Gochavank ou Goshavank (en arménien , « monastère de Goch » ; anciennement Nor-Getik, , « Nouveau Getik ») est un monastère arménien situé dans la communauté rurale de Goch dans le marz de Tavush, non loin de la ville actuelle de Dilidjan, au nord-est de l'Arménie. Le complexe a été édifié du durant la période zakaride ; il est actif jusqu'à la fin du , puis du .
L'église principale du monastère, Sainte-Mère-de-Dieu (Sourp Astvatsatsin), est précédée d'un gavit ; deux autres églises (Sourp Grigor et Sourp Grigor Lousavorich), plusieurs chapelles et une bibliothèque complètent le site. Le monastère porte le nom de son fondateur, le fabuliste, juriste et théologien Mkhitar Goch.
Aujourd'hui désaffecté sur le plan religieux et restauré en deux phases aux , il est une attraction touristique régionale.
Situation géographique thumb|left|Situation de Gochavank.
Le monastère s'élève sur un monticule culminant à d'altitude Rick Ney, Dilijan, ArmeniaNow.com, 2007, 17 . et adossé aux parois rocheuses de la haute-vallée boisée de TandzoutDominique Auzias et Jean-Paul Labourdette, Arménie, Le Petit Futé, coll. « Country guide », Paris, 2007 , 240., une petite vallée reliée à celle de l'AghstevYvan Travert et Raymond H. Kévorkian, Lumière de l'Arménie chrétienne, Monum, Éditions du patrimoine, Paris, 2006 , 59., au nord-est du haut-plateau arménien et sur la bordure extérieure du Petit Caucase ArmStat, Marzes of the Republic of Armenia in figures, 2008, ..
Le complexe est situé sur le territoire de la communauté rurale de Goch, à de Dilidjan ., dans le marz de Tavush, au nord-est de l'Arménie.. Gochavank est également proche du monastère de Haghartsin, avec lequel il a été comparé par l'UNESCO à l'ensemble formé par les monastères de Haghpat et de Sanahin UNESCO, World Heritage Convention — World Heritage Committee: Evaluations of Cultural Properties, (27 novembre-2 décembre 2000), Cairns (Australie) ., conjointement inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.. Il existe en outre un projet de l'intégrer, avec ce même monastère, au parc national de Dilidjan « World Heritage and the Republic of Armenia », dans The World Heritage Newsletter n° 11 (juin 1996), UNESCO ., qui l'entoure intégralement Rick Ney, op. cit., 27..
Historiquement, Gochavank est situé dans le canton de Varaznunik (par après Kolbopor) de la province de GougarkPatrick Donabédian et Jean-Michel Thierry, Les arts arméniens, Éditions Mazenod, Paris, 1987 , 530., une des quinze provinces de l'Arménie historique (dit royaume d'Arménie ou Grande-Arménie, -190 — 428) selon le géographe du Anania de Shirak..
Histoire
Sous la protection du prince Ivanê Zakarian Nicholas Holding, Armenia and Nagorno-Karabagh, Bradt Travel Guides, 2006 , 178., lors de la « renaissance zakaride » succédant aux invasions seldjoukides et à la libération du nord de la Grande-Arménie par les Géorgiens appuyés par les Arméniens Robert Bedrosian, The Turco-Mongol Invasions and the Lords of Armenia in the 13-14th Centuries, 1979, p. 156 ., le monastère est fondé en 1181 par Mkhitar Goch sous le nom de Nor-GetikClaude Mutafian (dir.), Arménie, la magie de l'écrit, Somogy, Paris, 2007 , 160. (« Nouveau Getik ».), à la suite de la destruction par un séisme du monastère de Getik (dont il ne subsiste que des ruines), plus à l'est. Il semble que le site ait été l'emplacement d'une forteresse de l'âge du fer, comme le laissent croire les ruines du réfectoire.
thumb|left|Le monastère avant sa dernière restauration.
Deux premières églises en bois (Sourp Grigor Lousavorich et Sourp Karapet Hovnan, dont il ne subsiste rien) font rapidement place à un premier bâtiment en pierre, Sourp Astvatsatsin. Devenant un centre majeur d'enseignement sous son maître principal Mkhitar Goch. et participant ainsi au renouveau de l'Arménie zakarideJannic Durand, Ioanna Rapti et Dorota Giovannoni (dir.), Armenia sacra — Mémoire chrétienne des Arméniens (), Somogy / Musée du Louvre, Paris, 2007 , 300., le monastère, dont la réputation s'étend jusqu'en CilicieSèda Mavian, Arménie, coll. « Guides Évasion », Hachette, Paris, 2006 , 145., prend son nom actuel à la mort de son fondateur (1213).. Parmi les étudiants célèbres du monastère figurent Hovhannès Vanakan Agop Jack Hacikyan (dir.), op. cit., 171., Kirakos de Gandzak, qui en a laissé une description à son époque Kirakos de Gandzak (trad. Robert Bedrosian), History of the Armenians, livre II, chapitre XIII ., et Vardan Areveltsi..
D'autres bâtiments sont érigés sous le supérieur Magistros (1213-1252) au , mais le complexe est abandonné à la fin du lors des invasions timourides (avec notamment l'incendie de la bibliothèque et de ses volumes John Noble, Richard Plunkett, Michael Kohn et Danielle Systermans, Georgia, Armenia & Azerbaijan, coll. « Lonely Planet Multi Country Guide », Lonely Planet, 2008 , 192.) ; il renaît du avant d'être à nouveau abandonné.
Une première restauration intervient sous l'ère soviétique, de 1957 à 1966, et un petit musée est créé en 1972 Armen Zaryan, Kh. Vatinyan et A. Stepanyan, « [Gochavank] », Encyclopédie de l'Arménie soviétique, vol. III, Académie arménienne des sciences, 1977, 159-160.. Une deuxième restauration a été menée après l'indépendance du pays, dans les années 2000, avec notamment la pose de toits transparents sur certains des édifices.
Bâtiments
Assez proches les uns des autres en matière d'urbanisme monastiquePatrick Donabédian et Jean-Michel Thierry, op. cit., 200., les principaux bâtiments du monastère sont les églises Sourp Astvatsatsin, Sourp Grigor, Sourp Grigor Lousavorich et la bibliothèquePour des coupes et des élévations, voir ..
+Plan du monastère 300px|Plan du monastèreSur ce plan, le nord est à gauche. Sourp Astvatsatsin (« Sainte-Mère-de-Dieu », 1191-1196). Sourp Grigor (« Saint-Grégoire », 1231). Sourp Grigor Lousavorich (« Saint-Grégoire-l'Illuminateur », 1231/1237). Chapelle double. Chapelle simple. Gavit (« narthex », 1197-1203 et 1231-1241). Tour-clocher et bibliothèque (1291). Réfectoire. Galerie couverte.
Sourp Astvatsatsin et son gavit La principale église du complexe est Sourp Astvatsatsin (« Sainte-Mère-de-Dieu », 1), érigée du vivant de Mkhitar, de 1191 à 1196, consacrée en 1197 et restaurée au . Cette croix inscrite reprend le plan de la salle à coupole, avec les pièces d'angle ouest largement ouvertes.. Elle est surmontée d'un tambour cylindrique orné d'entrelacs et d'un dôme conique supportés par des arcs brisés et quatre pendentifs. Ses murs sont ornés à l'extérieur de niches triangulaires à l'est et au sud, et sont percés par l'entrée principale (donnant sur le gavit à l'ouest) et par une autre entrée au nord.
Sourp Astvatsatsin est complétée à l'ouest d'un gavit (6) érigé de 1197 à 1203 et de 1231 à 1241Jannic Durand, Ioanna Rapti et Dorota Giovannoni (dir.), op. cit., 302. Ce quadrilatère à la structure interne cruciforme Jasmine Dum-Tragut, Armenien: 3000 Jahre Kultur zwischen West und Ost, Trescher Verlag, 2008 , 304. est centré sur sa coupole à huit pansPatrick Donabédian et Jean-Michel Thierry, op. cit., 531., laquelle est supportée par quatre colonnes et par quatre arcs, et est complété dans ses coins est par deux chapelles. Son portail est situé à l'ouest et est orné d'un chambranle cintré inscrit dans un autre chambranle rectangulaire à chaîne seldjoukide.
Sourp Grigor Au sud de l'église principale a été bâtie l'église Sourp Grigor (« Saint-Grégoire », 2), achevée en 1231. Son plan est similaire à celui de Sourp Astvatsatsin, avec sa structure en croix inscrite complétée de deux chapelles à l'est et surmontée d'un tambour et d'un dôme ; ses façades sont ornées de niches, excepté à l'ouest où se trouve son portail Jasmine Dum-Tragut, op. cit., 305. au chambranle cintré à la double chaîne seldjoukide.
Sourp Grigor Lousavorich Au sud du gavit se situe l'église Sourp Grigor Lousavorich (« Saint-Grégoire-l'Illuminateur », 3), érigée en 1231 (ou 1237) par le prince Grigor Tgha. Cette mononef à voûte en berceau est dotée à l'est d'une abside abritant l'autel et ornée de cinq niches, et de deux chapelles de coin. Son décor intérieur se distingue notamment par ses colonnes torsadées. Ses façades sont ornées d'arcades aveugles et de colonnes, la façade orientale étant en outre munie de trois fenêtres et de deux niches. La façade occidentale se distingue par le portail à l'ornementation sculptée complexe évoquant l'art musulman, avec son arc en accolade, ses étoiles et ses motifs végétaux. De part et d'autre du portail figuraient deux khatchkars, œuvres d'un certain Pavlos ou Poghos réalisées en 1291, « exceptionnels par leur raffinement »Jannic Durand, Ioanna Rapti et Dorota Giovannoni (dir.), op. cit., 312-313 et rattachables à l'école du Vayots Dzor de MomikPatrick Donabédian et Jean-Michel Thierry, op. cit., 206.. Un seul subsiste sur place, le second étant exposé au musée d'histoire de l'Arménie.
Autres bâtiments Connecté à la façade septentrionale du gavit par une galerie couverte (9) à quatre arcs, un bâtiment (7) a été construit en 1291 et présente une structure inhabituelle pour l'architecture arménienne superposant deux croix inscrites surmontées d'une tour-clocher en rotondeSèda Mavian, op. cit., 146.. Œuvre des architectes Grigor et Zakios Jasmine Dum-Tragut, op. cit., 306., il abrite la bibliothèque ou matenadaran. et une chapelle (premier étage) dédiée aux archanges Gabriel et Michel. L'ensemble est supporté par une double paire d'arcs croisés, dont quatre coins ainsi formés sont ornés de stalactites, et par quatre paires de colonnes, et est doté de fenêtres sur trois des façades. L'accès à l'étage supérieur est assuré par un escalier extérieur adossé à la façade occidentale. Les ruines du réfectoire (8) du monastère, un second gavit probablement autrefois doté d'un toit en bois, sont situées directement à l'ouest de ce bâtiment.
Le site est complété par deux chapelles (4) adossées au sud-est du gavit, ainsi que d'une autre (5) aujourd'hui en ruines à l'est de Sourp Grigor. Le complexe était en outre entouré de murs, dont presque rien ne subsiste.
Enfin, à l'écart au sud-ouest se dresse la chapelle funéraire de Mkhitar Goch, Sourp Gevork (« Saint-Georges »), une chapelle cruciforme bâtie en 1254 (ou 1255). Le caveau du fondateur du monastère n'a quant à lui pas subsisté.
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Haghartsin (monastère) Tavush
Bibliographie Auteur ancien Kirakos de Gandzak (trad. Robert Bedrosian), History of the Armenians .
Auteurs modernes . Patrick Donabédian et Jean-Michel Thierry, Les arts arméniens, Éditions Mazenod, Paris, 1987 . Jannic Durand, Ioanna Rapti et Dorota Giovannoni (dir.), Armenia sacra — Mémoire chrétienne des Arméniens (), Somogy / Musée du Louvre, Paris, 2007 . Claude Mutafian (dir.), Arménie, la magie de l'écrit, Somogy, Paris, 2007 .
Lien externe
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