La cathédrale Notre-Dame-des-Doms ou basilique Notre-Dame-des-Doms située à Avignon, dans le département français de Vaucluse et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, est une cathédrale catholique depuis le , titrée basilique mineure par le pape Pie IX en 1854. Elle est située entre le Rocher des Doms et le Palais des papes d'Avignon.

En 1475, l'évêché d'Avignon est promu archevêché, la cathédrale devient alors une Métropole et son archevêque est dit archevêque métropolitain, portant le pallium et . La cathédrale est le siège de l'archidiocèse d'Avignon.

L'édifice est de style roman provençal, agrandi aux par des chapelles latérales. Il est classé sur la première liste des monuments historiques en 1840 et repris dans la liste publiée au Journal officiel du . L'ensemble cathédrale (bâtiments et sols) en totalité, hormis la partie classée, est inscrit en 2022 pour être entièrement classé par arrêté du .

Localisation vignette|gauche|195px|Notre-Dame-des-Doms, gravure dans Le Monde Illustré, 1859. La cathédrale Notre-Dame des Doms d'Avignon est située sur la partie nord d'Avignon intramuros. Elle est construite sur une protubérance rocheuse au nord de la ville, le rocher des Doms, surplombant la rive gauche du Rhône.

Sa position sur le rocher, sa flèche imposante surmontée d'une statue de la Vierge et sa proximité du Palais des Papes lui permettent à la fois de dominer la ville et d'être vue de très loin. L'un des meilleurs points de vue se trouve sur l'autre rive du Rhône, du mont Andaon, promontoire sur lequel est construit le fort Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon. Elle est aussi visible, tout comme le Palais, depuis le sommet des Alpilles, soit un peu moins d'une vingtaine de kilomètres au sud.

Contexte historique vignette|gauche|250px|Le palais avec derrière Notre-Dame des Doms en 1617 alors que Jean-François de Bagni était vice-légat, dessin du père jésuite Martellange. C'est une ancienne tradition de l'Église d’Avignon que saint Ruf, son premier évêque, était fils de Simon le Cyrénéen qui aida Jésus à porter sa Croix. On dit que Simon avait quitté la Libye et la ville de Cyrène, sa patrie, après la perte de sa fortune, et qu'il était venu à Jérusalem avec ses deux fils Alexandre et Rufus. Ayant été témoin des merveilles qu'opérait Jésus, il crût en lui et fût compté parmi ses disciples. Après l'Ascension du Sauveur, Ruf s'attacha à saint Paul et vint à Rome avec le Docteur des nations. C'est de lui, on le croit, que parle saint Paul, dans l'Épître aux Romains, lorsqu'il dit : « Saluez Rufus, élu dans le Seigneur », bref éloge qui montre suffisamment la sainteté du bienheureux Ruf.

Il suivit saint Paul en Espagne où cet Apôtre l'établit chef de l'Église de Tortosa naissante. Sur la demande des habitants de Valence émus des merveilles opérées à Tortosa, il envoya dans cette ville quelques-uns de ses disciples pour y porter la lumière de l'Évangile. Il passa ensuite les Pyrénées avec Paul-Serge, que l'Apôtre des gentils avait ordonné évêque de Narbonne, et vint fonder l'Église d'Avignon. Il propagea l'Évangile d'une manière étonnante dans la contrée et fit bâtir, dit-on, une chapelle sur le rocher, où, selon la tradition, Charlemagne fit élever plus tard la basilique de Notre-Dame des Doms.

Comblé d'années et de mérites, saint Rufus s’endormit dans le Seigneur vers l’an 90. Le Martyrologe romain le mentionne le 12 novembre, les Églises d’Avignon et de Tortosa célèbrent sa fête le 14 du même mois.

Son corps a reposé pendant de longs siècles dans l'oratoire qu'il avait fondé. Lorsque la congrégation des chanoines dite de Saint-Ruf se transporta à Valence en Dauphiné, les reliques du Saint furent placées dans la cathédrale d'Avignon et renfermées dans une châsse d'argent. Des mains sacrilèges les ont profanées et dispersées pendant la Révolution.

Historique de la cathédrale Un groupe cathédral est attesté dès le , comporte alors quatre édifices : la cathédrale Notre-Dame, l'église paroissiale Saint-Étienne absorbée dans le Palais au et remplacée par la chapelle de Benoit XII ; entre les deux, le baptistère Saint-Jean-Baptiste qui n'a pas laissé de trace. Entre le chevet roman et le bord du rocher, un cloître, reconstruit à la fin du ou début , a disparu lui aussi : quelques colonnes et chapiteaux recueillis au musée Calvet reflètent l'art raffiné de l'école de Saint-Ruf.

La chapelle latérale sud, qui forme un passage vers la sacristie, est construite en 1316 pour abriter le tombeau de Jean XXII. Mutilé et profané, cet ouvrage en pierres de Pernes-les-Fontaines s'apparente par son architecture et son décor flamboyants à des monuments analogues du sud de l'Angleterre : on l'a attribué, non sans vraisemblance, au sculpture anglais Hugues Wilfred qui travaillait alors à Avignon.

Dès 1336, le cardinal de Saint-Georges Giacomo Stefaneschi passe commande à Simone Martini afin de réaliser les fresques du porche. Considéré comme le plus gothique des peintres italiens et le chef de file de l’École de Sienne, il vient sur place avec son épouse Giovanna et son frère Donat. Les fresques sont achevées avant la mort du commanditaire en 1343.

Sous Benoît XIII, Avignon fait l'objet d'un siège. En dépit de la surveillance dont il est l'objet, le pontife réussit à quitter le palais et sa ville de résidence le , après un éprouvant siège de cinq ansLes exigences de Benoît XIII pour la restauration des remparts d'Avignon, . Pour faciliter la défense, la démolition de toutes les maisons situées entre le grand et le Petit Palais est autorisée. C'est ce que l'arlésien Bertrand Boysset note dans son journal :

Si Benoît XIII ne revient jamais plus à Avignon, il avait laissé sur place ses neveux, Antonio de Luna avec la charge de recteur du Comtat Venaissin et Rodrigo. Celui-ci et ses Catalans s'installèrent dans le palais pontifical.

Le mardi , à l’heure de vêpres, le clocher pyramidal de Notre-Dame des Doms s’écroule et écrase dans sa chute l’antique baptistère dédié à saint Jean. Les Catalans sont accusés de cette action et ils en profitent pour établir une plateforme sur ces ruines afin d'installer leur artillerie. La raison de l'écroulement est dû au poids des bombardes installées lors du premier siège du PalaisDaniel Bréhier, La métropole Notre-Dame des Doms, Éd. Beaulieu, Art et tradition, 2002..

Les chapelles sont construites sous le règne de Jean XXII.

En 1475, l'évêché d'Avignon est promu archevêché, la cathédrale est alors élevée au rang de Métropole.

En 1671, François de Royers de La Valfenière est chargé de reconstruire une abside beaucoup plus grande. L'année suivante, ce sont François d'Elbène et Pierre Péru qui se voient confier la réasliation d'une galerie en forme de tribune, faisant le tour de la nef et entaillant à l'occasion les pieds-droits romans. Aux environs de 1680, deux chapelles sont élevées au flanc sud de la cathédrale : l'une pour le cardinal Libelli par François d'Elbène, l'autre par François de Royers de La Valfenière.

L'édifice subit des pillages lors de la Révolution. Il est restauré sous le premier Empire et sert de nouveau au culte en 1822.

En 1854, le pape Pie IX donne à l'édifice le titre de basilique mineure..

En 1859, une statue de la Vierge Marie en plomb dorée et pesant 4,5 tonnes est ajoutée sur le clocherBasilique Métropolitaine Notre-Dame des Doms - Avignon Tourisme, elle fut redorée lors du Grand Jubilé de l'an 2000.

L'édifice a été fermé de 2014 à 2016 pour des travaux de rénovations : la basilique a été rouverte lors de la Semaine Sainte, le .

Architecture vignette|droite|redresse=0.8| Alors que le Palais des Papes est considéré comme le plus grand ensemble gothique du Moyen Âge, Notre-Dame des Doms, située juste à côté, est un des chefs-d'œuvre de l'art roman provençal.

Elle possède de nombreuses caractéristiques stylistiques inspirées de l'antique : remarquable porche à l'antique : entablement constitué d'une frise de grecques et de modillons ornés de feuilles d'acanthe colonnes engagées cannelées surmontées de chapiteaux à feuilles d'acanthe pilastres surmontés de chapiteaux ornés d'une frise d'oves grand arc en plein cintre orné d'une frise d'oves clocher : pilastres cannelés sur toute la hauteur du clocher colonnes engagées

Patrimonialité La cathédrale est classée sur la première liste des monuments historiques en 1840 et reprise dans la liste publiée au Journal officiel du . L'ensemble cathédrale (bâtiments et sols) en totalité, hormis la partie classée, est inscrit en 2022 pour être entièrement classé par arrêté du .

Ornements et mobilier Cathèdre romane en marbre blanc du décorée sous un des accoudoirs par le lion de saint Marc, sous l'autre du bœuf de saint Luc, classée en 1840 au titre immeuble par les Monuments historiques, et dont la notice figure dans la base Palissy du Ministère de la CultureNotice Palissy de la cathèdre.. Tombeaux gothiques de Jean XXII et de Benoît XII. Trois statues de la Vierge Marie sont présentes à la cathédrale : Une statue de Notre Dame de tout Pouvoir et deux statues de Notre Dame des Doms dont une vierge de plomb doréŒuvre de James Pradier couronne le clocher depuis 1859La Métropole Notre-Dame des Doms : La cathédrale Notre-Dame des Doms et Notre-Dame de Tout Pouvoir. Plusieurs pièces d'art, sculptures mais aussi mobilier. Tribunes style baroques (nef et chœur).

Les orgues vignette|L'« orgue doré ». vignette|L'orgue de chœur. Orgue doré sur une tribune surplombant la cathèdre, de 1819, construit par le lombard ou par son élève, Giovanni MentastiInventaire de l'orgue. Il a été classé Monument Historique au titre objet en 1974. Il a d'abord été placé dans le chœur, puis sur la tribune au-dessus du portail d'entrée en 1829, et, en 1837, sur une tribune au-dessus du trône épiscopal du . C'est à l'occasion de ce dernier déplacement que le buffet d'orgue est installé. Il est classé au titre immeuble en 1840. Il remplaçait un orgue du et siècles très endommagé après la RévolutionNorbert Dufourcq, Orgues comtadines et orgues provençales (supplément), , dans Provence historique, tome 5, fascicule 20, 1955 (lire en ligne), et suite et fin, , fascicule 21, 1955).

Le devis conservé aux archives départementales de Vaucluse précise que « le grand sommier à ressorts est composé de la réunion de différentes. Sa construction a pris sept mois de travail à trois ouvriers ». L'orgue a conservé depuis sa fabrication l'intégralité des tuyaux du Ripieno, des Flûtes, du Voce Umana ainsi que le clavier, le pédalier et le tirage des jeux. L'orgue a été relevé en 1860, puis en 1881 par la Maison Puget de Toulouse.

En 1905, l'orgue doré a été délaissé au profit de l'orgue de chœur de Charles Mutin. Le chanoine Georges Durand a demandé sa restauration qui est confiée au facteur Alain Sals de Malaucène. Il est inauguré en 1967. Une nouvelle restauration a été nécessaire. Elle a été réalisée par la « Fabrica d’organi Mascioni » d’Azzio, de la province de Varese. Le démontage a commencé en . Luigi Ferdinando Tagliavini a fait des recherches historiques pour la remise en état de l'orgue. Le doreur italien Gabriele Chinellato a restauré le buffet en , puis l'orgue a été remonté, accordé et harmonisé. Il était en état de parfait fonctionnement un mois plus tardPatrimoine organistique d'Avignon. Composition Premier rang Principale primo bassi Principale primo soprani Trombe bassi Trombe soprani Violoncello bassi 4' Flautone soprani Flautone sopr. traversière Flagioletto bassi Flauto in ottava Cornetto primo Cornetto secundo Second rang Principale secondo bassi Principali secondo soprani Ottavai Quintadecima Decidenona Vigesima seconda Ottava soprani Vigesima sesta Vigesima nona Trigesima terza Sequialtera Voce umana Pédale Rang Bombarde al pedali Contrebassi al pedali. rang Timbali ai pedali Flauto ai pedali.

Orgue de chœur de Charles Mutin en 1902, placé au sol en face de la cathèdre

Fresques macabres