La politique de la république de Chine (Taïwan) repose sur un système multipartite.
Le rapport de l'ONG américaine Freedom House qui évalue l'état des libertés civils et des droits politiques lui attribue la note de .
Principaux partis politiques actuels 300px|thumb|Propagande électorale sur le stand d'un vendeur ambulant, en 2004.
Coalition pan-verte
le Parti démocrate progressiste, ou Minjindang () (DPP) (en anglais Democratic Progressive Party). Parti indépendantiste soutenant l'indépendance de Taïwan. Il est actuellement au pouvoir depuis avec Tsai Ing-wen comme présidente (2016-2024), puis avec Lai Ching-te, élu en . le Parti social-démocrate (SDP) (), (en anglais Social Democratic Party). Parti indépendantiste soutenant l'indépendance de Taïwan. Il se revendique en règle générale du modèle ouest et nord-européen de la social-démocratie. le Parti du nouveau pouvoir (NPP) (), (en anglais New Power Party). Nouvelle formation politique. l'Union pour la solidarité de Taïwan (TSU) (), (en anglais Taiwan Solidarity Union). Ce petit parti prône l'indépendance de l'île. Le Parti vert de Taïwan, membre de la Fédération des Verts d'Asie et du Pacifique
Coalition pan-bleue
le Kuomintang () (KMT) (en pinyin Guomindang). Anti-communiste, nationaliste, fondé en 1911 en Chine par Sun Yat-sen et importé à Taïwan par Tchang Kaï-chek (en pinyin Jiang Jieshi) lors de sa fuite de Chine continentale en 1949. Le Kuomintang, longtemps resté au pouvoir (il a régné sans partage de 1950 à 1991) est encore très puissant. le Qinmindang (), le Parti « du peuple d'abord » (PFP) (en anglais People First Party). Issu d'une scission du Kuomintang en 2000, ce petit parti s'est allié avec ce dernier pour former la coalition pan-bleue.
Autres partis le Parti populaire taïwanais(TPP) (), (en anglais Taiwan People's Party). Nouvelle formation politique. l'Alliance du parti du congrès, fondé le .
Système électoral
Mode de scrutin présidentiel
Depuis 1996, le pouvoir exécutif de l'île représenté par sa présidence et sa vice-présidence n'est plus élu par l'Assemblée législative.
Le président de la république de Chine est élu au scrutin uninominal majoritaire à un tour pour un mandat de quatre ans renouvelable une seule fois, de manière consécutive ou non. Les candidats à la présidence se présentent chacun en binômes avec un colistier, lui même candidat à la vice-présidence mais au suffrage universel direct, à bulletin secret.
Il faut être âgé d'au moins 40 ans, et avoir résidé à Taïwan depuis au moins quinze ans, sans interruption de plus de six mois consécutifs..
Mode de scrutin législatif
Les élections législatives visent à élire les 113 membres du Yuan législatif, le parlement monocaméral de la république de Chine par un scrutin à un tour. Le scrutin se décompose en 3 parties : 73 sièges sont pourvus par un vote scrutin uninominal majoritaire à un tour ; 34 sièges sont pourvus par un vote scrutin de liste ; 6 sièges sont pourvus par les citoyens aborigènes. Le système électoral taïwanais est un système dit hybride. Aux élections législatives, chaque électeur dispose de deux voix : une pour un parti et l’autre pour un candidat local. Les partis récoltant moins de 5% des voix n'obtiennent aucun siège. De plus, ⅓ des sièges sont réservés à des femmes.
Historique des scrutins passés
Élections présidentielles Jusque dans les années 1980, l'île vit sous la loi martiale décrétée en 1949. Il faut attendre 1996 pour voir apparaître les premières élections.
L'élection de 2004, se déroule dans un climat politique très agité. En effet, la veille du scrutin du 20 mai 2004, le président et la vice-présidente sont victimes d'un attentat dans le sud du pays, l'opposition accusant le président sortant d'avoir organisé lui-même l'attentat. Après un recomptage des voix, le président sortant Chen est réélu.
Élections régionales de décembre 2005 Le Kuomintang sort large vainqueur des élections régionales du , face au Parti démocrate progressiste (DPP), au pouvoir depuis 2000 et conduit par le président Chen Shui-bian. La baisse de popularité de ce dernier est principalement liée à des affaires de détournement d'argent. Cette tendance se confirme aux élections nationales de 2008, le Kuomintang reprend le pouvoir, retrouvant la position qu'il avait occupée pendant un demi-siècle, entre la fuite de Chine continentale et l'année 2000.
L'une des conséquences de cette élection est la possibilité d'une détente des relations avec la Chine populaire. En effet, le commerce entre les deux pays représente près de 70 milliards de dollars, et la Chine est désormais le des exportations de Taïwan. Cela pousse les gouvernements des deux pays à aplanir leurs différends politiques.
Mouvements sociaux L'histoire des mouvements sociaux de Taïwan est liée à l'ouverture démocratique de l'île. Ces mouvements sont étroitement liés au contexte politique de l'île. Le premier d'entre eux est le .
Insurrection de 1997 Ce mouvement social réclamait l'indépendance de l'île, des transformations sociales, une ouverture culturelle et une plus grande participation politique.
Manifestation 326 La marche du 26 mars 2005, dite manifestation 326, est une manifestation en faveur de la démocratie et de la paix qui dénonce les ingérences chinoises sur l'autodétermination de l'île. Soutenue par le Parti démocrate progressiste (DPP) de Taïwan, les manifestants dénoncent notamment la loi anti-sécession adoptée par l’Assemblée nationale populaire chinoise le , qui codifie les étapes légales à une action militaire pour envahir l'île. Cette manifestation marque une étape importante dans la volonté d'autodétermination des taïwanais et renforce également le mouvement indépendantiste de l'île.
Mouvement des fraises sauvages de 2008 Le mouvement des fraises sauvages est un mouvement social opposé aux abus des forces de l’ordre à l’occasion de la visite de , le président chinois de l’Association pour les relations inter-détroit, en .
Mouvement Tournesol des Étudiants de 2014 Le Mouvement Tournesol des Étudiants (太陽花學運) est un mouvement social initié par les étudiants taïwanais qui occuperont le Yuan législatif du au . Il est associé au mouvement Occupy.
Ils ont dénoncé l'ingérence chinoise, le de la part du Kuomintang sur l'accord de libre-échange sino-taïwanais. Ils ont également réclamé des avancées en matière de droits sociaux et de transparence de la vie publique. À la suite de ce mouvement, de nouveaux partis politiques apparaissent et se présentent aux élections de 2016.
Mouvement Bluebird de 2024 Le () est un mouvement de défense démocratique survenu en 2024 sur l'île. Il trouve ses origines le avant l'adoption par l'alliance législative majoritaire du KMT et du Parti populaire taïwanais d'un projet de réforme législative qui remet en question l'équilibre des pouvoirs en restreignant les pouvoirs du nouveau président, Lai Ching-te (DPP). Le projet de loi étant à l'initiative non pas du KMT mais du PPT, on dénonce également des irrégularités de procédure, une accélération des débats, des discussions entre le KMT et le PCC complètent les motifs de contestation.
Depuis, le mouvement s'étend à des projets de loi portés par la majorité parlementaire (entre autres, relance du nucléaire, contrôle des médias par le législatif, privatisation du rail).
En 2025, le mouvement se transforme en un mouvement pour obtenir un vote de révocation de nombreux élus du KMT, les accusant entre autres de menacer la sécurité nationale. Ce mouvement de révocation est soutenu par le PDP. En deux journées, le et le , 31 députés du KMT sont ainsi soumis à un vote populaire de révocation dans ce qui est appelé « ». Aucun des députés n'est révoqué ce qui constitue un revers pour le PDP....
Politique extérieure
thumb|Chaîne humaine de contre les missiles chinois.
Taïwan et la Chine Des conflits politiques opposent le gouvernement de la Chine populaire à celui de Taïwan : le gouvernement de Taïwan est l'héritier du gouvernement pré-communiste de la Chine. La Chine populaire considère que Taïwan fait partie de son territoire, et fait pression sur les autres pays pour qu'ils ne reconnaissent pas officiellement Taïwan comme une nation indépendante. Étant donné le poids beaucoup plus important de la Chine, peu de pays reconnaissent officiellement Taïwan. Les Palaos et les îles Marshall sont parmi les seules nations à reconnaître les deux.
Taïwan occupait de 1945 à 1971 le siège permanent de la Chine au Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations unies (ONU). Le , l'Assemblée générale des Nations unies adopte la résolution 2758 reconnaissant la république populaire de Chine comme seule représentante légitime et donnant le siège permanent du Conseil de sécurité à cette dernière.
Début 2014, des étudiants ont occupé le Parlement afin de protester contre un projet d'accord commercial entre Taïwan et la république populaire de ChinePatrick Saint-Paul, « Le réveil démocratique de Taïwan », Le Figaro, jeudi 10 avril 2014, p. 14.. D'importantes manifestations ont également eu lieu, les habitants craignant de plus en plus un trop fort rapprochement avec Pékin qui rendrait l'île entièrement dépendante de la Chine continentale.
L'indépendance formelle de Taïwan vis-à-vis de la Chine est une question sensible qui rythme les débats politiques au sein de la société. Un sondage de Mai 2016 conduit par le "Taiwan Indicators Survey Research" indique que 52,6 % des habitants seraient favorables à l'indépendance formelle. Cette proportion s'élève même à 72 % chez les 20-29 ans selon ce même sondage. Cette question n'est toutefois jamais vraiment abordée de manière frontale par les autorités en raison des pressions de Pékin qui cherche à empêcher toute marche vers l'indépendance de l'île, au prix d'un conflit armé si nécessaire. Les différents gouvernements successifs ont tenté de conjuguer la menace venant de la Chine continentale et le sentiment de la population dans le but de sauvegarder les intérêts de l'île et son système démocratique.
Accords bilatéraux avec l'ancien gouvernement de Taïwan En , un accord commun informel (non cautionné par le gouvernement de Taïwan) est signé entre le PCC (Parti communiste chinois) et deux partis d'opposition à Taïwan, le Kuomintang et le Qinmindang. Ce texte soulignait la volonté des deux partis pour une ouverture plus large du commerce entre Taïwan et la république Populaire de Chine, la signature d'un accord de paix, le retrait des frais de douane, les libres échanges de biens et de personnes entre les deux parties du détroit, la création de liens entre les armées et l'entrée de Taïwan dans certaines organisations internationales, telles que l'OMS. Il se fondait aussi sur le retour au « consensus de 1992 », qui veut que les deux bords du détroit de Taïwan adhèrent au principe d'« une seule Chine ». Cet accord prévoit également une ligne directe Chine continentale Taïwan pour janvier 2006.
Bien que Chen Shui-bian, ait été élu démocratiquement et ait ainsi battu le parti historique du Kuomintang, dans ces accords, le Kuomintang et le Qinmindang s'engagent à surveiller les agissements du président taïwanais « pour le bien du peuple ».
Néanmoins, le Kuomintang, parti d'opposition, n'étant pas missionné par le gouvernement taïwanais, l'ensemble de cette déclaration n'avait qu'une valeur symbolique. Les propositions effectuées sont alors subordonnées soit à l'accord du président Chen Shui-bian, qui a très rapidement après le communiqué commun fait savoir qu'il ne reconnaissait pas le "Consensus de 1992", soit au retour au pouvoir du Kuomintang.
Premiers effets des accords Lors de la séparation politique des deux territoires, les passeports de la république de Chine n'était pas reconnus par la république populaire de Chine.