Maximilien d'Autriche ou , né le à Wiener Neustadt et mort le au château de Wels, est un membre de la maison de Habsbourg, fils de l'empereur .

Ayant épousé en 1477 Marie de Bourgogne, fille de Charles le Téméraire, il est duc consort de Bourgogne jusqu'en 1482, puis, de 1482 à 1494, régent de l'État bourguignon pour son fils Philippe (Philippe le Beau), et de nouveau de 1506 à 1507, pour son petit-fils Charles (Charles Quint).

Veuf dès 1482, il intervient dans la succession du duc de Bretagne François II, mort en 1488, en épousant (par procuration) sa fille, la duchesse Anne, mais la cour de France refuse cette alliance menaçante pour le royaume et impose à Anne de Bretagne d'épouser Charles VIII, rompant ses fiançailles de 1482 avec la fille de Maximilien, Marguerite.

Élu roi des Romains en 1486, du vivant de son père, il devient archiduc d’Autriche à la mort de ce dernier en 1493, prenant ainsi la tête de la maison de Habsbourg et assumant les fonctions impériales. En 1508, avec l’accord du pape Jules II, il se proclame empereur du Saint-Empire romain germanique, devenant ainsi le premier souverain à porter ce titre sans sacre impérial à Rome. Il meurt sur le trône le .

Son règne est marqué par le rétablissement militaire et politique de la situation de la maison de Habsbourg et par une modernisation de l’administration du Saint-Empire romain germanique.

Biographie

Au cours de la seconde moitié du , la menace pesant sur la maison des Habsbourg est sans précédent : tandis que l’empereur s'enlise depuis 1477 dans une guerre désastreuse avec le roi de Hongrie Mathias Corvin, les ducs de Bavière de la maison des Wittelsbach montent en puissance dans le Saint-Empire méridional. finit par perdre tous ses fiefs de Hongrie et en est réduit à courir le pays en demandant l'hospitalité aux monastères qu'il trouve sur sa route. Dans ces circonstances dramatiques, il fait placer son cousin Sigismond sous tutelle, expulse tous les nobles apparentés aux Wittelsbach de leurs terres et en 1486 fait élire son fils roi de GermanieHermann Wiesflecker, ., Vienne/Munich 1991, ., couronné comme roi des Romains à Aix-la-Chapelle le .

Origines familiales et formation

Maximilien est le fils de Frédéric III (1415-1493) et d'Éléonore de PortugalFrancis Rapp, Maximilien d'Autriche, Paris, Tallandier, 2007. (1434-1467). Il a une sœur, Cunégonde (1465-1520).

Mariage avec Marie de Bourgogne (août 1477) La mort de Charles le Téméraire devant Nancy () suscite non seulement l'entrée en guerre de la France, mais pousse les provinces et villes des Pays-Bas à profiter de la jeunesse de son héritière, née en 1457 et encore célibataire, Marie de Bourgogne, et à revendiquer des concessions en échange de leur soutien face à . Dès le , Marie accorde une charte, le « Grand Privilège des Pays de par deça », qui abolit l'ensemble des mesures prises par le Téméraire pour renforcer le pouvoir ducal, notamment le Grand Conseil de Malines, créé en 1473.

Ayant besoin d'un soutien, Marie et ses conseillers se tournent vers la maison de Habsbourg, dont le chef, Frédéric III, détient la fonction impériale élective, en plus des États héréditaires des Habsbourg. En , l'archiduc Maximilien, 18 ans, épouse la duchesse Marie, 20 ans.

De leur mariage naissent deux enfants : le , Philippe (1478-1506), premier duc de Bourgogne de la maison de Habsbourg, (par la suite époux de Jeanne I de Castille et père de Charles Quint) ; en , Marguerite (régente de l'État bourguignon à partir de 1507).

La guerre de Succession de Bourgogne (1477-1482)

La puissance bourguignonne en 1477 Du fait de son mariage, Maximilien se trouve à la tête des possessions bourguignonnes, qui incluent des fiefs français : le duché de Bourgogne (Dijon), le Nivernais, le Charolais, le comté de Flandre, le comté d'Artois, et des fiefs d'Empire : le comté de Bourgogne (Dole), le comté de Hainaut, le duché de Brabant, le duché de Luxembourg, etc.

L'offensive française en Bourgogne (janvier-mars 1477) Mais le roi de France, Louis XI, veut abattre la puissance de la maison de Bourgogne, branche cadette de la dynastie royale des Valois. Peu de temps après la mort du Téméraire, il a fait occuper le duché de Bourgogne et le comté de Bourgogne, avec une forte résistance dans cette province qui relève de l'Empire.

La guerre franco-bourguignonne aux Pays-Bas (1477-1482) Le mariage de Marie avec l'archiduc d'Autriche, de Habsbourg, entraîne une offensive française vers les Pays-Bas, avec l'occupation du comté d'Artois. Puis la situation militaire se stabilise en 1478.

Maximilien réussit à vaincre l'armée française le à Guinegatte, mais continue à le harceler.

En 1481, Maximilien et Marie désignent avec Juste, de Ceuta, et Claude Carondelet, doyen de Besançon, comme ambassadeurs à Rome.

La régence de Maximilien dans les États bourguignons (1482-1494) Mort de Marie de Bourgogne (mars 1482) et début de la régence

Le , Marie de Bourgogne fait une chute de cheval au cours d'une partie de chasse. Elle meurt le , à , ayant eu le temps d'organiser sa succession : elle a désigné Maximilien d'Autriche comme tuteur de leurs deux enfants, Philippe et Marguerite, et comme régent au nom de Philippe.

Maximilien se heurte à une certaine hostilité aux Pays-Bas, principalement en Flandre, où les villes sont opposées à la poursuite de la guerre. Cette situation amène Maximilien à accepter de négocier la paix.

Le traité d'Arras (décembre 1482) : une paix fragile avec la France Le , le traité d’Arras est très favorable au roi de France. Le duché de Bourgogne cesse d'être un fief et est intégré dans le domaine royal ; Marguerite, fille de Maximilien et de Marie, est fiancée au dauphin Charles de France avec une dot incluant plusieurs possessions de la maison de Bourgogne, déjà occupées par l'armée française : en France, le comté de Flandre, le comté d'Artois, le Charolais et le comté de Château-Chinon et dans l'Empire, le comté de Bourgogne. Marguerite doit venir vivre à la cour de France.

Les États généraux acceptent alors d'introniser Philippe comme duc de Bourgogne et Maximilien comme régent.

Mais lorsque Louis XI meurt peu après (), Maximilien pense qu'une reprise de la guerre est possible, la régente Anne de France, fille de Louis XI, étant rapidement menacée par la haute noblesseCe qui aboutit en 1485 à la rébellion de la guerre folle, à laquelle Maximilien prend part..

La rébellion des villes de Flandre (1483-1485) face au bellicisme de Maximilien

Mais Maximilien se heurte à l'opposition catégorique de plusieurs villes de Flandre, qui, sous la conduite du Gantois Jan van CoppenolleVoir pages de et nl Jan van Coppenolle., constituent un « conseil de régence de Flandre ». Parmi ses membres, on trouve Philippe de Bourgogne-BeverenIssu d'un fils naturel de Philippe le Bon, Antoine de Bourgogne, qui, fait prisonnier à Nancy en 1477, est ensuite passé au service de la France. et Louis de Gruuthuse, membre de l'ordre de la Toison d'or et stathouder de Hollande et de Zélande.

Mais ce conseil lui-même se heurte à l'opposition d'une partie de la population (Matthijs PeyaertVoir page nl Matthijs Peyaert.) et à l'intervention des mercenaires allemands de Maximilien. La rébellion prend fin par la paix de l'ÉclusePage nl sur Louis de G. et : Histoire de la Belgique pour les nuls (). Louis de Gruuthuse est emprisonné, échappant à une exécution à la demande de ses collègues chevaliers de la Toison d'or.

La rébellion des villes de Flandre et de Brabant (1488-1492)

En 1487, Maximilien lance une offensive contre la France, qui est repoussée par le maréchal Philippe de Crèvecœur d'Esquerdes. Charles de Gueldre est fait prisonnier à Béthune.

Une nouvelle révolte éclate à Gand à la fin de l'année 1487.

Venu à Bruges, Maximilien est fait prisonnier par les habitants (). Matthijs Peyaert est jugé, condamné à mort et exécuté ().

Le , les États de Flandre, de Hainaut, de Hollande et de Zélande concluent un pacte d'unité (paix de Bruges) et proclament la fin de la régence de Maximilien.

Maximilien se soumet et est libéré. Philippe de Clèves (1459-1528), lieutenant général des Pays-Bas bourguignons, est retenu en otage pour garantir les engagements de Maximilien. Mais celui-ci reprend les hostilités, dévastant les campagnes autour de Bruges (Gistel). Philippe de Clèves met fin à son allégeance et passe du côté des rebelles, dont il devient le chef, se considérant comme serviteur de Philippe le Beau et non plus de Maximilien.

Une révolte éclate aussi en Hollande, dirigée par François de Bréderode, le Jonker Frans), qui se situe dans le cadre traditionnel depuis 1350 de la guerre des Hameçons et des Cabillauds (Bréderode est du parti des Hameçons, Hoeken).

Le , dans le duché de Brabant, Bruxelles accueille avec les honneurs Philippe de Clèves, suivie par Louvain et par Nivelles. En revanche, Anvers, Malines, Lierre et Vilvorde restent fidèles à Maximilien. Les Bruxellois prennent le château de Beersel.

Au début de 1489, Maximilien, obligé de partir combattre dans l'Empire, nomme comme lieutenant général un prince allemand, le duc de SaxeLe duché de Saxe est un ensemble féodal créé pour Albert en 1485 ; l'État principal en Saxe est l'électorat, détenu par son frère Ernest. Albert III, qui devient donc commandant en chef de l'armée bourguignonne. En , par le traité de Montil-lès-Tours, Maximilien obtient le retrait du soutien de la France aux villes flamandes.

Albert de Saxe mène particulièrement campagne dans le duché de Brabant, où il obtient la soumission des rebelles (traité de Danebroek, ).

Dans le comté de Flandre, Bruges capitule en .

Les villes soumises paient cher leur rébellion : .

Le , Jan van Coppenolle est exécuté. Gand fait sa reddition le (paix de CadzandPage nl Vrede van Cadzand.). La dernière place tenue par Philippe de Clèves est L'Écluse, qui se rend le .

La « guerre du Jonker Frans » (1488-1490) en Hollande L'expression Jonker Frans (« écuyer François ») désigne traditionnellement François de Bréderode (Frans van Brederode), issu d'une famille noble de Hollande et Utrecht, traditionnellement attachée au parti des Hameçons dans le cadre de la guerre des Hameçons et des Cabillauds, initiée en 1345.

En 1488, des membres hollandais du parti des Hameçons vivant à L'Écluse (alors dans le comté de Flandre), contactent François de Bréderode, étudiant à Louvain, en vue d'un soulèvement en Hollande afin de soustraire ce comté au pouvoir de Maximilien. Bréderode accepte de participer et est même porté à la tête du mouvement.

Le , le groupe que les conspirateurs ont rassemblé réussit à s'emparer de Rotterdam, et par la suite des petites villes de Woerden et Mont-Sainte-Gertrude. En revanche, ils échouent devant Delft, Dordrecht, Gouda, notamment.

Au printemps de 1489, le stathouder Jean III d'Egmont met le siège devant Rotterdam qui est prise . Plusieurs des insurgés sont condamnés à mort et exécutés (). Bréderode réussit à s'échapper et se réfugie avec ses partisans dans les îles de Zélande.

Un an plus tard, une opération navale organisée par le stathouder aboutit à la bataille de Brouwershaven (), qui met fin à cette révolte. Capturé, Bréderode est condamné à mort, mais meurt en prison () avant la date prévue pour son exécution .

La répression menée par le stathouder Jean III d'Egmont est tellement forte que la guerre des Hameçons et des Cabillauds, commencée en 1345, prend fin avec la défaite de cette révolte.

La « révolte du fromage et du pain » dans le nord de la Hollande (1491-1492)

En 1491-1492 a lieu la révolte du fromage et du pain dans le nord du comté de Hollande, toujours régi par Jean III d'Egmont.

Cette révolte est provoquée par une augmentation de l'« impôt des cavaliers » (ruitergeld), sur fond de difficultés économiques. Au départ, c'est un soulèvement de paysans, ensuite soutenu par les villes de Hoorn, Alkmaar et Haarlem. Les insurgés tentent en vain de prendre Leyde.