La cathédrale Saint-Étienne de Châlons est une cathédrale catholique située à Châlons-en-Champagne dans le département français de la Marne en région Grand Est.
La cathédrale Saint-Étienne a été classée monument historique par liste de 1862.
Le président de la République française possède le titre Chanoine ad Honores de Saint-Étienne de Châlons..
Historique vignette|left|Le diocèse de Châlons couvre tout le département de la Marne sauf l’arrondissement de Reims.|alt= Châlons-en-Champagne, autrefois Châlons-sur-Marne, est le siège d'un diocèse couvrant la partie Sud du département de la Marne (la partie Nord relevant de l'archidiocèse de Reims). Il s'agit d'un des plus anciens diocèses de France puisque son évêque était présent au concile de Sardique en 344. Le premier évêque de la cité des Catalaunes serait saint Memmie duquel une légende tardive fait un envoyé de saint Pierre.
L'exégèse des sources documentaires a permis de faire table rase de quelques légendes et contrevérités, mais pas de préciser le nombre exact des églises antérieures à l'édifice actuel..
Une légende locale tenace situe la première cathédrale à Saint-Pierre-aux-Monts et la dit bâtie par saint Memmie. Il est probable que le site est choisi dès le pour l'implantation d'un groupe épiscopal dans la cité gallo-romaine de petite dimension et de forme ovale. La cathédrale jouxte en effet l'une des deux voies qui se croisaient (cardo et decumanus), la rue de Marne. Elle était peut-être entourée d'un quartier cathédral comportant plusieurs églises (deux collégiales : Saint-Nicolas, supprimée aux et la Trinité, détruite à la Révolution), le cloître des chanoines au nord, l'évêché à l'ouest..
L'ancienne cathédrale romane La dimension de l'édifice antérieur, rebâti pourtant au après les dégâts dus aux guerres comtales (sac de la ville par Robert de Vermandois) et aux Normands, étant insuffisante, une reconstruction complète est engagée vers 1120, probablement sous l'impulsion de l'évêque Guillaume de Champeaux. Ce projet est réalisé en une centaine d'années, malgré la pénurie de moyens engendrée par la concurrence de la collégiale Notre-Dame-en-Vaux..
Cette cathédrale romane comprenait un chœur vitré, sans déambulatoire, un transept et une longue nef. Des deux tours greffées sur les bras du transept subsiste la tour nord, à comparer avec les tours de Notre-Dame-en-Vaux. La crypte dédiée à la Vierge comprenait trois vaisseaux et deux entrées de chaque côté du chœur. La reconstruction de la cathédrale romane commence avant l'incendie de 1138 et franchit une étape décisive entre celui-ci et la consécration par le pape Eugène III le .. De cette époque subsistent des vitraux romans ainsi que la cuve baptismale.
La cathédrale gothique
Entreprise sous l'épiscopat de Pierre de Hans, elle fut rapidement marquée par les avancées stylistiques de chantiers tels que Saint-Denis et adopta prestement le style rayonnant. Les chapelles rayonnantes et le déambulatoire furent ajoutés entre 1280 et 1310 leur ajout a nécessité le percement des murs de l'abside vitrée afin d'ouvrir le chœur sur le déambulatoire. L'aspect irrégulier des quatre piliers n'a été corrigé qu'au lors de leur reprise en sous-œuvre.
La nef fut continuée à la fin du et au début du . Entre 1628 et 1634, sous les dessins de l'architecte Claude Monnart, on éleva la façade occidentale (en style baroque) ainsi que les deux travées voisines. Cependant, la conception primitive de la nef fut conservée à travers les siècles par les constructeurs successifs, qui ont voulu lui préserver son unité..
La tour Nord portait une flèche de bois et de plomb construite au (au moins ). Elle reçut la foudre le A. Picard et fils, Congrès archéologique de France, Volume 135, 1980, (lire en ligne), brûla et tomba sur l'abside en défonçant la voûte qui dut être refaite (voir la rosace de pierre avec la date 1668). Les deux-tiers de la crypte furent alors remblayés pour servir d'assise à la reprise des piliers. On construisit à la fin du deux flèches d'un style mêlant gothique et baroque. Mal-aimées au et taxées de « pâtisseries » ces flèches gracieuses et originales furent sacrifiées au nom de l'unité de style. Depuis la cathédrale n'a plus de flèche.
L'édifice a conservé une remarquable parure de vitraux. Dans le bas-côté sud se trouve une intéressante série de vitraux de la fin du et du début du . Ceux de l'autre bas-côté ont été faits au dans le goût du . Ceux du bras du transept Sud datent du . De très nombreuses dalles funéraires gravées du au sont incrustées dans le pavage ou relevées le long des murs. Elles se caractérisent par une grande élégance du dessin.
Les restaurations La cathédrale a été restaurée au par Claude du Granrut, puis Eugène Millet, Maurice Ouradou et Charles Genuys. Ces restaurations eurent pour effet la suppression des chapelles latérales, considérées comme disparates par rapport au style de la nef, la suppression des flèches érigées après 1668, la reconstruction de la façade du croisillon Sud enfin.
Architecture vignette|Plan des alignements de la ville de Châlons-sur-Marne (1881).|alt= 190px|vignette|Façade occidentale. 190px|vignette|Chevet. Principales dimensions
Longueur hors œuvre : Hauteur de la tour : Largeur de la façade occidentale :
Le chœur Hauteur du chœur : Largeur de la nef :
La nef Hauteur sous voûte de la nef : Largeur du vaisseau central entre axes des colonnes : Hauteur des grandes arcades de la nef :
Le transept Longueur du transept : Largeur du transept :
Extérieur
La façade occidentale qui s'inspire du frontispice de l'église Saint-Gervais-Saint-Protais. se compose d’un avant-corps central à trois niveaux et de deux ailes à deux niveaux. Chaque niveau de style corinthien est séparé du suivant par une balustrade ajourée, qui se prolonge sur toute la façade, épaississant la ligne horizontale constituée par l'entablement. L’avant-corps central est formé, au rez-de-chaussée, de doubles colonnes encadrant un portail rectangulaire dont le tympan représente un bas-relief figurant le martyre de saint Étienne et qui a été martelé à la Révolution. Les ailes sont décorées de pilastres et percées de portes rectangulaires que surmontent des fenêtres à meneau dans le style Renaissance.
Le premier étage qui reprend le même agencement de colonnes et de pilastres, est percé au centre d’une rose imitant sommairement le gothique. Elle est entourée d’un décor de cuirs découpés et surmontée de drapés.. Chacune des ailes latérales est creusée d’une niche, laissée vide depuis . Le troisième niveau est formé d’un grand fronton cintré sommital contre-buté par des ailerons. Ce sommet garde quatre masses de pierre qui sont les bases de statues des évangélistes abattues pendant la Révolution..
Trois niveaux de baies occupent entièrement l’espace entre les contreforts des bas-côtés. Les fenêtres des collatéraux et celles du haut vaisseau sont semblables au long des neuf travées. Elles « se composent de quatre lancettes, regroupées deux à deux sous des quadrilobes, puis par quatre sous des roses comptant six lobes. Entre ces deux rangées se voient les baies plus petites qui ajourent le triforium, elles reprennent la même disposition, mais sans la rose supérieure, que la faible hauteur de ce niveau ne permettait pas de placer »..
Le chevet vitré à tours jumelles est constitué de chapelles rayonnantes. L'incendie de 1668 a détruit la charpente et les voûtes de l'abside. Le décor des lucarnes et celui des épis de faîtage des chapelles est de style Louis XIV, car ces éléments ont été réalisés après l’incendie..
Le monument présente ainsi des parties romanes du (crypte, tour du bras nord du transept dont le rez-de-chaussée abrite une rare verrière romane) mais est reconstruit en style gothique rayonnant. L'abside, le transept et trois travées de la nef sont achevés en 1261.
Mobilier Trésor
En la salle du trésor, outre les vitraux du traités ci-dessous sont aussi présentées deux boites à hosties et une châsse dite de Saint-Remi en émauxFrancis Salet, « La châsse limousine du trésor de la cathédrale de Châlons-sur-Marne », dans Mémoires de la Société d'agriculture, commerce, sciences et arts du département de la Marne, 1959, tome 74, (lire en ligne), une bourse en soie et un reliquaire en forme de bras. Du une boucle, un élément de crosse pastorale et une boite. Une autre crosse du . Du la mitre en soie et un soulier de Malachie d'Armagh, un fragment de la natte funéraire de Bernard de Clairvaux. Le pavement du sol date du .
Vitraux Parmi les vitraux on remarquera : Une crucifixion entourée de figures symbolique et de figures de l'Ancien Testament formant un vitrail de la Rédemption (inspirée de l'art mosan) du milieu du : elle est en neuf panneaux et fait 1,78 sur , le vitrail a été retravaillé après l'incendie de 1230 pour s'adapter aux fenêtres de la nouvelle église gothique.
vignette|gauche|210px|La Crucifixion. En 1872, le vitrail a été retiré pour aller à Paris au musée du vitrail entre 1884 et 1898 puis à l'Exposition universelle de 1900. Il part au Musée de la sculpture comparée de 1910 à 1934 et fut rendu à la cathédrale de Châlons-en-Champagne, en 1949, pour être replacé dans la partie romane de l'église qu'est la tour romane, ainsi fut constituée la salle du trésor du rez-de-chaussée, il fut décidé de la restaurer par Jean-Jacques Grüber aidé de Jean Verrier et Louis Grodecki avant d'être rendue au public en 1957. Cette restauration respecte les parties anciennes en se laissant voir par son aspect géométrique et ses nuances.
Texte porté par le tour de l'auréole de la crucifixion : Ce qu'a apporté le premier Adam non vêtu, le deuxième le transporta par la crucifixion, en latin : QUOD VET INTULIT ALTER ADA TULIT IN CRUCE FIXUSLe texte en majuscule reprend les lettres et les points inscrits dans le vitrail..
Au-dessus des deux oculus qui surplombent le bras de la croix : Le soleil : SOL ; La lune : LUM.
Au-dessus de la tête de Jésus et sur deux lignes : Jésus Nazaréen, en latin : IES (en grec) NAZAREN ; Roi des juifs, en latin : REX IUDEORU.
Ils sont à mettre en relation avec les quatre scènes entourant la crucifixion aux quatre points cardinaux. vignette|droite|210px|L'Église.
Au-dessus : en demi cercle la figure symbolique de l'Église avec comme texte en latin : rex. SALOMON. Sibi FERCUlum. De . ligni libani signifiant en français : le roi Salomon s'est fait une literie en bois du Liban. (Cantique des cantiques, III, 9). À sa gauche : Caleb ou Josué portant le fruit de Canaan avec comme texte EX.canaan.BOTRUS. (Nombres, XIII, 24). À sa droite : VIR.LINEIS.INDUT.VESTIB. : un homme vêtus de lin (Ézéchiel, IX, 2-4), l'église apportant les fruits de la rédemption, le signe de Dieu et la nourriture. Les deux sont sur un fond rouge.
vignette|droite|210px|La Synagogue.
À ses pieds : la métaphore de la synagogue, dans un demi-cercle clair, une scène qui représente à la fois l'ancien testament et le repas des persécuteurs de l'Innocent. SANGUIS. Eius.SUPerNOs.eT.SUPer.FILIOs.NOSTROs : « que son sang retombe sur nous et retombe sur nos enfants » (Matthieu, XXVII, 25). Et : fiat mENSA EORUm.CORAM.Ipsisin laqueum : « que devant eux la table soit un piège » (Psaume, LXIII, 23). Il ne reste plus que deux personnages en dessous, à gauche Aaron dessinant le signe Tau sur les portes des maisons juives d'un pinceau trempé dans le sang d'un agneau, pour les préserver de l'ange exterminateur, une des plaies de l'Égypte. La droite, où se trouve inscrit sarePTNA qui accueille Élie, elle ramasse du bois pour faire du feu et la typologie voulait qu'elle fasse une croix avec les branches ramassées.
vignette|gauche|140px|Le Sacrifice. vignette|droite|140px|Le Mal retenu.
À gauche : dans un demi-cercle le moment où la main de Dieu retient la main d'Abraham au moment où il allait sacrifier Isaac, dans un ensemble lumineux.