Marguerite Broquedis, née le à Pau et morte le à Orléans, est une joueuse de tennis française du début du . Première Française championne olympique toutes disciplines confondues, elle a connu une popularité importante avant la Grande Guerre.

Biographie Origines et débuts Marguerite Marie Broquedis est née à Pau en 1893 dans la maison du Jeu de paume du parc Beaumont, où son père Émile Broquedis était maître paumier (professeur de jeu de paume) et fabricant de raquettes. La famille s’installe en Île-de-France en 1904, Émile Broquedis se portant acquéreur de salles de jeu de paume et de tennis rue Saint-Didier, dans le .

Alors qu'il s'agit d'un sport bourgeois et masculin, toute la famille Broquedis pratique le , Marguerite comme ses deux frères, Louis et Eugène Broquedis, devenus professeurs de cette discipline au Club de sport de l'île de Puteaux. Son père estime en effet que cela pourrait aider sa fille à s'élever socialement.

Championne olympique Après l'avoir vue jouer, Pierre de Coubertin soutient la participation de Marguerite Broquedis aux JO. Seule femme membre de la délégation olympique française en , elle décroche aux Jeux olympiques de Stockholm une médaille d'or en simple dames et une médaille de bronze en double mixte, associée à Albert Canet. Elle devient la première Française championne olympique, toutes disciplines confondues. Par comparaison, les 111 hommes de la délégation ne ramènent que quatorze médailles dont six en or, conduisant le journal Excelsior à célébrer celle qui . Pour recevoir sa médaille d'or, elle se présente devant le roi de Suède non pas en robe mais en jupe-culotte. Le chercheur Jean-Michel Peter précise qu' ; Marguerite Broquedis porte ainsi les cheveux courts, délaissant le corset et raccourcissant légèrement sa jupe. En 1914, elle dénonce dans la revue La Vie au grand air le peu de disciplines sportives proposées aux femmes, contrairement aux hommes.

Elle devient très populaire et intègre la vie mondaine parisienne, montant à cheval au bois de Boulogne ou patinant au Palais de Glace.

En 1913 et 1914, elle remporte le championnat de France (devenu les Internationaux de France en ), alors ouvert aux seuls Français, respectivement face à Jeanne Matthey et Suzanne Lenglen. Avec cette dernière, elle figure alors en couverture du magazine FeminaIl s'agit là de la seule défaite au tournoi de Roland-Garros de Lenglen (alors âgée de quatorze ans) ; la « Divine » prendra sa revanche contre Broquedis en .. Elle est réputée pour la fulgurance de son coup droit.

Grande Guerre puis dernières compétitions La Grande Guerre éprouve durement Marguerite Broquedis. Son frère Louis, caporal au d'infanterie, est tué le . Quelques jours plus tard, le , son second frère, EugèneEugène Broquedis sur archives.paris.fr, est grièvement blessé ; il restera paralysé du bras droit. Enfin sont encore tués ses cousins germains Pierre LafauriePierre Lafaurie sur memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr, caporal au d'infanterie coloniale, le et Bernard LuceBernard Luce sur memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr, second-maître mécanicien sur le croiseur le .

Elle reprend la compétition après-guerre, mais sa renommée passée est alors éclipsée par celle, grandissante, de Suzanne Lenglen. Elle remporte encore quelques titres majeurs sous ses noms d'épouse, Marguerite Billout puis après Marguerite Bordes.

Elle s'impose notamment aux Internationaux de France de Roland-Garros avec Jean Borotra en double mixte en 1927 contre Lilí Álvarez et Bill Tilden. C'est son dernier match important. Elle met un terme à sa carrière en 1930, s'occupant désormais de sa famille. Elle garde cependant contact tout au long de sa vie avec ses anciens partenaires de tennis, Borotra, René Lacoste, Jacques Brugnon ou encore Henri Cochet.

Retraite et famille En 1917, elle avait épousé au château d'Aunoy (Seine-et-Marne) Marcel-Louis Billout, riche héritier des pompes à essence Desmarais mais il meurt d'une cirrhose du foie en 1923. Elle se remarie avec le médecin Raymond-Pierre Bordes en 1925, avec qui elle a deux filles. La fortune de son premier veuvage disparaît avec la crise de 1929. Elle conserve un temps un château à La Ferté-Imbault (Loir-et-Cher) où la famille vit, avant de finalement partir pour Orléans.

En 1976, elle est conviée avec d'anciens médaillés d'or olympiques par le président de la République Valéry Giscard d'Estaing à déjeuner au palais de l'Élysée. Âgée de 83 ans, elle est la doyenne. Le chef de l'État la décore de la Légion d'honneur.

Elle meurt en 1983 à Orléans dans l'anonymat. Le Monde précise : .

En , une bande dessinée lui rendant hommage est publiée aux éditions Des ronds dans l'O.

Palmarès (partiel) Titres en simple dames

Finales en simple dames

Titre en double dames

Finale en double dames

Titres en double mixte

Finales en double mixte

Parcours en Grand Chelem (partiel) Si l’expression « Grand Chelem », tirée du bridge, désigne classiquement les quatre tournois les plus importants de l’histoire du tennis, elle n'est utilisée pour la première fois qu'en 1933, quand l'Australien Jack Crawford perd la finale du Championnat des États-Unis en septembre (après avoir mené deux sets à zéro) alors qu'il avait gagné les trois tournois dudit « grand chelem » précédents. L'expression n'acquiert la plénitude de son sens que peu à peu après le premier Grand Chelem de Donald Budge en 1938, et à partir des années 1950, quand les voyages internationaux s'accélèrent. Aujourd'hui chacun des quatre tournois du Grand Chelem est appelé - par extension colloquiale - un Grand Chelem.

En simple dames AnnéeChampionnat d'AustralasieChampionnat d'AustralieChampionnat de FranceInternationaux de FranceWimbledonUS National1911-Ch. R. finale Jeanne Matthey--1913-''Ch. R. victoire|| style="text-align:left; background-color:#CCCCFF;"| Jeanne Matthey |colspan=2|- |colspan=2|- |- |1914 |colspan=2|- |style="background-color:#CCCCFF;"|Ch. R. victoire|| style="text-align:left; background-color:#CCCCFF;"| Suzanne Lenglen | (1/16)|| style="text-align:left;" | Agnes Tuckey |colspan=2|- |- |1920 |colspan=2|- |style="background-color:#E9E9FF;"|Ch. R.'' finale Suzanne Lenglen--1924-1/2 finale Jeanne Vaussard--1925-1/4 de finale Kitty McKane1/2 finale Joan Fry-1927-1/4 de finale Eileen Bennett (1/32) Joan Ridley-1928- (1/8) Madzy Rollin (1/64) H. Contostavlos-1929- (1/8) Eileen Bennett--1930- (1/16) Elizabeth Ryan-- À droite du résultat, l’ultime adversaire.

En double dames AnnéeChampionnat d'AustralasieChampionnat d'AustralieChampionnat de FranceInternationaux de FranceWimbledonUS National1914--1/2 finale V. Pinckney Edith Hannam Ethel Larcombe-1920-1/2 finale S. Amblard S. Lenglen É. d'Ayen--1921-All comer's finale Suzanne Deve S. Lenglen G. Bourgeois--1924-Victoire Y. Bourgeois G. Golding J. Vaussard--1925-1/2 finale Y. Bourgeois Evelyn Colyer Kitty McKane--1927- (1/8) Gounouilhou Simone Amaury M. Rosenbaum1/4 de finale S. Mathieu E. Harvey M. McIlquham-1928- (1/8) Y. Bourgeois E. Bennett P. Holcroft (1/8) Y. Bourgeois J. Russell C. Tyrrell-1929- (1/8) S. Barbier Doreen Cole B. Tapscott--1930-1/4 de finale Sylvie Jung E. Ryan Helen Wills-- Sous le résultat, la partenaire ; à droite, l’ultime équipe adverse.

En double mixte AnnéeChampionnat d'AustralasieChampionnat d'AustralieChampionnat de FranceInternationaux de FranceWimbledonUS National1911-Ch. R. victoire André Gobert M. Mény Édouard Mény--1914--Finale A. Wilding Ethel Thomson James Parke-1921-''All comer's'' finale Max Decugis S. Lenglen J. Brugnon--1924-Victoire Jean Borotra--1925-- Henri Cochet P. Satterthwaite Jean Washer-1927-Victoire Jean Borotra Lilí Álvarez Bill Tilden Jean Borotra Betty Nuthall Bunny Austin-1928-1/4 de finale Jean Borotra Esna Boyd John Hawkes Jean Borotra P. Holcroft G. Crole-Rees-1929-1/4 de finale R. de Buzelet Helen Wills F. Hunter-- Sous le résultat, le partenaire ; à droite, l’ultime équipe adverse.

Parcours aux Jeux olympiques En simple dames #DateNom de l'olympiadeSurfaceRésultatUltime adversaireScore128/06/1912Jeux olympiques d'été, StockholmTerre () Or Dorothea Köring4-6, 6-3, 6-4Parcours

En double dames #DateNom de l'olympiadeSurfaceRésultatPartenaireUltimes adversairesScore113/07/1924Jeux olympiques d'étéParisTerre () (petite finale) Yvonne Bourgeois Evelyn Colyer Dorothy Shepherd6-1, 6-2Parcours

En double mixte #DateNom de l'olympiadeSurfaceRésultatPartenaireUltimes adversairesScore128/06/1912Jeux olympiques d'étéStockholmTerre () Bronze Albert Canet Oskar Kreuzer Micken RieckForfaitParcours213/07/1924Jeux olympiques d'étéParisTerre () (1/16) Jean Borotra Vincent Richards Marion Zinderstein6-3, 6-1Parcours

Notes et références

Voir aussi

Liens externes

Généalogie de Marie-Marguerite Broquedis Biographie Palmarès détaillé

Catégorie:Naissance en avril 1893 Catégorie:Naissance à Pau dans les années 1890 Catégorie:Décès en avril 1983 Catégorie:Joueuse française de tennis Catégorie:Pionnière en sport Catégorie:Championne de tennis titrée en Grand Chelem (simple) Catégorie:Championne de tennis titrée en Grand Chelem (double mixte) Catégorie:Championne de tennis titrée à Roland-Garros Catégorie:Championne olympique de tennis Catégorie:Championne olympique française Catégorie:Joueuse de tennis aux Jeux olympiques de 1912 Catégorie:Joueuse de tennis aux Jeux olympiques d'été de 1924 Catégorie:Médaillée de bronze olympique française Catégorie:Décès à 90 ans Catégorie:Décès à Orléans