Arno Breker, né le à Elberfeld, et mort le à Düsseldorf, est un sculpteur allemand, connu pour ses œuvres publiques réalisées et exposées sous le Troisième Reich, et promues par les autorités nazies, notamment Le Parti et l'Armée qui encadraient l'entrée de la cour d'honneur de la nouvelle chancellerie du Reich, demeure officielle d'Adolf Hitler de 1938 à 1945.
Biographie Fils d'un sculpteur-tailleur sur pierre, Arno Breker étudie les beaux-arts et l'anatomie dans sa ville natale d'Elberfeld. À 20 ans, il intègre l'Académie des Arts de Düsseldorf, où il est l'élève d'Hubert Netzer et Wilhelm Kreis. D'abord intéressé par l'art abstrait, il se tourne progressivement vers les représentations hellénistiques. Il s'installe à Paris en 1926, où il est élève de Maillol. Il partage un atelier avec Alexander Calder« Exposition – Le sculpteur de Hitler », Le Point, 1770, 17 janvier 2007 . et fréquente Jean Cocteau, Foujita, Brancusi, Pablo Picasso, et d'autres artistes du Paris bohème de l'époque. Il rencontre à Paris Demetra MessalaDemetra Messala est peinte par Robert Wehrlin en 1926 dans le tableau La Grecque (wehrlin.info)., et l'épouse en 1937« Arno Breker » sur neue-reichskanzlei.de (consulté le 11 mars 2014).. Ayant obtenu le prix de Rome de la Prusse en 1932, il quitte Paris et séjourne d'abord à la Villa Massimo, l'Académie allemande de Rome. Il est rapidement reconnu dans toute l'Europe.
Artiste officiel sous le régime nazi Au milieu des années 1930, son talent est apprécié par les idéologues nazisSelon un biographes français, Breker retourne en Allemagne début 1935, à la demande du grand peintre Max Liebermann, qui avait démissionné de ses fonctions officielles après l'avènement du nazisme et mourra quelques semaines plus tard. Breker réalisera son masque mortuaire. Arno Breker participe aux compétitions artistiques des Jeux olympiques d'été de 1928 et 1936« Arno Breker » , olympedia.org, consulté le 27 septembre 2021.. Pour le stade olympique de Berlin, deux statues monumentales lui valent la médaille d’argent au concours : Athlète de décathlon (Zehnkämpfer) et Victoire (Die Siegerin)..
En 1937, Breker abandonne le style de sa jeunesse, et est nommé professeur à l’École supérieure des beaux-arts de Berlin. Il est remarqué par le ministère de la Propagande du Reich qui lui passe plusieurs commandes. Le régime nazi met alors à sa disposition trois grands ateliers de sculpture dans lesquels travaillent des dizaines de praticiens dont, pendant la guerre, des travailleurs forcés français et italiens, demandés par Breker. et dirigés avec brutalité par Walter Hoffmann, nazi convaincu. vignette|redresse|gauche|Le Parti et l'Armée. Breker y produit quantité de sculptures à la gloire du régime. Il travaille au projet Germania, le réaménagement de Berlin avec l'architecte Albert Speer. Hitler considère Breker comme un des génies artistiques du Troisième Reich. Pour la nouvelle chancellerie du Reich à Berlin, Hitler confie à Speer la tâche de construire et à Breker la création de sculptures. Pour la cour d’honneur, Breker réalise en 1938-1939 deux colossales statues en bronze de 3,5 mètres de haut, Le Parti et l'Armée, qui en encadrent l’entrée.
Le , quelques heures après la signature de l'armistice en France, Breker reçoit à son domicile de la Königsallee un coup de téléphone du bureau berlinois de la Gestapo. Il doit partir dans l’heure, pour un bref voyage dont ni l’objet ni la destination ne lui sont précisés. À sa descente d’avion, à l’aéroport du Bourget, il est accueilli par un soldat de la Wehrmacht qui, silencieux, le conduit en voiture à Brûly-de-Pesche où l'attend Albert Speer. Dans l’après-midi, c'est Hitler qui les informe, lui et plusieurs soutiens du régime, qu’il souhaite visiter Paris le lendemain. Le , Breker accompagne donc Hitler dans sa visite de ParisLieux parcourus par Hitler ce 23 juin : l’Opéra, La Madeleine, la place de la Concorde, les Champs-Élysées et l’Arc de triomphe de l'Étoile ; puis l’esplanade du Trocadéro, les Invalides et le tombeau de , le Panthéon, avant un retour vers le musée du Louvre, via la Sainte-Chapelle, le palais de Justice, Notre-Dame, l'Hôtel de ville de Paris, et la place des Vosges, pour finalement faire une pause à Montmartre, au pied du Sacré-Cœur.
Il participe à une exposition de ses œuvres à l'Orangerie en 1942, qui est diversement accueillie, mais saluée avec enthousiasme par des intellectuels dont Jean Cocteau.
Breker, qui n'est pas impliqué directement dans le pillage nazi du patrimoine artistique en France, acquiert cependant plusieurs œuvres à des prix extrêmement bas.
En 1945, ses trois ateliers sont détruits avec les œuvres qui s'y trouvent, surtout des plâtres pour les futures sculptures des projets urbanistiques d'Hitler.
L'atelier de Käuzchensteig in Berlin-Dahlem fut construit entre 1938 et 1942. Dessiné par l'architecte Hans Freese (1889-1953), le bâtiment fut construit pour Arno Breker. Il est actuellement le siège du Kunsthaus de Dahlemhttp://kunsthaus-dahlem.de/en/home/, où sont présentées des expositions. http://kunsthaus-dahlem.de/wp-content/uploads/2014/08/The-Arno-Breker-State-Atelier.pdf..
Arno Breker ne fut jamais poursuivi pour avoir honoré les commandes passées par le régime nazi, et il refusa toujours d'exprimer des regrets ou des excuses, estimant que les artistes n'avaient rien à voir avec la politique. Il semble qu'il n'ait jamais adhéré à l'idéologie raciste national-socialiste mais ait accepté ce régime par . Il est intervenu en faveur de nombreux artistes poursuivis par les nazis. À Paris, il a protégé Pablo Picasso, alors communiste, des officiers de la KommandanturContexte sous l'occupation.. Arno Breker permit également de sauver l’éditeur allemand , qui avait été arrêté par soupçon de résistance à Hitler.
Après la guerre thumb|Breker-Museum à Nörvenich.
Après guerre, Arno Breker ouvre un nouvel atelier à Dusseldorf. Les commandes reviennent, principalement des industriels allemands.
Il continue d'entretenir des relations avec les milieux intellectuels français dont des anciens collaborateurs comme Céline, Morand, ou Benoist-Méchin. André Halimi l'interviewe en 1976, pour son documentaire Chantons sous l'Occupation.
Il réalise des bustes d'artistes français : Jean Cocteau et Jean Marais et, dans les années 1960, une sculpture du président égyptien Anouar el-Sadate. Au Maroc, à la demande du roi Hassan II pour un projet de monument à Mohammed V, il assiste ainsi en à l'attentat de Skhirat.
Il continue à sculpter jusqu'à sa mort en 1991. Son éloge funèbre est prononcé par l'écrivain français Roger Peyrefitte.
Le musée public Arno Breker de Nörvenich présente certaines de ses œuvres..
Publications Schriften, préface de F.J. Hall, Bonn-Paris-New York, Marco, 1983, 190 p. . Begegnungen und Betrachtungen, Paris-New York, Marco, 1987 . Über allem Schönheit. Festgabe zum 100. Geburtstag, Kirchheim/Teck Galerie für Gegenständliche Kunst, 2000 .
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie . Dominique Egret, Arno Breker. Ein Leben für das Schöne, 1997, 352 p. . , Rodin, Breker, Hrdlicka . Volker G. Probst, Das Pietà-Motiv bei Arno Breker, 1985. Volker G. Probst, Der Bildhauer Arno Breker – Eine Untersuchung, Marco Édition . Volker G. Probst, Das Bildnis des Menschen im Werk von Arno Breker, Berlin, Studio de L'Art, Marco-VG, 1981 . B. John Zavrel, Arno Breker - His Art and Life, West-Art USA, 1985 . Hans Klier, Arno Breker - Form und Schönheit, Bonn-Paris, Salzburger Kulturvereinigung, Marco-Édition, 1978. B. John Zavrel: Interview with Arno Breker: The divine Beauty in Art, New York, 1982, West-Art USA . , Arno Breker - Zeichnungen - Drawings - Dessins 1927-1990, Museums-Édition. . Reagan/Bush/Carstens : Salut America (zu 300 Jahre Einwanderung USA), Lithographien von Arno Breker, New York, West-Art. Charles Despiau, Arno Breker [catalogue pour l'exposition de l'Orangerie], Paris, Éditions Flammarion, 1942. Paul Morand, Arno Breker, sculptures, aquarelles, dessins, lithographies, [hommage à Arno Breker pour le anniversaire de l'artiste], Paris, Édition Mourlot/Marco, 1975 . , Eros und Ares - Begegnung mit Breker, Éditions Arnshaugk, 1994 . . Martin Schieder, « L'image d'un artiste d’État. La mise en scène iconographique des ateliers de sculpture d'Arno Breker », dans Éric Darragon et Bertrand Tillier, Image de l’artiste, Territoires contemporains, 2012 . . . . . .
Articles connexes Fonderie Rudier Le Garde Arno Breker, documentaire de Hans Cürlis et Arnold Fanck (1944)
Liens externes
Musée Arno-Breker. Exposition Arno Breker en 2006 sur dailymotion.com.
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