Philippe Nemo, né le à Paris, est un philosophe français.
En 2016, il fonde avec six autres universitaires l'École professorale de Paris, dont il assure depuis la direction.
Spécialisé en philosophie politique, il écrit sur l'histoire des idées politiques, notamment le libéralisme, les questions éducatives, religieuses et esthétiques.
Biographie Formation Fils du général , Philippe Nemo naît le à Paris..
Élève des lycées Pasteur et Louis-le-Grand (1966-1968)., puis de l'École normale supérieure de Saint-Cloud (promotion L1969)Recherche « Nemo Philippe », sur lyon-normalesup.org/Annuaire., il soutient en 1974 une thèse de en philosophieCf. notice SUDOC de la thèse de (version dactylographiée), par ailleurs éditée par Grasset. dirigée par Jean-Toussaint DesantiVoir sur doczz.fr, p. 5., prolongée par une thèse d’État en philosophie politique réalisée sous la direction de Raymond BoudonCf. Notice SUDOC de sa thèse. et soutenue en 1987.
Parcours académique De 1977 à 1981, il est chargé de cours au département de philosophie de l'université de Tours, et, pendant deux ans, chargé de conférences à l'École pratique des hautes études ( Section)..
En 1978, il devient conseiller technique au cabinet de Jacques Barrot, ministre du Commerce et de l'Artisanat, puis de Lionel Stoléru, secrétaire d'État à la Condition des travailleurs manuels et immigrés..
En 2014, il se présente à l'Académie des sciences morales et politiques au fauteuil de Raymond Boudon, mais l'élection est déclarée blanche..
En 2016, il cofonde l'École professorale de Paris, établissement privé de formation des enseignants, qu'il dirige depuis lors...
Radio En 1974, il devient producteur, à France Culture, d'une émission hebdomadaire intitulée L'Autre Scène ou les Vivants et les Dieux, consacrée à la philosophie et à l'histoire des religions, qu'il réalise en alternance avec Claude Mettra.
D' à , il dirige toutes les quatre semaines l'émission Le Monde de la philosophie sur Radio Courtoisie. Rémi Soulié le remplace en janvier 2018.
Vie privée Époux de , enseignante de philosophie, directrice du Nouveau Détective. puis présidente de l'Institut pour la justice, il est le père de l'éditeur ..
Travaux
Après un essai de jeunesse intitulé L'Homme structural (Grasset, 1975), Philippe Nemo publie en 1978 un essai philosophique sur le Livre de Job de la Bible, Job et l'excès du mal (Grasset, 1978). Ce livre fait l'objet d'un commentaire d'Emmanuel Levinas, Transcendance et mal, qui sera publié en postface dans les éditions ultérieures de l'ouvrage (Albin Michel, 2001).
Par la suite Nemo réalisera avec Levinas une série d'entretiens sur France-Culture, qui seront publiés en volume sous le titre Ethique et infini (Fayard, 1982). Ce petit livre sera traduit en une dizaine de langues.
Philosophie politique Nemo se concentre ensuite sur la philosophie politique et sociale. Avec Henri Lepage, il est l'un des divulgateurs de la pensée de Hayek dans le monde francophone, notamment par son livre La Société de droit selon F. A. Hayek (PUF, 1988), qui est sa thèse de doctorat d’État. Il travaille ensuite sur l'histoire des idées politiques et publie Histoire des idées politiques dans l'Antiquité et au Moyen Âge (PUF, 1998, Prix Koenigswarter de l'Académie des Sciences morales et politiques, traduit en anglais et en chinois) ; Histoire des idées politiques aux Temps modernes et contemporains (PUF, 2004). Il approfondit, en particulier, l'histoire intellectuelle du libéralisme. Il dirige ainsi, avec Jean Petitot, la publication d'une Histoire du libéralisme en Europe, fruit des travaux d'un séminaire tenu en 2004-2006 à l'ESCP et au CREA de l'École polytechniqueSéminaire "Histoire du libéralisme en Europe.. Cet ouvrage de 1427 pages est consacré pour l'essentiel à l'exposé des doctrines libérales françaises (Boisguilbert, les Physiocrates, Turgot, Destutt de Tracy, Benjamin Constant, l'"école de Paris"...), italiennes (Taparelli d'Azeglio, Pantaleoni, De Viti de Marco, Vilfredo Pareto, Luigi Einaudi, Piero Gobetti...), allemandes (ordolibéralisme de Walter Eucken et Wilhelm Röpke) et autrichiennes (Ludwig von Mises, Hayek).
Il estime que les institutions politiques et juridiques des pays occidentaux modernes, qui valorisent et garantissent les libertés individuelles, sont le fruit d'une longue évolution où le christianisme a joué un rôle majeur. Nemo publie, en ce sens, Qu'est-ce que l'Occident? (PUF, 2004, traduit en douze langues). Pour Nemo, le libéralisme occidental est le résultat de cinq phénomènes successifs : l'apparition de la Cité grecque ; l'émergence du droit romain ; l'eschatologie biblique ; la révolution papale des ; et la prise de conscience du fait que la liberté individuelle, et le pluralisme ou polycentrisme social qui en est le corollaire, produisent de l'ordre et non du désordre dans les trois registres de la vie intellectuelle, politique et économique. Nemo écrit ensuite Les deux Républiques françaises (PUF, 2008), où il fait l'historique de la confrontation entre, d'une part, les doctrines démocratiques et libérales, d'autre part les divers avatars du socialisme, dans la France des XIXe et XXe siècles. Il y dénonce les idées entretenues à ce sujet par le "politiquement correct" universitaire, par exemple que les Jacobins et autres "Rouges" auraient été des démocrates et les moteurs des progrès du pays, alors qu'ils ont constamment préféré l'émeute et n'ont jamais cru au principe des libres élections. Si la France est devenue un grand pays scientifique et industriel moderne, si elle a à peu près éteint le paupérisme en un siècle, c'est dû, selon l'auteur, au fait que les pro-jacobins n'y ont exercé le pouvoir que de façon brève et discontinue.
Plusieurs des articles de Nemo sur ces différents sujets politiques ont été repris dans le recueil La France aveuglée par le socialisme (François Bourin, 2011 et Texquis, 2013).
Philosophie de l'éducation Au-delà de la philosophie politique, Philippe Nemo a travaillé également sur les questions de philosophie de l'éducation, de philosophie religieuse et esthétique.
Dans Quel lycée au ?, ouvrage collectif dirigé par Nemo, les professeurs de l'Ecole professorale de Paris ont exposé les grandes lignes des programmes d'une école secondaire rénovée, qui retrouverait les exigences intellectuelles des lycées antérieurs aux réformes des années 1960 et 1970, et se déciderait à commencer dès la classe de 6ème une étude raisonnée des sciences.
Philosophie esthétique Dans sa jeunesse, Nemo avait réalisé pour France Culture une série d'entretiens avec Georges Brassens. Dans la suite de son œuvre, il a tenté d'apporter des contributions à la philosophie de l'art. Il a proposé une philosophie de la musique dans l'ouvrage Le Chemin de musique (PUF, 2010), où il entend montrer, à partir d'une autobiographie musicale, que la musique a un sens, contrairement à ce que soutiennent certaines théories qui font d'elle un simple jeu sur les formes, sans signification ni conséquences. Ce sens que porte intimement en elle la musique peut être mis en relation avec ceux qu'atteignent, de leur côté, les autres arts, et les expressions verbales de l'esprit, littérature, philosophie ou mystique. L'unité de l'esprit humain permet ces correspondances« Les philosophes et la musique », in Le Monde de la Musique , juin 2004..
Qu'est-ce que l'Occident ? L'essai de Nemo Qu'est ce que l'Occident ? est un discours à la civilisation occidentale sur le modèle de Johann Gottlieb Fichte et de Julien Benda, qui s'attache à définir une identité occidentale. L'auteur soutient que l'Occident est une culture et/ou une civilisation distincte des autres et caractérisée par 5 événements clefs ou « miracles »Thibaut Gress, Philippe Nemo : Qu’est-ce que l’Occident ?, actu-philosophia.com, 22 septembre 2008. : 1. L'invention de la Cité, de la science (et de l'école) par les Grecs ; 2. L'invention du droit romain, surtout du droit privé (propriété privée et individualisme, source futures de l'humanisme…) ; 3. La morale judéo-chrétienne biblique de l'amour et de la compassion (la charité surpasse la justice, définition et apparition du progrès…) ; 4. La « révolution papale »Terme préféré à celui de ; cf. Law and Revolution d'Harold Berman., la « synthèse, l’hybridation des trois moments-clés, qui s’est produite au Moyen Âge » (responsabilité, rationalité) ; 5. L'avènement du libéralisme intellectuel (liberté d'expression et tolérance), politique (démocratie) et économique (économie de marché).
L’originalité de l'Occident serait d’avoir été modelé « par tous ces cinq et par aucun autre. »Philippe Nemo, Qu’est-ce que l’Occident, PUF, 2005, .
Comme Rémi Brague ou Dominique Urvoy, Nemo considère que le renouveau intellectuel de l’Europe des s serait dû non à une influence arabe et musulmane mais plus profondément provoqué par la . En conclusion, il suggère une « Union occidentale » qui regrouperait l’Europe occidentale, le Canada et les États-Unis.
Les Deux Républiques françaises
Ouvrage polémique, qui fait une relecture de l'histoire de France à partir de la Révolution française, il distingue deux républiques françaises issues de deux révolutions radicalement antagonistes, qu'il est essentiel de distinguer nettement car « c'est pour [les] avoir confondu[e]s […] que l'histoire de la Révolution française est un chaos inintelligible » (citation à mettre au point). Cf Interview de Philippe Nemo.Voir sur lexpress.fr. : La première est la Révolution démocrate-libérale de « 1789 ». Inspirée du régime parlementaire britannique, elle a pour pivot la représentation nationale et les élections démocratiques. La seconde est la Cette demande de référence et les suivantes (cf. discussion "Quelques problèmes") portent 1) sur une page de l'ouvrage de Philippe Nemo 2) sur une citation (phrase complète, compréhensible) incluant l'expression concernée.. En rupture radicale avec les Lumières, elle se forge surtout sous la menace des 200 canons de la Commune insurrectionnelle, ce qui l’identifie à la TerreurVoir sur nonfiction.fr.. La révolution jacobine impose une France monolithique par la guillotine, contre les propositions fédérales des Girondins respectueux des particularismes régionaux.
Depuis la Révolution, ces deux républiques s’opposent et se disputent la légitimité de l’appellation « républicaine » ainsi que la légitimité de l’héritage de la Révolution. Préciser qui Nemo désigne sous ce label. considère que la république (de « 1793 ») aurait été notamment démocrate ; que la République serait née de « 1793 » ; que « 1793 » aurait été laïque ; que « 1793 » aurait été dreyfusard ; Cette phrase est incompréhensible. Cf. discussion. ;
L'auteur propose alors de démythifier un par un ces mythes de la république de « 1793 » : 1. « 1793 » n'a pas été démocrate : elle a refusé les élections et réprimé avec violence les tenants de l’opinion adverse (massacres du 10 août 1792 et massacres de Septembre 1792, elle a méprisé les droits et libertés individuelles, réduisant la place des individus au nom du , etc. 2. La République n'est pas née de « 1793 » : Phrase suspecte ou approximative ; il y avait aussi des républicains : Gambetta, Clemenceau, Ferry, etc. ; 3. « 1793 » n'a pas été laïque : elle a instauré une « religion de gauche » : Si Nemo a écrit cela, que cela soit donné comme une citation.Voir sur libres.org. ; 4. « 1793 » n'a pas été dreyfusarde : elle a même apporté de nombreux soutiens à l’antidreyfusisme. Prenant appui sur Léon Blum, l'auteur rappelle que c'est chez les républicains modérés, les orléanistes et les libéraux que Dreyfus trouva ses soutiens ; 5. : Citation nécessaire. ; les trois quarts des députés socialistes et radicaux Identifier Laval et Darlan avec le Front populaire paraît un peu léger (voir discussion). Citation nécessaire. ont voté les pleins pouvoirs à Philippe Pétain (comme
Ainsi, selon l'auteur,