8 Mont-Blanc est une chaîne de télévision généraliste locale française privée se définissant comme « la télévision de Savoie Mont Blanc et de Suisse Romande ». Sa zone de diffusion hertzienne « historique », arrêtée le , couvrait partiellement :
les Pays de Savoie (ou la Savoie en tant que région géographique), comprenant les départements de la Savoie et la Haute-Savoie ; certains secteurs du département de l'Ain : le Pays de Gex et une partie du Bas-Bugey ; et en Suisse, l'extrémité occidentale du bassin lémanique : Canton de Genève et partiellement du Canton de Vaud (district de Nyon et district de Lausanne). La chaîne était diffusée localement sur le canal 31 de la TNT. Elle est également accessible en ADSL sur câble (canal 144)..
Histoire de la chaîne
1989-1993 : Lucie SA, la première 8 Mont-Blanc
Créée le par le journaliste André Campana en marge du festival du film d'Avoriaz, 8 Mont-Blanc fait partie des trois plus anciennes chaînes de télévision locales hertziennes de proximité en France, avec TLM (Télé Lyon Métropole) et TLT (Télé Toulouse). Avec une production de 4 heures de programmes « frais » quotidiens, la chaîne croît rapidement et s'implante dans le paysage médiatique local.
En , un bureau décentralisé est ouvert à Chambéry, à l'occasion des Jeux olympiques d'Albertville. Cette structure permet alors la réalisation de deux journaux télévisés, l'un à Annecy destiné à la Haute-Savoie, l'autre à Chambéry destiné à la Savoie, diffusés chacun et chaque heure de 19h à 23h sur leur zone respective à la faveur d'un décrochage technique (analogue à celui de France 3). À 22 heures toutefois, les deux JT sont diffusés successivement sur l'ensemble de la zone de réception à partir d'Annecy (l'édition de Chambéry étant un enregistrement sur VHS du signal final — logo « 8M » compris — qu'un collaborateur transporte de Chambéry à Épagny).
Début 1993, Lucie SA, la holding qui possède 8 Mont-Blanc, acquiert TLM pour réaliser un rapprochement entre les deux télévisions locales rhônalpines. Ce rapprochement se traduit en par une nouvelle grille de programmes plus ambitieuse, avec des séries et dessins animés déjà diffusés sur les antennes nationales (Inspecteur Derrick, M*A*S*H, Les Chevaliers du Zodiaque), un JT le midi, et des grandes émissions en direct communes à 8 Mont-Blanc et TLM, ainsi qu'un nouvel habillage d'antenne également commun aux deux chaînes. Des films sont prévus dans un deuxième temps…
Mais les frais financiers qui s'accumulent sur la petite structure sont énormes, notamment à cause du nombre de réémetteurs que la chaîne doit financer dans ces régions montagneuses, et aussi à cause du faible volume de publicité diffusé. Les frais occasionnés par la fusion TLM/8-Mont-Blanc furent de trop.
En , 5 semaines à peine après l'introduction des nouveaux programmes, Lucie SA dépose le bilan. Les émissions continuent sous une forme très allégée (de à la semaine, de à le week-end), la production d'émissions « fraîches » étant réduite au strict minimum (1 seul JT + 1 émission de direct quotidienne). Le bureau de Chambéry est fermé. Pendant plusieurs mois la chaîne survit péniblement, passant à quelques jours, voire quelques heures, de l'écran noir pour cause de trésorerie épuisée. Elle ne doit sa survie qu'à l'injection de fonds par l'un de ses actionnaires, et futur repreneur, le groupe 2RBI (René et Robert Bianco), actif dans les produits pétroliers.
1994-1997 : T2S (Télévision des 2 Savoie), la deuxième 8 Mont-Blanc
En , la chaîne est confiée au groupe 2RBI, associé à un groupe de médias québécois, MediaPower. La reprise d'une programmation plus ambitieuse a lieu dès le mois d', accompagnée d'un nouvel habillage d'antenne.
Durant trois ans, la programmation de la chaîne va se diversifier : information plus présente (retour du flash de mi-journée en 1996), sport (retransmission de la coupe du monde de ski en direct), consolidation et diversification des émissions « de proximité », mais aussi diffusion de programmes québécois issus du catalogue de MediaPower (Bibi et ses amis, Visions d'Amérique), ainsi que de documentaires (dont Azimuts, une émission produite par l'ONU à Genève).
La chaîne déménage aussi à cette époque, de ses anciens locaux à Épagny (rue de la Mandallaz), dans de nouveaux locaux modernes à Sévrier (route des Pontets), propriété de René et Robert Bianco.
C'est également à cette époque que fut lancée l'émission phare de la chaîne, La Place du Village, conçue et initialement présentée par Germain Dagognet puis, par la suite, par les frères jumeaux Philippe et Jean-Noël Deparis. Le concept consiste en une visite des Pays de Savoie (petits villages comme grands quartiers), à la rencontre des habitants qui apportent un témoignage authentique, et de superbes images montrant toute la beauté de la région.
Mais l'histoire se répète, et la chaîne fait de nouveau face à de graves difficultés financières. En 1996, la chaîne dispose alors d'un budget de , mais les recettes s'élèvent à seulement, ce qui dégage un déficit de , soit presque de pertes par mois ! Ces pertes sont une nouvelle fois causées par les coûts de diffusion astronomiques, ainsi qu'un trop faible volume publicitaire plombé par « une certaine presse écrite régionale » qui voit à cette époque d'un mauvais œil cette chaîne s'approprier une partie du gâteau. René et Robert Bianco épongent le déficit avec leur fortune personnelle, mais cette situation n'est pas tenable.
Le , le groupe 2RBI jette l'éponge, et Guénaëlle Troly annonce en ouverture du JT du midi que « Ce mois de juillet sera le dernier pour 8 Mont-Blanc, qui cessera d'émettre le à minuit », toutefois sans déposer le bilan au préalable.
Comme sur La Cinq, une association de téléspectateurs, l'association « La 8 », se constitue alors sous l'impulsion de l'un des journalistes de la chaîne, Patrice Mallet. La présidence est assurée par Philippe Deparis, et son but est évidemment d’œuvrer au redémarrage de la chaîne. Très vite, l'association reçoit de nombreux courriers de soutien, et un pécule commence à se former.
Le à 24 heures, au terme d'une soirée spéciale d'au-revoir au cours de laquelle l'histoire de la 8 fut évoquée, deux enfants (un garçon et une fille), Coraline et Victor nés le même jour que la chaîne actionnent une manette de la régie finale, et l'écran noir (seulement perturbé par la présence du logo « 8M »), envahit l'écran.
Dix minutes après, et pendant , un message de soutien à l'association « La 8 » est diffusé à l'antenne. La chaîne cesse complètement ses émissions début , début d'un (véritable) écran noir de trois ans.
Depuis 2000 : TV8 Mont-Blanc, la troisième 8 Mont-Blanc
En , le CSA retient le projet de l'association « La 8 » pour la création d'une nouvelle chaîne de télévision locale. En juillet de la même année, l'autorisation d'émettre est accordée pour une durée de .
Le samedi à (avec 20 minutes de retard sur l'horaire prévu), la chaîne redémarre. L'émission de reprise, présentée par Patrice Mallet, Philippe et Jean-Noël Deparis en extérieur, et Stéphane Santini en studio, présente les « nouvelles têtes », nouveaux programmes et nouvel habillage de la chaîne, en incluant des réactions (téléphoniques) d'anciens animateurs — notamment Christophe Ruault et Guénaëlle Troly — à la suite de la résurrection de la chaîne.Pour le symbole, cette émission de reprise fut immédiatement suivie à 19 heures d'une nouvelle édition de « La Place du Village » (« à Champ-Laurent, vingt-et-un habitants, plus petite commune des Pays de Savoie »).
La programmation est au départ très modeste (une séquence de programmes « maison » de deux heures multidiffusée en boucle de 17 h à minuit) et s'appuie sur les acquis forts de la chaîne : information (JT, 7 jours en 1 heure), talk-show (Inforum, Le Grand 8) et La Place du Village.Elle s'étoffe très rapidement : élargissement des horaires d'émission, retour des retransmissions de ski, diversification des magazines, diffusion de documentaires…
Le redémarrage de la chaîne est par ailleurs favorisé par des soutiens notables : locaux loués par les anciens propriétaires de la chaîne, frais de diffusion () pris en charge dans un premier temps par les départements de Savoie et Haute-Savoie (cette dernière contribution se transformant par la suite en achat de programmes), et polyvalence du personnel dont le nombre est réduit au maximum (la chaîne fonctionne au départ avec , contre 40 avant l'écran noir).
Patrice Mallet a été le président de TV8 Mont-Blanc depuis l'acceptation du projet par le CSA jusqu'au redémarrage effectif de la chaîne. Depuis, le président bénévole est Paul Rivier, l'ancien PDG du groupe Tefal.
En 2002, la chaîne prend le nom TV8 Mont-Blanc (la société porte déjà administrativement ce nom dès son redémarrage, mais a conservé « 8 Mont-Blanc » comme nom d'antenne, en continuité du passé).
En 2004, le bureau local de Chambéry est recréé. Son but n'est plus de réaliser un JT parallèle, mais de couvrir plus spécifiquement le bassin chambérien et de réaliser des reportages et programmes courts dans ce cadre. En 2004, le journaliste Charles Denu s'oppose à une subvention déguisée à TV8 Mont-Blanc, il en obtient l'annulation en 2008http://www.observatoiredessubventions.com/tag/charles-denu/..
Début 2005, l'autorisation d'émettre de la chaîne est renouvelée après une procédure simplifiée (c'est-à-dire sans appel d'offres) pour une nouvelle durée de 5 années. L'autorisation de la chaîne est donc valable jusqu'en . Parallèlement, TV8 Mont-Blanc cherche à élargir son audience en utilisant des moyens de diffusion alternatifs : satellite, réseaux câblés en France et en Suisse, FAI ADSL.
Enfin, à la suite de l'arrivée de nouveaux actionnaires dans le capital en 2006, l'orientation de TV8 Mont-Blanc change, et la chaîne a désormais pour but, outre de continuer à être la télévision des Pays de Savoie, de devenir une chaîne thématique nationale dédiée à la montagne. Une nouvelle grille de programmes généraliste est mise sur pied en sous la houlette de Denis Vincenti, incluant de nouveaux magazines et des fictions orientés sur ce thème, à côté des programmes traditionnels de la chaîne. TV8 Mont-Blanc émet désormais 24h sur 24.
Enfin, TV8 Mont-Blanc est en 2008 la seule chaîne de télévision locale française qui parvient à atteindre l'équilibre financier. À titre de comparaison, TLM, dont le potentiel de téléspectateurs est comparable et le budget plus important, continue de perdre par mois…
L'audience est également au rendez-vous. Sur la zone de réception, le taux de pénétration est supérieur à 90 %. En audience cumulée, ce sont près de par jour qui regardent la chaîne, l'émission qui réalise les meilleurs scores étant La Place du Village (entre et par émission), suivie du JT.
Le , la chaîne passe au format 16/9, reprend son ancien nom 8 Mont Blanc et se dote d'un nouveau logo. Depuis le la chaîne utilise par satellite la norme mpg4 tout en restant en SD.
Après Paul Rivier à la tête de la télévision pendant 13 ans, Julien Cachat devient Président Directeur Général.
En , la chaîne est placée en redressement judiciaire. et doit réduire ses effectifs.
En , Magali Chatelain devient Directrice Générale, Julien Cachat reste Président de la chaîne. En , 8 Mont Blanc déménage et reprend place à Epagny, dans de nouveaux locaux.
En , Pierre Boucaud devient Directeur Général. Le , il devient Président Directeur Général de la chaine.
Le , TDF a interrompu la diffusion hertzienne de la chaîne. 8 Mont-Blanc ne souhaite pas maintenir ses émetteurs TNT pour des raisons économiques.
Identité visuelle (logo)
Slogans (1989-1997) : « C'est vous devant, c'est vous dedans » (2000-2018) : « Respirez, c'est votre télé » Depuis 2018, la chaîne ne revendique actuellement plus aucun slogan.
Programmes
Émissions 8 Mont-Blanc étant par nature une chaîne locale, ses programmes s'articulent essentiellement autour des Pays de Savoie.