La (en occitan : plaça Roaix) est une voie de Toulouse, chef-lieu de la région Occitanie, dans le Midi de la France. Point culminant de la cité gallo-romaine de Tolosa ()« Place Rouaix », La Dépêche du Midi, 6 août 2003., c'est à cet endroit qu'aboutissaient les eaux de l'aqueduc de Lardenne. Elle est incluse dans le site patrimonial remarquable de Toulouse.

Description Situation La place Rouaix est une voie publique. Elle se situe dans le quartier des Carmes, à la limite du quartier Saint-Étienne, tous deux dans le secteur 1 - Centre.

Elle forme un triangle allongé de de long entre la base de de large, au nord, jusqu'à la pointe, au sud. Au nord-ouest, la place reçoit la rue de la Trinité et donne naissance au nord à la rue des Tourneurs, tandis qu'elle donne naissance à l'est à la rue d'Alsace-Lorraine et à la rue Croix-Baragnon. Elle est bordée sur tout le côté est par la rue du Languedoc, qui reçoit la rue Bouquières à hauteur de la place. Elle culmine à 146,5 mètres d'altitude au niveau de la fontaine, ce qui constitue le point le plus haut de l'ancienne cité romaine et donc du centre-ville de Toulouse.

La chaussée, à l'est, compte deux voies de circulation automobile en sens unique, de la rue du Languedoc vers la rue d'Alsace-Lorraine, dont une réservée aux transports en commun et aux cyclistes. Elle appartient à une zone 30 et la vitesse y est limitée à 30 km/h. À l'ouest, il n'existe qu'une seule voie de circulation, également en sens unique, de la rue des Tourneurs vers la place des Carmes, et appartenant à une zone de rencontre, où la vitesse est limitée à 20 km/h.

Voies rencontrées La place Rouaix rencontre les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants :

Rue du Languedoc Rue de la Trinité Rue des Tourneurs Rue d'Alsace-Lorraine Rue Croix-Baragnon Rue Bouquières

Transports La place Rouaix est parcourue et desservie par la navette . Elle se trouve par ailleurs à proximité immédiate de la place Étienne-Esquirol, où débouche la station Esquirol, sur la ligne de métro , et où marque l'arrêt la ligne de bus , ainsi que de la station Carmes, sur la ligne de métro .

Elle abrite de plus une station de vélos en libre-service VélôToulouse : la station (1 rue des Tourneurs).

Odonymie vignette|gauche|Plaques de rue en français et en occitan. Le nom de la place Rouaix est extrêmement ancien, puisqu'il est attesté dès la fin du (planum Roaicensium en latin médiéval, 1180)Salies 1989, vol. 2, .. Pour Jules Chalande, il lui vient des Roaix, une importante famille toulousaine qui accéda 56 fois le capitoulat entre 1156 et 1536. Pour Pierre Salies, ce serait plutôt la famille des Roaix qui tiendrait son nom du lieu, qui se rattacherait à la présence d'une fontaine (ros, « eau qui tombe en gouttes » en latin), liée à l'aqueduc de Lardenne. Une variante apparait à la fin du Moyen Âge et la désigne comme la place de l'Orme-de-Rouaix, parce qu'il y avait un ormeSalies 1989, vol. 2, .. En 1794, pendant la Révolution française, la place est renommée, de façon éphémère, place Marat.., en l'honneur de Jean-Paul Marat (1743-1793), médecin, journaliste et homme politique de la Révolution, député montagnard à la Convention, assassiné par Charlotte CordaySalies 1989, vol. 2, ..

Histoire Antiquité Durant l'Antiquité, la place Rouaix occupe une position importante dans la ville romaine de Tolosa : à proximité du forum, au croisement du cardo maximus et du decumanus maximus (au nord de l'actuelle place de la Trinité), elle est le point culminant de la ville. Au , un important aqueduc est bâti : cet aqueduc de Lardenne capte les sources qui jaillissent à au sud-ouest de la cité romaine, au pied de la terrasse de Lardenne (emplacement de l'actuel parc de Monlong, chemin de Lestang), sur la rive gauche de la Garonne. L'aqueduc, qui franchit la Garonne un peu plus au sud que le Pont neuf actuel, passe par la descente de la Halle-aux-Poissons, la rue des Marchands, la rue de la Trinité, et débouche sur la place Rouaix. Il a un débit d'environ m³ par jourPierre-Louis Viollet, L'hydraulique dans les civilisations anciennes : 5000 ans d'histoire, Presses de l'École des Ponts et Chaussées, 2005, ..

Moyen Âge et période moderne Au Moyen Âge, la place Rouaix appartient au capitoulat de Saint-Barthélémy. Elle est encore un des lieux stratégiques de la ville. Une importante fontaine est encore en activité : en 1180, les capitouls exigent que ses eaux soient dirigées, à l'est, vers les fossés du rempart Saint-Étienne, à l'ouest, par les Carmes, vers la Garonne et, au nord, par les rues des Puits-Clos et Saint-Rome, vers les fossés de la Porterie.. C'est sur cette place que se tient, à partir du , un marché aux Herbes.

Son nom lui vient de la famille Roaix, qui y possèdent une maison dès le . Importante famille toulousaine, elle donne plusieurs capitouls à la ville entre 1158 et 1536. En 1215, le comte de Toulouse Raimond VI réside dans la maison des Roaix. Certains membres de la famille sont connus comme hérétiques cathares : Étienne de Roaix en 1246, Alaman de Roaix en 1248 et Jean de Roaix au milieu du sont condamnés par la justice de l'Inquisition. En 1550, on connait encore un Danyen de Roaix, doyen de Saint-Félix, qui habite sur la place (actuel )..

Époque contemporaine Pendant la Révolution française, la place Rouaix ne connaît que peu de transformations. Le marché aux Herbes est provisoirement transféré sur la place de la Liberté (actuelle place du Capitole), avant d'être définitivement déplacé en 1813, par décret, sur la place des Carmes dont le déblaiement est achevé, à la suite de la démolition du couvent des Grands-Carmes.

C'est au cours du que la place Rouaix connaît des transformations profondes. Dans un vaste plan de réaménagement urbain, les municipalités toulousaines souhaitent élargir les principales rues et les places de la ville. Sur la place Rouaix, les immeubles du côté ouest sont en grande partie reconstruits à l'alignement : de nouveaux immeubles aux façades néo-classiques sont élevés dans la première moitié du siècle (actuels , 2 et 5). En 1827, une fontaine est commandée par les habitants du quartier à l'architecte Jean-Antoine Raynaud, qui avait été évincé pour le projet de fontaine de la place de la Trinité. Elle est inaugurée le ..

Les travaux se poursuivent, dans la deuxième moitié du , dans le cadre du percement des deux voies « Transversale » et « Longitudinale ». En 1873, les travaux de percement de la rue d'Alsace-Lorraine, entre la place Rouaix et le boulevard de Strasbourg, ouvrent le côté nord de la place. C'est à ce moment qu'est élevé un nouvel immeuble au nord de la place et qu'un nouveau portail est construit pour l'hôtel consulaire (actuels et 2 rue d'Alsace-Lorraine). Entre 1900 et 1904, le prolongement de la rue d'Alsace-Lorraine vers le sud, jusqu'à la place du Salin – c'est-à-dire le percement de la rue du Languedoc – bouleverse profondément la place : tous les immeubles du côté est sont démolis et reconstruits dans le style haussmannien alors en vogue (actuels et 48 rue du Languedoc)Salies 1989, vol. 2, .. La place est un lieu important de l'activité commerciale : vers 1900, on y trouve une des entrées du bazar Yarz (actuel )Salies 1989, vol. 1, ., ainsi que la maison d'orfèvrerie Félix Frères (actuel ).

Au , la place Rouaix reste un lieu commerçant : la droguerie Marty Roubichou (actuel rue du Languedoc, à proximité immédiate de la place Rouaix), est un des commerces les plus anciens de la villeJohanna Decorse, « Vieux commerces toulousains : les gardiens du temps », La Dépêche du Midi, 3 mars 2014.. La place est aussi un carrefour important pour les bus de la Semvat, entre les bus qui suivent le tracé nord-sud des rues d'Alsace-Lorraine et du Languedoc, et ceux qui viennent de la place Étienne-Esquirol. L'ouverture, en 2007, de la station de métro Carmes, proche de la place Rouaix, la trop grande proximité de la place Étienne-Esquirol, où passent de nombreuses lignes de bus, et le réaménagement de ces mêmes lignes de bus entraînent la disparition de l'arrêt de bus. La place a été réaménagée entre 2007 et 2008, et en partie rendue piétonnière« La place Rouaix se fait une beauté », La Dépêche du Midi, 21 janvier 2008.. Elle reste un lieu de passage animé et très fréquenté, bordée de nombreux commercesPauline Amiel, « Place Rouaix à savourer en terrasse », La Dépêche du Midi, 7 juin 2011..

Patrimoine et lieux d'intérêt Fontaine Rouaix vignette|La fontaine Rouaix, par Jean-Antoine Raynaud (1828). En 1828, l'architecte Jean-Antoine Raynaud vient d'achever le château d'eau, qui doit alimenter toute la ville en eau potable grâce à plusieurs bornes-fontaines. Mais les habitants veulent une véritable fontaine, comme celle qui est prévue pour la place de la Trinité, et obtiennent du conseil municipal l'argent nécessaire à sa construction. Elle se compose d'un bassin circulaire de pierre décoré de cannelures. Au centre s'élève un édicule revêtu de plaques de marbre blanc, surmonté d'un toit, avec des frontons ornés de deux dauphins et couronnés par deux acrotères. Deux têtes de lion en bronze projettent l'eau dans le bassinSalies 1989, vol. 2, ...

Immeubles 1 : immeuble. L'édifice est composé de deux bâtiments, réunis à la fin du (anciens et 23 rue des Chapeliers). L'immeuble de droite, construit dans la deuxième moitié du , présente sur la place une façade néo-classique. Le rez-de-chaussée est percé d'une arcade de boutique et d'une porte piétonne rectangulaire. Aux trois premiers étages, les fenêtres ont un encadrement mouluré. Celles du ont un garde-corps en fer forgé à motifs géométriques. En 1897, l'immeuble est surélevé pour le compte de par l'architecte Henri Camalet. Les fenêtres ont des impostes en fonte et, du au dernier étage, de garde-corps en fonte également..

4 : immeuble (première moitié du )..

Personnalité vignette|Portrait anonyme de Prosper-Olivier Lissagaray (vers 1875). Prosper-Olivier Lissagaray (1838-1901) : fils du pharmacien Laurent Prosper Lissagaray, il naît au domicile de ses parents, à l'ancien de la place Rouaix (emplacement de l'actuel rue du Languedoc). Journaliste républicain socialiste, commissaire de guerre à Toulouse pendant la guerre en 1870, il est l'auteur d'une Histoire de la Commune de 1871. Lors de son exil à Londres, il vécut une idylle avec Eleanor Marx, fille cadette de Karl MarxPascal Pallas, « Histoire. Prosper Lissagaray, ce père du socialisme né à Toulouse », sur le site actu.fr, 11 juin 2017..

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie . .

Articles connexes Liste des voies de Toulouse Liste des œuvres publiques de Toulouse

Liens externes « Notice », Au nom de la voie, sur le site Urban-Hist, Archives municipales de Toulouse, (consulté le ). Inventaire général du patrimoine culturel d'Occitanie, sur le site Ressources patrimoines - La médiathèque culturelle de la région Occitanie (consulté les 3 et ). Inventaire préliminaire de la ville de Toulouse, sur le site Urban-Hist, Archives municipales de Toulouse (consulté le ).

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