Le lycée Gabriel-Faure est un établissement public situé au centre de la ville de Tournon-sur-Rhône, en Ardèche. Anciennement nommé Collège de Tournon, il peut être considéré comme le second plus vieux lycée de France, et le plus vieux en province. Il porte aujourd'hui le nom de l’écrivain Gabriel Faure (1877-1962), natif de Tournon.
Les locaux comprennent une bibliothèque, dite Honoré d'Urfé, où se trouvent entre et ouvrages, de grande valeur pour certains, ainsi qu'une chapelle de style Jésuite classique (classicisme) et une galerie de tapisseries.
Informations Adresse : place Stéphane-Mallarmé, 07300 Tournon-sur-Rhône. Baccalauréats proposés : Général (Maths, SPC, SVT, SES, HGGSP, HLP, AMC), technologique (STMG, ST2S), professionnel. Options proposées : Arts plastiques, Latin, Droits & Grands Enjeux du Monde Contemporain, Mathématiques complémentaires, Mathématiques expertes, Option Sport, Section Badminton. Langues enseignées : allemand, anglais, espagnol, grec ancien, italien et latin. Nombre d’élèves : environ. Nombre de classes terminales : 7.
Classement du lycée En 2015, le lycée se classe sur 12 au niveau départemental quant à la qualité d'enseignement, et 1635 au niveau national.. Le classement s'établit sur trois critères : le taux de réussite au bac, la proportion d'élèves de première qui obtient le baccalauréat en ayant fait les deux dernières années de leur scolarité dans l'établissement et la valeur ajoutée (calculée à partir de l'origine sociale des élèves, de leur âge et de leurs résultats au diplôme national du brevet)..
Histoire Anciennement nommé Collège de Tournon, il fut fondé en 1536 par le cardinal François II de Tournon. En 1548, le Collège de Tournon devient une université de Philosophie et des sept Arts Libéraux. Très vite, elle est fréquentée par plus de deux mille étudiants originaires de l'Europe entière. Des presses universitaires éditent de nombreux ouvrages à l'intention de ces étudiants.
Face à la montée de la réforme, le , le Collège passe sous la direction de la Congrégation de Jésus (les jésuites). Le Collège devient ainsi le centre de résistance du parti catholique contre le protestantisme.
En 1562, le cardinal instaure la gratuité de l’enseignement au Collège et lègue sa bibliothèque personnelle à l’établissement, dont des « incunables ». Il meurt la même année.
Dès cette période, la réputation de l’établissement est grande. L’apogée se situe en 1604. On y enseigne l’hébreu, le chaldéen pour les professeurs jésuites. La notoriété est telle que les carmes obtiennent d’ouvrir un noviciat à Tournon. Les novices sont instruits au Collège ; la théologie, enseignée depuis 1584, est excellente. Le rayonnement du Collège s’étend à la France entière. La fonction universitaire dura jusqu'en 1626, puis Tournon redevient un simple collège d'enseignement secondaire.
En 1714, le Collège et la bibliothèque sont victimes d’un incendie. La plupart des livres brûlent ou disparaissent, quelques-uns jetés par les fenêtres sont retrouvés en piteux état. Un nouveau fonds est constitué, vendu en 1763 lors de l’expulsion des jésuites (environ ).
En 1776, le collège devient Ecole Royale Militaire et passe aux mains des oratoriens qui introduisent l'enseignement de l'histoire-géographie, celui des sciences exactes et des sciences d'Observation, tout en donnant au français une plus grande place. En 1820, le collège passe sous administration laïque, et avec la Restauration française, le Collège est dit royal.
En 1848, il devient lycée, rattaché à l'académie de Grenoble, puis lycée impérial sous le Second Empire. La dénomination du lycée lui reste acquise après 1870. alt=Vue d'ensemble de la Bibliothèque historique "Honoré d'Urfé" du Lycée Gabriel Faure.|vignette|324x324px|La bibliothèque historique "Honoré-d'Urfé" du lycée Gabriel-Faure. En 1888, dernière avanie pour la bibliothèque : des livres sont emballés et emportés à Lyon et lorsqu’à nouveau douze caisses sont prêtes à être expédiées à l’Université de Lyon, la population tournonaise manifeste et empêche le transfert. Seuls seraient partis, parmi les plus anciens ; ils dorment toujours dans les réserves des Bibliothèques municipale et universitaire de Lyon. D'autres livres ont été emportés pour servir à l'Université de Grenoble, comme il était coutume à l'époque.
L'établissement prit le nom lycée Gabriel-Faure en 1967.
En 1968, il devient lycée d’État mixte polyvalent de second cycle.
Plusieurs parties de l'édifice sont classés « Monument historique ». : le portail d'entrée est classé depuis 1925, le parc depuis 1932 et la chapelle depuis 1943. D'autres parties du lycée sont inscrites depuis 1937.
Éléments remarquables
Bibliothèque Son contenu : entre et , issus essentiellement de la bibliothèque reconstituée en 1777, quelques-uns donnés par les communautés religieuses, d’autres par de grandes familles, quelques autres (mais rares) remontant avant l’incendie.
Certains ouvrages ont une grande valeur comme : La de l’Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, à laquelle manquait les volumes des planches, acquis en 1986 ; La Description de l’Égypte dans son intégralité, grands volumes reliés tissu, protégés depuis 2013 dans un meuble conçu spécialement. Il s’agit des relevés effectués par l’équipe de savants qui ont participé, à cette fin, à l’expédition d’Égypte, en 1798/1799 ; La Mécanique céleste de Pierre-Simon de Laplace ; Un ouvrage sur les volcans éteints du Vivarais et du Velay, de Faujas de St Fond, illustré de lithographies vraisemblablement.
D’autres sont des curiosités : Le dictionnaire chinois - latin - français, édité sous le Premier Empire ; Des exemplaires d’une revue la Décade littéraire, politique et artistique, parue sous la Révolution française ; Le Journal des Savants (1788-1789).
Chapelle Les travaux de construction ont duré de 1673 à 1720. Les plans reprennent les dessins de l'architecte lyonnais Martellenge.
Avant la construction, financée par les jésuites, de très longues tractations furent nécessaires pour acheter et revendre des terrains, raser de vieilles maisons et déplacer les remparts. vignette|433x433px|Chapelle du lycée Gabriel-Faure de Tournon-sur-Rhône. Les travaux furent très longs car ils furent souvent interrompus. En effet, avec les guerres de Religion, les ouvriers étaient souvent réquisitionnés pour consolider les remparts de la ville. 1673 : pose de la première pierre ; 1707 : pose de la balustrade du chœur, installation des degrés de l'autel et des dalles ; 1713 : édification du clocher. Comme la chapelle est à peu près terminée, elle est ouverte au culte ; 1714 : les toiles du Capassin et les tapisseries (Aubusson et Flandres) sont abritées dans la chapelle, ce qui leur évite de disparaître dans l'incendie du Collège ; 1720 : les cendres du cardinal François II de Tournon sont déposées derrière l'autel.
La façade est de style Jésuite classique (classicisme). Elle est réalisée en molasse, ce qui lui confère sa couleur. Elle est très élégante avec ses colonnes doriques à la base, composites au sommet.
L'intérieur, d'une longueur totale de , est de style Renaissance. La grande nef est flanquée de chapelles et le tout est décoré en trompe-l'œil, ce qui fait que l'on confond parfois ce style avec le baroque du . Des galeries latérales courent au-dessus des chapelles.
L'acoustique est remarquable et met en valeur le son de l'orgue classique installé au .
Galerie des tapisseries vignette|321x321px|Tapisserie de la Cène, avant sa restauration. On y accède par un escalier monumental. Il est bordé par une rampe en ferronnerie, réalisée à la veille de la Révolution française, sous les oratoriens. Elle coûta .
Dans la galerie des tapisseries, sept tentures sont exposées. Elles datent des . Deux tapisseries des Flandres en très mauvais état entourent cinq tentures d'Aubusson.
Les tapisseries d'Aubusson représentent le baptême du Christ, la Cananéenne, le sermon sur la montagne, la Cène, et Jésus chassant les marchands du temple. Trois ont été restaurées pour le 400e anniversaire du lycée en 1936.
Les tapisseries des Flandres sont d'un style tout à fait différent et leurs couleurs ont moins pâli mais comme elles servaient de tapis lors des distributions des prix, elles ont été très dégradées par le frottement des chaussures ou les mégots de cigarettes qu'on y écrasait.
En , les 8 tapisseries classées Monument Historique quittent le lycée pour un beau travail de restauration financé par la Région Auvergne-Rhône-Alpes et la DRAC.
Cour d'Honneur centré|vignette|679x679px|Cour d'honneur du lycée Gabriel-Faure.
Personnalités liées à l'établissement Anciens élèves (Liste non exhaustive, classée en ordre croissant d'années de naissance).
Anciens professeurs Stéphane Mallarmé (1842-1898), poète français. Augustin Pérouse (1867-1919), écrivain, enseignant de lettres au lycée entre 1901 et 1919. Louis Gaillard (1928-2025), professeur de philosophie, militant socialiste, candidat aux élections législatives de 1974 et 1978.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
Articles connexes Tournon-sur-Rhône
Liens externes
Site officiel. Sauvegarde du patrimoine du lycée Gabriel Faure.
Gabriel Faure Catégorie:Monument historique en Ardèche Catégorie:Monument historique classé en 1925 Catégorie:Monument historique classé en 1932 Catégorie:Monument historique inscrit en 1937 Catégorie:Monument historique classé en 1943 Catégorie:Tournon-sur-Rhône Catégorie:Institution liée à la tapisserie d'Aubusson