L'Important c'est d'aimer est un film franco-italo-ouest-allemand réalisé par Andrzej Żuławski, sorti en 1975.
L'histoire est tirée du roman La Nuit américaine de Christopher Frank publié le ; ce film n'a aucune relationUn point commun quand même : Georges Delerue est l'auteur de la musique des deux films. avec le film de François Truffaut de 1973, sorti l'année suivant la parution du roman de Frank.
Le film est coproduit par la France, l'Italie et l'Allemagne de l'Ouest avec, dans les rôles principaux, Romy Schneider, Fabio Testi et Jacques Dutronc.
Klaus Kinski, Claude Dauphin et Roger Blin y tiennent des rôles secondaires importants.
En 1976, le film permit à Romy Schneider de recevoir le premier César de la meilleure actrice.
Synopsis Le photographe Servais Mont rencontre la comédienne Nadine Chevalier sur le tournage d'un film pornographique sanguinolent qu'elle est contrainte d'accepter pour survivre. Après avoir pris quelques clichés de Nadine en plein désarroi, il finit par être expulsé par l'équipe technique du film. Servais travaille habituellement pour un certain Mazelli, un maître chanteur qui le force à prendre des photos sordides.
Servais rend ensuite visite à Nadine dans la maison qu'elle partage avec son mari Jacques auquel elle est profondément attachée. Passionné de cinéma, Jacques est une sorte de Pierrot farfelu et un peu triste qui se retranche dans son monde intérieur pour éviter d'avoir à affronter la réalité.
Servais tente alors de séduire Nadine, et une relation débute entre eux, sans que l'actrice ait envie de quitter son mari pour autant. Raymond Lapade, à qui Servais rend visite, propose au jeune photographe de rencontrer l'acteur excentrique Karl-Heinz Zimmer, afin que ce dernier puisse monter la pièce Richard III avec l'aide du metteur en scène Laurent Messala, et dans laquelle Nadine pourrait avoir un rôle important. Servais veut financer ce projet, et pour ce faire, il doit effectuer un nouveau travail pour Mazelli. Le jeune homme est alors contraint de prendre de nombreux clichés compromettants lors d'une orgie organisée par le maître chanteur, afin de gagner la somme d'argent nécessaire.
La pièce de théâtre finit par se monter et offre enfin à Nadine un rôle à sa mesure. Hélas, desservi par une mise en scène expressionniste et pleine d'outrances, le spectacle est finalement un échec. Nadine, qui a compris que Servais était à l'origine de son engagement, décide de s'offrir à lui pour le remercier, mais ce dernier la repousse. Dans un bistrot, Servais retrouve Zimmer qui lui offre amicalement un chèque avec une somme importante d'argent que le jeune homme préfère donner à son tour au couple Chevalier.
En pleine dépression, Jacques supporte de moins en moins sa vie. Il donne rendez-vous à Nadine dans un café, et lui reproche ce qu'il perçoit comme du mépris. Mais malgré les nombreuses marques d'amour que lui prodigue sa femme, Jacques décide de se suicider.
Nadine est atterrée par cette mort brutale, et tente d'obtenir un peu de soutien de Servais avant de lui dire que leur relation est terminée. Dégoûté, le jeune photographe ne supporte plus d'avoir à faire des clichés pornographiques dégradants pour Mazelli à qui il doit encore de l'argent, et préfère rompre ses relations avec le maître chanteur. Ce dernier décide de se venger en lui envoyant ses hommes de main pour lui infliger un violent passage à tabac qui le laisse en sang. Nadine retrouve alors Servais, blessé et mal en point. Touchée par la souffrance du jeune homme, elle lui exprime enfin son amour.
Fiche technique Titre original : L'Important c'est d'aimer Réalisation : Andrzej Żuławski Scénario, adaptation et dialogue : Christopher Frank et Andrzej Żuławski d'après son roman La Nuit américaine publié le Musique : Georges Delerue Décors : Jean-Pierre Kohut-Svelko Costumes : Catherine Leterrier Photographie : Ricardo Aronovitch Son : Jacques Gérardot, Jean Nény, Maurice Laumain, Daniel Couteau Montage : Christiane Lack Coordinateur des combats et des cascades : Claude Carliez et son équipe Production : Albina du Boisrouvray Production associée : Leo L. Fuchs Sociétés de production . : Albina Productions S.a.r.l. (France) ; Rizzoli Film (Italie) ; TIT Filmproduktion GmbH (Allemagne de l'Ouest) Sociétés de distribution : SN Prodis (France) Pays d’origine : , , Langues originales : français Budget : 5 millions de francs. (soit environ en ) Format . : couleur (Eastmancolor) - 35 mm - 1,85:1 (Panavision) - son Mono Genre : drame, romance Durée : Dates de sortie . : France : (sortie nationale) ; (réédition) Allemagne de l'Ouest : Italie : (Festival du film de Taormine) ; (sortie nationale) Québec : . Classification . : France : interdit aux moins de . .Classification Imdb et CNC : Le film a été interdit aux moins de lors de sa sortie en salle. La classification a été réévaluée le . Allemagne de l'Ouest : interdit aux moins de (FSK 16)Classification Imdb : Le film a été interdit aux moins de (FSK 18) en Allemagne de l'Ouest lors de sa sortie en salle. La classification a été réévaluée en 2008. Italie : tous publics (T - ).Classification Imdb : Le film a été interdit aux moins de (VM18) en Italie lors de sa sortie en salle. La classification a été réévaluée en 1993. Québec : et plus () Belgique : tous publics (). Affiche : René Ferracci (France)
Distribution
Romy Schneider : Nadine Chevalier Fabio Testi (doublé par José-Maria Flotats) : Servais Mont Jacques Dutronc : Jacques Chevalier Claude Dauphin : Mazelli Roger Blin : Le père de Servais Gabrielle Doulcet : Mazelli Michel Robin : Raymond Lapade Guy Mairesse : Laurent Messala Katia Tchenko : Myriam, la prostituée Nicoletta Machiavelli (doublée par Martine Sarcey) : Luce, la femme de Lapade Klaus Kinski (doublé par Michel Duchaussoy) : Karl-Heinz Zimmer Paul Bisciglia : L'assistant-metteur en scène Sylvain Lévignac : Le premier homme dans la brasserie (sous le nom de « Sylvain ») Olga Valery : La femme au godemiché Jacques Boudet : Robert Beninge Robert Dadiès : Le médecin à l'hôpital / Un acteur au théâtre Georges-Frédéric Dehlen : Un acteur au théâtre Jacques Jourdan : Victor Claude Legros : Manuel Rosenthal Kira Potonie : La femme de Messala Michel Such : L'électricien Jacques Van Dooren : Verdurin Nadia Vasil : La réalisatrice Sin May Zao : La Vietnamienne Gérard Zimmermann : Léonard Frédérique Baralle : Une fille dans la brasserie (non créditée) Claudine Beccarie : La fille dans la partouze (non créditée) Michel Berreur : Le second homme dans la brasserie (non crédité) Guy Delorme : Un homme de main de Mazelli (non crédité) Jerry Di Giacomo : L'Anglais en travesti (non crédité) Serge Godenaire : L'éphèbe dans la partouze (non crédité) Gérard Moisan : Un homme de main de Mazelli (non crédité) Manu Pluton : L'homme au gymnase (non crédité) Éric Vasberg : Le troisième homme dans la brasserie (non crédité) Henri Coutet : Le père de Jacques (rôle coupé au montage final) Andrée Tainsy : La mère de Jacques (rôle coupé au montage final) Maritin : Le frère de Jacques (rôle coupé au montage final) Philippe Clévenot : William Nesbitt (rôle coupé au montage final) Sybil Danning : Violaine (rôle coupé au montage final) Marc Dudicourt : Mertolle (rôle coupé au montage final) Zouzou : Claude Landre (rôle coupé au montage final) Howard Vernon (voix version française)
Production Tournage Le film a été tourné entre le et le ..
Bande originale vignette|upright=0.95|left|Le visage de l'actrice Romy Schneider qui a inspiré le thème principal de la bande originale.|alt=L'actrice franco-autrichienne Romy Schneider au début des années 70. En , la production de L'Important c'est d'aimer contacte Georges Delerue pour mettre en musique le premier film français d'Andrzej Żuławski.. Le compositeur était à l'époque très occupé par l'écriture de bandes originales destinées à la télévision., avant d'entamer l'élaboration de son conte lyrique en deux actes Médis et Alyssio. qu'il finalisa l'année suivante. ; mais après avoir vu la première scène du film, il accepte le projet avec enthousiasme.
Le thème principal consiste en un douloureux Largo pour cordes seules de facture post-wagnérienneUn autre visage de Georges Delerue : présentation par Stéphane Lerouge extraite du livret du CD Police Python 357 / L'Important, C'Est D'Aimer, Universal Music Jazz France, 2004, p. 3., que le cinéaste a voulu sur les images de Romy Schneider. (suivant l'exemple de Jean-Luc Godard qui avait procédé de la même façon en utilisant de façon récurrente le célèbre thème de Camille sur les images de Brigitte Bardot pour son film Le Mépris)..
Le thème de la Ballade Dérisoire, plus grinçant et ironique, a posé plus de difficultés à Delerue d'après le témoignage du réalisateur qui désirait un style proche de celui de Nino Rota (Żuławski était à l'époque très influencé par le cinéma de Federico Fellini).. On entend ce thème dans plusieurs scènes du film, entre autres pour souligner l'excentricité de certains personnages comme celui de Karl-Heinz Zimmer. Delerue a composé également le morceau Désespoir Et Violence pour un pupitre de cordes nerveuses soutenues par des percussions agressives, afin d'illustrer les scènes les plus violentes. du film (on peut l'entendre après que Servais ait déclenché une bagarre à la fin de la scène d'ouverture, puis au cours de l'orgie).
Pour l'impressionnant morceau Le Théâtre, Delerue expérimente une écriture atonale et résolument contemporaine, visiblement très inspirée par le style avant-gardiste de l'école polonaise des années 60. dont Krzysztof Penderecki (un musicien qu'il admirait.) était la figure de proue. Écrite pour les cordes au complet auxquelles le compositeur ajoute un orgue, un vibraphone et un clavecin, la partition utilise toutes sortes de techniques typiques de l'avant-garde comme des clusters, glissandi, passages aléatoires avec des « nuages » de pizzicati les plus aigus possibles., jeu « col legno battuto » derrière le chevalet ou effets de percussions avec le talon de l'archet que Penderecki avait utilisés dès 1959 pour sa célèbre composition Thrène à la mémoire des victimes d'Hiroshima.
D'autres morceaux n'ont jamais été édités sur disque à l'époque. Il a fallu attendre la version intégrale (sous la forme d'un CD paru en 2009 dans le coffret DVD numéroté de l'édition limitée du label Mondo Vision). pour pouvoir entendre le lent crescendo de clusters très inquiétant que le musicien avait imaginé pour l'éprouvante scène du suicide de Jacques Chevalier. On y découvre aussi plusieurs pistes pour percussions seules, tout à fait étonnantes de la part de Delerue, et que l'on peut entendre dès l'ouverture du film, mais aussi vers la fin quand Servais se fait défigurer très violemment par les hommes de main de Mazelli.
Le compositeur, qui appréhendait beaucoup cette collaboration à cause de la réputation très difficile de Żuławski, s'est dit non seulement ravi du travail effectué avec lui. mais il a avoué qu'il s'était complètement immergé lors de l'écriture de la partition.. Interrogé par Jean-Pierre Bleys en 1986, Georges Delerue considérait L'important c'est d'aimer comme l'une de ses musiques les plus réussies..
La bande originale de L'important c'est d'aimer n'a pas fait l'objet d'un 45 tours à l'époque, sans doute faute de matériel suffisamment accrocheur, mais quatre titres figurent sur une anthologie sortie en 33 tours chez Barclay en 1976.. En 2004, Universal Music France a réédité les mêmes morceaux en rallongeant Désespoir et Violence et en rajoutant une version alternative inédite de la Ballade dérisoire.. C'est en 2009 que la version intégrale est enfin publiée., vendue dans un coffret DVD Mondo Vision en édition limitée à .
Distinctions Entre 1975 et 2012, L'important c'est d'aimer a été sélectionné huit fois dans diverses catégories et a obtenu trois récompenses ...
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