qui s'achève par la christianisation autour de l'an 1000. Ces croyances sont sans prêtres, ni dogmes, ni lieux de cultes. Religion celtique La religion des Celtes constitue un système de pratiques et de croyances basé sur un panthéon mythologique, civique et philosophique des Celtes.
Comme les autres peuples de la protohistoire/Antiquité d'Europe, les Celtes ont développé un système religieux polythéiste, dans le cadre duquel officiait la classe sacerdotale des druides. Cette religion s’est progressivement dissoute dans la culture de l’Empire romain.
Religion grecque
L'essentiel des croyances et des rites de la religion grecque se sont structurés au moment où naquît, à l'époque archaïque ( ), une forme d'organisation politique particulière : la cité (polis), avec pour corollaire la redécouverte et la diffusion de l'écriture (v.-800/-700) Notre mot « religion » n'existe pas en grec ancien. Les concepts qui nous servent à décrire les phénomènes religieux contemporains ne sont pas forcément adaptés à l'analyse de ce qu'étaient pour les Grecs le divin. L'opposition entre le profane et le sacré, les limites modernes entre le laïque et le religieux, sont ici incertaines, voire non pertinentes. Les gestes, les comportements, les cérémonies de la vie familiale, sociale et politique comportent presque toujours un aspect religieuxD’après l’Encyclopédie des Religions de Gerhard J. Bellinger..
Dans la société grecque, la religion est complètement imbriquée dans tous les domaines de la vie (familiale, publique et sociale). La religion n'est pas l'affaire d'une croyance privée ; elle est avant tout publique et concerne la communauté, d'où ses implications importantes avec la vie politique. En fait, elle ne se cantonne pas à certaines sphères de la vie quotidienne mais peut concerner tous ses aspects. En sorte, les Grecs de l'Antiquité n'établissaient pas vraiment de différence entre le domaine religieux et le profane : chaque moment de la vie peut être rythmé par un rite plus ou moins formel, une prière, une pratique religieuse. Ses principaux rites sont les prières, les offrandes, les sacrifices, les fêtes publiques et les jeux. Ces rites ne s'excluent pas, au contraire : une offrande s'accompagne d'une prière, un sacrifice également pour couronner une fête publique.
À partir de l'époque archaïque, les caractères dominants de la religion grecque apparaissent : un polythéisme, des dieux (theoi) anthropomorphes munis d'attributs (foudre, trident, arc et flèches, égides, etc.), jouissant de pouvoirs pléthoriques, ayant des secteurs d'intervention, des modes d'actions propres, et dotés d'une mythologie avec ses héros. Mais chacune de ces divinités n'existe que par les liens qui l'unissent au système divin global.
Chacun d'eux peut être invoqué sous divers aspects en fonction du lieu, du culte et de la fonction qu'il remplit. Ces puissances dotées de pouvoirs surnaturels, sous le même nom, peuvent présenter une multiplicité d'aspects. Des épithètes culturelles (les épiclèses) signalent alors leur nature et leur domaine d'intervention. Il y a, par exemple, Zeus Ouranos (du ciel, père de tous les Dieux), Polieus (gardien de l'ordre politique, des murs de la cité), Horkios (garant des serments et des pactes), Ktésios (protecteur de la propriété), Herkeios (gardien de l'enclos), Xenios (protecteur des hôtes et des étrangers), Kéraunos (foudroyant). Les autres figures du panthéon grec suivent aussi ce schéma.
L'Empire romain Un polythéisme adoptant
Débuts du christianisme
Moyen Âge Expansion du christianisme
Après la fin du , l'expansion du christianisme nicéen passe en général par la conversion des souverains, qui s'impose ensuite à leurs peuples, sauf exception lorsque les peuples étaient christianisés avant leurs conquérants, comme en Bulgarie où la population balkanique était déjà chrétienne sous l'Empire romain d'Orient, avant d'être conquise par les Proto-Bulgares, tengristes jusqu'en 864, ou en Hongrie où l'aristocratie d'origine finno-ougrienne adopta la foi catholique de ses sujets en l'an 1001. En Scandinavie et en Russie en revanche, le rôle des souverains est déterminant dans la conversion de leurs peuples. Le roi Harald Ier de Danemark est baptisé vers 960 ; le duc polonais Mieszko en 966, à la suite d'un voyage chez le prince de Bohême Boleslas , dont il a épousé la fille chrétienne. En Russie, Vladimir est baptisé en 987, et en Suède, c'est sous de la dynastie du Götaland que le christianisme s'impose dans les années 1060.
À partir de la réforme grégorienne, le christianisme catholique romain devient la religion officielle de l'Occident après avoir combattu durant tout le haut Moyen Âge contre les réminiscences des mythologies antérieures, notamment germanique, mais aussi contre des formes alternatives de christianisme comme l'arianisme ou le paulicianisme, et contre les monothéismes « rivaux » : le judaïsme et, en Espagne, l'islam. La persécution chrétienne, mise en œuvre par l'inquisition ou par des ordres de moines-soldats comme l'ordre teutonique, obligea les « païens », les convertis de force et les « hérétiques » à pratiquer en cachette leurs rituels qui perdirent progressivement en cohésion, évoluant de génération en génération, faute d'accès aux textes écrits et en l'absence d'un clergé, en simples traditions peu-à-peu marginalisées, mais pas nécessairement oubliées. Ce syncrétisme est essentiel pour comprendre la naissance du néo-paganismeMichel Tardieu, Définitions et théories du syncrétisme, in : Annuaire du Collège de France, 1990-1991, p. 493-496.. thumb|Routes de la première croisade.
L'islam en al-Andalus
Séparation des Églises d'Orient et d'Occident
Époque moderne Réforme
Inquisition
Expansion de l'Empire ottoman
Moscou, troisième Rome
Époque contemporaine L'impact des révolutions
Shoah
Religions 300px300pxGroupe (non) religieux le plus grand par paysLes 5 pays non membres de l'UE, l'Islande, la Croatie (membre de l'UE depuis le 1er juin 2013), la Norvège, la Turquie et la Suisse ont également été inclus dans l'enquête. (2010) (PDF) :Groupe (non) religieux le plus grand par pays (2019) : Christianisme
Ligne nord/sud : l'Europe se distingue par un nord protestant et un sud catholique ainsi que quelques foyers calvinistes dispersés dans toute l'Europe. Fracture à l'est : depuis le Grand schisme d'Orient, une grande partie de l'Europe de l'Est est orthodoxe.
Catholicisme
Le catholicisme est la religion la plus importante en Europe de l'Ouest et du sud-ouest et du centre, où elle regroupe plus de 50 % de la population de cette région du monde (France, Belgique, Luxembourg, Espagne, Portugal, Italie, Malte, l'Irlande, l'Autriche, Hongrie, Pologne, Lituanie, Slovaquie et Croatie). Malte et le Liechtenstein sont les pays à plus forte majorité catholique
D'autres pays ont comme le catholicisme mais pas la religion de la majorité de la population comme la Suisse (45 % de catholiques), les Pays-Bas (30 % de catholiques), l'Allemagne (30 % de catholiques)
Le siège de l'Église catholique se trouve sur le territoire européen, dans la cité-État du Vatican.
Orthodoxie
200px|thumb|La cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou.
Les chrétiens orthodoxes sont surtout présents en Europe orientale (majoritaires en Russie, Ukraine, Biélorussie, Géorgie ; minorités dans les pays baltes) et en Europe du Sud-Est (Bulgarie, Macédoine, Monténégro, Serbie, serbes de Bosnie-Herzégovine, Roumanie, Moldavie, Grèce et Chypre). Dans ces pays le christianisme est resté ce qu'il était avant la séparation des Églises d'Orient et d'Occident : doctrinalement défini par les sept premiers conciles seulement, et organisé sur le modèle de la Pentarchie, avec des églises autocéphales, initialement au nombre de cinq patriarcats, puis quatre après le départ de l'église de Rome, puis de plus en plus nombreuses à mesure que Constantinople reconnaissait de nouveaux patriarches dans les États orthodoxes émergents. On compte aujourd'hui seize patriarcats autocéphales « canoniques » qui se reconnaissent mutuellement, dix-neuf églises orthodoxes autonomes reconnues par l'un ou l'autre des seize patriarcats canoniques, et une cinquantaine d'autres obédiences non-canoniques.
L'Arménie est de tradition chrétienne depuis le (Église apostolique arménienne).
Protestantisme
vignette|upright=0.8|Frauenkirche, église luthérienne de Dresde.