Joseph Schmidt, né le à Davideni (Autriche-Hongrie) et mort le à (Suisse), est un ténor lyrique autrichien et roumain.
Biographie
Naissance
Joseph Schmidt naît le à Davideni en Autriche-Hongrie, aujourd'hui en Ukraine. Davideni est à l'époque une petite ville dans le district de Storojynets en Bucovine, laquelle appartient à une terre de la Couronne indépendante de la confédération relevant de la .
Charlotte Krauss, Ariane Lüthi et Geneviève Humbert-Knittel précisent à ce sujet :
Le lieu de naissance de Schmidt se situe aux alentours de la capitale historique nommée Tchernivtsi. Les Ukrainiens et les Roumains y cohabitent en harmonie. La proportion de la population d'origine juive s'y avère relativement importante. Ses représentants sont d'ailleurs considérés comme porteurs de la culture allemande.
La ville de Tchernivtsi et la Bucovine ont vu naître plusieurs écrivains majeurs des et . Citons notamment (1898-1967), Rose Ausländer (1901 à 1988) et Paul Celan (1920-1970) .
Enfance et formation
En plus de l'allemand, qui est sa langue natale, et le yiddishp. 162, il étudie l'hébreu (liturgique) et parle couramment roumain, français et anglais. Enfant, Joseph Schmidt chante pour la première fois en tant qu'alto à la synagogue de Cernăuți alors devenue Roumaine. Il grandit dans la plus pure tradition des cantors qui sont des musiciens formés à l'art vocal afin de guider la synagogue dans la prière juive chantée.
Premiers concerts
Ses talents sont rapidement reconnus et, en 1924, il présente son premier récital à Tchernivtsi en y interprétant des chansons traditionnelles juives ainsi que des airs de Verdi, Puccini, Rossini et Bizet. Il s'installe alors à Berlin pour y prendre des leçons de piano et de chant à la auprès du professeur Hermann Weißenborn. Il revient ensuite en Roumanie pour y effectuer son service militaire.
Carrière radiophonique
En 1929, il retourne à Berlin où , un célèbre baryton néerlandais, l'engage pour une émission de radio dans le rôle Vasco da Gama de L'Africaine de Meyerbeer. Sa diffusion inaugure le début d'une carrière internationale couronnée de succès. En raison de sa petite taille (il mesurait un peu plus de 1,50 m), une carrière sur la scène était impossible. Mais sa voix était très bien adaptée pour la radio. Il fait de nombreux enregistrements, d'abord pour Ultraphone, puis pour Odeon / Parlophone et Telefunken. Il est présenté dans de nombreuses émissions de radio et joue dans plusieurs films aussi bien en allemand qu'en anglais.
Émergence du nazisme et judéité
Alors que Joseph Schmidt obtient ses plus grands succès lors de la montée du nazisme en Allemagne, il apparaît inversement que, quelques années plus tard, le Parti national-socialiste des travailleurs allemands n'aura de cesse d'interdire aux artistes et écrivains juifs de travailler. Le , le ténor se produit pour la dernière fois à la radio allemande en y interprétant Le Barbier de Bagdad. Une semaine plus tard, l'accès à la station de radiodiffusion lui est formellement interdit.
Fuite
Après la première de son film, , le , il s'enfuit en décembre de la même année, d'abord en passant par Vienne, puis, en 1934, il effectue une tournée en Palestine mandataire. En 1937, il part en tournée aux États-Unis et joue le au Carnegie Hall avec d'autres chanteurs de renom dont, notamment, la cantatrice & actrice Grace Moore et la soprano colorature allemande Erna Sack .
Fin de vie
vignette|Tombe de Joseph Schmidt à Zürich-Wiedikon
vignette|gauche|Plaque commémorative apposée à l'entrée du restaurant Waldegg à Girenbad où Joseph Schmidt a vécu ses derniers instants le 16 novembre 1942.
En 1939, il rend visite à sa mère à Tchernivtsi pour la dernière fois. Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate cette année-là, il est emprisonné en France au Camp des Milles à la suite de l'invasion allemande. Il tente de s'expatrier vers Cuba mais son plan échoue. Après avoir traversé seul et à pied la frontière suisse, il est interné en dans un camp de réfugiés en Suisse près de Zurich dans le village de . La santé de Joseph Schmidt décline inexorablement. Il est traité pour une infection de la gorge à l'hôpital de Zurich. Il se plaint concomitamment de douleurs à la poitrine. Malheureusement, sa condition précaire n'est pas prise en compte par les médecins. Ceux-ci croient erronément à une simulation. Conséquence : Joseph Schmidt est renvoyé de l'établissement le sans avoir pu bénéficier de soins adéquats en dépit de ses demandes réitérées.
Deux jours plus tard, le , alors qu'il se trouve dans une auberge, le chanteur s'effondre. L'hôtesse le laisse se reposer sur son canapé. Peu de temps après, elle remarque qu'il ne respire plus. Joseph Schmidt vient de succomber à une crise cardiaque à l'âge de 38 ans. Ironie du sort, il devait réceptionner son le lendemain de son décès. Cet atout lui aurait permis de se déplacer sans encombre dans tout le pays.
Une plaque est apposée à l'entrée du restaurant Waldegg où Joseph Schmidt a rendu son dernier souffle .
Sa mère fait inscrire sur la pierre tombale n° 2231 qui lui est érigée, faisant implicitement allusion au film dans lequel son fils joue et chante le rôle principal : .
Joseph Schmidt repose au cimetière israélite de Zurich situé dans le quartier de .
Héritage musical
Surnommé ou encore , Joseph Schmidt s'inscrit dans la lignée des plus grands ténors des années trente .
Dans History of the tenor, Sydney Rhys Barker évoque , précisant que .
Le journaliste et critique musical Bruce Eder le décrit comme , ajoutant que
Hommages posthumes
vignette|gauche|Plaque commémorative érigée à la mémoire de Joseph Schmidt au 68 à Berlin-Schöneberg.
vignette| encastré dans le sol au 28 Dammtorstraße à Neustadt.
Le , l'artiste berlinois Gunter Demnig fait encastrer une au 28 Dammtorstraße à Neustadt face à l' :
En , la Deutsche Post fait imprimer un timbre postal de 0,55 € à l'effigie de Joseph Schmidt pour célébrer le centenaire de sa naissance. La partition musicale sise à l'arrière-plan affiche l'emblème de l'un de ses films, sorti en 1933 :
En , une plaque commémorative est apposée par la au numéro 68 de la dans le quartier de Schöneberg où Joseph Schmidt a résidé de 1930 à 1933. Il y est inscrit l'épitaphe suivante :
Filmographie 1931 : Der Liebesexpreß de Robert Wiene 1932 : Goethe lebt...! 1932 :Gehetzte Menschen 1933 : 1934 : Wenn du jung bist gehört Dir die Welt 1934 :Ein Stern fällt vom Himmel 1936 : Heut' ist der schönste Tag in meinem Leben 1936 :A Star Fell from Heaven England
Notes et références Notes
Références
Traductions
Annexes Bibliographie .
Liens externes
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