Le Fantôme de l'Opéra (The Phantom of the Opera) est un film américano-britannique réalisé par Joel Schumacher et sorti en 2004. Il s'agit d'une adaptation cinématographique de la comédie musicale The Phantom of the Opera d'Andrew Lloyd Webber, elle-même inspirée du roman Le Fantôme de l'Opéra de Gaston Leroux.

Synopsis Dans les fastes de l'Opéra Populairel'Opéra Populaire, fictif, est un clin d'oeil à l'Opéra Garnier., la soprano Christine Daaé commence sa carrière sous les meilleurs auspices. Son succès immédiat est dû à sa voix d'or et aux leçons qu'elle reçoit de son « ange de la musique ».

Ce professeur est un être mystérieux qui vit reclus dans les souterrains du bâtiment. L'homme, un génie défiguré nommé Erik, aime sa protégée d'une passion absolue et exclusive. S'il est un ange pour la jeune fille, il est le Fantôme de l'Opéra pour les autres, craint pour son caractère despotique et sa nature violente.

Lorsque Christine s'éprend de son ami d'enfance, le vicomte Raoul de Chagny, le Fantôme de l'Opéra ne le supporte pas…

Fiche technique

Titre francophone : Le Fantôme de l'Opéra Titre original : The Phantom of the Opera Réalisation : Joel Schumacher Scénario : Andrew Lloyd Webber et Joel Schumacher, d'après la comédie musicale The Phantom of the Opera d'Andrew Lloyd Webber, elle-même adaptée du roman Le Fantôme de l'Opéra de Gaston Leroux Musique : Andrew Lloyd Webber Photographie : John Mathieson Décors : Anthony Pratt Costumes : Alexandra Byrne Production : Andrew Lloyd Webber Sociétés de production : Odyssey Entertainment, Really Useful Films et Scion Films Sociétés de distribution : Entertainment Film Distributors (Royaume-Uni), Warner Bros. (États-Unis, Canada), Metropolitan Filmexport (France) Budget : Pays de production : , Langue originale : anglais Format : couleur (Technicolor) - 2.39:1 - 35 mm Genre : musical, drame Durée : 143 minutes Dates de sortie : Royaume-Uni : États-Unis : (sortie limitée) France :

Classification: et - À partir de 16 ans, attention : certaines scènes sont perturbantes.

Distribution Gerard Butler : Erik, le fantôme de l'opéra Emmy Rossum : Christine Daaé Patrick Wilson : Raoul, vicomte de Chagny Miranda Richardson : Madame Giry Minnie Driver : Carlotta Ciarán Hinds : Firmin Simon Callow : André Victor McGuire : Piangi Jennifer Ellison : Meg Giry Murray Melvin : M. Reyer Kevin McNally : M. Buquet James Fleet : M. Lefevre Ramin Karimloo : Gustave Daaé, le père de Christine (caméo photographique)

Production Genèse et développement En 1988, à la suite du succès de sa comédie musicale The Phantom of the Opera à Broadway, Andrew Lloyd Webber est disposé à transposer son œuvre sur grand écran. Il se tourne vers le réalisateur-scénariste Joel Schumacher, impressionné par son choix pour la bande-originale du film Génération PerdueMaking-of présent sur le DVD du film.. Le long-métrage est produit par la Warner Bros., laquelle s'engage à laisser toute liberté artistique au compositeur. Michael Crawford et Sarah Brightman sont prêts à reprendre les rôles qu'ils ont créés à Londres et Broadway. Le tournage est annoncé pour l'été 1990. Toutefois, le divorce de Webber et Brightman met un frein à la production. Cette dernière est retardée et Schumacher, n'étant plus disponible, doit se désister. Jerry Zucker est annoncé durant un temps à la réalisation mais le studio décide finalement d'abandonner le projet.

Après le succès d'Evita en 1996, la Warner Bros. semble vouloir concrétiser l'adaptation. Le scénario comme la musique sont modifiés et, au grand dam des fans de la comédie musicale, Crawford et Brightman ne tiennent plus les rôles-titres. Les fans montent alors une pétition « The Phantom Movie Campaign » pour permettre à Crawford de reprendre le rôle du Fantôme, en vain. Finalement, le studio n'est pas convaincu par cette nouvelle version et abandonne à nouveau le projet.

En décembre 2002, Andrew Lloyd Webber rachète les droits d’adaptation à la Warner Bros. et Joel Schumacher réitère son implication. Le projet est alors le film indépendant le plus cher jamais réalisé, avec un budget de 80 millions de dollars. John Travolta, Antonio Banderas et Hugh Jackman sont envisagés pour le rôle du Fantôme et Anne Hathaway (qui a reçu une formation de soprano) pour celui de Christine. Gerard Butler et Emmy Rossum incarnent finalement le tandem principal tandis que Patrick Wilson, fort de son expérience sur Broadway, est choisi pour camper Raoul. Pour le personnage de Carlotta, le choix se porte sur Minnie Driver, laquelle construit sa performance outrancière autour du style camp. Les passages chantés par Carlotta dans le film sont doublés par la soprano Margaret Preece ; Driver interprète néanmoins la chanson du générique, Learn To Be Lonely, composée spécialement pour le film. Bien qu'il manque d'expérience dans le domaine du chant, le rôle de Richard Firmin est dévolu à Ciarán Hinds, lequel avait déjà été dirigé par Schumacher sur Veronica Guerin.

Tournage Le tournage s'étend du au . Le film est tourné entièrement aux Pinewood Studios ; il nécessite huit plateaux de tournage. Une partie de l'Opéra est construite sur place, l'autre est générée par infographie (CGI) et l'ensemble bénéficie d'une maquette à échelle conçue par la société spécialisée Cinesite. Le décor le plus imposant représente l'intérieur de l'Opéra : il peut accueillir sans difficulté 900 personnes et sa construction s'est étalée sur trois mois. Le fameux lustre coûte plus d'un million de dollars et est une création exclusive de Swarovski. Cinesite a également conçu une miniature du lustre pour la scène de sa chute, le modèle grandeur nature étant trop imposant pour le décor. Pour la scène de All I Ask of You, les toits parisiens environnants sont entièrement en matte paintings.

Le chef décorateur Anthony Pratt s'est inspiré du travail de l'architecte Charles Garnier, concepteur de la célèbre salle d'opéra française éponyme. Ses autres références vont de Edgar Degas et John Singer Sargent à Gustave Caillebotte, en passant par le mouvement préraphaélite, plus spécifiquement Dante Gabriel Rossetti. Le cimetière enneigé a pour inspiration les sépultures du Père Lachaise et de Montparnasse.

L'espace d'une séance, Joel Schumacher rend hommage à La Belle et la Bête de Jean Cocteau : lorsque Christine et le Fantôme s'aventurent dans les sous-sols de l'Opéra, le couloir est en effet illuminé par une armée de bras tenant des candélabres.

Pour la scène de Masquerade, la cheffe costumière Alexandra Byrne s'est limitée à l'utilisation du noir, du blanc, de l'or et de l'argent, prenant à contre-pied la vision bariolée du tableau original. Seuls Christine et le Fantôme dérogent à la règle : la jeune fille arbore une toilette rose poudré et Erik apparaît dans le costume écarlate traditionnel de la Mort Rouge.

Accueil Dans la presse anglophone Les retours anglophones sont globalement négatifs. Si les critiques louent les visuels et la distribution, en particulier la performance de Rossum, ils fustigent néanmoins l'écriture, la mise en scène et les libertés prises vis-à-vis de la version scénique, jugées inutiles. De plus, les détracteurs de la comédie musicale ne sont pas davantage séduits par le long-métrage.

Jonathan Rosenbaum, du Chicago Reader, affirme que .

Via Newsweek, David Ansen réitère sa lassitude : .

Du côté de Entertainment Weekly, Owen Gleiberman s'étonne de la pruderie du long-métrage : . Il conclut que le résultat n'est .

Roger Ebert compte parmi les rares défenseurs du film : selon lui, . En guise de conclusion, il rappelle que la comédie musicale exerce depuis deux décennies un sur le public, le laissant : via l'adaptation de Schumacher.

Seize ans après la sortie du long-métrage, Heather Wixson publie un article intitulé . Dans son plaidoyer, la journaliste encense notamment . Elle trouve le choix pour le personnage principal très intéressant et admire l'. Elle déclare également que Patrick Wilson . Elle conclut en affirmant que le résultat est une , .

Dans la presse française Les retours s'avèrent légèrement plus positifs du côté francophone, même si le film divise les journalistes. Le site Allociné recense une moyenne de 2,7/5 pour 22 titres de presse. Le consensus salue la prestation de certains interprètes, la démesure et la musique mais regrette les aspects niais, la patte résolument kitsch et le manque d'inspiration de la mise en scène.

Parmi les plus enthousiastes, Le Figaro évoque et Le Point vante une Jaquette du DVD français collector. Selon Le Journal du dimanche, . Le Figaroscope loue quant à lui la performance des acteurs : .

Plus mitigé, Rolling Stone souligne tout en déplorant une mise en scène . France-Soir voit dans cette adaptation une . Pour Studio, avec sa .

Enfin, parmi les avis les plus défavorables, Télérama affirme que . Télé 7 jours, pas plus enthousiaste, fustige une . Pour le magazine Première, .

Musique

L'enregistrement original du Fantôme de l’Opéra s'est vendu à plus de 40 millions de disques. C'est l'enregistrement de spectacle le plus vendu au monde. La version cinéma a permis à Andrew Lloyd Webber de revisiter les enregistrements originaux. Il a pu produire une version complètement orchestrale de cette musique immensément populaire.

Les principales chansons du spectacle et du film sontlivret du DVD collector : Think of Me : l'aria qui marque le passage de Christine de danseuse de ballet au statut de soprano vedette, à la place de La Carlotta. Little Lotte / The Mirror : le premier duo intense entre le Fantôme et Christine dans sa loge. The Phantom of the Opera : la chanson signataire du Fantôme, avec laquelle il séduit Christine et l'attire dans son repaire sous l'Opéra. All I Ask of You : la sérénade romantique de Christine et Raoul sur les toits de l'Opéra, où le Fantôme se rend compte de leur amour. Masquerade / Why So Silent : le morceau d'ensemble spectaculaire réunissant un grand public et qui marque le déclenchement de la campagne de terreur la plus élaborée du Fantôme. The Point of No Return : l'angoissant et brûlant duo entre le Fantôme et Christine, lequel se déroule durant la première de Don Juan Triumphant, l'opéra composé par le Fantôme. The Music of the Night : la célèbre chanson du Fantôme dans son repaire. Les ventes sont conséquentes, l'album atteint la première position du classement dans la catégorie bande originale de Billboard et la seizième position du classement dans le Top 200 du magazine. L'album est certifié disque de platine aux États-Unis ainsi que disque d'or au Royaume-Uni, en Australie et en Grèce.

L'album remporte le prix de la Bande originale de l'année aux Japan Gold Disc Awards organisés par la RIAJ.

Le morceau Learn to Be Lonely, composé par Andrew Lloyd Webber et Charles Hart, est créé spécialement pour le film. Il reprend la mélodie d'une chanson inutilisée, No One Would Listen, qui devait à l'origine être chantée par Gerard Butler. Elle est nommée à l'Oscar de la meilleure chanson originale durant la 77e cérémonie et au Golden Globe de la meilleure chanson originale durant la 62e cérémonie.

Bandes originales commercialisées La bande originale est éditée par Sony Music et sort le . Une édition plus complète en 2 CD est également commercialisée.

Édition simple

Édition deluxe

Doublages français Le film a été adapté intégralement (chants compris) en français, en allemand, en espagnol et en italien. Deux adaptations françaisesregardencoulisse.com (dialogues et chant) ont été réalisées : l'une de Stéphane Laporte enregistrée à Londres au Palace Theater, sous la direction de Simon Lee et Andrew Loydd Webber, et destinée aux pays francophones (Belgique, Luxembourg, Suisse, Canada), à l'exception de la France, et que l'on peut entendre dans le DVD zone 1.