Liberté pour l'histoire est une association française opposée aux lois mémorielles. Elle est présidée par l'historien Pierre Nora.
Historique Description Liberté pour l'histoire tire son titre de la pétitionLiberté pour l'Histoire, Libération, 13 décembre 2005. lancée en par 19 historiensJean-Pierre Azéma, Élisabeth Badinter, Jean-Jacques Becker, Françoise Chandernagor, Alain Decaux, Marc Ferro, Jacques Julliard, Jean Leclant, Pierre Milza, Pierre Nora, Mona Ozouf, Jean-Claude Perrot, Antoine Prost, René Rémond, Maurice Vaïsse, Jean-Pierre Vernant, Paul Veyne, Pierre Vidal-Naquet et Michel Winock., dont Pierre Vidal-Naquet, signée par plus de 600 personnes. L'appel s'insurge contre les dérives qui ont conduit, à partir des lois mémorielles, à des procédures judiciaires touchant des historiens et des penseurs. Le texte rappelle notamment les principes suivants : L'appel poursuit : Le collectif estime que ces principes sont violés par des articles de quatre lois – la loi du 13 juillet 1990 dite loi Gayssot, la loi du 29 janvier 2001 reconnaissant le génocide arménien, la loi du 21 mai 2001 dite loi Taubira, et la loi du 23 février 2005 portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés – qui « ont restreint la liberté de l’historien, lui ont dit, sous peine de sanctions, ce qu’il doit chercher et ce qu’il doit trouver, lui ont prescrit des méthodes et posé des limites. » Le collectif demande .
La pétition a été initialement présentée dans le quotidien Libération, et relayée dans la revue L'Histoire, dans le contexte tendu qui a vu éclater à l'automne 2005 l'affaire Olivier Grenouilleau.
Critiques
En réaction au collectif « Liberté pour l'histoire », trente-et-une personnalités dont Serge Klarsfeld, Claude Lanzmann, Yves Ternon ont signé une lettre ouverte « Ne mélangeons pas tout » dans laquelle ils manifestent leur désaccord sur plusieurs points. Ils s'opposent à la suppression de la loi du dite loi Gayssot et rappellent notamment que . Ils précisent que .
Conséquences des demandes
La suppression demandée par ce collectif de la loi du dite loi Gayssot laisserait s'exprimer les négationnistes de la Shoah, qui ne pourraient plus être sanctionnés pénalement.
En 1990, l'historienne Madeleine Rebérioux écrit une tribune à propos de l'inutilité selon elle de la loi Gayssot. Elle pointe le fait qu'avant la loi Gayssot, le négationniste Robert Faurisson avait été condamné par la justice françaisePour diffamation, sur plainte du MRAP, de la LICRA et de l'Association des déportés d'Auschwitz, pour avoir dit « Le prétendu gazage et le prétendu génocide juif ne sont qu'un seul et même mensonge historique ». À ses yeux il ne serait pas nécessaire que le parlement officialise l'histoire pour que les juges fassent la part du mensongeMadeleine Rebérioux, Le génocide, le juge et l'historien dans L'Histoire n°138 novembre 1990, pp. 92-94.. Robert Faurisson a été condamné pour la première fois le « La justice française face au négationnisme », liberation.fr, 18 janvier 2007.
La loi Gayssot n'est, au demeurant, pas une cible prioritaire, certains signataires, comme Françoise Chandernagor, estimant même qu'elle pourrait, sans dommages, rester en vigueurFrançoise Chandernagor, « Historiens, changez de métier ! », L'Histoire, n° 317, pp. 54-61.
Cependant, la pratique judiciaire et les analyses lors de discussions à l'Assemblée nationale ont démenti l'opinion de Rebérioux : l'absence de loi spécifique réprimant le négationnisme des génocides est utilisée par de nombreuses officines ou personnalités négationnistes qui agissent sans crainte de sanctions. Ainsi, sur un plan purement juridique, dans un procès qui opposa le Comité de défense de la cause arménienne au consul général de Turquie à Paris pour négationnisme du génocide arménien sur un site Internet, le jugement rendu par la du tribunal de grande instance de Paris le considère que la contestation en France de ce génocide n’est pas un délitAssemblée nationale ~ Première séance du jeudi 12 octobre 2006Assemblée nationale ~ Première séance du jeudi 18 mai 2006.
Lors de l'émission de Frédéric Taddeï, Ce soir (ou jamais !), consacrée aux lois mémorielles (, France 3), le président de l'association, Pierre Nora, a déclaré qu'il ne s'agissait plus pour « Liberté pour l'histoire » d'abroger la loi Gayssot.
Dans la plupart des procès ayant concerné des formes de négationnisme ou de révisionnisme, les jugements ont été faits sans recours à la loi Gayssot mais à la loi punissant l'incitation à la haine raciale comme le rappelle l'historien Pierre Nora dans un entretien publié dans le journal Le Figaro littéraire daté du . Selon lui, ce dispositif juridique était suffisant.
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Histoire officielle Liste des lois françaises relatives à la mémoire et à l'histoire
Liens externes
Texte de la pétition Dossier de présentation sur le site de la revue L'Histoire
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